‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 37 sur 205 · LIVRE II. ^f · texte numérisé non relu

LIVRE II. ^f

tion un nouvel encouragement à son zèle ; et ^ sans retourner sur ses pas , il examina si dans les cours qu'il a voit traverse'es pour arriver à la porte du cloître , il ne rencontreroit pas quelque couvert pour passer la nuit, en attendant les momens du Seigneur, en qui il mettoit toute sa confiance. H aperçut dans la basse-cour une masure qui servoit de poulailler; il espéra au moins qu'on lui permettroit de s'y retirer. On le laissa partager ce triste réduit avec les animaux confiés aux valets de la maison j et comme ceux-ci, par respect «ans doute pour l'habit et la personne d'un prêtre, n'osèrent le contraindre d'en sortir , il y demeura en paix jusqu'à ce que Dieu eut disposé de lui autrement. On comprend que durant tout ce temps-là il fut nourri aussi pauvrement qu'il étoit logé,- mais sa plus délicieuse nourriture étoit de faire la volonté de celui qui l'avoit envoyé. 11 compta pour rien la fatigue que dut ajouter à celle du voyage un lieu de repos aussi incommode. Une pensée le consola beaucoup, c'est que pour travailler à la conversion de la pécheresse de Samarie, notre Seigneur avoit pris le temps même où, faute d'un lieu de retraite, une extrême lassitude l'obligea de s'asseoir au milieu du chemin tout près d'une fontaine publique. Il trouva son délassement dans la ferme espérance que le moment n'étoit pas éloigné de voir les . épouses infidèles , qu'il cherchoil , revenir entre les bras de leur céleste époux. La tranquillité avec laquelle il venoit de supporter le refus qu'on lui avoit fait essuyer , la charité qu'on admira dans tous ses discours, la modestie et la religion qu'il

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faisoit paroître dans ses prières , ne tardèrent pas à lui concilier beaucoup de respect de la part des personnes qui occupoient les dehors de la maison. L'opinion que l'on conçut de sa grande pieté, ayant pénétré dans l'intérieur du monastère , on xxy. l'invita à recevoir un logement dans le bâtiment «n "apparie- étrangers ; mais content de celui qui lui étoit ment, qu'il échu cu partage, il le refusa ; et quelque instance refuse. ^qu'on lui fît pour le déterminer à accepter l'offre ' • qu'on regrettoit de ne lui avoir pas faite plus tôt, sa

réponse fut toujours que sa petite loge étoit tout ce qu'il lui falloit. La nouvelle de cet événement, et la réputation de sainteté que s'étoit faite • M. Olier en se cachant ainsi, et en cherchant a" demeurer inconnu , se répandit aux environs du monastère. Un magistrat, chef du siège d'une ' ^ • ville voisine , qui se trouvoit sur les lieux, en ayant • été instruit, fut curieux de voir celui dont il venoit d'entendre parler avec admiration. Dieu avoit ménagé cette circonstance pour préparer le succès de la démarche qu'il avoit inspirée à son serviteur. Le président, qui avoit des liaisons particulières avec la famille de M. Olier, et qui le con-' noissoit nommément , dès qu'il l'eut vu, n'eut rien de plus pressé que de le faire connoîtrc aux religieuses qui Ta voient d'abord si mal accueilli. Plus il leur témoigna combien l'étranger inconnu qui leur avoit demandé Thospitalité étoit recomman- ^ dable par sa naissance , sa vertu et ses autres qualités personnelles , plus elles parurent fâchées de ce qui s'étoit passé. Inconsolables de leur méprise, elles se hâtèrent de la réparer , en lui rca*' dant aussitôt toutes les marques d'honneur et

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