LIVRE V. ÎOr
voit choisie autrefois sainl Bernard , pour y passer sa vie dans les douces austérités de la pénitence; ; et admirant comment, par le grand nombre de*^ * ' • saints qu'il avoit formés, d'un désert rempli de*bêles féroces, il avoit fait une ima^edu paradis. Il y demt'ura deux jours, si étroitement uni à Dieu, qu'on avoit peine à le tirer de ses entretiens avec lui. Ce fut toute son occupation le jour de la féte." \ie lendemain il célébra la sainte messe dans l'ancienne chapelle de saint Bernard, et visita ensuite tous les endroits du dedans et du dehors damonastère, que le bienheureux avoit rendus re-* commandables par sa présence ou par quelque trait particulier de sa vie. Ayant été conduit it^ la petite cellule qu'on montroit alors au bout dtrf^ dortoir des religieux , il fut tellement saisi de l'es-? prit de Dieu, qu'il y demeura long temps en prière, et qu'il ne fut pas facile de l'en faire sortir. s»"
De Clairvaux il partit pour Cîteaux , où il ar- ,
, . / T • ^ 1 1 X II s arrête «
riva après avoir séjourne dix jours a la cliartreuse la chartreuse de Dijon. Sa première pensée fut, selon sa cou- de Dijon, tumo, d'aller à l'église pour y adorer notre Sei- P"»saa-
^ o r J ■ teaux: de la
gneur, versant de la plénitude de son esprit dans \\ à l'ordre qui y avoit pris naissance, et qui de là Beaune, vi-
j r, . , j j |. . . ij'i r* siter la sœur
seloit répandu dans 1 li.glise avec tant d ediiica- sacrelion pour la France et les Etats voisins. Outre les mem. grâces personnelles qu^il reçut de Jésus-Christ dans ce iieude bénédiction, Tabbé du monastère, supérif ur général de tout Tordre, lui accorda, pour lui - même et pour le séminaire de Saint Sulpice J l'avantage d'être spécialement associé à toutes les prières et bonnes œuvres de ses religieux. v Comme M. Olier devoit passer près de Beaune ,
M. de Renti , et quelques autres grands serviteurs de Dieu , l'avoicnt engagé de s'y arrêter pour s'entretenir avec la sœur Marguerite du Saint-Sacrement, religieuse Carmélite, qui, dans tout le royaume , étoit en réputation de sainteté. Autant pour satisfaire sa propre inclination, que pour condescendre à leurs désirs , il se détourna un peu de son chemin , se rendit dans cette ville , < et y conversa plusieurs fois avec la servante de
Dieu , dont il a voit si souvent entendu parler avec admiration. Une lumière intérieure a voit fait connoître à cette* sainte fille, que le Seigneur vouloit Tunir spirituellement à une ame qui lui étoit fort agréable j c'étoit celle de M. Olier. Dès sa première conversation avec lui, elle n'en douta point ; tant elle y éprouva de consolations. Outre cette impression secrète qui fut si extraordinaire . et si abondante, qu elle avoua au serviteur de ' .Dieu que jamais elle n'en avoit ressenti une semblable , notre Seigneur lui assura que celui qui étoit venu la visiter , étoit l'homme de son cœur qu'il lui avoit lait connoître. 11 seroit difficile de rapporter ce qui se passa entre ces deux grandes tiames. « Non , a dit plusieurs fois M. Olier , ja- ' 1) mais je ne me suis trouvé plus perdu en Dieu , j » ni plus hors de moi-même , que dans mes en- » tr^tiens avec la sœur Marguerite ».
Son séjour à Beaune ne fut pas seulement utile à cette religieuse ^ toutes celles du couvent voulurent conférer avec lui, et ce fut avec le plus grand fruit j car la supérieure a souvent témoigné que si l'esprit de ferveur s'étoit renouvelé sensiblement dans la maison, c'étoit à fies entretiens
tt
LIVEE V. 203
spiritûels #e€ touteft ks leligMMs ^ ftUoît
attribuer ce changement. M. OBw fat ri édifié det saintes dispositions où il les avoit trouvées, et plus encore de celles où il les laissa , qu'en sortant de Beanne il dit à M. de Breton viUkus^ que leur communauté étoit une des plus tetVffûîeB qu'il y ' eût en France. Non content d'y avoir répandu, «oit par les discoure qu'il y adressa à toutes les religieuses en oommoiiy soit par- ses^tretiens par^ ticuliers, la bonne odeur de notre Seigneur, sachant que le ni^onastère étoit pauvre, il lui fit «ipefaumèiie considérable. • ^4*^^*»^.;..^^^ -^^à.^W¥otf^^ diffifams sidnts , doBâim miâ^ y-^^
troil les précieux restes dans les villes qui étoient ^^^^^ sur sa route 9 lui donna un grand désir de voir GUude. et d'honorer le corps de saint Claude. Ce fiit pour lui une nouveUe coasolation de ^isHeriâtiè
relique aussi célèbre. La peine qu'd avoit à s'en séparer , lorsqu'il étoit en oraison devant la chasse où die r^Qse^ fit- jog^ à ceux qui Facoompagnoientqu^l y reçut de nouvelles ùtweMfin cidi. Ce fut là encore que noire Seigneur renouvela la sainte union quis'étoit formée à Beaone y entre lui et la sfleur Abrguente du Samt-Sacrment Pendant qu'il ët<»t4 tSaiA|pClaude , il reçut de sa part une image , au bas de laquelle ces paroles se trou- Yoient émtes de sa main : « Hlxm révérend Père , Jésus qui est notre liaison, notre vie et iîoitre tout, oonsomuiera la: grâce qu^it uoBs a ftte i) aujourd'hui ». - ^çJ4♦^lier quitta la ville de Saint-Claude pour vr. se JE«édfie à Anoed, où il lui tardoit d'arrivé " ^
j> . • . . . T , Anneci , et
et a acquitter son vœu. Il eut à peine mis pied à fisiteletom-
VIE DE M. OHER.
fcrau de S. terre, qu'il alla visiter le tombeau de êaint Fran- Sales.' Ç^*^ oales. La tendre amitié qu'avoit eue pour lui le bienLeureux , depuis le moment ou il lui avoit été présenté à Lyon par sa mère , fut alors trop présente à son esprit, pour ne pas réveiller dans son cœur les plus vifs senlimens de reconnoissance , et lui inspirer la confiance la plus étendue. Aussi pendant les trois jours qu'il demeura à Anneci, excepté le temps des repas , et de quelques visites qu'il fit aux religieuses de la Visita- ^ lion, on le vit toujours en oraison, non au tombeau du saint évéque, mais devant le tabernacle où ' reposoit le très-saintsacrement. Ce qui l'arrêta ainsi / près de notre Seigneur, ce fut un mouvement ^ secret accompagné d'une lumière intérieure, qui lui avoit fait connoître que ce seroit dans le mystère adorable de l'Eucharistie, et au pied des autels qu'il ressentiroit le plus les effets de l'intercession du bienheureux. Dès cette première journée, il en reçut une visite qui l'inonda de joie, avec une excellente instruction sur sa conduite intérieure. Il le vit en esprit, et l'entendit prononcer ces paroles avec la bonté d'un père qui reprend et exhorte son enfant : w Votre dé- » faut, mon 61s, et ce qui vous empêche d'entrer » dans la plénitude de la divinité , comme vous » le désirez , c'est que vous n'aimez pas Dieu assez » purement, et que vous avez trop d'attache à ses » dons ». C'est ainsi que le saint rendoit après sa mort, à celui dont il auroit voulu faire son élève, les services qu'il n'avoit pu lui rendre pendant sa vie. M. Olier, après avoir rapporté ce trait, ajoute : « C'étoit à la vérité ce qui me causoit de