‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 61 sur 205 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

des hommes. « Ayons horreur , dîsoît-il , des » louanges et des applaudissemcns ; aimons les » offices les plus vils et les plus bas, quoiqu'il n'y . h ait rien de petit dans la maison de Dieu. Lorsque » nous sommes appele's au service du prochain , » supportons avec une charité à toute épreuve » les incommodités des pauvres^ et tout ce qu'il » y a de pénible dans nos fonctions auprès des » malades et des mourans. Souvenons -nous , » Messieurs , que notre Seigneur a choisi les :» pauvres pour servir de témoignage à la divinité ^) de sa mission , et en tirer la preuve la plus indu- » bitable de la vérité de sa doctrine : les plus dé- )) goùtans sont ses membres plus particulièrement que tous les autres ; ils ont donc ua droit de préférence à notre tendresse et à notre aSeo .)) tion ». Il vouloit enfin que tous ses prêtres vécussent ensemble dans la plus pariEaite harmonie, comme étant toujours sous les yeux et réunis dans la maison du Dieu de paix , dont l'esprit n'aime à se communiquer qu'aux hommes de paix. Il regardoit cette union réciproque comme un des moyens les plus efficaces, et comme une disposition essentielle pour détruire les œuvres du démon. Dans cette vue, il leur proposa pour modèle de la douceur et de la paix évangélique^ qui est le propre caractère du boa pasteur , saint Martin^ saint Sulpice et saint Fran* çois de Sales.

Non content d'avoir inculqué aux ecclésiasti- xxx. ques qui vivoient avec lui, les principes et les iidress» maximes qui dévoient les diriger, soit pour leur gj^eugpooj! sanctification , soit pour celle dw peuples , il sa coniinu-

l4o VIÏ t)É M. OLiEn.

nauté et sa dressa plusieurs réglemens dont rexpérîence dii paroisse. ggjj^^ ministère lui avoit fait connoître l'importance et la nécessité. Ainsi, pour ôter aux libertins toute occasion de décrier la communauté, et . la rendre inaccessible à la calomnie , il défendit qu'on laissât entrer les femmes dans la maison y sous que lque prétexte et pour quelque raison que ce fut. Il nomma un supérieur, qu'il chargea de .veiller particulièrement sur tous les points de discipline, qui furent arrêtés de concert, et aux- * quels tous promirent de se conformer. Il lui confia la distribution des emplois et le soin de les faire remplir d'une manière irréprochable. Pour faire comprendre aux fidèles que tout est grand g dans le service de Dieu, il voulut que, sans au-

cune espèce de distinction , tous fussent également appliqués aux différenlcs fonctions j en sorte que chacun , selon son rang d'ancienneté, exerçoit à son tour celles qui aux yeux du monde sembloient peu honorables, comme de porter la croix aux enterremens, accompagner le prêtre qui étoit appelé pour administrer les saintes huiles, marcher devant le saint sacrement, la clochette à la main , lorsqu'on portoit le saint viatique aux malades. Il en étoit ainsi des autres. *• XXXI. Ji partagea la paroisse en divers cantons, et assl-

II partage < i t a i-^-ii

la paroisse en b"^ ^ chacun de ses pretrcs celui ou il devoit tradivers quar- vaillcr, CD le lui représentant comme un champ que iicr«. Dieu lui confioit, et ceux qui l'habitoient comme autant de brebis dont il rendroit compte à notre Seigneur. Ces prêtres dévoient visiter assidûment les malades de leur quartier, les confesser, les -l assister jusqu'à la mort, et proportionner le nora-

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Tore de leurs visites à la nature de la maladie ; en sorte que ceux qui approclioient de leur fin ' fussent visités tous les jours , et que ceux qui \ seroient seulement en danger ne demeurassent pas deux jours entiers sans être vus de leur confesseur, pour recevoir de sa bouche quelques paroles de salut. 11 leur enjoignit enfin de prendrô des informations sur les nécessités des babilanç de leur quartier , spirituelles ou temporelles ; de se faire informer des divisions et des inimitiés qui pourroient être dans les familles, des mai- *. sons de débauche , et des différentes causes dé la corruption des mœurs auxquelles il étoit nécessaire d'apporter un prompt remède ; enfin dé ceux de la paroisse qui vivoient dans 1 eloignement des sacremens, et dont la conduite scandaleuse mettroit plusieurs autres en danger de se perdre. . • ' •

Outre la distribution des dlfférens quartiers xxxïi. du faubourg , il fit lui-même pour la première assigne à

1111* 1* ^1 chacun de

lois , celle des divers emplois , nommant les uns prêtres pour porter aux malades les sacremens de Feu- son emploi charistie et de Fextrême - onction ; les autres particulier, pour administrer le baptême, ou célébrer les mariages ; quelques-uns pour faire les petites sépultures ; plusieurs pour écouter ceux des paroissiens qui auroient besoin, dans les cas difficiles, de venir prendre conseil ; d'autres enfin , pour aider les prêtres des quartiers , lorsqu'ils seroient infirmes ou trop chargés de travail. Tout le reste fut ordouné avec la même sagesse , tant pour le ser^ vice de la paroisse , que pour le gouvernement de la communauté. Une des règles sut laquelle il

x4a ▼«« M M. trLtn.

montra Je plus de sévérité, fut l'esprit de J^àM^ tëressement dans rezercicé At^ «ftli^tffff ùmttàMêit Il dëfeocUt en particulier de rien exiger pour ladministratHMi du saint viatique, et ordonna de refuser absolument tout oe q^'on offriroil pour le

paroisses. ; t ■-■^

Pour honorer et faire Itonorer k arnsdaer^ dont la gloire :est. de marcber anr Ice tfacet àm^

apôtres, que notre Seigneur hii-méme a donnés pour modèles aux prêtres de tous les siècles, il voulut encore que toutes les rétiilnitioiiaoa -o& fimnde» que le« eocyuaaliqn^ de sa eommananté recevroient de» fidèles', fussent mises en commun, en sorte que chacu|f^ ^i^jw^jentat de nourriture et du vêtement. i> . *4>tM?>-

Ji, la fiiveur de ce M ordre, que M. OK^iÉt: Viettre dan» sa paroisse el dans sa maison , on vit Bientôt j^^^ 91 un pasteur sans %èle c^t p^iur^k tl'pupeau qu'il c;0t chargé de cpnduiif., k pluê l(|mbk chfttinanl de la jusliee dtrâe ; m pas* leur plein de sagesse et de vigilance , est au cout traire le plus riche présent de.^sa nÙwiiQOpde^ Celai dont '^é&i» b.Ti» ne gouvenui la prifoigt» • de SaintSulpice que pendant dix ans ; et avant de se retirer, il eut la satisfaction- d'en voir la £içe entièrement rei^^uvelée, à l'aide d'une .com-*

inuni^ulé si solidemfsnt établin» .qu'eUe e^ anjoiitd'liw un nM»âèle poixr le clergé de Paris ; ta^t elle a su, conserver soi^ premier esprit

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