LIVRE III
lés sujets quî pourroient entrer dans rétablissement de son séminaire , et qiiVntre autres il lui préscntoit M. Amelotte, une voix intérieure lui fît entendre ces paroles : Non; il me servira dans un autre lieu pour ma gloire. Personne ne lui éloit plus cher au monde que ce grand ecclésiastique , dont il connoissoit l'érudition , la sa- ^esse et la vertu. Jusqu'à ce moment, il l'avoit toujours regardé comme une des pierres fondamentales les plus propres à soutenir son édifice , et ce qui lattachoit à lui plus fortement^ étoit l'opinion qu'il en avoit conçue depuis une apparition du P. de Condren. Ce saint homme, ia lende*' main de sa mor^ , avoit été montré à M. Olier dans une lumière immense, et tout environné dè f;loire; il lui avoit dit, au même moment, qu'il le laissoit avec deux autres héritiers de sonesprit, et l'un de ceux qu'il lui avoit désigiiés étoit M. Amelotte. Après un tel événement , l'on conçoit quelle devoit être l'estime de M. Olier pour ce voiLucux ami, et combien il dut lui en coûter pour i se séparer de lui.' Mais la vôix qu'il avoit XT. entendue secrètement fut pour lui un ordre dont ^- ^^'«^ rien put le faire écarter : et quelgue étroite que "^^^"^^ ^Z*
., . HJT A 1 • - • recevoir M.
fut sa liaison avecM. Am«lotle, jamaisil nevoulut Ameloue <?onsentir qu'il demeurât dans sa 'compagnie, parmi ceux M. de Bassancourt, dont M. Amelotte avoit été prccopteur , fit tous ses efforts pour engager M. Olier à le retenir; il offrit mêrae^'à cette côn^ dition mille écus de rente perpétuelle au séminaire qui alloit s'étabhr : madame de Brienne, pénitente de M. Amelotte, sollicita la même chose pendant trois $ns ; jusque-là même qu'elle iuté-
loS VIE DE M. OtlEIl.
ressa dans sa cause la Reine mère, régente di royaume : tout fut inutile. M. Olier aima mieux s'exposer à toutes sortes de reproches et de disgrâces, que de se refuser à la voix de Dieu. En éloignant un sujet d'un si rare me'rite que M. Amelotte , il devoit s'attendre à passer pour le plus bizarre des hommes; ce qui ne tarda pas en effet d'arriver. Comme M. Amelotte avoit été supérieur de la maison de Chartres, on accusa M. Olier de prétendre à la supériorité du nouvel établissement, et de vouloir écarter son ancien ami, pour n'avoir plus en lui , disoit-on, le rival qui Tavoit éclipsé jusqu'alors, etluifaisoit ombrage. L'homme de Dieu laissa dire , et regarda les propos inventés contre lui par la calomnie, comme une récompense du sacrifice qu'il avoit fait au Seir. , gneur, en se privant d'un autre lui-même. Au mérite de ce généreux dépouillement, il ajouta celai- du secret le plus impénétrable et le plus constant: jamais, pendant sa vie, il ne voulut dé-» couvrir la vraie raison du refus qu'il fit d'admettre M. Amelotte; on ne la sut qu'après sa
* ' mort, par la lecture de ses Mémoires, où il rend
• ' compte de la retraite qu'il fit à Toccasion de l'é-
. '\ tablissement du séminaire à Vaugirard. Les.pa-»" rôles de notre Seigneur, qui dirigèrent sa con-^ duite dans tout le cours de celte affaire , se sont jîarfaitement vérifiées par les grands service» que le P. Amelotte a rendus jusqu'à sa mort à l'Eglise et à la congrégation de l'Oratoire. ^ M. Olier se voyoit donc privé d'un grand appui:''; . mais Dieu lui tenoit lieu de tout; et aussi content ^ d'avoir perdu M. Amelotte, qu'il l'eût été d'en*