‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 120 sur 251 · SECONDE MISSION D'AUVERGNE · texte numérisé non relu

SECONDE MISSION D'AUVERGNE

sa- seulement par les missions qu’il leur procura (1), mais (!) Année Do ven- | encore par les séminaires de Viviers, du Puy et de Cler- sd A. en- mont, qu’il y établit avant sa mort, et qui, en donnant à or Fr ieux ces provinces une suite non interrompue * .clés pasteurs, por par a iviez y ont rendu permanent le bien qu’il s'était efforcé d’y chap! Vu, Ibid, point produire. pue, bien Son zèle pour la conversion des hérétiques de ces conn’eùt trées, sembla prendre de nouveaux accroissements par les e. Je bénédictions dont Dieu se plut dès-lors à le couronner. Un 1fidé- ministre, fort accrédité dans le pays, et qui s’était vu défié > qui | publiquement, par l’un des prètres de saint Vincent de juche Paul, très-habile controversiste, profita de l’absence de ce mp; missionnaire pour défier lui-même les autres à son tour; 1édic- il leur proposa donc d’entrer avec lui en explication sur si en les matières qui divisent les Calvinistes d’avec l’Égiise éven- Romaine. « Me voyant abandonné à moi-même, dit » M. Olier, je n’eus recours qu’à mon Dieu, et me mis en ité de » prière, lui demandant qu’il lui plût me défendre, et supsants, » pléer à mon ignorance qu’il savait être aussi grande que nt, se » possible; après quoi, je fis dire au ministre que vole: elay, » tiers je m’aboucherais avec lui, et que, puisqu'il voulait sem- : » disputer, j'étais tout prêt à le recevoir. Il se met, en effet, ; Mais » en chemin pour venir nous trouver, et arrive tout proche écri- » de la maison où nous demeurions ; mais à peine a-t-il a, dit- \ » rencontré une croix, qui est à cinquante ou soixante esprit » pas, que, tout-à-coup, saisi d’une secrète frayeur, il reectées » brousse chemin, et s’en retourne à sa maison sans plus be don- | » oser paraître : comme si le signe de la croix, qui chasse JEU de » nos ennemis, l’eût mis en fuite lui-même. Notre bon 2) mém. aut. hui ; et | » DIEU a grande pitié de ses pauvres ouvriers, et se plaît de MP", té dai- » à les défendre de la confusion : tant il est vrai que qui- Ws. Le Le sa sans » conque a recours à Dieu, et se confie en lui, ne sera tonbilhiers, ut, s déso- » jamais confondu (2). » Fe y tra- Dans chacune de ses missions, M. Olier eut la consola- ie rs , non- tion de gagner plusieurs hérétiques à l'Eglise, en même cedes, Lazare-

temps qu'il ramenait ou qu’il affermissait les catholiques dans la pratique de leurs devoirs. C’était partout la même abondance de grâces; les mêmes prodiges se renouvelaient à chaque mission. A la fin de la quatrième, il écrivait, (1) Abelly, iv le 10 février 1637, à saint Vincent de Paul et aux eccléu, chap. 1. — Col. Slastiques de la Conférence de Saint-Lazare, la lettre suilt,t.u, p, 852, , 353. vante qu’Abelly nous a conservée (1) :

« La quatrième de nos missions a été terminée il y a | » quinze jours, et il s’y est fait plus de mille confessions » générales, quoique nous ne fussions que six ouvriers, et, » sur la fin, huit. Nous étions tous accablés par l’affluence » du peuple qui y abordait de sept ou huit lieues de pays, » nonobstant la rigueur du froid et l’incommodité du lieu, » qui est un vrai désert. Ces bonnes gens apportaient leurs ! » provisions pour trois ou quatre jours, et se retiraient | » dans les granges, et là on les entendait conférer ensem- |

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» ble de ce qu’ils avaient oui à la prédication et au caté- | » chisme ; et à présent l’on voit ici les paysans et leurs | » femmes faire la mission eux-mêmes dans leurs fa- | » milles, les bergers et les laboureurs chanter les com- » mandements de Dieu dans les champs, et s'interroger » les uns les autres de ce qu’ils ont appris pendant » la mission +. Enfin, la noblesse, pour laquelle il sem- » blait que nous ne parlions pas, nous servant d’un lan- » gage aussi grossier que nous le faisions, après s'être » acquittée chrétiennement et exemplairement de son de- » voir, ne nous a pu laisser partir qu’en fondant en larmes. » Cinq Huguenots ont abjuré leur hérésie en cette dernière » mission, quatre desquels, qui nous fuyaient auparavant, » sont venus eux-mêmes nous y chercher ; et cela, Mes-

+ La dévotion à la sainte Vierge, dit ailleurs le serviteur de Dieu, a depuis continué dans ces cantons, et l'on voit encore ces pauvres (3) Mémoires Lens porter toujours leur chapelet à la main et le réciter lorsqu'ils

aut. de M. Olier, , F £ t.,1p. 434. vont au travail ou qu’ils en reviennent (2).

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eilya fessions iers, et, ffluence Le pays, du lieu, nt leurs tiraient ‘ensemau catéet leurs urs faès COMterrogel pendant il sem- ’un lans s'être son delarmes.

dernière pravant, la, Mes-

de Dieu, s pauvres lorsqu'ils

SECONDE MISSION D’AUVERGNE. 171 » sieurs, pour nous apprendre, comme vous me l’avez sou- » vent enseigné, que la conversion des âmes est l'ouvrage » de la grâce, que nous y mettons souvent empêchement » par notre propre esprit, et que Dieu veut toujours opérer, » où dans le néant, ou par le néant; c’est-à-dire en ceux » et par ceux qui reconnaissent et confessent leur inutilité » et leur impuissance. »

Une des fonctions de la mission, à laquelle M. Olier s’at-

M. Olier sanctachait de préférence, était l’instruction des enfants. On ne tifle aussi les

, petits enfants, se lassait point d'admirer la charité ingénieuse avec la- étinspire le mé

quelle il savait captiver leur attention, en leur expli- mezèle au clerquant les éléments de la doctrine chrétienne, ou en leur gé. faisant goûter le lait de la piété. Après les pénibles travaux de la confession et de la prédication, c'était là un de ses délassements ordinaires ; l'humilité avec laquelle il traitait les enfants, et le tendre amour qu’il leur témoignait, attiraient mille bénédictions sur son ministère. À le voir ainsi s’abaisser, on eût dit qu’il se mettait au-dessous du plus petit d’entre eux, et qu’il se serait estimé heureux d’avoir à exercer cette fonction toute sa vie (1). Pour leur is ja is rendre la mission utile, ainsi qu’aux autres fidèles, il les deBrtonviltivrs, préparait, par des catéchismes et des exercices journaliers, * " !* "#? wa. à une communion générale, cérémonie touchante qui tirait des larmes de tous les assistants. Elle était précédée d’une autre non moins attendrissante; les enfants interpellés promettaient à haute voix d’observer le quatrième commandement : Tes pére et mère honoreras, afin que tu vives longuement , et allaient ensuite en procession dans la paroisse avec l’ordre et le recueillement le plus religieux.

Non content de se livrer ainsi à l'instruction des petits enfants, M. Olier sut communiquer encore ce mème esprit de zèle aux ecclésiastiques de ces provinces. Jamais on n’y avait vu les curés plus assidus à catéchiser la jeunesse, et à prècher la doctrine chrétienne à leurs paroissiens. Un

grand nombre de chanoines et de Prieurs se livrèrent, comme à l’envi, à cette fonction, prèchant et catéchisant dans les villes et les campagnes ; en sorte que les ouviers apostoliques, en petit nombre dans la plupart des cantons avant l’arrivée de M. Olier, s’y trouvèrent dès-lors en be ls ° abondance, toujours prèts à partir au premier signal (1). deBretonvilliers, Je ne puis m'empêcher de penser, dit-il lui-même, que ce A changement admirable ne soit l’effet des prières de sœur

du méme par le

éd sur: " » Agnès, cette sainte âme, qui a tant prié Dieu pour apainé Pt » ser sa colère, et convertir les peuples de ces contrées. La » pensée du Père de Condren était que bien souvent tout » le fruit d’une prédication avait été obtenu par les prières » de la plus pauvre petite femme qui soit dans l’église; (2) Mém. aut, » au lieu que le prédicateur, simple canal de la grâce, n’a ot » pour lui, dans son partage, que la pure vanité. Dieu aan. M: » m'en préserve à tout jamais, et me pardonne toute celle

t1,p. 324, 185. » du passé (2) ! »

XL. Pour fournir un aliment à la ferveur qu’il avait allumée ce . dans les cœurs de ces ecclésiastiques, M. Olier porta les sanctification Chanoïnes de l’église cathédrale et les ecclésiastiques du ns Fi Le Puy à former une compagnie semblable à celle qui se réuet de St-Flour, nissait à Saint-Lazare, et leur donna les mêmes réglements, avec quelques légères modifications. Il ne se sépara d’eux qu'après les avoir accoutumés à s’assembler toutes les semaines, pour conférer ensemble sur les devoirs de leur à LA N vocation, et se renouveler dans la piété sacerdotale (3) ; et, Bretonvilliers, 1, COMME il ne faisait rien sans en rendre compte à saint 5 Vincent de Paul et aux ecclésiastiques de la Conférence de “ce te LA Saint-Lazare, il leur écrivit la lettre suivante : « Vous êtes : » établis, par Notre-Seigneur, dans la ville de Paris, » comme des lumières posées sur un grand chandelier » pour éclairer tous les ecclésiastiques de la France ; à quoi » vous devez être particulièrement encouragés par les » grands fruits que fait dans la ville du Puy la compagnie » de messieurs les ecclésiastiques qui ont heuïeusement

n pa » qu p pa » pri » ils » lie » VO!

» l'ot Da pitre ter u reme une # et un a Ces » les » par » à le » ten ( ple d sociét zare ( Abd aux tobre de Dr Saint » M, » retr netr » tiq » de p ren » set » tion

brent, disant aviers ntons rs en al (1).

que ce > sœur ‘apaies, La at tout rières glise ; ce, n'a . Dieu e celle

lumée rta les ues du se réuments, d’eux les sede leur (3); et, À saint Ance de us êtes

Paris, ndelier ; à quoi par les \pagnie sement

SECONDE MISSION D'AUVERGNE. 173 » participé à votre esprit, Ils donnent des exemples de vertu » qui ravissent toute la province ; les catéchismes se font » par eux en plusieurs endroits de la viile; la visite des » prisons et des hôpitaux y est fréquente ; et, à présent, » ils se disposent pour aller faire la mission dans tous les » lieux qui dépendent du chapitre. Je demeure confus, » voyant leur zèle, et de ce qu'ils désirent que j'aille faire » l'ouverture de leur mission, en étant si peu capable (1).» (1) -4euy, 1, Dans ses Mémoires, M. Olier, en faisant l'éloge du cha- #» °°. Mr pitre du Puy, forme le vœu de voir d’autres chapitres imi- p. 209. ter un si bel exemple (2). Ces désirs ne furent pas entiè- (2 #urégé du rement stériles; il eut lui-même la consolation d'établir 9,44" de

Mémoires aut.de une sainte émulation de ferveur entre le chapitre du Puy : Ofer pur M. et un autre également considérable qu’il ne nomme pas. « Ces chapitres, dit-il, catéchisent, confessent, donnent » les exercices aux srd nands, font des missions, édifient » par leur modestie, st ils se sont présentés l’un et l’autre » à leur évêque, pour être ses précurseurs dans ses visi- (3) .{nalyce du

4 oi 9 cahier,etc.

» tes (3), » Il ajoute que le chapitre de Noyon imita l’exem- 4" hanrer

ple de celui du Puy, et que tous deux s'étaient unis de P: #5. société à l’assemblée des ecclésiastiques de Saint-Lazare (#4), 9e cahier, par M.

(4) Abrégé du

+ : Bourbon. Abelly, en rappelant une lettre que M. Olier avait écrite és

aux membres de cette même assemblée, au mois d’octobre 1636, nous fait encore connaître ce que le serviteur de Dieu entreprit pour la réforme du clergé du diocèse de Saint-Flour, « Ce très-digne abbé, dit-il, ayant obtenu de » M, l’évêque de Saint-Flour son agrément, pour faire la » retraite aux curés du diocèse dans son abbaye de Pébrac, » et même les exercices de l’ordination, comme il se pra- » tiquait à Paris; il écrivit une lettre, au mois d’octobre » de l’année 1636, à MM. les ecclésiastiques de la Confé- » rence de Saint-Lazare, de Paris, pour leur demander du » secours, en leur représentant qu'il y allait de la réforma- . » tion dé tout un diocèse (5). » I reçut les curés et les ordi- 1, ‘à hr cé

nands dans son abbaye, les défraya durant tout le temps des

exercices, et procura même aux plus pauvres les secours

temporels nécessaires à eux ou à leurs paroisses. Le grand

ascendant qu'il avait sur eux, et la confiance qu’ils lui

témoignaient en toute rençontre, était l’effet de la sainteté

de sa vie, surtout de son humilité et de son désintéresse-

ment. Étant un jour à Saint-Ilpise, il pria son grand-vi-

caire, frère Guérin Joanneur, religieux, d’aller à Pébrac

pour lui apporter quelques papiers dont il avait besoin ;

celui-ci refusa d’obéir, ce qui obligea M. Olier à lui dire

quelques paroles un peu dures ; mais quelques heures

après, il en eut tant de déplaisir, qu’il chercha ce religieux

()M. Faten- POUr se jeter à ses genoux et lui demander pardon (1).

a ne Dans une assemblée, que l’évêque de Saint-Flour avait

de vos convoquée pour régler l'imposition des dimes sur les bé-

tonvilliers, À 1, néfices de son diocèse, ce prélat et les autres membres de

P%1%6 Jassemblée sachant le saint usage que M. Olier faisait de

ses revenus, lui offrirent de décharger son abbaye ; il en

parut choqué, et leur répondit ces paroles, qui leur don-

nèrent encore une plus haute opinion de sa vertu : « Il

» n’est pas raisonnable, Messieurs, de soulager les abbés,

» qui ont d'ordinaire beaucoup de revenus, et ne font rien,

» pour faire peser toutes les charges sur les pauvres curés,

» qui travaillent beaucoup et n’ont qu’un revenu fort mo-

(2) M. Le Bre. ? dique (2). » Un ecclésiastique, qu’il avait chargé de régler

FE HR ses comptes avec le fermier-général de son abbaye, vint

lui apporter l’acte de ce réglement, et une somme de plus

de 5,000 livres qu’il avait touchée pour lui. M. Olier signa

les comptes sans vouloir les vérifier, quelque instance que

lui en fit cet ecclésiastique, et il abandonna la somme pour

NU Arr qu’on l’employât à faire de nouvelles missions : enfin,

aut, p.466, —Fie dans l’espace de dix-huit mois, il dépensa plus de 16,000 li-

a x PS vres, tant pour la subsistance des missionnaires, que pour liers,t,1, p. 180, soulager les pauvres de ces cantons (3).

Autant il avait soin de ses coopérateurs, autant il sem-

blait dan:

pend faisa abbé l’aut toujo parce gnait et de M.R eu oc l'appo de M.

et qu Pen cham] rien p habita grand ne rec de ce le secd recom mérité une p tous le parler n’osai contre redou » nobl » Cont »ilsp » de ré

ps des ecours grand ils lui ainteté éresseand-vi- Pébrac Jesoin ; ui dire heures ligieux on (1).

ar avait les bébres de sait de e;ilen ur don- 1: QI s abbés, nt rien, S curés, ort MmOode régler ye, vint de plus er signa nnce que e pour : enfin, 5,000 lique pour

il sem-

SECONDE MISSION D’AUVERGNE. 175 blait s’oublier lui-même : lorsqu’il allait à Vieille-Brioude, dans le voisinage de laquelle étaient situées diverses*dépendances de son abbaye, il logeait chez le prieur, quise faisait un honneur de lui céder sa chambre, comme à son abbé : elle était à deux lits, l’un destiné pour lui-même, l’autre pour un ecclésiastique qui l’accompagnait ; et c’était toujours ce dernier que M. Olier retenait pour son usage, parce qu’il était fort petit [et très-simple (1). S'il seplai- {4 pie de M. gnait alors, c’était d’être traité avec trop de ménagement, Doi 7 vi et de ne point assez pratiquer la pauvreté évangélique. 1, p. 455. — M. M. Reboul, archiprètre du diocèse de Saint-Flour, ayant hrs 7 eu occasion de l’accompagner quelquefois dans ses voyages, **° rapportait depuis, que la grande et continuelle application de M. Olier à Dreu lui faisait oublier de prendre ses repas, et qu’il l'avait chargé de l’en faire souvenir.

Pendani que M. Olier semait avec tant de fruit Gans le XII, champ du père de famille, l’homme ennemi n’épargna re rien pour anéantir ses travaux. Dieu permit que plusieurs poursuivent à habitants des environs de Pébrac lui suscitassent de "Ain ärmée. grands obstacles; et que, pour récompense de son zèle, il ne reçût que des injustices et des vexations de la part même de ceux qui auraient dû montrer plus d’empressement à le seconder. Entre les habitants les plus riches et les plus recommandables du pays, il s’en trouva qui se firent un mérite de le persécuter, et qui, non contents d’avoir usurpé une partie des biens de son abbaye, soulevèrent contre lui tous les libertins du canton, qui ne voulaient pas entendre parler de mission et de réforme. Enfin, les mieux disposés n’osaient prendre parti pour lui, voyant qu'il avait à lutter contre des ennemis que leur force et leur audace rendaient redoutables (2). « Je me voyais environné, dit-il, de la (9) pie de M. » noblesse de France la plus violente et la plus animée des 4 » contre moi, tant à cause de mon bien d'église, auquel chap. vu. — Re- » ils portaient envie, qu’à cause des emplois que je venais I

ques,t, in, p.512, » de remplir. Je n’avais donc que Dreu seul pour moi, et,

» sans doute, il était assez fort pour me défendre. Il y » avait, dans les environs, une douzaine de gentilshommes » qui venaient pour intimider les paysans, lorsque je vou- » lais donner les fermes au plus offrant, et qui les empé- » chaient, par leurs menaces, d’enchérir sur le prix, afin » qu’à leur défaut, je me visse obligé de remettre entre » leurs mains les terres de mes bénéfices. J'avais affaire » moi seul à l’homme du monde le plus dangereux, qui » me suscitait toutes ces traverses ; il s’était rendu redouace » table à tout le pays par ses actes de violence, surtout de M. Olier,t.1, ” depuis un attentat audacieux qu’il avait commis, en p.43, 15 —» poignardant, dans son lit, un M. de Montmorency,

Année Dominicaine, ele. — Re: » oncle ou cousin du duc de ce nom qui a été déca-

nd re » pité (1).»

XIIL. Tel est le récit que fait M. Olier de la pénible situation Dieu le pro- ‘ ‘ :

tège dans les OÙ il se trouvait alors. Rien ne put cependant abattre son dangers, courage ; la prière, la patience et la confiance en DrEu étaient les seules armes dont il savait user contre ses persécuteurs, et l’unique vengeance qu’il avait appris à tirer de leurs vexations : ces armes ne furent pas impuissantes. «Je me souviens, dit-il, d’une protection bien remar- » quable dont Dreu nous favorisa pendant nos missions. » Revenant un jour d’exhorter de pauvres peuples, et » étant seul et mal monté, je rencontrai, par la campagne, » à vingt pas de moi, deux cavaliers, accompagnés d’un » homme de pied, qui paraissait leur servir d’espion. Dès » qu’ils meurent aperçu, ils mirent la main au pistolet. » qu’ils tirèrent du fourreau, attendant ma rencontre; » mais, au lieu d’aller les joindre, je me détournai vers » une petite chapelle, devant laquelle j'avais catéchisé » quelques pauvres trois jours auparavant. Lorsque j'étais » dans cette appréhension, un prêtre assez éloigné de moi, » et qui était au bas d’une vallée, ayant pris l'alarme, » accourut vers moi pour me secourir. 11 vint à moi à » toute bride, croyant que ces gens avaient ‘tiré l'épée

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SECONDE MISSION D'AUVERGNE. 177 » contre moi ; car, dans l'éloignement où il était, il avait » pris la lueur de leurs pistolets pour l'éclat d’une épée » nue. Dès qu’il m’eut joint, il me dit avec une hardiesse » non pareille : Allons, allons ; et me pressa de pousser au- » près d'eux avec courage ; ce que nous fimes avec d'autant » plus d’assurance, que, dès qu’ils avaient vu de loin ce » prêtre venir se joindre à moi, ils avaient remis leurs » pistolets dans le fourreau. Je prie Notre-Seigneur de » vouloir me conserver toujours sous sa sauvegarde (1). »

Dans le temps même où l'orage formé contre M. Olier, par les gentilshommes des environs de Pébrac, grondait le plus contre lui, il éprouva combien Dieu se plaît à adoucir, en faveur des siens, les hommes les plus féroces, et à changer pour eux les loups en agneaux. « Par une conduite admi- » rable de la protection de Drev, qui favorise ses moindres » petits serteurs, dit-il, sur la fin d’une grande maladie » que jeu ‘6: nos missions, le gentilhomme le plus » intraitab! +. !: plus dangereux dont j’ai parlé, vint me » visiter dans mon lit, me témoignant par là son déplaisir » pour toutes les peines qu’il m'avait causées; il était v accompagné de sa femme et de trois de ses filles (2), » les seules qu'il eût alors dans le pays. Ce trait me fit » singulièrement admirer et adorer la providence de Dieu, » qui humilie, comme il lui plait, et exalte les siens selon » son bon plaisir (3). Je dirai encore qu’un jour, m’en » revenant au petit pas, il prit tout-à-coup à mon cheval » un caprice qui le fit sauter du lieu où je marchais dans » un chemin fort bas qui était à côté; me voyant ainsi en » l’air, tout surpris de ce saut inopiné, je me mis à crier : » Ah! mon Dieu, mon amour! et sur-le-champ mon che- » val s'arrêta (4). »

Ce fut vers ce même temps que M. Olier connut Marie l'essonnière, l’une des âmes les plus élevées de son siècle, et qu’on a comparée à sainte Thérèse, pour l’éminence de ses dons. Cette sainte veuve, appelée communément Marie

rl

(4) Mém. aut.

de M. Olier, 1.1,

(2) Wie de M.

Olier, Par le père Girÿ, partie ar. ch. vu. —Remarques historiques, p. 53.

(3) Mém. Ib.

Union de M.

Olier avec Marie de Valence,

de Valence, de la ville où elle résidait, s'était mise autrefois sous la conduite du Père Coton, Jésuite, pour se prémunir contre les illusions qu’elle redoutait souverainement; et, depuis que ce guide sage et éclairé eut dissipé ses inquiétudes, elle fit toujours de nouveaux progrès dans les voies

A Nu “4 ar A de la perfection (1). Le cardinal de Bérulle, saint Vincent ue Font de Paul, et d’autres grands personnages de ce temps, en | avaient la plus haute estime; jusque là que saint François

* NOTE 6, p. de Sales ne craignait pas de l’appeler une relique vivante”.

‘ Durant le cours de ses missions, M. Olier eut la pensée d’aller la visiter, et, dans ce dessein, il se rendit à Va-

auf de Ode, lence (2). Cette sainte femme, alors âgée de plus de soixante tn, p.96. ans, était sans cesse occupée des moyens de glorifier la très-sainte Trinité ; c’était là son attrait dominant, et comme

sa grâce particulière. L’impression qui saisit M. Olier en

la voyant, et les mouvements extraordinaires de religion

qu’il ressentit, lui firent croire que Dieu le mettait lui-même

en participation de la mème grâce. Dès ce moment et jus-

qu’à sa mort, iléprouva un désir ardent d'imprimer le res-

pect et l’amour de l’adorable Trinité dans tous les cœurs;

désir qui l’a porté à composer la belle prière du matin,

par laquelle les ecclésiastiques du séminaire de Saint-

di md. à v, Sulpice honorent tour à tour les trois divines personnes

p. 388e/ suiv. et se consacrent à elles (3).

Marie de Valence éprouva, de son côté, des impressions intérieures toutes semblables, et se sentit pénétrée de res-

pect en la présence du serviteur de Dieu, comme si elle se

fût approchée de Jésus-Christ, caché au très-saint Sacre-

ment de l’autel. « Après la mort de sœur Agnès, dit-il » lui-même, Notre-Seigneur me donna la connaissance de » sœur Marie de Valence, qui me témoigna tant d’ouver- » ture, que, depuis la mort du Père Coton, son directeur, » elle n’en a jamais tant témoigné à personne; jusque là » qu’elle voulut me découvrir toutes les grâces qu’elle » avait reçues depuis la mort de son directeur, tt m’ap-

efois unir

; ef, quiévoies acent se, en nçois inte*.

ensée \ Vaxante er la omme ier en ligion mème et jusle resœurs ; matin, Saintsonnes

essions de reselle se

Sacre-

, dit-il nce de Pouverecteur, sque là qu’elle

m’ap-

PTE DER

MARIE DE VALENCE. 179 » prendre celles qu’elle avait mises par écrit de son vivant; » elle à pour moi une vraie charité de mère (1). » Le des-

(t) Esprit de M, Olier, Lu,

sein de la Providence, en formant cette union entre eux, p. 363.

fut de donner à M. Olier un nouveau secours qui l’aidât dans l’œuvre de sa sanctification, et de nouvelles lumières sur sa vocation future. L’une des dévotions de Marie de Valence était de prier chaque jour pour le clergé séculier, Elle demandait à Notre-Seigneur de remplir tous les prètres de piété, de science, de pureté d'intention, de zèle, de détachement (2), en un mot de toutes les vertus apostoligues ; et l’on est fondé à croire que, pour consoler sa servante, DIEu lui fit connaître quelque chose du renouvellement qu’il allait opérer dans l’ordre sacerdotal. Au moins lui donna-t-il une vue surnaturelle de la destinée de M. Olier, comme ce dernier nous l’apprend. « Ce fut » Marie de Valence, dit-il, qui m’assura, après avoir prié » pour moi, que Notre-Seigneur voulait faire de grandes

(2) Recueil des bonxprétres,elc.

» choses, par mon ministère, dans son Eglise (3). —Je ne He a

» bénis DIEU, dit-il ailleurs, qui, dans tous les états péril- à » leux de ma vie, a suscité pour moi des âmes saintes, et

Olier, t. u, "864. — Anu-

es du 40° cahier des Mémoi-

» peut-être des plus saintes, et qui non-seulement a per- "es de M. Olier.

» mis qu’elles eussent avec moi des liaisons spirituel- » les, mais leur a ordonné de m'offrir continuellement à » lui dans les temps de leur union plus intime avec sa di-

» vine bonté. O grand Dieu! je vous suis infiniment TEdé-

» vable pour tous ces biens, comme aussi à ces âmes bien- » aimées, qui se sont si puissamment intéressées pour mon » salut. Je vous rends grâces aussi de les avoir portées, » par des mouvements forts et puissants, à me découvrir » les grâces dont vous les combliez, et de m'avoir ainsi » fait connaître vos libéralités et vos trésors en leurs per, » sonnes (4). » ee

Dans la vic angélique de Marie de Valence, M. Olier croyait voir une image fidèle de celle de la Mère de Dreu, et sa dévotion pour cette auguste Reine du ciel, non moins

tetttee sh ie 0

(4) Mémoires t. de M. Olier,

nt LÉ 89.

(4 Vémoires JE d'M.Olicr . H,p. 426 et 77.

M. Olier est atteint d'une grave maladie.

(2) Année Dominicaine,etc.— Remarques historiques, À. 1, pag. 464, NS — Vie de M.

lier, par le Dire Ciry, paitie de, ch. vin, — Ibid, p. bt4.

(3: M. J'alentin. Altestations autogruphes, Le 465.— J'ie de M Olier, par M. dr Bretonvilliers,t.

.» vergne, m'en retournant à

que sa charité pour toutes les personnes qui étaient dévouées à son culte, lui inspirèrent la résolution d’envoyer à Marie de Valence, jusqu’à sa mort, la somme nécessaire pour sa dépense de chaque année. Il en écrivit cependant au Père de Condren, qui approuva ce dessein. « Mon direc- » teur, dit-il, avait jugé utile que je donnasse à Marie de » Valence cent livres par an, ce qu’elle-mème avait estimé > devoir suffire à tous ses besoins; j'étais trop heureux de » cette grâce (1). »

Dieu lui en accorda bientôt une nouvelle, non moins utile à sa sanctification, quoique d’un autre genre; ce fut une maladie qui le conduisit au bord du tombeau (2), et dont il fait lui-mème le récit en ces termes : « Après avoir » travaillé dix-huit mois dans les emplois des missions, » je disais à l’un de mes amis : Il ne me manque que quinze » jours de maladie pour avoir un témoignage bien assuré » que Notre-Seigneur a agréé nos travaux. Or, il arriva que » précisément le dernier jour de notre dernière mis- » sion +, celle de la Motte-Canillac (3 ), petite ville d’Aumon abbaye, je me sentis » dans un certain état de paix que je n’avais jamais » éprouvé en pareille circonstance ; car je n’avais aucune » peine, et jusque là cependant j’en avais été environné. » Il me semblait même que les croix étaient un appui et » une force non pareille pour mon âme; sans elles, j'étais » tout débile; en sorte que, me voyant pendant quelques » instants sans peines et sans tribulation, je me trouvai si » chancelant que je n’en pouvais plus, et qu'il me semblait » que tout allait se perdre. Mais mon désir eut aussitôt » son accomplissement; car arrivant à Langeac, petite » ville à une lieue de mon abbaye, et entrant dans l’église

(à Attestation la cause de cette maladie à l’ardeur avec laquelle M, Olier précha, ce

ct. p. Ni.

jour même, le sérmon de elôtüre (4

+ M. Valentin, qui Ctait présent à la mission de Canillac, attribue

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