‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 85 sur 205 · LIVRE V. 2l · texte numérisé non relu

LIVRE V. 2l

» "simplement ce qu'il me diroit. Ne faisons ja- » mais notre volonté , s'il est possible , jusque » dans les plus petites choses ; vivons, à l'exemple » du Fils de Dieu , dans une dépendance uni-' » verselle. Lorsque nous pouvons prendre avis » de nos directeurs , soyons dans leurs mains 3) comme des flèches entre les mains de celui qui » tire de l'arc; elles vont sans résistance et avec )) force partout où on les lance; voilà comme il » faut que nous obéissions à ceux que Dieu nous » a donnés pour guides ; c'est-à-dire que , pour » rompre notre volonté et la plier à celle d'au-- » trui 5 nous devons suivre le sentiment des per- )> sonn s avec lesquelh's nous nous rencontrons.* )î Oh! qu'il y a peu d'hommessur la terre, dont la )) volonté propre soit pleinement anéantie »! 11 comparoit cette volonté à la jeune fille que ressuscita notre Seigneur : olledormoit , mais elle n'étoit pas morte. Il vouloit donc qu'on travaillât incessamment à la détruire. « Pour peu de vie qu'elle » ait, ajoutoit-il, elle se réveille facilement, dès » qu'on lui accorde ce qu'elle demande, et bientôt )) elle redevient la maîtresse; c'est pourquoi il la » faut toujours tenir en bride et sous la puissance » de l'esprit ». Dans cette vue, il conseil loit, sur-^ tout pour le temps des voyages, où la nature est*^ portée à prendre plus de liberté, de se choisir un de ceux avec qui l'on voyageoit, pour dé-' pendre de lui, comme nous tenant la place de: Dieu, et lui obéir en toutes choses avec une entière soumissioi^ Il assuroit que, par ce moyen, notre volonté s anéantissoit à chaque moment; qu'à force de la traiter ainsi, elle s'affoibKssoit

Stl^ VIE DE M. OLIEH.

peu à peU; en sorte qa'a la fin elle se trourroit réduite à un alat demojt^où die u'avoit plos de

piopiiété; tant elle se laissoit gouverner à Tesprit 4e Dieu^ qui la possëdoit toute entière. Il re-« gardoit cette pnitique , dès qu'on y était fidèle , comme une voie iofiûttible de parrwir k uaa CjjUtière liberté.

. Une autre vertu qu'on remarqua en lui, dan» ees vo}fage8 ^ fut la BiortificttUon dee muL Jaauis on ne le vit s'arrêter à emiàém les chcoe»

curieuses qui se rencontroient sur sa route ; oa eût dit que tou$ ses sens étoïent morts. Un d» la compagnie voyant un magnifique di&teau^ iic put s'empêcher de le failre apercevoir^ e» disant: P oilà une belle maison; M. Olier lui répondit doucement: Â quoi vom amusexrwus?

Quelques momens après ^ il ajoala. : « Toute cetta » beauté quV st-ce autre chose , qu'un peu de ». (ta^lt^l'^s î <ïue toutes les beautés de ce

de ehose^ et que l'on en doit n viiit^'pcu de ea^ !• Si nous avions kîm de la fiii

:>y nous ne les regarderions lucme pas ». Il fit plus de six cents lieues sans p^mettre qu'on &'arritat à voir lea chow remarquaUea «t curieitsea qui attiroient les voyageurs, et qui, dans' plusieurs des provinces où il passa, ëtoient eu grand nombre. San$ ce3 occasiiCMis^ il exhortait à vivre en esprit de^ aaaifioe» «c Sdjom penr Isa chofiei»

terrestres^ disoit-*il, éomme dea boimnes ense-*, » velis daus leur tombeau ; c'est le mojigu de noua- » élever à Dieu^ et de vivre en luj^ )r.

Il iaut avouer iâ que si M. Oher^ {i^ndant M troia moif qu^ mit à voyager^ fut felèle à soii

LIVllE V. il5

cft m fîit pai Mné éfvcmec ttfoilt&éiat Diett est MiAt k eêox ^ Servent. Cent-fi^s on etrt

lieu d'admirer les «oins de la Providence sur lui; ils étaient si fréquem et si sensibles , qu'il dit lui-* même une firiâ s er Je «11^01» ▼nimènt ^ Diett « Kl envoyë ses anges pour étf é toujours avec noiis 5^. Et après son retour, écrivant à un de ses amis, ii kb dit : « Ce» àimkê èsprils m'oàt tellement Té ieirvi dm tonf ee "toj^i^ , qu'oit poturoit ^

» presque user ici à la IcUrc de ces paroles de » David : Angelis suis mandavit de te, ut custo* n dimm tê in omnUms vUê tuiê. En totttes fetl^ n eontoes oâ aNdoili^ besoin de guide, notÉi

» en trouvions at!^llll6ifriênt, qui fai5roient pour nous » ToiEce des anges gardiens. Il n'étoit pas possible ji de ttiëconnoitrehfaontédnili^lflittif éà^illef g -» et e^^oit le str^èt conthmef de nos louanges »•

M. Olier, rendu à sa paroisse, se livra avec sàû X. «èle ordinaire au salât de son peuple , et aux ^ reprend autres œuvres qui demandoient sa présenee. On i^eir^driâ ne le TÎt jamais plus attentif à faire honorer le paioisse. très-saint sacrement et le lieu où li réside. 11 ne souffroitpas^ipie^ pendant k célébration des saiikta mystinm, éitk M^iiâk^^ bancff où

anr de* ofaaises: outre qu^ piirloit souvent dans prones contre cet usage , qu'il regard oit comme

une irrévéremoe ) souvent il viiitoit en pérsnnnè les fidtfeis t&ëseoibléf dans son égHse , pour sVtf-

surer de leur rnodeslie ^ et recommàndoit à tous ses prêtres d'j veiller comme hii-même. Il chargea quelqne9-i»is d'^tttee^ en dTetMiftter assidûment pendîatt les srinb offices, n Pon a'jr lenoit avet yeUgion^ ^% da cunteiûr dans le devoir ceuj^ qui

aiG VIE DE M. OLIER.

y" n'y garcfcroient pas le silence. Plusieurs dames' de qualité se faisoient porter la queue dans l'église j il parvint à réformer cet abus , en leur faisant comprendre que, dans la maison de Dieu, grands et petits, tous dévoient s'humilier profon-»' dément, et n'y paroître que comme de vils servi- rteurs, indignes d'être admis en sa présence. Dansî les cérémonies ecclésiastiques , telles que l'ado-^ ration de la croix et la distribution des cierges bénis ou des rameaux, il voulut que tous ceux de son clergé eussent le pas sur ses paroissiens, de quelque rang qu'ils fussent, même sur les princes du sang. Comme ils savoient que personne n'iionoroit la dignité des grands^ et ne les respectoit plus que lui, parce qu'il voyoit en eux une image de la soupveraine grandeur, loin d'être r bfTcnsés de celte conduite, tous y applaudirent j et les princes eux-mêmes furent les premiers à 1 appuyer de leur suffrage et de leurexemple.

Ce fut dans le même esprit, que jaloux de se montrer partout avec l'extérieur le plus couforme aux saints canons, et de ne s'écarter en rien de la discipline de l'Eglise, jamais il ne quitta riiabit long j pratique qu'il a transmise à ses successeurs dans la cure de Saint-Sulpice , et qu'ils ont toujours fidèlement observée: soit à la Cour, soit dans leurs voyages, tous jusqu'à présent se sont ^ait une loi de ne paroître qu'en sou-^ tane. On ne verroit qu'avec peine quelqu'un des prêtres qui composent la communauté, oublier dans ses vêtemens et dans tout son extérieur la simplicité dont on y a toujours ïadt professioa^

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