‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 106 sur 251 · XL. Son directeur l’exhortait pareillement à s’avancer de · texte numérisé non relu

XL. Son directeur l’exhortait pareillement à s’avancer de

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LE PÈRE DE CONDREN LUI COMMUNIQUE SON ESPRIT. 141 M. Olier se mit sous sa conduite, il avait déjà la pieuse M. Olier à hocoutume de célébrer comme une fête le samedi, jour con- rhin nn sacré à la très-sainte Vierge ; mais, jusqu'alors, il s'était contenté de s’abstenir lui-même, ce jour-là, de tout ce qu'il n’aurait pas fait dans les solennités de l'Eglise, sans cesser néanmoins d'employer des ouvriers pour son usage, craignant qu’il n’y eût de l’excès à étendre cette pratique plus loin. Le Père de Condren dissipa ce scrupule, et lui permit de célébrer le samedi comme les fêtes obligées, l’assurant que cette fidélité serait très-agréable à la Mère de Dreu. « Depuis l’approbation de mon directeur, dit-il, je n'ai » point manqué à cette pratique, et l’ai gardée inviolable- » ment et avec consolation ; ne faisant rien moi-même les » samedis, et ne voulant rien commander aux autres, dans » ces jours, que je ne voulusse faire dans un jour de fête. » Souvent je me suis incommodé pour n’y manquer pas; » mais cela ne m’a point fait tort, et, au contraire, je me » souviens que, du commencement, lorsque je n’avais pas » encore l’approbation de mon supérieur, craignant que ce » ne fût une superstition, je voulais employer des ou- » vriers ces jours-là, et ils ne manquaient pas de gâter » quelque chose (1).» Le Père de Condren approuva (1) Mém. aut. d’autres pratiques semblables qui nourrissaien‘ la dévotion - nié LE de son disciple envers Marie, comme d’aller tous les samedis célébrer le saint sacrifice dans l’église de Notre- Dame (2); de ne jamais partir de Paris ou de quelque en- (2) rhid, t. 1, droit que ce fût, pour un voyage, sans aller lui demander ? ?*sa bénédiction, et d’aller d’abord lui rendre ses premiers devoirs à son retour (3). « Une autre pratique inviolable, (9) rbi. t. 1, » dit-il, dont je ne puis me dispenser, c’est qu’entrant LE Las » dans ma chambre ou en sortant, comme aussi avant de » me mettre au lit et après en être sorti, il faut que je de- » mande la bénédiction de ma très-sainte Mère. Je lui » offre tout ce que j’ai de neuf. Je sais qu’elle a pour agréa- » bles ces petits devoirs qui se font purement pour lui

(4) Mém. aut.

de M, Olier,t. 1 p. 439.

M. Olier renonce au doctorat,

(2) Mémoires aut. de M. Olier, 1.1, p. 469, 470,

» plaire, sans y chercher autre chose, et qu’elle s’y plaît » davantage que dans d’autres plus éminents (4). »

Pour utiliser le temps qu’il fut contraint de passer à Paris, M. Olier avait d’abord résolu de reprendre ses études de théologie; quoiqu'il fût bachelier, et possédât déjà toute la science convenable pour exercer le ministère ecclésiastique, il commença néanmoins à fréquenter de nouveau les cours de Sorbonne, dans l'intention d'arriver au doctorat. Mais sa dévotion extraordinaire envers Marie lui faisait entreprendre diverses pratiques de piété qui le détournaient continuellement de l'étude, « Parfois j’en » avais du scrupule, dit-il, considérant qu’un de mes amis » profitait beaucoup, et étudiait selon son bon plaisir, » tandis que je me voyais sollicité souvent d’aller à divers » lieux de dévotion, et surtout de visiter la sainte Vierge » dans son saint temple. Il est vrai que j'avais déjà appris » ce que l’on étudiait, et que j'avais même répondu en Sor- » bonne à une partie de ces Traités, mais pourtant je ne » m'en souvenais guère; enfin je donnais beaucoup plus » de temps à la piété etaux bonnes œuvres qu’à l'étude (2).» Pour calmer ses inquiétudes sur l’emploi de son temps, il eut recours au Père de Condren et à saint Vincent de Paul. Ces deux grands hommes, considérant l'attrait intérieur de M. Olier comme une marque de la volonté de Dieu sur lui, confirmèrent l’un et l’autre l’avis de la mère Agnès, et lui répondirent de renoncer au doctorat, pour suivre l'attrait de la grâce et les mouvements de son zèle. Ce fut aussi le sentiment de Nicolas Le Maitre, professeur de

3) Pie Ms. de Sorbonne (3); et M. Olier s’applaudit toute sa vie de cette

M. Olier, par M.

Leschassier, p. 5.

décision. « M. Vincent, dit-il, ne voulut point, ni le Père » général de l’Oratoire, que je me fisse passer docteur; je » serai bien aise toute ma vie de ne l'avoir point été, à » cause de la superbe qui m’eût perdu ; et aussi afin que » l’on ne dérobe point à la croix l’honneur qui lui-est dû, » quand on verra que les peuples profiteront des discours

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