‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 133 sur 251 · M. BOURDOISE LUI COMMUNIQUE L'ESPRIT PAROISSIAL · texte numérisé non relu

M. BOURDOISE LUI COMMUNIQUE L'ESPRIT PAROISSIAL

t du bord quelque difficulté : il se rendit néanmoins comme les arte- autres, et tout se passa si bien, dit l'historien de M. Bouris le doise, que non-seulement le peuple en reçut une grande pline édification, mais que ces Messieurs eux-mêmes, surpris uvra- et contents, ne pouvaient comprendre comment ils avaient ée de pu réussir en une chose qui leur était si nouvelle (1). Pie impri ‘ t P e de M, Bourfondé- M. Bourdoise fit plus encore : à Vêpres, il associa au Père doise, inde, Liv.r, parmi jésuite le Père de Condren lui-même, qui était venu au ? *** os, al- Loreau, et leur fit prendre à l’un et à l’autre le surplis et 1x des la chappe. Enfin il rendit ces Messieurs tellement affec- | céré- tionnés à la paroisse, qu’ils menaient à celle du Loreau te di- tous les ecclésiastiques qui venaient les voir, et les y fairoisse ; saient assister, en surplis, à tout l'Office (2). Ils en usè- ( Vie de M. uèrent rent de même à Saint-Maur-les-Fossés, où ils avaient eu, Eos" ti. e nous jusqu'alors, une chapelle domestique pour leurs exercices le zèle de piété. M. Bourdoise y étant venu passer quelques jours V'esprit avec eux, vers la fin de septembre, les engagea à ne plus . Char- dire la sainte Messe qu’à l’église de la paroisse, et à réquen- y assister aux offices, en surplis : ce qu’ils firent avec ait ses joie (3). Il est même à remarquer que le Père de Condren, 3, pie du meil leur qui vint les visiter peu après, voulut se conformer lui- ”#* As. in-4, p. er une mème à cette édifiante pratique, et les suivit à l’église de dont on la paroisse, revêtu du surplis (4). : M dou] mp les Charmé de la piété et de la docilité de ces ecclésiastichoriste ques, M. Bourdoise les invita à venir exercer leurs fonc- ,, qui se j tions à la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, lorsrant; je h qu’ils demeuraient à Paris : c'était là surtout qu’il formait » Enfin | ses nombreux disciples au chant, aux cérémonies, à l’ad- | furent ) ministration des Sacrements. Ils reçurent cette invitation nie. Le } avec une sincère reconnaissance, s’y rendirent dès le dift d’a- manche suivant, et continuèrent ainsi jusqu’à la Septuadl gésime (5), où ils reprirent le cours de leurs missions. (y pie de M. Durant tout ce temps, M. Bourdoise les excitait fréquem- P°#rdoise, in-4e. RIT ment aux cérémonies, tant à l’église de Saint-Nicolas, qu’à

celle des Bernardins (6). Ce fut lui qui leur enseigna ce p.518, 2,”

en

LE MR IS De TES D RE À TO SE PE EC

224 PARTIE 1. LIVRE VI, — 1040, qu'ils surent dans la suite sur cette matière; du moins M. Olier, lui rappelant les soins qu'il avait reçus de sa vo Eie de part, lui disait : « Vous nous avez donné les premières Wie de M. Bour- » teintures de la cléricature; et entre autres à ce pauvre dise, Ms, in-4v, , A , p. Ms. » novice qui vous écrit * (1). »

XVII. Mais cette bonne harmonie entre M. Bourdoise et ces Ps rh ; Ca ecclésiastiques faillit d’être rompue par les intrigues de Cyran, l'abbé de Saint-Cyran; et il ne sera pas inutile de faire remarquer, à cette occasion, le premier motif de l’éloignement de M. Olier et des siens pour ce patriarche de la nouvelle secte. Ce fut son orgueil révoltant qui les éloigna peu à peu de sa personne; car il osait bien, lorsqu'ils le visitaient séparément, témoigner un grand mépris pour Gi 24,p. le concile de Trente *, soutenir qu’il n’y avait plus d’E- | glise, et que, depuis six siècles, personne que lui n’avait entendu le dogme de la grâce. M. de Bassancourt, M. de Foix, M. Brandon, et tous les autres ayant rompu tout commerce avec cet abbé, il s’efforça alors de séduire M. Bourdoise, et usa tour-à-tour de mille flatteries pour le gagner. Il paraît que celui-ci, peu familiarisé avec les matières de théologie, ne se tint pas assez en garde contre l’austérité hypocrite du sectaire : il écouta trop volontiers ses discours captieux, dit l’ancien auteur de sa Vie, ® Vie de M. et en eut même l'esprit un peu embarrassé (2). Pour l’émar er blouir, Saint-Cyran feignait sans doute de vouloir concerter avec lui les moyens d’arracher les scandales de l'Eglise, et de ramener dans le clergé la sévérité et la discipline des premiers temps. Mais à la fin M. Bourdoise reconnut le piége, et cessa de fréquenter cet abbé. Alors on usa d’un autre artifice. Les prétendus disciples de saint Augustin résolurent d'introduire, dans la communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, un des disciples cachés du patriarche de la secte, pour qu’il y répandit secrètement le poison de l'erreur. M. Bourdoise n’aperçut pas d’abord ce nouveau stratagème; mais M. Olier et sès amis l’ayant

* NoTr 23, p.

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L'ABBÉ DE SAINT-CYRAN, 25 bientôt découvert, dans leurs visites à Saint-Nicolas, crurent devoir lui déclarer qu'ils seraient contraints de rompre tout commerce avec lui, s’il recevait ce sujets et M. Amelote, comme supérieur de la petite société, lui en écrivit en ces termes, le # octobre 1640, de Saint-Maurles-Fossés: « Si vous gardez M. N.... à Saint-Nicolas, vous » refroidirez nos Messieurs; et vous gâterez plus, en un » jour, que vous n’aurez pu faire en beaucoup de temps. » Vous savez avec quel soin il faut entretenir ces com- » mencements... Mais vous pouvez vous assurer que » nous sommes munis contre toutes sortes d'attaques, et » résolus d'aimer la religion et l’Eglise. Vous savez » comme je parle franchement... Continuez-nous votre » charité; nous profiterons de tout (1). » Cette lettre pro- (1 f'ie de M. duisit sans doute son effet (2); car M. Bourdoise continua Pourdie, de:

in-4e, p. 678, 679.

de les instruire, et de les exercer comme auparavant aux (? /'ie du me-

: me, pur le Père fonctions de leur état. IL parait qu’elle n’empêcha pas de la Cour de la néanmoins ce faux frère de séjourner quelque temps à sus, Us. in-folio.

Saint-Nicolas; et ce fut lui probablement qui pervertit un #4, "4" ecclésiastique de mérite et de talents, attaché depuis huit ans à cette maison, dont il semblait devoir être un jour et l’ornement et la gloire : nous parlons de Claude Lancelot, qui se fit un nom dans les lettres, et illustra même Port-Royal. Le perfide émissaire lui fit envisager, comme une grâce singulière, l'honneur d’ètre admis au nombre des disciples de Saint-Cyran (3); et il y réussit si bien, (1) #istuire de que Lancelot ne revint jamais de son fol enthousiasme. Done ne Après avoir tiré Lancelot de Saint-Nicolas, cet abbé enleva id Re Antoine Singlin à saint Vincent de Paul, et s’attira encore Toussaint des Mares, qui commençait à se faire, dans la pi ue eV

chaire, une brillante réputation (4). Nous aurons occasion pe. lol. Recuei de Mémorres,ete.

de parler de ces deux derniers dans la suite. L'Apéne.

du } vrire

NOTES DU LIVRE SIXIÈME. elle

ORIGINE DE LA CHAPELLE DE NOTRE-DAME-DE-TOUTE-JOIE. NC avait

NOTE 1, p. 195. — Cette chapelle, lieu ordinaire de pèleri- ve tel

nage pour M. Olier, lorsqu'il était à Clisson, est située à un quart

de lieue nord-est de cette ville, sur la route de Gétigné. Dans man ses Lettres Vendéennes, M. le vicomte Walsh en a rapporté l’o- sur ; SUS.

(1) Tome un, rigine sur un bruit populaire, qu’il ne garantit pas (1), et qui, en : Lelt. xxxiv, in- effet, n’est pas entièrement conforme à l’ancienne tradition du | d'un 42, 4826, p. 219. onrd'hni : 11

pays, attestée encore aujourd'hui par les habitants de Clisson, les plus instruits et les plus graves. Leur relation, que nous mettons ici, pourra servir comme de correctif à ce passage des Lettres Vendéennes. Ils disent donc qu’Olivier de Clisson, père du On connétable, revenant de visiter ses terres, et se trouvant dans l'endroit même où la chapelle est bâtie, fut abordé par un messager, qui lui annonça à la fois deux honnes nouvelles : la naissance

de son fils, dans la suite connétable, et la défaite des Anglais Le qu’il n’aimait pas ; et ils ajoutent que, dans les transports de sa les p joie, il promit de bâtir, dans ce lieu même, à l’honneur de la pelle sainte Vierge, une chapelle, qui fut appelée depuis Notre-Dame- bâtie de-Toute-Joie. vœu.

Elle devint un lieu de pèlerinage pour les environs, et, avant àalhh

la Révolution, treize ou quatorze paroisses s’y rendaient, en pro- et le cession, à différents temps de l’année. Mais durant les désastres sentai

de la Vendée, elle eut le même sort que tant d'autres monuments, elle fut livrée aux flammes. Quoiqu'il n’en restàt plus alors que les NO murs, on ne laissait pas d’y aller prier; et une pieuse fille, appe- tagne lée Jeanne Favrot, par un mouvement extraordinaire de dévo- mir 1 tion, entreprit de mendier pour avoir de quoi la rebâtir. Pendant autre plusieurs années, on la vit assise auprès des restes de cet édi- » Mai fice, tendre la main aux passants; elle y filait sa quenouille et sou (2) vid. p.24, chantait des complaintes (2), surtout les jours de foires et de “bon : marchés. Plusieurs se moquèrent de son entreprise, d’autres Ja Si chargeaient d’injures ; mais elle, sans se rebuter, continua sa » qui quête, qui, d’abord, ne lui rapportait guère que des liards. Après à: 10

que le calme eut été rendu à la Bretagne, elle alla, une petite image de la sainte Vierge à la main, intéresser la piété publique à Clisson et dans les lieux environnants. Les uns ‘lui donnèrent

» que » exp » mai

lE-JOIE.

e pèleriun quart né. Dans porté l’oet qui, en dition du à Clisson, ous metdes Let- 1, père du vant dans un messanaissance s Anglais orts de sa neur de la re-Dame-

, et, avant 1t, en pro- désastres onuments, ors que les iille, appee de dévor. Pendant le cet édienouille et jires et de d'autres la ontinua sa 1rds. Après une petite é publique donnèrent

du bois, d’autres de l’argent ; plusieurs personnes aisées ouvrirent enfin leur bourse, et la chapelle fut rétablie. Aujourd’hui elle est célèbre encore par la dévotion des fidèles,

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