‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 121 sur 251 · S. FRANÇOIS DE SALES LE DÉLIVRE D'UNE MALADIE · texte numérisé non relu

S. FRANÇOIS DE SALES LE DÉLIVRE D'UNE MALADIE

dé- » du monastère où avait véeu et où était enterrée la bienver » heureuse sœur Agnès, qui m'avait prédit tant de croix, aire » je fus saisi d’un mal de tète excessif, qui fut le commenant » cement d’une grande maladie (1). Dès que je fus frappé nu ST . toc » de ce mal, je me sentis porté à faire un vœu à Monsei- ». 3,118. à de » gneur de Genève, pour le recouvrement de ma santé, et thé » aussitôt il me sembla que j’en étais assuré. Il me sou- « de » vient que, tout d’un coup, quoique très-assoupi, ayant » aperçu, comme au dedan: de * , quelqu'un qui m'avait oins » béni et donné assurance ‘’'eje mourrais pas de cer. fut » maladie, j’appelai promptement mon bon ami M. de ), et » loix, que quelques mois auparavant j'avais fait venir voir » de Paris, et je lui dis : Je ne mourrai pas...; allez ons, » chercher le saint Sacrement à l’église du monastère. inze » Nous étions dans la chambre de l’aumônier, et, comme suré » il était deux heures du matin, il n'aurait pu, sur que » l’heure, me procurer ce bienfait s’il était allé ailleurs. mis- » Cependant le mal devint si violent, que les médecins PAU- » me condamnèrent ; et, ne trouvant plus de remède dans entis | » leur art, l’un d’eux en essaya un qui réussit si mal, nais » qu’il me fit tomber en apoplexie; pendant ce temps, on cune ; » tâcha de me confesser, mais je ne répondais qu’à demi, nné. | » et enfin je perdis tout-à-fait la parole. On enfonçait des i el

» lancettes très-avant dans mes épaules, sans que je pa- » russe en ressentir la moindre impression ; et, comme » on croyait que je touchais à ma dernière heure, on » m’administra les saintes huiles. Je me souviens que » dans cet état, ayant perdu la parole et l’ouïe, je répon- » dais cependant quand on prononcait le nom de JÉsts, » comme aussi au nom de la très-sainte Vierge que j’ap- » pelais ma »#aman, comme un enfant ; car je n’avais pas » l'usage de la raison. C'était mon bon ami M. de Foix » qui usait de ce stratagème, sachant bien que rien ne » pouvait me réveiller de cette léthargie que ces noms; »et mème, en ce temps-là, le nom de la très-sainte

étais

ques jai Si blait ssitôt petite bolise

tribue ha, ce

(1) Wie de M.

Olier,par lePère Giry, partie tre, ch. vin. — Remarques historiques, t. 3, p.

(2) Mémoires autog.de M. Olier,t, à, p. 445, 416, 447.

Soias admirables de la Providence à l’égard de M, Olier.

(3) Tbid. t, u, pe M5."

(4) Ibid. t.u, p. #16.

(5) Ibid. t, 1, p. 415, 416.

» Vierge plus particulièrement que tout autre. On était » fort étonné de ne m’entendre rien répondre à tout le » reste, mais seulement à ces belles paroles, qui me péné- » traient le cœur, et faisaient ce que mille glaives perçants » n’eussent pu faire (1). Cette parole touchait la partie de » l’âme qui n’était point engagée dans le mal, et qui ne se » sentait point de l’assoupissement du corps. Je pense que » notre maître veut que la sainte Vierge ait part à tous » les biens du corps et de l’esprit, qu’il fait dans le monde, » comme le dit saint Chrysologue (2). »

« J’éprouvai bien, dans cette maladie, la vérité de cette » parole, où Notre-Seigneur promet de rendre au centuple » ce qu’on aura quitté et sacrifié pour lui. Etant réduit à » l'extrémité, dans les lieux les plus déserts et les plus » éloignés de ma famille, Dieu voulut m’assister du se- » cours de sa providence, en récompense de mes travaux » pour lui, et me procurer des soulagements si admirables, » qu'il n’y a rien de pareil dans le secouts humain (3). Le » jour même ou la veille de mon arrivée à Langeae, il vint, » dans cette ville, deux excellents médecins comme tout » exprès pour moi; l’un, de deux cents lieues, sans y avoir » été appelé; l’autre avait été mandé pour assister la petite » fille du seigneur de la ville (4). Ce fut une nouvelle mar- » que de la providence de mon Maitre à mon égard, que » l'impossibilité où elle me mit de passer outre pour aller » à mon abbaye. Sans doute je ne pouvais y être humai- » nement secouru, à cause de la violence extrême de mon » mal, qui, en deux ou trois jours, pensa m'’ôter la vie : or, » ces habiles médecins, en servant la fille du seigneur, » m’assistaient aussi moi-même très-soigneusement ; le mo- » nastère étant fort proche de la maison seigneuriale (5). » Pour une mère, une sœur et deux frères que j’avais quit- » tés +, je trouvai des personnes sans nombre qui avaient

+ M. Olier parle ici de deux frères, François Olier ‘et Nicolas-

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le cette entuple éduit à s plus du seravaux irables,

(3). Le il vint, ne tout ‘yavoir a petite le marrd, que ir aller humaide mon vie:or, igneur, |; le moiale (5).

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Nicolas -

S. FRANÇOIS DE SALES LE DÉLIVRE D'UNE MALADIE. 183 » pour moi une charité plus que de sœur, de frère et de » mère; les services que je recevais étaient accompagnés » d’une charité si désintéressée et si pure, qu’il n’y avait » que Dieu tout seul autour de moi (1). Je n’avais que » faire de ma famille; j'avais celle de Dreu, mon père, qui » pourvoyait à mes besoins avec abondance et profusion, » tellement que non-seulement le Fils de Dieu accomplit » en ma faveur cette prophétie, qu’on recevra cent pouf un » en quittant pour lui la chair et ce qui lui appartient; » mais il me rendit, pour les personnes que j'avais quittées, » d’autres personnes incomparablement plus saintes, plus » utiles à mes besoins, et plus grandes devant sa majesté; » surtout mes amis qui me secoururent constamment, et » me furent plus frères que tous mes frères (2). Comme » aussi ces bonnes religieuses de Langeac, héritières des » sentiments de sœur Agnès, qui n’épargnèrent rien pour » mon soulagement ; les prières, les larmes, les discipli- » nes, et toutes les inventions dont l’amour se sert pour » obtenir de Dieu quelques grâces ; ce furent les moyens » qu'elles employèrent pour obtenir ma guérison (3). » Pendant ce temps, ma sœur, alors à Paris, et qui » n'approuvait pas plus mes travaux que les autres de » mes parents, et qui, bien au contraire, les avait en aver- » sion, vint à mourir au milieu de ses connaissances, sans » être secourue par aucun de ses proches, sans assistance » aucune, et délaissée de tous les siens, Cette mort aurait » pu montrer clairement à toute ma famille que servir » le monde n’est pas un avantage, parce qu’il nous dé- » laisse même à l’extrémité, et qu’au contraire on a tous » les biens en servant Dieu, puisqu'il oblige le monde,

Edouard, les seuls qui lui restaient lorsqu'il composait ses Memoires. Il en avait peut-être encore un troisième quand il partit pour l’Auvergne, René Olier, qu’il perdit, comme il le dit lui-même, durant le cours de ses missions (4).

(4) Mémoires autograp. de M.

Olier, 1. un, p.

(2) Ibid. t. u, p. 427, 428.

(3) Ibid. t. 1

pe 436.

Sa mère accourt pour l'assister et le trouve guéri.

(4) Mémoires

aut, de M ,Oler, tu, p. 445.

181 VARTIE 1 LIVRE V, — 1637,

» même malgré lui, à assister ceux qu’il protége. En effet,

» j'étais parti pour ces déserts contre le gré de mes pa-

» rents : et DIEU, pour montrer combien il prenait plaisir

» à notre dessein, m’envoya ma mère elle-même, avec mon

» plus jeune frère, pour me visiter. Sur la nouvelle de

» ma maladie, ma mère avait entrepris ce voyage de cent

» lieues, non-seulement pour m’assister, mais pour me

» ramener à Paris en carrosse : ma faiblesse extrème avait

» besoin de ce soulagement, je n’eusse pu supporter la

» fatigue du cheval. Enfin Du voulut que ma mère,

» arrivant pour savoir l’état de ma santé, me trouvât

» déjà guéri. Pour lui montrer qui était celui qui me gar-

» dait et me protégeait dans son service, je menai au de-

» vant d’elle trois ou quatre cents pauvres, qui me sui-

» virent au dehors de la ville; elle vit alors quel amour

» les pauvres me portaient, et que leurs prières et leurs

» vœux avaient obtenu ma guérison. Ces pauvres gens

» disaient tous de moi, dans leur étonnement : Z{ était

(4) Mémoires » allé en paradis, mais il est retourné (1). Je leur suis reaut. de M. Olier, ‘ . vus +

t.v,p.138. » devable de la grâce de ma guérison, que je ne méritais

» pas, et que toute ma famille ensemble n’aurait pu me

» procurer par son argent, son industrie et son crédit.

» Je bénis Dieu, qui prend toujours soin de conserver les

@) dbid, 1. n, » Siens, quoique très-chétifs et très-misérables ; non, on

. M6; A7 » ne perd rien en le servant (2).

XVIIL M. Olier se crut aussi redevable de sa guérison à saint get Mo: François de Sales, dont il avait fait vœu d'aller visiter le lier. fl est guéri tombeau, si Dieu lui rendait la santé (3); et, ne pouvant 4 Notre-Dame- 3]5rs accomplir ce vœu, il écrivit, incontinent après sa ma-

de-Bon-Secours,

à Tournon. ladie, à une communauté de religieuses de la Visitation, la (3) Vie de M. : : x RS nivil Otier;par le Père faveur que leur bienheureux Père venait de lui obtenir (a). su A te, Mais à peine commencait-il à jouir de la santé, qu’il lui

ch. vi, — Rem. . ea

hist, Lu». a. Survint au genou un mal assez considérable pour donner (4) Mém. t. . on - . . 4

de Ms Otiers tr, de nouvelles inquiétudes. On attribua eet accident à la

ns coutume qu’il avait de faire à genoux ses prière: et ses

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IL FAIT UNE RETRAITE À TOURNON, 185 oraisons, toujours fort longues. Les chirurgiens du pays voulaient lui faire des incisions qui l’eussent infailliblement estropié. « Comme je ne prévoyais pas ce péril, » j'étais tout résolu, dit-il, de passer par leurs mains. Ma » bonne mère, arrivée de Paris en Auvergne pour me voir, » ne voulut pas sout'rir qu'on m’exposât au danger d'être » estropié toute ma vie, et s’y opposa absolument. Alors » je fis un vœu à une Notre-Dame-de-Bon-Secours de » Tournon *, où je me fis transporter tout boiteux, à » org 7, p » la vue des hérétiques de ces pays, qui furent fort 192. » étonnés à mon retour (1). » M. Olier revint en effet avec (4) wém. aut. l'usage libre de ses membres ; son genou, dès les premiers » En on MA jours, ayant repris son état naturel, sans autre remède que l'invocation de la sainte Vierge. Pendant son séjour à Tournon, il fit les exercices spirituels chez les Pères de la Compagnie de Jésus (2) ; il y passa quinze jours dans une (2) Pie de M. solitude entière, ne conversant presque qu’avee Dieu seul, 21°” Par M: de

Bretonvilliers , et puisant sans cesse dans l’oraison de nouvelles forces !:1, P- 154.— M.

Valentin. Altespour porter les croix qui devaient achever l’œuvre de sa tations aut. pag. sanctification. ji

Ce fut sans doute durant ces exercices qu’il reçut les consolations dont il parle en ces termes dans ses Mémoires, sous l’année 1637 : « J’eus le bien de faire une retraite » sous un grand serviteur de Div. Pendant tout le temps » qu’elle dura, je fus quasi toujours attiré à Dieu, et re- » cueilli insensiblement sans pensées distinctes ; et ce » saint homme me dit que j'avais été traité en enfant de » bonne maison. Je fus par lui confirmé dans la pratique » de abandonner aux mouvements particuliers qui com- » mençaient déjà à me régler en tout, surtout dans les | » affaires importantes pour la gloire de Div ; étant réduit dt eue. » par nécessité d’avoir recours à mon Maître, car je n’avais Fr MES Fo

» alors aucun conseil, et je vivais dans son service aban- *## — Abrégé s x . du 40° cahier des » donné à ma seule conduite (3). J’appris, dans cette re- Mémoires auto-

: : : ” | ‘ graphes de M.

» traite, qu’il fallait parler avec dépendance de l’esprit de Orier.

(4) Mém. auto-

186 VARTIE 1, LIVRE V, — 16097.

graphes de M, D

Olier, 1, 1, p.

218, 219. — Co pie des Mém.etc, Liphitu, D. 19, — Ahréyé du 40e cahier des Mémoires de M.

Olier,

M. Olier revient à Paris; paroles remarquables de S Vinc. de Paul

Notre-Seigneur : ce que je n’avais pas conçu auparavant, ne faisant jusque là attention qu’à agir simplement, et à faire mes actions dans cette soumission dont je parle, et ne sachant même pas qu’il fallait que nos paroles eussent pour principe l'esprit de notre bon Jésus. Entre autres grâces que je recus dans cette retraite, je me souviens que, faisant oraison, ce me semble, sur le saint Sacrement, il me fut montré qu'il fallait former des prêtres auxquels on devait inspirer la dévotion et le zèle de la gloire du très-saint Sacrement, pour le porter partout. I] me fut mis devant les yeux un homme qui serait toujours en prières, pendant que les prêtres que l’on auait instruits iraient prôchant et publiant cette dévotion. Je voyais cet homme à genoux devant Dieu, et, en même temps, d’un autre côté, des prôtres tout de feu, qui, grimpant sur les montagnes comme des lions, portaient avec zèle la piété au très-auguste Sacrement, dans les lieux les plus déserts et les plus pauvres (1). »

Après sa retraite, et lorsque sa santé fut suffisamment

rétablie, M, Olier reprit le chemin de la capitale; et, dans le cours de ce voyage, il éprouva encore, d’une manière

" sensible, combien la Providence veillait sur tous ses pas.

« Étant, dit-il, dans la compagnie de ma mère, son car-

rosse versa dans un fond où les chevaux et le cocher devaient périr ou être estropiés ; aussitôt et sans préméditation, je m’écriai : Ah, Jésus, mon amour! Ah, Jésus, mon amour ! et, par la bonté et la miséricorde de mon Maître, nous ne souffrimes aucun mal : les chevaux ne furent pas même blessés. Il faut que la grandeur de notre Dieu soit incompréhensible, puisqu'il prend de si grands soins d’une âme vile et méprisable, pour cela seulement qu’elle doit l'aimer, et lui rendre quelque hommage. O que grandes et adorables sont les bontés de cette divine Providence! Je dirai bien à ce sujet ce que saint Augustin disait de soi-même ; Dieu a tant

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M, OLIER REVIENT A PARIS, 187 » de soin de moi, qu'il oublie tout le monde; ou plutôt, n ses noîns à mon égard sont si attentifs et si constants, » qu'il semble n'avoir que moi seul à gouverner (1).

M. Olier ‘arriva heureusement à Paris, où l'avait déjà devancé le bruit des conversions sans nombre qu'il venait d'opérer en Auvergne, Son nom seul, depuis son retour, imprimait la vénération, et personne ne l’approchait sans lui témoigner l'estime religieuse qu'on porte aux hommes apostoliques. Ce fut à cette occasion que saint Vincent, instruit déjà par ses missionnaires des succès étonnants de ses missions, lui dit en l'embrassant : « Je ne sais comment vous faites, mais la bénédiction de » fix vous suit partout où vous allez (2). Cela est vrai, » ijoute M, Olier, et je puis bien le dire à la seule gloire de

(1) Mém. aut,

le M.Olier, 1. à, p. 458, 159.

Olier, par M, de

Bretonvilliers

» mon Maître : daus ces missions d'Auvergne, où nous t;1 p.190. —#

du méme, par le

» étions de pauvres petits ouvriers de paille, qui n'avions Pére Giry, part.

4, chap, vit. —

» aucune vertu, il y avait des bénédictions admirables, et Remarques #:<-

» tout autres que celles que Drev a répandues depuis sur » nos travaux, quoique nous eussions avec nous, dans » ceux-ci, des hommes de savoir et de grande piété (3).» S'il eñt suivi son attrait, M. Olier serait promptement retourné dans ces contrées, où Dieu faisait fructifier si abondamment sa parole, «J'ai toujours eu ce déplaisir de m'en » Voir éloigné, écrivait-il dans la suite, Le Père de Condren, » mon directeur, a eu seul le pouvoir de m’empècher d'y » retourner, désirant n'associer à cette sainte assemblée » avec laquelle je vis maintenant. Dieu sait l’état de mon » cut, ct le désir perpétuel dont je brûle pour le sers x » de ces pauvres âmes. J'attends l'ordre du Maître qui

toriques, À 1, p. 513.

(3) Mém. aut,

de M, Olier, 1.1, pe 439, — Collet, L1,p. 204,

(4) Mém. aut.

de M. Olier,t.1,

» ne délie où m'attache, pour le suivre fidèlement (#4). » pas,

Le Père de Condren, toujours occupé de la pensée des séminaires, songeait alors à réunir en société les ecelésias-

M. Olier, al-

lant en mis-

tiques dontnous avons parlé. Pour les séparer déjà de leurs sion , traverse

familles, en les éloignant de Paris, il détermina,au prin-

Saint-Germainen- Laye dans

temps de cette année 1638, M. du Ferrier à aller passer une charrette.

(L) Récit de Pen l'été avec M.de Bassancourt et M. Amelote à Chamy-

fance du Père 4- Dolent, en Saintonge, où ils firent quelque temps en commelote; lettres : di dite QUES , Se autog. du même. UN leurs exercices dé piété, et peu après il leur envoya * NOTE 8,p. M. Meyster pour les former aux travaux des missions (1)”, N

tandis que M. Olier et les autres exerçaient leur zèle dans ses

les environs de la capitale. Ce fut probablement alors que ceux-ci préchèrent, au-delà de Saint-Germain, une mission ll que Dieu bénit sans doute, pour récompenser l’humilité se avec laquelle ces dignes ouvriers l’entreprirent. Obligé de » rid passer par cette ville, où se trouvait le Roï avec toute la ei ee Cour, M. Olier, alors sur les rangs pour l’épiscopat, fut , . bien aise de pratiquer, en cette occasion, la pauvreté évan- » Du gélique, et de donner un rare exemple de renoncement. »m Car, au lieu de faire le voyage dans une voiture convenable, eh il proposa à ses amis de le faire dans une charrette. Quel- : : ques-uns lui représentèrent que plusieurs de la compagnie » de étant connus de la Cour, un tel équipage les ferait passer » ce pour des extravagants, et que cette singularité ne pouvait NC manquer de donner lieu à des dérisions capables d’empè- | eccl cher tout le fruit de leur ministère. Mais ces représenta- us tions ne lui firent point changer d'avis. « Notre-Seigneur exact » entrant dans Jérusalem monté sur une ânesse, leur ré- plus » pondit-il, nous a appris le cas que nous devons faire de | der. » tout ce qu’on pourra dire de nous. Ne s’est-on pas moqué É Ne » de lui, qui était la sagesse et la sainteté même ? Ne s’est- : ie » on pas moqué des Apôtres, lorsqu’ils annoncaient l’Evan- |: aumô » gile ? Non, non, Messieurs, ne marchandons point, et al- à gésin » lons promptement. » [montra tant de résolution, que sans à consi M Olers pee ser insister davantage, tous consentirent à partager avec Es M. de Bretonvil- ]ui la confusion qu'ils avaient cru d’abord convenable d’é-

liers,t.1,p.243, , 1 acte ( PCR viter (2). au fe

N( naire naire Meys

Chamryen com-

r ENVOYE ons (1)°, èle dans lors que mission humilité )bligé de toute la opat, fut eté évanncement.

venable, te. Quelmpagnie it passer à pouvait s d’empèprésenta- Seigneur

leur ré-

faire de

S MOqué Ne s’estnt l’Evannt,et al- | que sans ager avet able d’é-

NOTES DU LIVRE CINQUIÈME

NOTE 1, p. 156. — Quoique M. Olier n’eût plus d'égard pour ses parents lorsqu'ils s’opposaient aux desseins de Dru sur lui, il était toujours prêt, dans toute autre circonstance, à leur donner les témoignages de l’attachement le plus sincère, malgré la dureté de leurs procédés envers lui. « Mon frère aîné ne me connaît pas, » écrivait-il dans la suite, et j'ai pourtant été la cause de son ma- » riage, selon le sentiment commun. Outre ce que je fis au dehors » pour procurer la réussite de cette affaire, il plut à Dreu me » faire faire bien des pénitences pour obtenir ce que les hommes » ne pouvaient avancer. Une fois entre autres, m’étant retiré la » nuit avec le crucifix de la mère Agnès, pour faire un acte de » mortification, quoique cette pénitence fût assez légère, ma mère » en entendi quelque chose, et, montant où j'étais, elle me trouva » devant le crucifix en prière, sans toutefois qu’il en parût rien, or » se doutant bien pourtant, en l’état où j'étais, de ce que je venais 0 TRE » de faire. J'avais toute confiance en mon Dreu, qu’il ferait réussir t. 1, p. 444, M5, » ce mariage (4). » al.

TZ

NOTE 2, p. 458. — M. Olier dit, dans sa lettre à messieurs les ecclésiastiques de la compagnie de Saint-Lazare, du 24 juin suivant, que la mission de Saint-[lpise commença le dimanche dans l'Octarte de l’Ascension. Cette date est sans doute plus exacte que celle qu’on trouve dans ses Mémoires, écrits six ans plus tard, et où il fixe l’ouverture de cette mission au, jour même de l’ Ascension 1636.

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