LIVRE II
à Nantes, il continua de le faire par lettres après son départ de cette ville. 11 prolita du séjour qu il y fit pour affermir, par les visites qu'il rendoit de temps en temps au monastère dont il étoit le réformateur, l'œuvre qu'il y avoit heureusement commence'e six mois auparavant. Il regarda toujours la maladie qui le retint alors en Bretagne comme une récompense des peines qu'il avoit prises pour rétablir Tesprit de la vie religieuse dans ce monastère. « Je me souviens, écrivoit-il en 1642, » qu'après mon petit travail en cette maison, le » jour df la Nativité de la sainte Vierge iG38, je » tombai malade. C est la plus belle récompense » qui puisse arriver a un cLrétienj c'est un trésor » divin. Cette maladie me prit en ce saint jour, » par lequel je commence toutes mes années, )) comme je les finis par la féte de l'Assomption de » la Reine du ciel , qui est la conclusion de tous » les mystères. Notre S( igneur m'a toujours fait » miséricorde ces jours-là , en me donnant des » marques du changement qu'il vouloit faire en )) moi, et du bien qu'il vouloit opérer dans niou » ame. Ce bon maître désirant me disposer à )) des peines plus sensibles et plus utiles que les » premières, comme aussi me donner le temps » de fortifier l'ouvrage qu'il m'avoit fait com- » mencer, fit tellement durer cette maladie, que » je ne pus quitter la Bretagne que plus de six » mois après m'y cire rendu ».
Ce fut au commencement de iGSg qu'il partit de Nantes pour revenir a Paris. Il fa.isoit ses il revi^Qi à •voyages à cheval , depuis quelques années; mais l'état de convalescence où il se Irouvoit, joint a
la rigueur de la saison, ue lui permettant pas de voyager ainsi pour cette fois, il pria le Seigneur de venir à son secours. Dieu l'exauça : un homme de qualité , qui dans celte conjoncture fut bien visiblement l'homme de la Providence , sachant son embarras, lui fit offrir de le ramener à Paris dans une voiture à six chevaux, en le priant seulement de consentir qu'il s'arrêtât à l'abbaye de Fontevrault, peu distante de la route, pour une affaire à terminer. Jamais circonstance ne fut plus favorable aux propres affaires de M. Olier; car, pour le bien du couvent qu'il venoit de quitter, il désiroit pouvoir traiter avec l'abbesse de cette maison , de qui il de'pendoit. Le changement qu'avoicnt opéré sa présence et ses exhortations, ayoit besoin , pour se maintenir , de quelque main habile à manier les esprits et à gouverner les cœurs. Il savoit que dans le monastère de Fontevrault, entre autres religieuses, il y eu avoit une qui réunissoit toutes les qualités nécessaires pour conduire cette œuvre à une lieu- XXXII. reuse fin. Il profita de la circonstance pour la llsarrôie à demander àTabbesse, et il l'obtint. Ce ne fut pas
Fontevrault. . ^ . ^ -, f • 1 1 n •.
Pourquoi? ^^"^ pcmc, a la ventes mais les grands fruits que retira la maison nouvellement réformée, de la translation de cette fille aussi prudente que pieuse, justifièrent aux yeux de l'abbesse la démarche de M. Olier , et rendirent sensibles à celui-ci les soins de la bonté divine sur la portion du champ du Seigneur qu'il venoit de cultiver au nom de son maître.
Il achève n^esi pas que toutes celles à qui il avoit offert
Jans uuiîc- le àalut, eussent été dociles à la grâce dont il