‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 83 sur 205 · LITRE V · texte numérisé non relu

LITRE V

)i tendoîs encore ». Avant qu'ils se séparassent, la sœur de Valence dit â M. Olier que notre Sei-^ j^neur la tireroit bientôt de son exil; ce qui s6 véri6a environ six mois après. Une de ses nièces vouloit embrasser la vie religieuse, mais elle ne pouvoit fournir ce qui ëtoit nécessaire pour sup* pléer à Findigence du couvent où elle désiroit d être reçue: le saint prêtre le donna généreusement, autant pour concourir à la gloire de Dieu par cette bonne œuvre , que par vénération pour la personne dont elle étoit nièce. ' ** ' ^

Lorsqu'il eut quitté Valence , il visita tous les VIIT. lieux voisins qui étoient devenus célèbres par les llfa»tïepé-

. 11'^- • > r • • . lerinage de

pelermages de dévotion qui s y taisoient, comme laSie.Baula sainte Baume, saint Maximin, ïarascon, la me et plugrande Chartreuse, où il passa deux jours dans siciui autres, une oraison continuelle, et l'abbaye de Saint- Antoine où reposoient les reliques de ce saint patriarche des solitaires d'Orient. Une des plus » • chères pratiques de M. Olier dans ses voyages , . c'étoit d'honorer notre Seigneur répandu dans les saints qui sont honorés partout où l'on conserve les précieux restes de leur mortalité. Il respectoit la grâce que leur avoit communiquée l'Esprit de Dieu, selon les divers desseins qu'il avoit eus sur eux dans son Eglise ; et il aimoit à louer la bonté divine pour les merveilles qu'elle avoit opérées en eux, s'elïorçant d'en attirer en lui de semblables pour n'être pas infidèle à son maître.

En retournant à Paris , il visita encore les reliques de saint Martial ; que possède l'église de

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Limoges. Delà traversant un diocèse qu'il trouva comme un champ sans culture, tant les ames y ' e'toient négligées, il en fut si affligé, que s'arrêtant dans une des églises qu'il rencontra sur sa route, il y demeura l'espace de cinq heures en oraison. Tout baigné de larmes, il suppha avec ; tant d'instance le Père des miséricordes d'avoir pitié du pauvre peuple, qu'il voyoit dans le délaissement le plus affreux , qu'il fut bientôt exaucé. La divine Providence suscita ,'peu de temps après, , de dignes ouvriers qui travaillèrent dans plusieurs cantons de ce diocèse , avec le plus grand fruit, rx- Ce voyage, qui dura trois mois, loin de dimi-

Ses prali- . * i . .

quesdansses ^^^^ union avec Dieu , et de ralentir sa forvoyages, veur, effet assez ordinaire dans les ames d'une vertu peu solide, ne servit au contraire qu'à le perfectionner dans les voies du pur amour, et à faire paroître son éminentc piété avec un nouvel éclat. L'action la plus sanctifiante pour un prêtre, et aussi la plus consolante , est la célébration des

. saints mystères. Quelque incommodité qu'il eût essuyée , ou quelle que fût sa lassitude , il n'y manqua pas un seul jour. Plusieurs fois il se vit obligé de partir de grand matin , et de supporter des chaleurs excessives pour arriver à quelque église ou il pût satisfaire sa dévotion : rien n'étoit capable de l'arrêter. « Nous sommes trop heu- » reux , disoit-il alors , d'entrer à ce prix en par-

] » ticipation .de l'amour et du zèle avec lequel » Jésus-Christ se donne à nous dans le très-saint » sacrement. S'il a pour nous un amour si géné- » reux et si tendre, que ne devons -nous pas

f » souffrir

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