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ment yeilléès et poursuivies jiar l'iimiime d© Dieu , firent aussi leur cotnpiot. Elles eurent la hardiesse de s'assembler, et de- se rendre hdcn parées au palais d'Orléans , plus connu aujourd'hui sous le nom de Luxembourg, pour y porter leurs plaintes à la princesse qui l'occupoit. Elles
* la prièrent d'obtenir Téloignement de M. Olier,
• qui devcnoit tous les jours, disoient-elles, plus incommode aux paroissiens par ses vexations, et *
qui troubloit lui seul tous les habilans du iau-.^ ^
' Jjourg. Une démarche aussi insensée eut tout le • succès qu elle devoit avoir. La duchesse d'Orléans estimoit trop M. Olier pour ne pas repousser avec indignation une calomnie si atroce, et la vile troupe qui s'en faisoit gloire. Mais cette entreprise, toute mal concertée qu'elle étoit , fit connoître qu'il avoit dans sa paroisse des ennemis en grand ^ nombre , et que la fermentation y étoit extrême.
Jjes émissaires des deux factions, quoique di- Xix. Tîgés par des intéuets bien différens, après s'être enhardis mutuellement durant plusieurs jours , res violences des plaintes et des murmures, en vinrent jusqu'à comresapcrameuter la populace , et à faire un seul parti de tous les mécontens. En moins d'une semaine « l'esprit de révolte s'accrut et se communiqua, au ^ point de former contre la personne de M. Olier . une conjuration qui mit sa vie dans le plus grand < danger. Le 8 juin , une troupe de scélérats, ar- , . més de bâtons , et dé tout ce qu'ils avoient pu
* trouver sous la main, vint fondre au presbytère avec un bruit et un tumulte qui mirent l'alarme
• dans tout le quartier. Pendant que les uns vont - faire le pillage dans la maison , briseiit et çufoa*
Kj i^Lo i y GoOgI
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cent les portes des chambres , les autres montenttl en furieux à celle de M. Olier , se saisissent de lui , ' le tirent avec violence de son appartement, sansi nui égard , ni pour son caractère et sa qualité de pasteur , ni pour le saint habit dont il étoit encorercvétu, mettent son surplis en pièces, le char-v " : gent de coups, et lui font soufinr les plus indignes itraitemens. uz..iji^b^i>i y f • i ' -"^i? jj ^, ^ Quelques heures avant cette catastrophe ,^ pose que la M. Olier avoit appris de M. Dufour, gentilhomme^ douceur etia de |a duchesse d'Orléans, qu'il se tramoit une^ prière. conspiration contre lui. Il avoit profité de cet^ avis, non pour écarter le coup, mais pour s'y préparer. Dès qu'il avoit vu entrer les rebelles chez lui, il s'étôit mis à genoux, adressant à Dieu les paroles de notre Seigneur au jardin des Oliviers , comme une victime toute prête à être > immolée à sa gloire pour le salut de son peuple*" <^ et de ses persécuteurs. Dieu le fortifia aussitôt par* ' ^J^^ line apparition du bienheureux patron de soa^ église. Saint Sulpice le consola en lui faisant con- • • noître que cette persécution , loin de ruiner*
l'œuvre qu'il avoit commencée, ne serviroit qu'à l'affermir et à la perfectionner. Le serviteur de- Dieu se laissa prendre, imitant la conduite de l'Agneau de Dieu lié et garotté par les Juifs ; il regarda ceux qui lui faisoient violence, comme les instrumens de la divine volonté, et n'ouvrit''^ pas même la bouche pour se plaindre. Après lavoir jaté rudement hors du presbytère, en le frappant et en lui montrant un pistolet prêt à être tiré sur lui, de la rue , où il fut donné enrr* spectacle à un grand peuple que celle tragique''
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scène vcnoit de rassembler, on le traîna jusqu'à la porte du palais du Luxembourg, toujours en l'accablant de coups et d'injures.
Pendant tout ce temps-là, il ne pensoit qu'à xxi. adorer la main invisible qui le frappoit, et à se On pille perdre en Dieu, afin que sa sainte volonté fut I*^"^^^*''*^ accomplie dans toute son étendue. Quelques-uns v-'***» ""^ de ses amis accoururent à son secours , le tirèrent de la foule, et pour le mettre en sûreté, le firent entrer dans le palais. Les scélérats qui s'étoient saisis de lui , ne l'ayant plus entre leurs mains ^ retournent au presbytère, où ils s'emparent de ^TJ^ * tout ce qu'ils trouvent , volent l'argent et les meubles, emportent les vivres, et après s'être . *. emparés du vin qui s'y gardoit, ils ont la fureur d'en répandre des pièces entières dans le jardin, * l'emploient à faire du mortier pour boucher deux portes qu'ils avoient intérêt de fermer. L'homme de Dieu fut reçu au Luxembourg avec tout le rrespect que méritoit sa vertu. La maréchale d'Etampes se signala en cette occasion, par les bons olFices qu'elle lui rendit. L'affaire ayant été portée le lendemain au Parlement, dès le troi-»" sièrae jour on y rendit un arrêt qui le rétablissoit xxn. dans la pleine jouissance de sa. cure, et deux llestrétabli
'\\ o . f 1 dans sa cute.
conseillers turent nommes pour le remettre en possession de la maison presbytéralc. Mais le joue même ou l'arrêt fut rendu, la sédition recommença- uue nouvelle troupe, ramassée de la lie du peuple par les principaux auteurs de la première émeute , vint en armes au presbytère pour destituer et chasser de force celui qu'ils ne voyoient quavec une sorte de rage, rétabli par les mi-
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nistres de la justice. Sans respect pour Tautoril^ des magistrats et pour le Jugement dont ils étoicnt venus en personne assurer Texéculion, plusieurs s'efforcèrent de renverser les portes; Ne pouvant XXTU. en venir à bout^ iin d'eux y mit le feu : on Téïnt^ire^le*feu ^^^8^^*^ aussitot, pour prévenir de nouveaux déau presby- sastres • mais on ne put appaiser la fureur des *ère. séditieux. Désespérant de forcer l'entrée de la
maison , ils essayèrent d'escalader les murs ; ce qài • ^ ' ' ne leur réussit pas mieux.
XXIV. Durant tout ce tumulte, M. Olier n'eut point k^l'sé^ilioa d'autre défense et ne permit point qu'on employât d'autres armes que la prière. Le secours vint à prc^ pos. La Reine régente, dès qu'elle eut été informée de la triste extrémité où il se trouvoit réduit , ordonna qu'on env6yât une compagnie du régiment des Gardes, qui vint aussitôt mettre les Td- Lellcs en fuite , et dissipa la sédition. Le serviteur de Dieu douta d'abord s'il n'étoit pk« expédient piHfrîui et poiir sa paroisse qu'il renonçât à la cure de Saint-Sulpicc. S'il balança sur le parti qu'il avoit à prendre, ce ne fut que pour mieux discerntT les vues de Dieu. Il crut les reconnoitrc da*ns Tavisf que lui donnèrent les personnes les plus vertueuses, de ne point abandonner le Irou- ^ peau que Jésus-Christ lui avoit con(i<3. Mf tlant donc toute son espérance pour l'avenir dans la bonté divine , dès le lendemain , qui éloit un dimanche,. il monta en chaire, et parla à son peuple avec autant de dignité que d'alîrclion et de zèle. A voir la paix et la pf^gsence d'esprit qui ^e faisoit nt remarquer dans tout son cxtéri» ur, on eut dit qu'il ne lui ^toit rien arrivé. On mit
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nëànnloms des gardes au presbytère , potir éviter les accidens dont il fut menacé plus d'une fois durant la nuit. Celte précaution fut ]u^ée nécessaire durant six semaines ,* car ce ne fut qu'après quarante jours , que les hostilités intentées de la part des parens et des amis de M. de Ficsque cessèrent entièrement, moins toutefois par la voie de l'autorité, que par la générosité avec laquelle M. Olicr rendit le bien pour le mal. En dédommagement de la prétendue injustice qu'il lui avoit faite y il lui donna beaucoup plus qu'on ne lui avoit demandé; car, au lieu d'une pension de dixhuit cents livres, qu'il s'étoit engagé à lui payer, des revenus de la cure, il lit monter son revenu annuel à dix mille livres. .
On ne peut mieux faire connoîtrc dans quelles dispositions M. Olier essuya cette horrible tempête , qu'en rapportant ce qu'en a écrit sou plus intime ami, M. de Brelonvilliers. « M'élant rendu, » dit-il, au palais d'Orléans, je le trouvai dans » un calme aussi parfait que s'il n'avoil eu que » des sujets de consolation et de joie. Il ne me » parut nullement ému , et je n'aperçus pas en » lui la moindre altération. Ce fut pour moi une » Irès-forte conviction de la plénitude de l'esprit » qui le possédoit ; mais ce qui m'étonna singu- K liérement, ce fut la manière dont il parla des » auteurs de la persécution. Pendant que chacun )î les condamnoit, et qualifioit leurs procédés )) comme ils le méritoient; non-seulement il les exil Ciisoit, mais il témoigna tant d'estime et d'af- V fection pour leurs personnes, que j'en conçus de la peine. Je crus même devoir lui dire àToreille,
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» que les louanges qu'il leur donnoit e'toient ca- » pables de faire retomber sur lui tout le blâme » de cet événement : m'ayant entendu , il se con- » tenla de sourire à ce que je lui disois, et con- » tinua de parler d'euîc aussi favorablement ».
Quoique le fort de la tempête fut appaisé, l'agitation des esprits étoit encore si grande , que dans la crainte de quelque grand scandale, on engagea M. Oiier à ne point porter lesaint sacrement à la procession de la Fête-Dieu qui étoit fort proche. Il se contenta en effet d'y assister ^ et ce fut le cardinal Bagni^ alors nonçe du pape en Friince, XXV. qui fit la cérémonie. Plusieurs amis du serviteur Oui engage Dieu , effrayés des suites que pou voit avoir la
a se démet- , ^ . . , * * ^ ,
tre d«sa eu- scenc alircuse qui venoit de se passer, et des moure, mais en vemens que faisoient encore les partisans de ▼ain. Fiesque, voulurent l'engager à lui remettre
sa cure. On lui représentoit les difficultés insurmontables qu'il rencontreroit k toutes les bonnes ceuvrei^ < q^IU entreprend roi l , et l'impossibilité d'exercer son zèle avec fruit, au milieu des contradictions infinies auxquelles il devoit s'attendre. Les réponses qu'il faisoit étoieut d'un homme qui , regardant toutes choses en Dieu , ne craignoit ni les persécutions ni la mort. « Quand nous » considérons, disoit-il, Jésus-Christ en croix, » abattu sous le faix de ses souffrances, couvert » de mépris et de confusions qui ne se peuvent » exprimer , il semble que toutes les nôtres :» doivent paroître douces et aimables. Si le Fils il de Dieu n'avoit considéré que soi , il n'auroit » pas embrassé les peines qu'il a endurées ; mais » le désir de la gloire de son Père et du salut du
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» monde, lui a fait oublier ses propres intérêts: » c'est pourquoi l'Ecriture nous dit que jamais il » ne s'est recherché ni satisfait en rien. 11 faut » suivre l'exemple qu'il nous a donné, et chérir » les peines qui sont attachées à l'emploi dont il » a plu à la bonté divine de nous charger. Quand w on s'y consomme , c'est une mort glorieuse , » puisqu'on meurt dans l'accomplissement des » volontés de Dieu sur nous ». Quant au dédommagement excessif qu'on exigeoit de lui, et auquel ceux quileconseilloient vouloient qu'il se refusât: « Si Jésus-Christ, répondit-il, veut qàie nous )) donnions notre tunique à celui qui nous de- » mande notre manteau , pourquoi ne nous dé;^ » pouillerions-nous pas de quelque chose en faveur )) de celui qui nous demande trop et sans raison? » comment serions-nous prêts de donner notre » vie pour l'amour de notre Seigneur, si nous » appréhendons de nous défaire des choses qui )) nous touchent beaucoup moins » ? On le vit agir , en cette occasion , avec sa générosité ordinaire, dans la persuasion où il éloit, que Dieu le vouloit toujours dans la cure de Saint-Sulpice, pour l'établissement du séminaire. II. trouva de grandes difficultés à tenir la promesse que lui inspira son détachement, de satisfaire M. deFiesque •beaucoup au-delà de ce que l'équité permettoit d'exiger de lui; mais la Providence ne lui manqua jamais. Il ne pensa donc plus qu'à reprendre la conduite de son troupeau avec un nouveau zèle, et à solliciter la grâce des coupables, dont ; on poursuivoit la punition.
■ Il l'avoit obtenue pour quelques-uns, en consi-
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dération de leur état, des services qu'ils avoient rendus àla paroisse, et des euiplpis qu'ils y avoient occupés. Mais DieU, qui frappe souvent dès cette vie ceux qui l'outragent dans la persoxine de sea ministres, au mépris de cette défense: Gardez^ vous de toucher a mes oints (0^ vengea son ser-» viteur d'une manière éclatante , par les châtimens qu'il exerça sur plusieurs. Je n'en rapporterai qu'un exemple, oii il est impossible deméconnoître le bras de sa justice. Un an , jour pour jour , après l'horrible scène qu'on a rapportée, commo un de œux qui avoient montré le plus d'acharnement contre le saint prêtre entroit dans une maison de la paroisse , un chien , qui n'avoit jamais blessé personne , se jeta sur lui avec fureur , sans avoir été irrité , et le déchira si cruellement , qu'il en fut malade à Texlrémilé. Le danger devint en peu de jours de telle nature, qu'on lui administra les derniers sacremens. M. Olier le visita souvent dans sa maladie, le traita avec la bonté d'un ami et d'un père, pria pour lui avec tant de charité et de larmes, que la santé lui fut irendue ; mais ii n'en jouit pas long-temps. Lorsqu'il passoit un jour, à l'entréQ de la nuit, dans une rue toute voisine de la cure , il rencontra un cavalier, qui, dans un accès d'emportement dont on ignore la cause , lui déchargea dans la tête un coup de pistolet dont il mourut sur*le-champ. Cette mort tragique jeta M. Olier dans une peine dont il lui fut beaucoup plus difficile de se consoler, que des afl'ronts et des violences dont elle lui rappeloit le souvenir. Sa
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grande inquiétude , lorsqu'on Tavoit persécuté , • ctoit le malheureux état que se préparoient sei persécuteurs; et pendant qu'il sollicitoit en leur laveur les juges de la terre, il prioit ardemment le souverain juge de changer les dispositions de leur cœur. S'étant arrêté un jour dans l'église • de Notre-Dame, il y passa deux heures dans cet exercice de charité ; encore fallut-il que celui de ses prêtres qui l'accompagnoit , le tirât de la contemplation où il étoit comme absorbé devant tiolre Seigneur et l'image de sa très-sainte Mère. . Dieu ne laissa pas sans récompense les travaux xxvî. et les soufirances de son serviteur. Pour les in- , ^®
• 1 I «.i f .3 ses fOQC-
]ures, les calomnies et les cruautés qu'il avoit lionsavccun essuyées de la part de ses ennemis, il le fit jouir nouveauïèle. non-seulement de l'estime et de l'affection universelle des gens de bien, mais encore de la vénération et de l'attachement de ceux de sa paroisse qui avoient paru le plus envenimés contre lui|; . Le changement qui se fit en lui-même ne fut ' pas moins admirable, que celui qu'on remarqua dans l'esprit de ses paroissiens , car Dieu lui donna un accroissement de santé et de force qui le rendit capable du travail le plus pénible et le plus soutenu. Il en profita pour étendre et pour ./ perfectionner dans sa paroisse le bien qu'il y avoit commencé: il gagna à notre Seigneur un grand « . nombre de ses habitans , et fit régner la plus solide " piété dans les familles. On vit des magistrats, des seigneurs, des dames de la plus haute qualité s'appliquer tous les jours à l'oraison mentale, à la lecture spirituelle, et adopter l'usage des exercices les plus édiûans, sans toutefois que les de-
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voirs propres de cbaque coudition en souffrissent le moindre préjudice, et qu'une dévotion mal entendue donnât lieu de décrier la vertu. H avoit le don d'en inspirer le goût, et de faire embrasser les pratiques de la vie chrétienne aux personnes . du monde les plus engagées dans le siècle, ou les plus exposées à en prendre l'esprit. Il rassembla une fois cent gentilshommes , à qui il persuada de faire les exercices de la retraite. Il exhorta avec le même succès un grand nombre de ses paroissiens à suivre un règlement de vie qu'il traça pour eux, et leur assigna certaines heures, soit pour de pieuses lectures , soit pour visiter le très-saint sacrement, soit pour aller assister les pauvres , les malades et les prisonniers. ' Il recommandoit à tous les maîtres de veiller fidèlement sur la conduite et sur les mœurs de leurs domestiques, de respecter et faire respecter par leur exemple les lois de l'Eglise , en particulier celles du jeûne, de l'abstinence, de la sanctification des dimanches et des fêtes ^ rappelant à ce sujet les peines terribles dont Dieu avoit puni souvent le mépris de ses ordonnances, et menaçant des plus grands malheurs, ceux qui, non contens de les transgresser, les faisoicnt ou les laissoient transgresser par les autres. Il exhortoit les pères de famille, surtout les riches et les grands, à régler leur maison , leur table , leurs ameublemens, toute leur dépense, en un mot, selon les lois de la modestie chrétienne et de la sobriété évangélique ; de travailler à pacifier les diiférends, de racheter leurs péchés par des aumônes proportionnées à leurs facultés , de remplir fide-*
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