‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 139 sur 251 · CONVERSION DE M. DE QUÉRIOLET · texte numérisé non relu

CONVERSION DE M. DE QUÉRIOLET

NOTE 11,p. 209. — Les personnes jalouses de connaître tout ce qui peut inspirer une vive confiance en Marie, nous permettront de faire ici une courte digression pour rappeler un trait ignoré jusqu’à ce jour, et bien propre à montrer son amour et sa puissance. D'ailleurs nous suppléerons en quelque sorte, par là, à une lacune que le dernier des historiens de M. de Quériolet a regretté de ne pouvoir remplir. « Il eut à Paris, dit-il, des » conférences particulières avec le Père de Condren et saint » Vincent de Paul, mais ses historiens ne nous en ont pas con- » servé le détail (3). » — « Voici, en abrégé, rapporte M. du Fer- » rier, ce que M. de Quériolet nous dit en nons faisant le récit » de sa conversion : Vous resterez d'accord, Messieurs, après avoir » eu connaissance de mes crimes effroyables, qne je suis un

*» exemple de la plus extraordinaire miséricorde de Dreu. J'ai

» passé ma vie jusqu’à l’âge de trente-cinq ans dans la pratique » de toutes sortes d’abominations, et dans la profanation des sa- » crements que je recevais pour paraître catholique et vertueux. » Après quelques années, je me trouvai saisi d’une haine si » étrange contre la personne de JÉsus-CHRIST, que je sortis du » royaume pour aller à Constantinople me faire turc. J'avais ap- » pris qu’un chiaoux du grand Seigneur était à Vienne pour négo- » cier quelques affaires avec l'Empereur: je fis diligence afin de » l’accompagner à son retour; mais l’infinie miséricorde de Dieu » en disposa autrement, quoique ma malice l'eût de nouveau hor- » riblement méprisée, comme je vais vous dire. Traversant une

» for

» qui

» mo

» Not

» solt

» plu

» qu”

»vles

» m’é » di

» qu » sold » part »iln » quit » sidé:

» à Pa » mon » fish »vet q » l'Egl » nion » vin, » hum » une » son » de » deR vw Pe

» fois » imp » blas » ma » et le » seni » je » qui » j’eu » tre » je lé » lum »nE

, C’est lisant :

oir la aissant par le M. de 1, parbles de t point t que s sem- A CONue les trouvé

re tout ermetn träit our et te, par Quério- -il, des t saint AS CONdu Ferle récit èsavoir suis un EU. J'ai ratique des sarlueux.

aine si prtis du vais ap- Tr négoafin de de DIEU au horant une

Di !.VRE SIXIÈME. 235

» forêt d'Allemagne, je tombai la nuit entre les mains de voleurs » qui tuèrent d’abord deux hommes que je menais; me voyant » moi-même couvert de leurs fenx, je tis alors le vœu d'aller à » Notre-Dame de Liesse, si DrEu me garantissait de ce danger. Il » m'en garantit en effet. Mais, hélas. je continuai mon impie ré- » solution, et me hâtai pour joindre le chiaoux que je ne trouvai » plus à Vienne. Dans l'espérance de l’atteindre, car il n’y avait » qu’un jour qu'il était parti, je pris un batean sur le Danube, et » le suivis jusqu’à la frontière de Hongrie, où on m’arrèta, ne » m'étant point muni de passeport.

» Je descendis à Venise, à cause des commodités fréquentes » qu’on y rencontre pour Constantinople, et je m’enrôlai pour » soldat de cette république dans la garnison de Malamoque, d’où » partentles vaisseaux. Mais Du permit que, durant six semaines, » il n’en sortit aucun du port, et, dans l'ennui où j'en étais, je » quittai la garnison sans congé pour revenir en France ; ne con- » sidérant pas le péril que je courais en désertant. Lorsque je fus » à Paris, on m’apprit la mort de mon père, que l'affliction de » mon malheureux voyage avait sans doute avancée. Alors je me » fis huguenot par intérêt, et comme je n’avais aucune religion, » et que ma famille m’offrait des avantages pour me ramener à » l’Eglise, je me refis aussi catholique. Je continuai mes commu- » nions sacriléges avec une débauche épouvantable. L’excès du » vin, quoique je ne m’enivrasse pas, me jetait aussi dans une » humeur si fâcheuse que j’eus beaucoup de querelles; j'avais » une soif continuelle du sang humain, et je tuai plusieurs per- » sonnes en rencontre et en duel ; et, pour me mettre à couvert » de la justice, j'achetai une charge de conseiller au parlement » de Rennes, quoique je n’eusse aucune connaissance du droit.

v Pendant ces désordres abominables, Dieu me préserva deux » fois de la mort, mais je n’en devenais que plus furieux et plus » impie. Ainsi, dans l’une de ces circonstances, après d’horribles » blasphèmes que j'avais vomis contre Dru, la foudre tomba sur » ma Chambre pendant que je dormais, et en emporta le couvert » et le plancher, et même le ciel de mon lit, en sorte que je me » sentis couvert d’une ondée de pluie qui accompagna le tonnerre : » je me mis à blasphémer de nouveau, défiant le tonnerre et celui » qui l'avait lancé. Il me revint cependant quelques remords, et » j’eus la pensée de me convertir; j’allai mème prier les Char- » treux de me recevoir dans leur Ordre, mais le troisième jour, » je les quittai sans leur dire adieu ; et dès lors, je devins abso- » lument athée, étant persuadé qu’il n’y avait ni DIEU, ni Paradis, » ni Enfer, ni Démons (1). »

(4) Mémoires de M. du Ferrier, p. 9253 et suiv.

M. de Quériolet en était venu à cette affreuse extrémité lorsqu'il se rendità Loudun. Dans le voyage, il avait entendu parler des possessions de cette ville, qu'il regardait, selon son expression, comme des supercheries de bohémiennes, ne croyant pas même à l'existence des démons; et il y alla, par amusement, comme s’il fût allé à une vraie comédie. Mais la miséricorde divine l'y conduisait pour le terrasser et le convertir. Il s'était approché de très-près afin d’être témoin de l’exorcisme ; lorsque la possédée, qu’on exorcisait alors, se tournant vers lui, le démon, par la bouche de cette fille, se mit à vomir d’effroyables blasphèmes contre Dreu, l’accusant d’injustices, de ce qu'après avoir réprouvé tant d'anges pour un seul péché, il voulait faire miséricorde au plus méchant des hommes, qui en avait commis une infinité de bien plus horribles ; et de ce qu’il lui avait arraché des mains ce misérable, ce blasphémateur, cet athée, lorsqu'il fit à Notre-Dame de Liesse ce vœu qu’il n'avait jamais accompli, et quoiqu'il fût indigne des bienfaits de cette Vierge.

Ce reproche d’avoir violé un vœu, dont M. de Quériolet n'avait jamais parlé à personne, plus formidable que la foudre, brisa surle-champ la dureté jusqu’alors invincible de ce cœur. Abimé dans un océan d’amertume, il gagna une chapelle voisine, et là, tombant la face contre terre, il donna un libre cours à ses pleurs. On crut qu’il était malade, on voulut le relever; mais ses larmes firent connaître la nature de son mal. Après avoir passé la nuit prosterné sur le pavé de sa chambre, en l’arrosant sans cesse de ses larmes, il fit le lendemain sa confession générale; et, commençant sa nouvelle vie par le pèlerinage voué à Notre-Dame de Liesse, il renvoya d’abord ses domestiques, donna aux pauvres tout ce qu'il avait avec lui, se revêtit lui-même de lhabit d’un pauvre, et fit tout le voyage nu-pieds, nu-tête, demandant l’aumône et pleurant sans cesse ses péchés. De Liesse, il alla de la même manière à la sainte Baume, en Provence, afin d’obtenir, par l’intercession de sainte Madeleine, quelque part de son esprit de pénitence et de son amour pour Jésus-Carisr. Il revint à Rennes dans le mème état, et persévéra jusqu’à la mort dans la rigueur de sa pénitence et de ses humiliations, s’étant condamné

__. à ne jamais regarder que la terre, faisant huit ou dix heures N'a . d’oraison par jour, et ne prenant presque aucune nourriture depe M3etsuiv. x puis le jeudi à midi jusqu’au dimanche à la même heure (1).

6 lorsparler >xpresant pas ement, rde di- | s'était lorsque démon, 8 blasès avoir p misénis une ché des il fit à mpli, et

t n'avait risa surmé dans là, tomurs, On larmes ; Ja nuit cesse de rt, com- Dame de pauvres bit d’un int l’auilla de la obtenir, on esprit revint à | dans la pndamné x heures ture de- 1).

Page 1