LIVRE IV. l
Lorsqu'il sortoit du presbytère, ou qu'il y rentroit, jamais il ne manquoit d'entrer dans Te'glise pour y adorer notre Seigneur ; el lorsqu'il faisoit ses visites pastorales , pour se trouver toujours plus près de lui, il choisissoit les rues où, sans s'e'cartcr beaucoup de son chemin, il devoit rencontrer plus d'églises. Enfin , pour répandre la dévotion au saint sacrement, il fit graver une estampe où on le voyoit représenté sous la forme la plus propre à ranimer la foi , et la distribua dans toutes les maisons. Ce fut une personne de baute qualité qui lui proposa de donner à sou église de quoi fonder la messe et le salut de chaque premier jeudi du mois. Quelque louable que fut cette fondation, dans la crainte cependant qu'une pratique aussi fréquente ne portât préjudice à la dévotion qu'on se proposoit d'entretenir et d'augmenter, il se montra très-difficile à y consentir : e*xcmple qui apprend à régler par la prudence les meilleures institutions, et à se précautionner contre tout ce qui peut les faire dégénérer en abus. Par respect pour la divine eucharistie , et pour le lieu saint où elle reposoit , il recommanda et ordonna même que les ecclésiastiques de sa communauté ne parussent jamais à l'église qu'en habit de chœur, ou au moins en manteau long • que jamais aussi ils n'y entrassent et n'en sortissent, sans faire à genoux quelques momens d.'adoralion devant l'autel. Il fut réglé encore qu'on ne donneroit pas l'entrée du chœur aux laïques, pour quelque raison que ce fut • règle toujours convenable, mais quoiqu'elle ait été négligée dans un temps, devenue comme
. VIE DE M. OLIEn.
nécessaire , depuis que le cler-é de la paroisse , r . considérablement augmenté, présente un spec-
lacle dont le mélange des personnes séculières défigureroit la beauté. M. Olier excepta seulement les princes et princesses du sang qui viendroicnt assister à quelque cérémonie extraordinaire. Il voulut aussi que le sacristain et le * clerc de 1 œuvre fussent ecclésiastiques, ou du moins, si cela ne se pouvoit pratiquer, que jamais ils n'entrassent dans le chœur, ou à plus forte raison dans le sanctuaire, ce qu'il ne permettoit pas même hors le temps des saints offices.
s Enfin il ne souffrit point que les chantres, qui navoientpas la tonsure cléricale, fussent admis et portassent le surplis dans son église: tant il étoit jaloux de ne laisser voir au peuple fidèle rien qui ne répondît à la majesté du culte divin et a
. la dignité des saintes fonctions.