‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 99 sur 205 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

glots cl (lesgeiuisscmcussi cxlraordinaîrefi , qu on ^'eùt pris pour un homme coupable des plus fjrands crimes. On l'eut^ndoit se lamenter et se confondre tout liaut, de ce que pendant dix ans il avoit été curé d'une immense paroisse, sans avoir îes vertus et les qualités nécessaires pour remplir dignement de si redoutables fonctions. La crainte .qu'il avoit de s être rendu coupable d'une infinité de fautes grièves , le rendoit inconsoLible ; en sorte que le confesseur, qui ne pouvoit calmer ;ses inquiétudes, eut besoin, pour lui rendre la paix, de lui rappeler \out ce que la foi nous en^ seigne de plus consolant sur les miséricordes da Seigneur envers ceux qui le craignent.

"Do Ljon il prit U route de Valence, où il x. fut attiré par le désir de visiter le tombeau de ^ * la sœur Marie, cette grande servante de Dieu, J^^^^J ]^ quM avoit vue environ six ans avant sa mort, la sœor Maet a qui notre Seigneur avoit découvert ses desseins sur lui. Apràs avoir passé un temps con- ^JaZli sidérable en oraison dans l e^lisc des Minimes . l'cinirc, ou reposent ses cendres, pour remercier Dieu des grâces privilégiées dont il Tavoit favorisée pen-. dant sa vie, et lui en demander la participation, il alla chez un peintre qui vendoit son portrait, et l'acheta pour s'exciter plus efficacement , en se le remettant sous les yeux , à imiter ses vertus. L'artiste açlievoit un tableau qui offensoil la modestie ; M. Olier ne put le voir sa*is indignation. Son zèle lui suggéra les paroles les plus véhémentes contre le talent diabolique de corrompre les mœurs par la peinture , et dr* fku'O entrer, par des représentations lascive^', l<?

correctiou à ua

a6o VIE DE M. OtIEIt.

poison le plus subtil dans les cœurs. Il menaça le peintre des cbâiimens les plus terribles de la justice divine, s'il osoit produire au jour Touvraf^e auquel il mettoit la dernière main, et lui de'clara que toutes les blessures mortelles dont ce tableau seroit la cause , retomberoient sur sa téle au jugement de Dieu. L'ouvrier prélendit se défendre en alléguant le nécessité où il se trouvoit, pour ne pas tomber dans Findigence, de travailler selon le goût du siècle. Il crut par cette excuse, qui trompe encore aujourd'hui tant d'artistes, satisfaire pleinement M. Olier, et se mettre à couvert de tout feproche ; ajoutant qu'il désiroit bien vendre son tableau à quelque particulier qui en connut le prix , mais que son dessein n'étoit pas de le rendre public, et de le répandre en multipliant les copies. M. Olier lui en demanda la valeur. Ce sera un ouvrage de trois louis, répondit' il, quand j'aurai mis le dernier coup de pinceau j (somme considérable alors, pour un objet de cette nature.) L'homme de Dieu les tire aussitôt de sa bourse j et quoique le . portrait ne fut pas achevé , il le retient , en recommandant au peintre de le lui livrer dans le même jour. Il étoit à table, lorsqu'on l'apporta. 11 se lève aussitôt, et après avoir reçu le tableau d'une main, avec le couteau qui étoit près de lui , et qu'il prend de l'autre, il le perce en vingt endroits dilFérens , et le met en pièces. Le peintre ne put voir, sans verser des larmes^ traiter si brusquement un ouvrage qui lui avoit coûté beaucoup de temps et de soins. Mais ce fut pour lui un surcroît de cha^^ria et d'humi-

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liâlion , lorsque M. Olier, après s'être fait apporter du bois qu'il opdoana d'allumer sur-le-Kshaiiip^ acheva de déchirer la toile do tableau , et en . jeta les morceaux dans les flammes ; k Voilà, dit- » il , le cas qu'on doit (aire des ouvrages de Satan. I» L'honneur du a Dieu veut qu'on na les touche » que pour les détruire ». Combien de scandales du même genre n'auroit-on pas à faire disparoitre aujourd'hui; s'ils n'avoient pas cessë en quelque sorte d'être des scandales^ tant ils sont fré-

quens !

Au sortir de Valence, M. Olier prit le chemin de Viviers, et s'embarqna sur le RhAne, ayant avec lui deux pauvres qu'il avoit admis dans sa compagnie pour l'amour de notre Seigneur, lorsqu'il avoit quitté Lyon, et qui cherchoient du secours pour se rendre au même terme que lui. Pendant tuuL le voyage il les nourrit mieux que lui- même, et les traita avec une charité sans exemple, se figurant que sous les haillons, dont ils étoient ^étus, il assistoit la personne même de notro Seigneur. Lorsqu'il n'ëtoit qu'à quelques pas de Viviers, il aborda un jeune ecclésiastique. Après quelques mots d'entretien , il lui demanda à quoi il pcnsoit. Celui-ci répondit qu'il ne pensoit à rien? « Ëh, Monsieur, faut-il, reprend M. Olier, » qu'un derc marche ainsi, sans penser k Dieu, » et Jui rendre quelque devoir dans son coeur »?

On l'attendoit à Viviers depuis long-temps, n^^,^^ et il y étoit ardemment désiré. Louis de Suze, vifien»oèil evéque de cette ville , pensoit a y fonder un sémi- entreprend naire, et M. Olier n'a voit rien plus a cœur que ^ de seconder ses vues. U suivit avec empresse- luOra.

a6a TIB DB If.'Ol^IEK.

ment son goût pour ces sortes 4e }x)nnes œuvres^ car, i^iraBl^^M^ lè "^^ des^més^ il ne le litM>ii;*|miil dé répëtei^ qu'on' tiè pouvoit y réussir, qu'en tlonnant de bons ministres à TE* glise par i'ëlablûseméiil sëminaii^es.

uQttire mnilièlÊmaf^^iâè^ qàe Dieu lui tiIsSl -fait ressentir depuis long-'lemps, pour consacrer plus particulièrement ses travaux a la sanclificatioi]^ d# ]^eiî|ileâ '^ir Vday^ de Ticuvergoe î et âÉàKèéHh > o««liVëtï'd^ irif^ tant détruit, il savoit (jue plusieurs cantons fort ëtende ces provinces avaient le pbs grand beêif0 àkdyselimé é^^ négligence^ des pàîà

tetirâ et lîtét dMir^ais exemple y avoient tellement défigure la facé de la religion, qu'on avoit peine à j feeoimeStre dÉe t^hrétiens^/^lant ^ignorance mhf^Sbkpmà j ét^^ généfÀ^ Dans see diflPércntes missions, il n'avoit pu voir une si grwde ealamitë, ^ns verser beaucoup de lar* Jpl^ li^ %tl^iétj6ft'^^ iîiiie profonde impr% lÊÊfÛÊÉ» iTèdèlir ; et plds d'nne fois il avoit dît en gémissant : « Ah î si l'on pou^^oit travailler il dOScacement au rétablisse ment de la discipline li îNiteléMstkpie dlins ces diocèses , et si on j » formoit de bons prêtres , on y verroit bientôt » renaître la pi^^të parmi les peuples ». Les dispositions dans iesquelles il trouva l'évéque de Viviers *, le- remplirent de )oie^ H les i^garda comrae une nouvelle ouverture préparée par la divine providence pour exécuter k dessein qu'il avqjlt formé d'étendre dans tes provinces te bien qu^l venoit de consommer & Àiris , en fondant le séminaire de Saint -Sulpice. Dès l'année pré*

LivuE VU a63 •édenle^ il avoil eoyoyé à Viviers trois ecdésiastîqads de sa GOmmuDaaié y du nombre desquel»

If toit Gabriel de Cajlus ^ abbé du Loc-Dicu (0» L'œuvre ne fut terminée que deux années aprë&i^ au moiside juin i653 y lorsqu'on tetioit le synode du diocèse. M. de Suze y publia rordonnance par laquelle il établi&soit le séminaire ^ et en près* crivQÎt les r^glemens. Ce fut labbé de Çâylus qui en eut la supériorité»

Ce nouvel établissement éprouva, comme tous les autres, des conlrad^ctious de la part même de ceux, à qui il devoit être plus agréable, pàrîee qu'il leur oiTroit les plus grands avantages pour la gloire de SUeu et le bie^ de FEglise. Plusieurs ecclésiastii{u<^ du diocès^t^ yoyanl avec peine ks mesures qu'on 4>renoit pour réfbrmeir les- mœurs du^ler^é, qui éLoiLiiL iurt scandaleuses, représentèrent le séminaire qu'on venoit d'instituer^ comme nne honnête prison où l'on aeroii eôn^ tittint de Vivre dans nne servitnde oontînneUe; mais ce préjugé ne subsista pas long-temps, et ri3!i;tjcm¥if^i^ bientôt combien il y avoit peu. de ressémbliÉLCii^^siitre le régime de la maisoli toUi* fiée auir ecdésiaslâqnes de M. Olier, eifla peinture qu'en avoient faite les esprits prévenus. Ceux-ci

(0 11. HAbé de Gaylat, Sr^ 4a oomtc d« d^of, mit quitté U GiMir, ùk il it0it£»rt coiuid^ré 4a oar4maI MASvin, pour se reiiter eu aéaiiiiure 4e Séini-Sulpice. On le vit pratiquer, daos cett» * ntîion , tous les'exercîees de la communauté avec la plus grande metitode, et ivaiplir les qfliees les plt» bas awc le plus {raiid empressement. Ijonqu'il fut envoyé à yinejrs , il traTaillait avec un zèle infatigable au service de la paroisse dans la coramtinniUt' de M. Olier. Il alloit souvent. In rlodiette 4 la iQain» rassembler leS ^oioBs^ ppif jear liiire. U oatécbisaisi

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