‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 132 sur 251 · SA FAMILLE S'IRRITE DE SON REFUS DE L'ÉFISCOPAT · texte numérisé non relu

SA FAMILLE S'IRRITE DE SON REFUS DE L'ÉFISCOPAT

vit, » de son esprit, pour cette sainte charge (1). » Tous les PS Parma son parents de M. Olier ne partagèrent pas cette joie. Autant 3%. ques son refus avait donné d’admiration à tout Paris, autant lici- excita-t-il contre lui leurs ressentiments et leurs murmuous res (2). Ceux d’entre eux qui désiraient le plus son avan- (2) Esprit de ° A M, Olier,t, un, pas- cement dans la carrière des honneurs, lui en firent des p, 7a4 et suiv, neur reproches très-vifs, et surtout sa mère; jusque là que ne ses pouvant goûter un refus qui lui paraissait si contraire à mis- ce qui se pratiquait universellement, elle ne fut point aslure. sez maîtresse d’elle-même pour étouffer, dans le silence, Nr ds ie part les mouvements d'humeur et de dépit qu’elle éprouvait (3). M. de Bretonvit. ions, Enfin elle ne garda plus de bornes, lorsque peu après la . due rand nomination de M. Vialar, et avant même que celui-ci eût M de et it de recu ses bulles, l’évêque de Châlons vint à mourir (4). ee je 4 : eue 10i je Mais, sans attendre ce moment, M. Olier était déjà sorti Nous de la maison de sa mère, et demeurait à Saint-Maur-lesr vos Fossés, près Paris *, avec ses amis que le Père de Condren * NOTE 19, p. mis- avait enfin réunis en société. Ils y occupaient une maison : opose qui appartenait à l’un d’eux, M. Brandon; et c'était là pcèse. qu’ils avaient coutume de se retirer dans l'intervalle de gner, leurs travaux apostoliques (5). Le Père de Condren, tou- A nl sions | jours occupé de l’établissement des seminaires, avait eu de M. Olier, t. : + , .s 1, p. 5.— Wie de nous ) pour fin, en les réunissant de la sorte, de les préparer déjà #° Bourdoise , | à l'exécution de ce grand dessein ; et ce fut aussi pour ce M NE DIS pour > motif qu’il empêcha M. Olier d’aller reprendre ses mis- P- 8. , lun ; sions d'Auvergne. « Le Père général, dit-il, a eu seul ce Félix À » pouvoir de m’empècher d’y retourner, désirant m’as- É h socier à cette sainte assemblée dans laquelle je vis (6). » UN OU

Sans leur découvrir cependant le fond de sa pensée, le t.1, p.184. Père de Condren leur avait proposé simplement de s’as-

socier entre eux, et de se donner un chef pour continuer |

Sn sé date à 54 (7) Mémoires ainsi leurs missions jusqu’à ce que Dræu les appelât à une 4e 2r. du Fer-

Olier.

perur de

è | : s + : + rier, par. 126.

DIEU autre œuvre. Tous avaient applaudi à ce dessein, et choisi 4 Annales de lons ; pour supérieur M. Amelote (7), qui, malgré sa jeunesse, car 4 maison de l'O-

ratoire, etc. t, 1,

1itude il n’était âgé que d’environ trente-un ans (8), avait déjà ac- p.895. — Cata-

218 PARTIE 1. LIVRE VI, — 1639, logue des au- Œuis sur leur esprit beaucoup d’ascendant, par son savoir, at de PO. Sa Maturitéet son expérience; et ce fut sous saconduite qu’ils ratoire,p. 45. prêchèrent les diverses missions dont nous allons parler.

XVI La première fut probablement celle d'Amiens, que le SR d'A- père de Condren appelait une mission de grâce, un des- LU Phone et sein non des hommes, mais de Dieu (1). Elle eut pour occade Condren. Let- SiOn un sermon qu’y prècha par hasard M. Meyster, et qui 5 PART de remua toute cette grande ville (2). M. de Caumartin, qui M. du Ferrier, en était évêque, eut alors la pensée d’y faire donner une

Ms. Bibl.Sainte-

Geneviève, p.73. Mission en règle, et la grande réputation de M. Olier fut — Ms. Bibl. Rp. ; sé Q 3

78. cause qu’on l’invita d’aller y prendre part. « On me presse,

» écrivait le serviteur de Du, d’aller en mission à Amier: ;

» mais j’ai à présent l'esprit si ouvert, par la bonté de

» Disu, à l'intelligence de l’Écriture sainte, dont il ne

» m'avait point encore favorisé, que je ne sais si je dois

» quitter cette lecture. Notre révérend Père de Condren,

(8) Lettres au: » qui me l’avait conseillée, me déterminera (3). » Ce fut

+ ns M en effet son directeur qui l’envoya à cette mission, avec

MM. de Foix, du Ferrier, de Bassancourt et quelques au-

tres, formant en tout huit missionnaires. On devait s’at-

tendre à éprouver bien des contradictions, à cause de l’éclat

que pouvait produire la mission d'Amiens, la première

qu’on essayât de prêcher dans une grande ville. Saint Vin-

cent de Paul et ses ecclésiastiques n’exerçaient ce minis-

tère qu’à la campagne, et l’Oratoire, jusque là, s’était borné

aux villages et aux hameaux. Aussi plusieurs personnes,

à Paris, blâmèrent hautement cette mission, dès qu’on en

eut connaissance ; et le Père de Condren crut devoir en

écrire aux missionnaires, pour les encourager à poursuivre

leur dessein : mais comme elle devait faire naître l’idée de

tant d’autres missions, prêchées depuis dans les grandes

villes du royaume, Dieu se plut à y opérer une multitude

de conversions, et des prodiges de grâce presque inouis.

Dès le commencement, on se vit obligé d’associer dix-sept

prètres de la ville aux huit missionnaires pour les aider à

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MISSION D'AMIENS. 219 voir, entendre les pénitents, qui se présentaient en foule dans qu, gr res qu'ils l’église cathédrale, toujours pleine d’auditeurs aux instruc- #s. Bibl. Saintearler. tions, soir et matin (1). Le fruit le plus éclatant fut la con- Sensor Don: ue le version d’un colonel Suédois au service de la France, qui AP. 78, %, 80. des- commandäit huit cents cavaliers. Frappé d’une maladie OCCa- mortelle, il abjura l’hérésie de Luther, détesta tous les et qui maux qu’il avait faits à l’Eglise, recut les sacrements avec » qui une humilité comparable à celle du centenier, et, durant r une les trois jours qu’il vécut encore, il prècha continuellement er fut ses soldats *. Ils furent si vivement touchés de sa conver- * note 20,p. resse, sion et de ses paroles, qu’ils se convertirent tous eux- ia jen ; mêmes, et que leur ferveur devint bientôt, pour la ville nté de d'Amiens, une seconde mission non moins efficace que la il pe première. Jamais la miséricorde de Dieu n’éclata plus vie dois siblement que dans la conversion de ces hommes de guerre; ndren, car, trois semaines après, ayant reçu ordre de marcher à Ce fut l'ennemi, ils furent surpris dans une embuscade, et tous » avec taillés en pièces (2). Voici ce que M. du Ferrier rapporte de (2 Mémoir. de es au- leur conversion. « Comme ils ne pouvaient aborder nos sn ie it s’at- » confessionnaux, qui étaient environnés deux heures : l'éclat » avant le jour, ils venaient nous attendre à la porte du emière » logis, et nous accompagnaient jusqu’à l’église, en disant, nt Vin- » pour nous faire compassion, leurs péchés tout haut, et minis- » depuis combien d’années ils ne s’étaient pas confessés. t borné » Hélas! disaient-ils avec larmes, nous ne savons quand sonnes, À » il faudra monter à cheval ; nous en irons-nous sans avoir w’on en » été confessés ? et mourrons-nous sans avoir eu l’absolu-

voir en \ » tion de nos crimes ? Nous leur disions qu’il nous était rsuivre \ » défendu de faire passer, par préférence, quelque pénitent

idée de grandes ultitude inouis.

» avant son rang, quelque désir que nous en eussions; » mais Du permit que ces bons Picards leur cédèrent vo- » lontairement la place. Ces soldats étaient devenus si | » pieux et si exemplaires, qu’ils allaient le soir prier en dix-sept k » commun avee les habitants chez qui ils étaient logés, et aider à » les excitaient à servir Dieu par leur ferveur. La recon-

» naissance alla si loin, que le conseil de ville, pour nous en Pi » remercier de la conversion de ces cavaliers, délibéra de Chart » nous envoyer le présent de vin et de confitures qu’il fait les in » au gouverneur, à son entrée dans la province. Nous fûmes aux n » fort surpris de ce compliment ; et, comme nous ne rece- extrao » vions jamais de présents, nous ne voulûmes pas accepter cents | » les confitures et les six grandes quesnes (ou cruches) lüt réc » d’étain aux armes de la ville, pleines de vin, que les cette | » sergents, vêtus de leurs robes rouges, nous présentaient, sonne. Momo. Le » et enfin nous leur persuadâmes de les porter à l’Hôtel- demen p. 83. » Dieu (1)*.» ment € *nore21,p. On peut se former une idée des effets étonnants que incapa 245, produisit cette mission, d’après les alarmes qu’en conçut ecclési le gouverneur, sur les représentations de quelques reli- tinuer gieux, trop affectionnés à la gloire particulière de leur d'ène ordre. Il écrivit plusieurs fois au cardinal de Richelieu, Il pa que M. Meyster avait acquis un tel ascendant sur les ha- sanctif bitants d'Amiens, qu’il était en état de les porter à tout, leur 2 et même à se donner au roi d’Espagne, dont il était né dation sujet. Mais cette cabale ne servit qu’à accréditer de plus en reçure

plus les missionnaires, en mettant au grand jour leur par-

fait désintéressement. Le duc de Chaulne, gouverneur

d'Amiens, continuant d'écrire au cardinal de Richelieu

pour lui faire part de ses alarmes, le cardinal donna ordre

à l’intendant de Picardie de l’informer de la vérité. C'était

(2) Mém. de M. M. de Bellejambe, beau-frère de M. Brandon, l’un des misdu Perrier, Ms. Sjonnaires : il fit connaître la vraie cause de ces prétendus

de Sainte-Gene- | viève, p. Le la soupçons au cardinal, qui manda au gouverneur de de-

de Ro plus va l’ordre cette laient ] conseil dans le de coop

— Ms. Bill. R.

p.78, 79. meurer en repos (2). ments XVIL Les fruits de cette mission, et tout ce qu’on en racontait, la man

oil : firent désirer aux habitants de plusieurs villes de Picardie de Mantes. de posséder à leur tour les missionnaires, pour recueillir quelque chose des grâces qu'ils répandaïent avec tant de profusion. Ils prèchèrent d’abord la mission à Montdidier ;

et après quelques semaines de repos, au lieu-de retourner

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nous ra de il fait ümes | r'ececepter iches) ue les aient, Hôtel-

js que conçut s relie leur helieu, es haà tout, tait né plus en ur parerneur chelieu aa ordre , C'était les misétendus de de-

contait, Picardie ecueillir

tant de tdidier ; etourner

MISSION DE MONTDIDIER ET DE MANTES. 221 en Picardie, ils se rendirent à Mantes, dans le diocèse de Chartres, où M. Éléonor de Valencé, évêque de cette ville, les invitait à venir prêcher la mission. Elle eut lieu (1) RUE Pire aux mois de juillet et d’août *, et produisit des fruits si étions ‘authenextraordinaires, que les missionnaires y terminèrent cinq ‘“#* 0. cents procès à l’amiable, sans qu'aucune des parties voulût réclamer contre le jugement des arbitres. Ils suivaient cette pratique dans toutes leurs missions. Plusieurs personnes, qui ne trouvaient pas leur compte à ces accommodements, accusèrent les missionnaires, devant le Parlement de Paris, de mettre les plaideurs au rang des pécheurs incapables d’absolution. Mais le chancelier fit dire à ces ecclésiastiques, dont plusieurs étaient ses parents, de con- 47. tinuer, les assurant que le Parlement ne se mêlerait pas , (2 Mémoires de M. du Ferd’une affaire de confession * (2). rier, p.74. Il paraît que les missionnaires ne se bornèrent pas à la sanctification des laïques, et qu’à Mantes, comme ailleurs, leur zèle s’étendit aussi au clergé. C'était la recommandation que leur faisait le Père de Condren. Une lettre qu’ils reçurent, le 18 août, de M. François de Harlay, archevêque de Rouen, montre qu’ils méditaient un dessein beaucoup plus vaste : le renouvellement de la discipline dans tout l'ordre sacerdotal. Comme ils avaient consulté ce prélat sur cette matière, et probablement sur un ouvrage qu’ils voulaient publier, il les félicite de leur noble entreprise, leur conseille d'extraire d’abord ce qu’il y a de plus essentiel dans les statuts et les décrets des conciles, et leur promet de coopérer à leur travail en y ajoutant des éclaircissements : en sorte, dit-il, que les prêtres sachent désormais ,(@? Lettre de la manière de se conduire en public et en particulier, et parni tes etre que l’on remette en vigueur les règles sacerdotales (3) +. tolé He

te,

Ce fut peut-être pour entrepren . XIX, pe P prendre ce travail, qu’en ter. af hourdoiss

* NOTE 22, p.

— Saut communique à Ÿ Durant la mission d’Amiens, qui se prolongea plus longtemps M Olier. l'es-

que de coutume, le Père de Condren leur écrivait : « Je crois que prit paroissial,

minant la mission de Mantes, et au commencement du mois suivant, ils se retirèrent dans une terre qui appartenait à l’un d'eux, au Loreau, près d’Epernon. Mais le moyen de réformer le clergé et de rétablir la discipline consistait moins dans la composition de nouveaux ouvrages, que dans la formation d’une génération exercée de longue main au ministère des autels, et qui, profondément pénétrée de l’esprit de religion, pût le ranimer parmi les peuples. M. Olier et ses collaborateurs eux-mêmes, allant en tant de lieux, et sans cesse occupés destravaux des missions, ne connaissaient qu’imparfaitement les cérémonies ecclésiastiques, les règles concernant le culte divin, l’ordre qui doit régner dans une église de paroisse; et ce fut dans leur séjour au Loreau qu’ils s’appliquèrent à en acquérir quelque notion, à l’occasion de ce que nous allons raconter. M. Bourdoise, toujours consumé de zèle pour communiquer aux prêtres ce qu’il appelait l'esprit paroissial, vint, par hasard, les visiter en allant à Chartres. Voyant, à sa grande surprise, qu’au lieu de fréquenter l’église du pays, chacun de ces messieurs faisait ses exercices de piété dans la chapelle de la maison, il leur proposa d’aller à l’église de la paroisse, d’y chanter une Messe solennelle en l’honneur de saint Matthieu, dont on

* 24 septembre faisait la fête ce jour-là*, et il choisit sur-le-champ les

(4) Lettres aut.

du Père de Condren,

officiers. « M. le curé qui sait chanter, dit-il, fera choriste » avec M. Brandon ; » puis, s’adressant à un Jésuite, qui se trouvait là par hasard, «le révérend Père fera célébrant; je » ferai diacre et conduirai les officiers de l’autel. » Enfin le sous-diacre , les acolytes et les thuriféraires furent pris parmi les autres ecclésiastiques de la compagnie. Le Père jésuite, surpris d’une invitation si brusque, fit d’a-

» quand Monseigneur d'Amiens jugerait qu’il fallût finir la mission, » vous ne devriez pas laisser de demeurer le Carême dans cette ville, » pour continuer de parler aux Ecclésiastiques (1). » -

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