XII
M. Bourdoise emploie M, Olier à une mission au diocèse de Chartres,
(2) Fe de M.
Bourdoise, Ms, in-4", p. 486.
#NGIE 15,p.
M. Olier, ajoute en effet : « Ce refus ayant donné lieu à » M. l’abhé Olier età ses compagnons de s’entretenir avec » M. Bourdoïise, cemme c'était le dessein de ce dernier, » ils se sentirent si échauffés de son discours, qu’ils le » vinrent voir diverses fois, pour se faire instruire par » lui, et se remplir de l'esprit ecclésiastique : en sorte » qu'ayant M. Bourdoise pour maître dans la cléricature, » et le Père de Condren pour directeur, ils firent des pro- » grès étonnants dans la vertu et la science des Saints, par » les lumières qu’ils recevaient, tant de celui-ci pour la » vie intérieure, que de celui-là pour la discipline de l’E- » glise ; et qu’en honorant le Père de Condren comme leur » père spirituel, ils reconnurent toujours M. Bourdoise, » depuis cette première entrevue, comme leur maître dans » la vie cléricale (1). » M. Bourdoise ne tarda pas à fournir en effet un nouvel aliment à leur zèle”.
Dans une petite mission, qu’il venait de faire au château de la présidente de Herse, sur la paroisse de Marchefroy, près d’Houdan, +u diocèse de Chartres, il avait reconnu les grande besoins spirituels de tous les villages circonvoisins, Youlënt y remédier, il invita ces jeunes ecclésiastiques, et forma deux corps de missionnaires. Pour le prenier, qui devait se porter çà et là, selon les besoins, il choisit M. Olier, M. de Foix, M. du Ferrier, M. Amelote et d’autres, qui passèrent plusieurs années dans ce ministère, annonçant, pendant l'été, le royaume de Dieu aux peuples de la campagne ; et il composa le second de plusieurs autres ecclésiastiques zélés, qui étaient venus spontanément se joindre à lui (2). Ils firent d’abord des missions sur les terres de la présidente de Herse, qui, sans doute, soutenait la bonne œuvre par ses largesses. Elle était parente de M. Olier, mère de M. Vialar, l’un de ces ouvriers, et si zélée pour la sanctification des ecclésiastiques, qu’elle contribua par sa générosité à l’établissement des exercices des ordinands à Chartres et à Paris”,
Peu de temps après, M. Olier prêcha une autre mission
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M. OLIER EST FORMÉ PAR M, BOURDOISE, 213 aux habitants d’Iliers, petite ville à cinq lieues de Chartres ; elle laissa des fruits remarquables, non-seulement parmi les pauvres et les artisans”, mais aussi parmi les personnes considérables du lieu. De ce nombre était M. Bellier, officier de la Reine, illustre par ses alliances. Il était venu demeurer dans une terre auprès d’Illiers, et y avait conduit sa famille, composée de six enfants, quatre fils et deux filles. Les prédications de M. Olier produisirent dans leurs cœurs des impressions si profondes, que les der x demoiselles entrèrent dans la suite à la Visitation, « ux de leurs frères embrassèrent l’état religieux; le iè mourut jeune, et le quatrième, qui devint un ferv
tien, étant mort peu après son mariage, sa veuve se retira ligieuses de lu
dans la congrégation de la Providence pour s’y consacrer à Dieu (1).
Pendant que M. Olier se livrait ainsi dans l’exercice des missions à toute la ferveur de son zèle, un illustre prélat
mont, évêque de Châlons-sur-Marne, gémissait depuis longtemps sur l’état affreux où le dépérissement de la discipline avait réduit son diocèse ; et il faut convenir que ses inquiétudes ne pouvaient être mieux fondées. Le grandvicaire de,ce prélat en écrivait ainsi à M. Bourdoise : « Les » moindres ecclésiastiques de Paris valent ici leur pesant » d’or. Combien de pauvres âmes de la campagne périssent »en nos quartiers, par la faute de leurs curés, qui sont » ignorants et plus qu’ignorants, et qu’il est impossible d’ô- » ter de leurs bénéfices (2) ! »
Pour apporter un remède efficace à un si grand mal, l’évêque de Châlons avait conçu, depuis longtemps, le projet d'établir un séminaire dans son diocèse, et s’était même adressé à M. Bourdoïise, mais inutilement. La réputation extraordinaire dont jouissait M. Olier lui fit penser qu'il trouverait en lui un homme capable d’exécuter ce dessein, et d'opérer la réforme que son grand âge ne lui permettait
* NUTE 16, p.
(t) Wie des re-
Visitation, À. 1v, Bibl, du premier monastère
de Paris.