‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 63 sur 205 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

ihent dans les eiifens pour qui ils se ftisoieot

principalement, mais encore dans les personnes avancées en âge^ qui y assistoient en grand Bombre*

Comme on n'étoit point accoutumé & voir les m.

prêtres de la paroisse se répandre avec le plus ^? gmnd aéle, et y la clocbetlea la main^ parcourir léduones. les rues et visiter les' maisons pour appeler les enfans a rinstruction , rien n'étoit plus édifiant que ce spectacle tout nouveau* Rien aussi ne conso"^ loit tant le wéïé pasteur , que les nouvelles qu'il reeevoit tons les jours dn changement qu'opéroit de toutes parts cette dispensation si bien ordonnée du pain de la parole. Depuis long «• temps ^ ce ministère dtoit si négligé ^ que les pères et /Vlv v. mères^ aussi ignorans dans la scienee dn salut, que /• leurs enfans, ressembloient à ceux dont l'Ecriture ( . o m dit: Ils ont demande du pain^ et il ne se prit \ //> senioii personne pàur le leur rompre. Dès la pre« '^'j*^' mière anne'c, Ton vit succéder l'abondance à la plus affreuse stérilité. Dieu fut tellement avec ceux qui Fapportèrent^ que les grands biens qiii se firent alors avec le secours des catécbismeS) ainsi multipliés et répartis dans la paroisse, sont perpétués jusqu'à ce jour. Personne dans Pkris n'ignore avec quel ordre et quA fruit plus de soixante ecclésiastiques du séminaire de Saint> Sttlpice travaillent pendant dix mois de Tannée à instruire, en douze ou quinze quartiers, les en&ns du fiiubourg Saint-Germain. M. Olier, d'après Texpérience qu'il avoit acquise dans l'exercice du ministère de la parole , sur la méthode d'enseigner la doctrine cbrétiennê^ composa lui-

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même et fit imprimer un petit Catéchisme , oà il sut réunir à rexaclitude que demande un ouvrage de cette nature , la clarté' et la précision ; car il vouloit qu'à l'exemple de l'apôtre, un catéchiste, quelque savant et quelque éloquent qu'il fût , proportionnât toutes ses instructions à la foi* blesse de l'âge des enfans , ne leur donnant que -du lait, en attendant qu'ils fussent capables de porter un aliment plus solide. Il exbortoit surtout les ministres chargés de cette fonction à se catéchiser eux-mêmes, avant que d'enseigner la loi de Dieu aux autres, leur recommandant sur toutes choses, d'observer fidèlement les devoirs de leur état, et d'invoquer dans l'oraison l'esprit de Dieu , pour parler avec vérité , sagesse et sobriété ; précautions sans lesquelles le zèle le plus actif et le plus empressé ne peut être qu'un faux zèle, où il ejitre plus d'eflbrvescence quo de vraie ferveur, et plus de vaine recherche de soi-même que de charité.

Entre toutes les institutions dont on est redevable à M. Olier, il n'en est point de plus propre à faire honorer la religion , ni de plus attendrissante, que le spectacle de la première communion qui se fait dans l'église de Saint-Sulpice, le jeudi de la seconde semaine après la quinzaine de Pàque, et le premier jeudi d'après l'octave de la Fête-Dieu. Aussi ne renouvelle-t-on jamais cette cérémonie , oii environ six cepls enfans se rangent, tour à tour à la sainte table avec le plus bel ordre, sans que les assistans, toujours en grand nombre, n'en soient émus et attendris jusqu'aux larmes. Le soin avec lequel les enfans son t instruits , soit avant .

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loit après leur première communion (0^ esi regardé avec raison comme une des principal] sourceftdes bénédictions répandues sur la pÉn

de Saint-Sulpice : et c'est la raison qu'où aime ^ donner ordinairement de la piété qui s'y est tou- ^ jours soutenue /depuis que M. Olier Ta gou* irernéeç comme de Téclat av«c lequel^on y voit régner la dévotion à la sainte Vierge, patronne de tous les catéchismes , dévotion que le serviteur de Dieu semble avoir léguée à ses successeurs avec celle qu'il avoit au très^saint sacrement de l'autel^ comme le plus précieux héritage qu'il put leur laiisser^ soit ^ur leur troupeau, soit pour

Cette dévotion à la très-sainte eucharistie, fut

, nuiiipire&

comme un moyen qu il employa av^c succès pour aeaparoi»renouveler l'esprit^e sou peuple^ et relever l'éclat «îens uue déde la religion dans son éfflise. La majesté des v^t^on parti-

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divins offices, et \c culte du mystère de foi ei de trcs-sami sacbarité , qui tait ia gloire de nos tomples» se ressen- crcmem. toient de la décadence universelle. Comme jamais la foi de la divine eucharistie ne (ut plus vive ni plus enflammée que dans le cœur de M. Olier, jamais aussi Ton ne vit plus de zèle à réparer les pro&nations commises contre les sacrés mystères. Tout annonçoit , parmi son troupeau , le dépérissement de la religion , qui trouve son plus délicieux aliment à la table sainte^ et ses plus douces consolations au pied des tabernacles.

(>) Le plus grand nombre des enfaus , après leur première cotnmimioii, fréquentent tonjoan les catéchismes, où on les entretient dani Icg dûpontione «pT on leur a ioapirées, et oii on les préfère k la communion générale qmse &il tous les mois.

I ^8 vir pE M, OLiEn.

La communion n'etoit point fréquentée, et Ton.

connoissoit point la pratique si salutaire de Adoration de Jésus-Christ , présent dans le trèssaint sacrement. M. Olier rétablit Tune et l'autre par ses exhortations , qui n'étoient jamais si pathétiques, que lorsqu'il Iraitoit cette matière. Pour imprimer dans le cœur de ses paroissiens le respect . du à notre Seigneur dans Teucharistie , il ordonna que ce fût toujours un prétrequiportât la clochette, lorsqu'on iroit administrer le saint- viatique aux malades. L'office de ce prêtre Tobligeoit à veiller particulièrement pour que Jésus-Christ fut honoré sur son passage. Si quelques-uns ne s'arrêtoient pas ou négligeoient de fléchir le genou, il devoit les avertir-; règle qui s'est toujours observée jusqu'à ' présentjCtqu'onvoit pratiquer encore aujourd'hui avec autant de fidélité que dans les premiers temps.;;. V. Les autels étoieut nus et sans décoration ;

Cequilfâit pi^g^gyj.^ j^^^nie étoieut mutilés et à demi-brisés:

pour rendre f, , ^ . ^ . ^

au culie sa il les fit construire et revêtir proprement. La sadigniic. cristie se trouvoit dépourvue d'ornemens ; elle fut bientôt aussi richement fournie qu'elle avoit été depuis long-temps pauvre et négligée. Les vases sacrés y étoient en si petit nombre , que pour le clergé qui étoit nécessaire à la paroisse , et pour les messes qui s'y dévoient célébrer à toute heure, elle ne possédoit que trois calices. Le vertueux pasteur n épargna ni dépenses , pour fournir de ses propres revenus de quoi relever aux yeux des peuples Ia> magnificence et la pompe des saintes cérémonies, ni démarches pour intéresser dans la boune œuvre la générosité des grands de la paroisse , qui étoient riches en bien* et en piété. En peu

Il fonde Tofce canonial

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d'années, son église fut une des mieux servies parmi celles de la capitale. La décence et la dignité avec laquelle on y voit concourir aujourd'hui , à la gloire de la religion , tout ce qui peut entrer dans lappareil auguste des cérémonies qui forment Feitérieur du culte divin , est un monuttiêtit trop connu de Vesprit qu'il a su transmettre atix héritiers de son ministère , pour ne pas rendre sà mémoire aussi chère aux en fans de ceux dont il a été le pasteur et le pèro, qu'elle est Universellement respectée, i- •••^ ' .'V

Un autre fruit de son zèle pour Thotmeur du VI. très-saint sacrement , fut rétablissement de Tado- / ration perpétuelle et d'une confrérie qui subsisté danssonégUtoujours, à la grande édification de toute la pa- ««• roisse, et dont Tobjet est de rendre assidûment à notre Seigneur, réellement présent dans la divine eucharistie , les hommages de l'esprit et du coeur, qui sont dus à son immense charité pour les hommes. Dans le même esprit , ét pour attirer des adorateurs en plus grand nôtnbre autour des saints autels où Jésus - Christ repose continuellement , il fonda Toffice canonial dans son église. Jaloux de le voir çéiébrer avec toute la décence qui doit accompagner lés prières publiques, il ordonna que les chantres fussent tous ecclésiastiques, et logeassent dans la maison des prêtres. Son zèle, qui embrassoit tôiit ce qui intéressoit la gloire de Dieu, lui fit trouver les moyens d'entretenir dans la Communauté six enfans de chœur , qui, étant toujours sous les yeux d'un sage surveillant, se formoient à la piété, en même temps qu'ils contribuoient à la décence dvs

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saints offices et à la beauté du chant, autant par ]p mérite de leur voix, que par leur modestie. • Une de ses plus douces pensées étoit que la plupart des prêtres de sa communauté se répandoirnt dans la paroisse pour le salut du prochain, pendant que les autres, rassemblés dans le chœur de son église, ofFroicnt à Dieu, au nom de tout son clergé et de tout son peuple , le sacrifice de louange qui est du sans cesse à la souveraine majesté. S'étant occupé un jour de la fondation qu'il venoit de consommer pour procurer ce tribut de gloire il Dieu , il en écrivoit ainsi à une personne de piété : « Maintenant je viens de voir le grand » soin qu'il faut prendre pour trouver de saints » ecclésiastiques qui résident au chœurconlinuelle- » ment, et chantent les louanges de notre Seigneur; » puisqu'avec le secours que nous a fourni la » sainte Providence, toutes les heures canoniales y soïït fondées. On verra alors dans notre église >) un{' imagf^ du paradis, où retentissent sans cesse >) h sh^ nuies et les cantiques des bienheureux. C'est . !» le devoir des prêtres, qui ne vaquent point aux i S) fonctions du zèle, de louer Dieu pour suppléer

)) au peuple qui n'en a pas le loisir, quoiqu'il dût » le lain-^s'il le pouvoit , pour reconnoîtrc les » grandes et continuelles faveurs qu'il reçoit de » sa bonté : celui d'un pasteur est de veiller pour » que ces louanges se rendent au Seigneur par » le s prêtres, à qui il commet celte fonction , avec » tout le respect dont il doit être pénétré lui«^ » même lorsqu'il prie ». On voit ici que le vœu de M. 0;ier ne seroit nullement rempli , si les prêtres de la communauté qu'il a établie abandonnoient

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