LIVRE III
jouir toute sa vie, parce qu'il metloit toùte sa., joie à exécuter les desseins du ciel sur sa cornpagaie j il travailla si efficacement à poursuivre son entreprise, que tout se trouva prêt en janvier 1642. On se lo£<ca dans une maison située XIT. . proche reghse, sur le terrain qui dans la suite • a servi à bâtir une maison de campagne pour le àYaugirard. petit séminaire; puis, lorsqu'il en eut acquis une plus considérable, pour la petite communauté de Saint-Sulpice. Peut-être n'y en avoit-il pas, dans le village, de plus pauvre ni de plus incommode, signe comme infaillible que l'œuvre étoit agréable, a Dieu, et présage des bénédictions qu'il réser-^, voit à ceux qui en dévoient être les premiers instrumens. Pour loger tous les^ prêtres qui formoicnt cette compagnie naissante , il fallut pra'^ tiquer de petites cellules dans un vieux colombier de la maison ; et celui de tous qui étoit le mieux ^ partagé , occupoit une chambre qui en méritoit à peine le nom. La nourriture étoit aussi frugale que le logement étoit pauvre. Ayant épuisé leurs ressources, et s'étant réduits à manquer même du nécessaire , pour fournir aux missions et aux frais du séminaire de Chartres, ils ne vivoient presque que d'aumônes. ^
De tels commencemens n'avoient rien d'attrayant pour la nature; mais ils n'en a voient que plus de ressemblance avet ceux de l'édifice dont Jésus-Christ, qui étoit lui-même le plus pauvre des hommes, a voulu être l'architecte, et auqutl il a donné pour fondement douze disciples qui ne possédoient rien. C'étoit le moyen d'attirer^ tous ceux qui conaoissoient le prix de la pau-