‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 82 sur 205 · LIVRE V. ao · texte numérisé non relu

LIVRE V. ao

M grandes peines, et m'ôtoit le repos, la slmpli-

)) cité et la dilatation du cœur. Je connus donc

>» dès-lors que je devois aimer Dieu purement

» pour lui-même et en lui-même; que je devois

» l'aimer en son esprit qui est charité, mais la *

» charité pure; que je devois enfin embrasser

}) tous mes frères en Jésus-Christ, pour désirer à

» tous la plénitude de la divinité. Je ne puis

» pourtant, ajoule-t-il, espérer cette ^râce que

w par le mystère sacré de l'autel; car lorsque je

» veux m'adresser à ce grand saint pour avoir

» part à l'amour dont il brùloit pour Jésus, je le

» trouve comme insensible à mes demandes,

» quoique sur la terre il fût la douceur même, ^ '

» et comme une vive expression de la bonté di-

» vinc. Plus consommé en Di( u au ciel, et en ,

» ses perfections, qu'il ne l'étoit ici-bas, paroî-

^» troil-il si indifférent pour une ame qui le re-

.» oïicrche, qui a l'honneur de lui appartenir par

» alliance spirituelle , et qui reçoit même de lui

» de saintes instructions pour son salut, si Jésus-

» Christ lui-même ne s'éloit réservé d'opérer, dans

» son très-auguste mystère, cette consommation

» qu'il me fait espérer, et me promet tous les .

}) jours, comme il a fait dès le commencement

)) de ma vocation »?

M. Olier avoit rempli le but principal de son VII. voyage, en visitant le tombeau du saint évéque '^^^«Gre-

, V , • n- \ ^ -> VA noble, puis à

de Genève ; mais Dieu voulut qu au heu de rêve- Valcnce , • nir sur ses pas, pour reprendre les fonctions qu'il poury visiter avoit été obligé d'interrompre , il prît une autre route pour porter de ville en ville l'odeur de ses .vertus. Il sortit donc d'Anneci pour aller à Grê-

la sœur de ce uoui.

noble , où la mère supérieure de la Visitation lui persuada de demeurer cinq jours entiers. Par respect et par reconnoissance pour le saint fondateur de cet ordre , il se rendit facilement à ses désirs. 11 passa presque tout son temps à faire comme une petite mission aux religieuses du couvent , achevant dans les conversations particulières ce qu'il avoit commencé dans les exhortations communos. Comme il navoit que quelques lieues à faire pour voir la sœur Marie de Valence, autre religieuse célèbre par ses vertus et ses dons eX'^ traordinaires , il ne voulut pas laisser échapper une occasion si favorable de s'édifier avec elle. Cette sainte fille , que saint François de Sales appeloit une relique vivante, conservoit toujours une vénération singulière pour M. OUer; et sa confiance en ses lumières étoit sans bornes depuis qu'elle l'avoit connu pendant ses missions d'Auvergne. Celui-ci s'estima trop heureux de pouvoir renouveler son ancienne liaison avec cette sainte épouse de Jésus-Christ. Ses écrits nous apprennent que ce fut une des plus douces consolations qu'il eût goûtées dans toute sa vie. « Les entre- » tiens, dit-il, de cette servante de Dieu me tou- » obèrent si vivement , que je croyois converser » plutôt avec un ange du ciel, qu'avec une créa- » ture encore vivante sur la terre : elle me parut » si remplie de Dieu, et la modestie ravissante » de son visage qui avoit quelque chose de sur- » naturel, me fit une telle impression, qu'au- » jourd'hui même, quoiqu'il se soit écoulé déjà » plusieurs années depuis notre entrevue, j'en suis » tout aussi ému ; quand j'y songe, que si je Ten-

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