LIVRE TH.. ^ . . lij
unis par tous les liens intérieurs et extérfcurs, il se fit une loi de vivre en communauté avec eux^ de suivre les mêmes exercices , et d'élre à leur télo comme un d'entre eux. Sa profonde humilité' lé rendoit même si petit et si bas à ses y<-ux, qu'il se regardoit comme le dernier de tous , ne se distinguant de ses inférieurs que par la douceur et la défe'rence avec laquelle il les traitoit. Comme il fondoit toute son espérance, pour le salut de son troupeau , sur la pureté de leurs vues et la sainteté de leur vie, il n'omctloit rien pour les * établir solidement dans toutes les vertus dont saint Paul veut que les évéques, les prêtres et les diacres , soient ornés devant Dieu et devant les hommes. La bonne intelligence qui régnoit parmi ' eux faisoit sa Joie: aussi avoit-il pour eux toute l'affection d'un ami et le cœur d'un père. Ceuxci, à la vérité , savoient s'en rendre dignes, et mériter qu'il les chérît autant par inclination que par devoir : trop modestes pour se prévaloir de la confiance qu'il aimoit à leur témoigner, et trop sages pour en abuser jamais ; loin d'étudier l'art de se soustraire à son autorité ou aux régh mens de la maison ; loi n de prétendre , à plus forte raison , le gouverner lui-même, ils recevoient toujours ses avis et suivoient tous ses conseils avec une soumission d'enfant.
Dans les fréquentes exhortations qu'il leur XXIX.
'•faisoit, son attention particulière étoit de leur rappeler 1 obligation de se dévouer uniquement euseigue. au salut des ames, et de leur faire sentir l'impossibilité d'y réussir jamais, s'ils ne vivoient dans une
. ^ MPj.^û continuelle avec Dieu, w Notre Seigneur,
Xj^O VIE DE M. OLIEK.
V leur disoit-il , étoit la sainteté même ; cependant » pour envo^'er au monde le Saint-Esprit, qui » seul pouvoit en dissiper les te'nèbres et en déî) truire les vices , il falloit qu'il quittât la terre , » et fut glorifié dans le ciel. 11 a voulu nous en- » seigner par là , que jamais nous ne ferions régner cette personne adorable dans le cœur j) des hommes, si nous ne vivions tout en Dieu, » par un commerce habituel de notre esprit et j») do notre cœur avec le ciel, dans Toraison ». ' C'étoit l'exercice qu'il leur recommandoit avant toutes choses, et le fondement sur lequel il vouloit qu'ils édifiassent. Sur ce principe, il les rappeloit sans cesse à la vie de recueillement et de retraite, désirant qu'aucun des ecclésiastiques de sa communauté ne parût au dehors que pour les fonctions du saint ministère, ou pour remplir les devoirs attachés à son emploi. C'étoit à ce dessein qu'il leur disoit souvent : Prenons garde ^ Mes^ sieurs ; faute de retraite et de recollection ^ tout se dissipera,
Il s appliqaoit aussi à leur inspirer un détachement universel j assurant que celui qui tient encore à quelque chose sur la terre , n'est pas capa* ble de rendre de grands services à notre Seigneur et à SQQ £glise. Ce qu'il demandoit entre autres dispositions, dans ceux qu'il associoit à sa communauté, c'étoit qu'ils fussent tellement morts à tout et à eux-mêmes , qu'ils montrassent une parfaite indifférence pour les emplois, et qu'on les trouvât toujours prêts à accepter les derniers, comme ceux où Ton a voit plus lieu de se produire, saos aucun égard an jugement ou à l'estime