LIVRE V
Ils soDt persuades que rien. n'en impose plus au peuple^ que ceitO' dëcaiée dans les ministres de Jësus*Christ ; comme rien ne les rend plusmj^\ prisables à ses yeux que l'amour de la parure et le goût des modes du siècle.
Pendanl. ^e le zélé pasteur traTailloit à ré- uesUncon' parer de toutes parts ou à soutenir Këdîfice spi- aoUiUed^ane rituel que Dieu avoit commis à ses soins, en procurant à l'Eglise de dignes ouvriers , des commMe exemples de.verta à sa communauté^ et à noire da^saonégii- Seigneur de parfaits adorateurs du sacrement de ^ ^^j^
. , ïMt pour M
son amour , Dieu permit que son ame fût nojée réparer.
dans la doulciur^la. plus amére , par un événement qui li^-fil, TéjT^ei^ de larmes, et qui
jeta la consternation dans toute la paroisse. Dans la nuit du 27 au a8 juillet i648, des voleurs entrèrent dans l'église par une fenêtre de la chapelle de sainte Barbe, foreèrent la porte du balnstre de celle de la sainte Vierge, et après avoir rompu le tabernacle, où reposoit le très- saint sacrement^ emportèrent, le saint ciboire, dont ils profanèrent lea saintes bosties^-ra les répandant an même endroit par où ils étoient entrés. Un attentat si exécrable mit l'arme de tous cotés; mais personne n'en conçut une douleur si profonde que/ M. Olier. Il ne se contenta pas de gémir amè-' rement au pied de Fautel où le crime venoit de ( se commettre. Pour réparer une profanation si énorme et si oi^tragense à l'amour du Fib de Dien envers les hommes, du consentement, et après* avoir pris les ordres de l'évéque de Metz, seigneur spirituel et temporel du faubourg Saint-Germain,il indiqua pour le lundi suivant^ troisième jour -
âl8 VIE DU K. OLIER.
d'août , un jeûne qui fut observé fidèlement ' dans toute la paroisse. On fit à Saint-Germain-* des-Prés, en babitS de pénitence, une procession qu'on accompagna des cbauts les plus propres à inspirer la componction. Les trois jours suivans furent sanctifiés par les prières de quarante heures. Au jeudi, sixième jour du même mois, toute œuvre servile fut interrompue^ on le célébra par une autre procession très-solennelle, composée de tout le clergé séculier et régulier de la paroisse. Tous avoient un flambeau à la main. Le saint sacrement y fut porté par le Nonce du Pape, avec toute la pompe qu'on put y mettre. La duchesse d'Orléans signala sa piété par un magnifique reposoir, qu'elle fit dresser à l'entrée de son palais. La reine régente , Anne d'Autricbc , suivit la procession, accompagnée d'une grande partie de sa Cour en habit de deuil. On y vit aussi une multitude innombrable d'assistans de toutes le» conditions. La cérémonie se termina par une amende honorable, qui fit verser des larmes ea abondance à tout le peuple assemblé dans l'Eglise. Le saint sacrement fut mis ensuite dans la cbapelle où le sacrilège à voit été commis, et renfermé dans un nouveau tabernacle magnifiquement orné. Trois mois après cette réparation pubUque, un des auteurs du crime, soldat du régiment des Gardes, fut exécuté àmort. M. Olier voulut l'assister lui-même, et l'accompagna surl'échafaud. C'est en mémoire de cette amende honorable, que le premier dimanche d'août est consacré par une solennité particuhère, dans l'église de Samt-Sulpice, et par l'exposition; du très-saint sacrement.