‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 107 sur 251 · ASIE DT CRTC SES · texte numérisé non relu

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LE PÈRE DE CONDREN L’EXERCE AUX MISSIONS. 143 » d’un ignorant;et si l’on remarque en moi quelque rayon » de lumière, on ne l’attribuera pas à la science de l’école, (+) Mém. aut. ! : ! de M, Olier,i.1, » mais à la miséricorde de Drœu (1)°.» p. 170.

M. Olier, pouvant se livrer alors avec liberté à toute xunt. l'impulsion de sa charité pour le salut de ses frères, Pi es éprouva un désir ardent de passer au Canada, afin de por- disciples en ter la lumière de l'Evangile aux peuples de ces contrées, nn le encore assis dans les ombres de la mort (2). Il pria donc à. pie de M. le Père de Condren de trouver bon qu'il se dévouât à une Ge bare si sainte et si généreuse entreprise. Mais ce sage directeur, tie 1, chap. vi. qui venait de l’empêcher d’accepter l’épiscopat, s’opposa constamment à l’exécution de ce nouveau dessein, non moins incompatible avec les conseils de la Providence; et (8. Année Doil ne fallut rien moins que sa grande autorité, pour déter- ro a+ miner M. Olier à y renoncer sans retour (3). tnt, p. 461.

Afin de le préparer à exécuter un jour l’œuvre de Dev, lorsque le temps en serait venu, le Père de Condren voulut, non qu’il portât la foi aux infidèles, mais que, de concert avec les ecclésiastiques qu’il lui avait associés, il prèchât des missions aux catholiques dans l’intérieur du royaume (#). L'une des fins qu’il se proposait étant de les à) mem. sur convaincre par là du besoin extrème que les peuples avaient . ot Art de bons prètres, il les envoyait de préférence dans les lieux les plus abandonnés, et surtout dans les paroisses de la campagne où il était arrivé quelque grand scandale (5). 15 Mémoires [1 désirait d’ailleurs qu’ils s’exerçassent eux-mêmes aux . nos fonctions du saint ministère avant d’y former les autres, et qu’ils méritassent l’estime universelle des peuples et du clergé par le succès de leurs travaux ; afin que, lorsque le temps de la formation des séminaires serait venu, on prit plus aisément confiance au succès de cette institution nouvelle. Nous verrons, en effet, que M. Olier fut sollicité de faire ses premiers établissements dans les provinces mêmes où il était plus connu par ses missions, le Viva-

rais, le Velay, l'Auvergne, la Bretagne. En agissant de

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144 PARTIE 1, LIVRE IV, — 1695, la sorte, le Père de Condren ne leur découvrait point cependant ses intentions ; et, lorsqu’après leurs missions ils venaient lui rendre compte de ce qui s'était passé, afin de reconnaître les fautes qu’ils pouvaient y avoir commises, et de s’instruire pour l'avenir, il leur disait souvent : 77 fout encore continuer les missions, et puis nous ferons quelque chose qui vaudra mieux, « Chacun écoutait cela, (4) Mémoir, de » dit M. du Ferrier, et personne n’osa jamais l’interroger M. du Forrier, p. 434. » là-dessus (1). »

XIV. Mais, pour ne pas anticiper sur l’ordre des événements, se se es nous parlerons ici de la retraite que fit M. Olier sous la retour en Au- conduite du Père de Condren, afin de se disposer prochai- Ms ie nement à reprendre ses missions d'Auvergne, retraite qui

fut pour lui une source des plus abondantes bénédictions.

Dès son retour à Paris, il n’avait cessé de soupirer vers

ces missions, mais surtout depuis qu’il croyait s’être rendu

tout-à-fait indigne de remplir désormais ce ministère, à

cause d’une prétendue faute que la délicatesse de sa con-

science lui reprochait vivement. C'était de ne s'être pas

2) Mémoires 0int à des prêtres de saint Vincent de Paul, qui, en 1635, a Lee lon allèrent prècher dans les Cévennes (2), probablement au (8) Collet, 1, 1, diocèse de Mende (3). Après l’avoir laissé longtemps gémir, ie PE Dieu eut enfin pitié de son serviteur, et daigna faire briller pour lui un rayon d’espérance. « Comme dans mes obscu-

» rités et mes sécheresses, dit-il, j’avais recours à la visite

» des Saints que je croyais être éclairés de Dreu, l’une des

» personnes que je visitai me dit : Æütez-vous de partir,

» Dieu veut que vous le serviez en ces pays. Alors elle me

» raconta qu’elle avait vu ce divin Maître épanchant une

» multitude de grâces sur un grand nombre de peuples, et

» m'’assura que cette vue lui témoignait que Notre-Seigneur

» voulait se servir de moi pour faire miséricorde à ces

» pauvres âmes délaissées. Ces paroles s’imprimèrent fort

» avant dans mon cœur, et je me sentis beauètoup fortifié

» pour entreprendre ce voyage, comme aussi par les grâces

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RETRAITE SPIRITUELLÉ. 145 » que je reçus dans ma retraite, C'était le commencement NUS . den » et comme la prédiction de tout ce qui m'est arpivé 102, — J'ie Ma, de M, Olier, par » depuis (1), » M. de Dretonvil- IL fit cette retraite dans une maison de campagne aux "#t:1: p.188. environs de Paris, au mois de mars ou d'avril 1636, et y M, Olier fait reçut des faveurs intérieures qu’il n'avait point encore D jte. éprouvées, surtout les impressions vives et puissantes de tion du Père de diverses maximes, qui, comme un aiguillon toujours pres- C’ndren. sant, l’excitèrent, le contraignirent en quelque sorte, tout le reste de sa vie, à marcher sans relâche dans la voie de la plus éminente perfection. « Mon second directeur, dit- » il, commençant à m’abandonner davantage à l'Esprit de » Dieu, que le premier, me laissa faire ma retraite tout » seul, sans m'indiquer des sujets pour les quatre oraisons » d'une heure chacune que je faisais par jour, et ne me » donna qu’une seule visite, à cause que sa charge ne lui » permettait pas de venir souvent \ la campagne. Or, je » commencai à éprouver manifestement la conduite de ce » divin Esprit et le grand soin qu’il a eu de moi par la n suite, Je me souviens que j’appris alors, pour la pre- » mière fois et à mon grand étonnement, que Jésus-Christ » et réellement présent aux âmes. Je fus bien aise, voyant » mon directeur dans la visite qu’il me tit, d’être éclairci » et instruit de cette vérité. Cela est vrai, me dit-il; Notre- » Seigneur est présent réellement aux âmes : CAristum » habiture per fidem in cordibus vestris. Per fidem, c’est-à- » dire, la foi est le principe de sa demeure, et son divin: » Esprit le forme avec ses vertus, donec formetur Christus » in vobis, Après quoi il me dit : Puisque cela est ainsi, il » faudra dorénavant que vous unissiez toutes vos œuvres » au Fils de Di£v, en l’une de ces trois manières : ou par » sentiment, où par disposition, ou seulement par la foi. » Si vous avez le sentiment de Jésus-CHaisr présent,

» unissez-vous à lui par sentiment. Si vous n’avez aucun

» sentiment, unissez-vous par disposition, c'est-à-dire ,

» tâchez d’avoir en vous les mêmes pensées et les dispo- » sitions qu’il avait en faisant les mêmes œuvres ; et, quand » vous ne saurez point ses dispositions, ou que vous ne » pourrez les former en votre âme, unissez-vous par la foi (4) Mémoires ® Seulement, c’est-à-dire, joignez par esprit vos œuvres à ra vd Er » celles du Fils de Digu, que vous offrirez ainsi avec les 108, 405. » vôtres (1), »

XVII. Cette instruction, dont M, Olier retira les plus grands Pain A avantages pour lui-même, fut la maxime fondamentale de à M. Olier la perfection qu'il s’efforça d’inspirer dans la suite au sémiprière OJESU. Lire de Saint-Sulpice ; et, pour en faciliter la pratique, il

laissa à cette communauté une formule de prière que l’on y récite encore matin et soir, à peu près la même qu’il avait reçue, pour son propre usage, de la bouche du Père (2 Mém. aut, de Condren. Elle était conçue en ces termes (2) : Venez, de M. Olier, 1.1, pag. 28. Seigneur Jésus, et vivez en votre serviteur dans la plénitude de votre force, dans la perfection de vos voies, dans la sainteté de votre Esprit, et dominez sur toute puissance ennemie * NOTE 15, p. dans la vertu de votre Esprit, à la gloire de votre Père *. du « Cette prière, dit M. Olier, contient toutes les demandes » que l’on peut faire à Notre-Seigneur pour la perfection » de l’âme. D'abord, nous lui demandons de vivre en » nous, non-seulement selon sa puissance ordinaire, » comme il fait dans le commun des chrétiens, mais dans » la plénitude de sa force, par la destruction entière du » vieil homme en nous, et l’établissement de son empire » dans nos cœurs, prèchant et soutenant ses vérités avec » force. On lui demande encore que ce soit dans la per- » fection de ses voies, c’est-à-dire, qu’il nous anime des » sentiments les plus parfaits de son amour, et nous rem- » plisse des dispositions les plus pures de son Esprit, » comme sont celles de victime à la gloire de Du. C’est » là le chef-£’œuvre et la perfection de la religion, et ce fut » la profession que fit Notre-Seigneur à son entrée dans le » monde, au rapport de saint Paul. On ajoute: Vivez en

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RETRAITE SPIRITUELLE. 147 » nous dans la sainteté de votre Esprit ; Ce qui signifie que » le Saint-Esprit nous sépare de toute créature, et nous ap- » plique à Dieu seul ; et c’est proprement la signification » du mot de sainteté. Enfin, on lui demande qu’il vive en » nous, qu’il y règne et y domine, par la vertu de son Es- » prit, sur toutes les puissances adverses, comme la chair, » le monde et le malin (1). » M. Olier introduisit aussi (1) Copie des Mémoires de M.

l’usage de cette prière parmi les paroïissiens de Saïnt-Sul- Otier, 1. mr, p. pice, où, depuis, elle a toujours été en honneur, et il en ne fit exprimer le sujet dans un tableau peint par Le Brun, et qui fut gravé dans la suite.

Lorsqu'il commença cette retraite, il était persuadé que Pate e les travaux des missions surpassaient de beaucoup ses dispose à pare forces. « Depuis peu, dit-il, mon médecin m'avait déclaré EE DE » que je n'étais nullement propre à cet emploi par ma fiance.

» complexion, et que j'avais une poitrine si faible, que je

» ne pourrais faire autre chose que quelques exhortations

» à des grilles de religieuses. Et ce qu’il y a eu de remar-

» quable, c’est que Notre-Seigneur m’a donné un corps et

» un tempérament tout .‘uire que je ne l’avais en ce temps-

» là, et il n’y a personne dans notre compagnie qui l'ait si

» fort que moi; c’est un présent du Ciel, qui m’oblige bien one . » à servir celui qui me l’a fait (2). pag. 409.

» Sur la fin de cette retraite, continue M. Olier, je pris,

» pour sujet de ma dernière oraison, la dévotion à la très-

» sainte Vierge, et je désirai aller faire cette oraison dans

» une chapelle qui lui est dédiée, où je reçus beaucoup de

» consolations. Je me souviens que, m’en retournant en-

» suite à Paris avec M. de Foix, il nouS fallut passer la

» rivière, mais avec un danger non pareil, dans un petit

» bateau surchargé d'hommes et de chevaux, et même avec

» grande agitation de vent. Dans ce péril, j’aperçus à l’autre » bord uné figure de la très-sainte Vierge attachée à une

» maison ; alors je dis à mon bon ami: Il n’y a rien à » craindre, la sainte Vierge nous regarde ; et je n’eus plus

» de peur, ce me semble ; c’est la protectrice des corps et

» des âmes et la trésorière universelle de tous biens. En-

» fin, au sortir de cette retraite, apercevant l’église de No-

er » tre-Dame de Paris, je sentis ce que j'avais éprouvé à 155, » l’aspect de la chapelle de Lorette. J’éprouvai des tendres- 1) Mém aut. » ses très-grandes, et je me vis tout rempli de l'amour de

de M. Olier,t.s, p. 426, 4:7, 128, » ma bonne maîtresse ” (1). »

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NOTES DU LIVRE QUATRIÈME

NOTE 1, p. 123. — Benedict. XIV, de servorum Dei beatif. et Beator. canoniz. (1). Qudd Deus tam familiariter, per medium visionum etrevelationum, cum fidelissimis amicis loquatur, non est novumneque inusitatum ; et ferè omnes Sanctos, maximè Ordinum fundatores, divinis visionibus et revelationibus illustratos fuisse legimus.. Absque dubio, itaque Deus cum suis amicis familiariter loquitur, et his maximè favere solet, quos ad opera grandia eligit.

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