XIX. Après la mort du Père de Condren, la petite com
M: Olier - pagnie connaissant enfin les desseins de Dieu sur elle, PRE NROE LUE résolut d'abandonner les missions, dès que la Providence ses peines. Jui offrirait la facilité d'entreprendre l'établissement d’un séminaire, Mais ne voyant point alors d'ouverture à l’exé-
cution de ce dessein, elle retourna dans le diocèse de @) Mémoires Chartres (2), et s'arrêta d'abord au Loreau, puis à Eper-
de M.du Ferrier, AA ‘ Ne A p. 437. non, pour y vaquer à l’oraison et à l'instruction du peu-
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M. OLIER ÉPROUVE UN PEU DE RELACHE. 283 ple (1). Ce fut alors que M. Olier eut un peu de relà- an ns che dans ses peines, dont il ne fut néanmoins délivré que doise, in-4", p vers la fin de la même année, et encore ce change- ie ment ne s’opéra-t-il que peu à peu. « Après dix-huit mois » ou davantage, dit-il, DIEU commença à me laisser la » liberté de m’élever de temps en temps à lui : ce qui, » jusqu'alors, m'avait été interdit. Je ne recevais aucun » rafraichissement dans mes peines, sinon lorsque je pou- » vais réciter mon chapelet, ou faire quelque pèlerinage » en l’honneur de la très-sainte Vierge (2).» L'église cathé- eat drale de Chartres fut le lieu où, selon ses expressions, p.12. il commença à respirer intérieurement , et à reprendre au dehors la gaiet” qu'il faisait paraître avant ses peines. Toute la compagnie fut étonnée de ce changement, sans en connaitre la véritable cause, qu'il eùt été en effet difficile de soupconner. On a vu que les peines de M. Olier avaient eu pour principe la crainte où il était sans cesse d'agir par orgueil, et elles commencèrent à être dissipées à l’occasion d’une lumière très-vive qu’il eut sur l’énormité mème de ce vice. «Elle n’apprit, dit-il, que la su- » perbe dérobait à Dreu son honneur et sa gloire, que » c'était un larcin sacrilége, puisqu'elle allait arracher sur » les autels de Dreu ce qu’il aime et chérit davantage. » Cette première lumière commença à me délivrer de mes » peines (3). Je me souviens ici, prosterné à vos pieds, pce FA » Ô mon DIEU, d’une autre grande grâce que vous me fîtes de M. Olier, 1.1, » éprouver l’année passée, au jour de la petite Fête-Dieu. je » M'éveillantle matin, une heure ou deux plus tôtqu’il ne » fallait se lever, c’était dans Chartres , et entendant ce » doux bruit et ce célèbre résonnement des cloches (4) de (# Notice his- » Notre-Dame, vous me faisiez voir en esprit la grande an
sonnerie de Chur- 1 : s 1 : a À à tres, par l'abbé
» gloire qu’on vous rendait partout en ce jour-là, et les Pie, 4840, pe 44.
» grandes louanges que vous offrait votre Fils, cette
» sainte Hostie, par tout le monde. Car il vous loue dans
» le saint Sacrement comme dans le ciel, y étant tout-à-
(t) Copie des Mémoires autographes de M.
Olier, t. 1, p.
(2) Ibid. +. it, p. 250.
» fait le même; et cela remplissait mon esprit d’une » grande joie. Mais ce qui y mettait le comble, c’était que » mon propre cœur semblait avoir part à tout cela ; qu’il » louait Dieu partout, et était répandu partout. Plüt à » Drev que cela fût comme je le sentais; ce sentiment me » faisait répandre des larmes, et cette heure passa avec » une grande vitesse (1).
» À Ja fin de mes peines (car durant mes peines mêne, » j'étais universellement orphelin), j’expérimentai l’amour » et la charité de père, que Dieu avait mise pour moi dans » l’âme de mon confesseur, M. Picoté. J'étais porté à me » confier en lui, ce que je fis alors sans réserve, et en » recus des secours très-puissants dans ma conduite, soit » pour le corps, ou pour les biens, soit aussi pour l'esprit. » J’en bénis Dieu de tout mon cœur. Je dois beaucoup à » Notre-Seigneur en la personne de cet homme, qui à » beaucoup de son esprit, et à qui il se plait de se com- » muniquer. Il me semble que Dieu me parle par sa bou- » che, comme il parlait à son peuple par celle de Moïse. » Il m'a souvent dit des choses si conformes aux dispo- » sitions intérieures que le bon Dieu mettait en moi, » sans qu'il le sût, qu’il fallait avoir son esprit, qui seul » sait les secrets des cœurs, pour me pouvoir parler de la » sorte. Il avait tellement l’esprit de discrétion pour moi, qu'il ne faisait point de difficulté de me détourner du » travail, et de me conduire à la campagne, pour me dé- » lasser. Et il arrivait que d’autres, qui n’étaient point » sous sa conduite, voulant s’opiniâtrer à l'ouvrage, en » tombaient malades à la mort. Que la bonté de Dre soit » bénie à tout jamais des soins particuliers qu’elle prend » de moi. Elle ne conduirait pas avec plus de provi- » dence et de plus grands sains l’âme la plus chère du » monde (2). »
NOTE laisse di DiEu ve » fait à » pas de » ficace:
» et sou » lPinflu » à DIE » hors, » œuvre » modes » sensib » naissa » dans 1
» Tou » ricord » j'étais, » l’eflet » à nous » priant » aveugl » visible » décou » bride » sitôt « » alors » tion d » aux p » r'enco
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Plût à NOTES DU LIVRE SEPTIÈME.
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amour ÉPREUVYES. SOUSTRACTION DES DONS SURNATURELS.
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1e AUE NOTE 1, p. 258. — M. Olier expose ainsi les effets étonnants que e, et en laisse dans une âme la soustraction des dons surnaturels, lorsque 1ite, soit Dieu veut, par ce moyen, la purifier. « Cette soustraction, dit-il, se l'esprit. » fait à l’égard de la grâce sensible ; car la bonté divine ne laisse » pas de nous secourir alors de grâces insensibles, bien plus ef- À » ficaces. Le défaut de ses grâces sensibles cause d’étranges effets, e, QUI à » et souvent des humiliations prod'sieuses dans une âme. Sous se com- | » l'influence de ces secours, la volonté et le cœur sont portés ga bou- L » à Dreu avec délices, et l’on en remarque quelque chose au de- » hors, jusque dans le port et le maintien du corps, jusqu'aux » œuvres extérieures qui s’opèrent alors avec une douceur , une
LUCOUp à
e Moïse. 4) Mémoires
x dispo- ? » modestie et une égalité non pareilles. Dieu retirant ces dons aut. de noire
. É x 1 . Fe ,, U e TIR : ef t.1, p. 29 3 +2 en moi, | » sensibles, il laisse l’âme dans sa nudité ; et comme de ces dons Piede M. Olier, qui seul » naissaient auparavant de grandes lumières, il ne reste plus alors par M. de Bre-
» dans l’âme que trouble et confusion (1). » tonvilliers, av,
ler de la pe 431.
» Touché de compassion pour moi, Dieu me fit done la misépur moi, à » ricorde de m’ôter ces biens, pour me faire connaître ce que rner du } » j'étais, et me désabuser ainsi doucement de mon erreur. C’est : » l'effet d’une miséricorde non pareille, que de nous laisser ainsi » à nous-mêmes ; sans cela, nous irions nous estimant, nous appro- | » priant ce qui est à Dreu seul, et nous tomberions enfin dans un rage, en » aveuglement semblable à celui de Lucifer. Par-là, DIEU montre Du soit PE, » visiblement à une âme le fond de son abjection, et achève de lui » découvrir sa misère (2); car cette grâce sensible, qui tenait en (2) Mém. cut. » bride l’homme corrompu, venant à se retirer, tout change aus- 4 M: Olier, ib. dus Se , ; nt Sn * Sac p. 30!, » sitôt dans l’intérieur et l'extérieur. L'Esprit saint lui laisse chère du À » alors éprouver quel est son déréglement naturel, et la corrup- » tion de ses désirs. Alors il semble que la bride soit lâchée » aux passions. On ne sent que colère dans les moindres » rencontres, envie, aversion, sentiments d'amou-propre, jus-
nt point
(1) Mémoires aut, de M. Olier, t.1, p. 308, 306.
(2) Ibid. 1. 1,p.
* (8) Ibid. t. 1,p.
286 NOTES » que-là que la superbe rejaillit sur l'extérieur dansla contenance » du corps, qui est fière et arrogante. Souvent néanmoins l’âme n’y » contribue par aucune pensée, ni aucun sentiment volontaire ; » c’est l'effet propre d'un dégorgement de superbe, qui se fait » sentir partout en l'absence de son gouverneur, dont la présence » la réprime et l’oblige à se cacher (1). Ainsi, quand le Saint-Esprit, » qui avait élevé lâme à Dreu pour un temps, vient à se re- » tirer, l’âme, n’étant plus soutenue par ce principe si fort et » si puissant, retombe en elle-même, et semble par cette chute » tomber dans un abime d’obscurités, de ténèbres, de corrup- » tion, de confusion; dans un abîme de passions, qui, comme des » bêtes farouches, se rongent et se dévorent elles-mêmes. Enfin, » il semble à l’âme qu’elle tombe du ciel dans les enfers, tant » notre fonds est épouvantable à nos propres yeux ; combien plus » aux yeux de Dieu, la pureté et sainteté même (2)! Dieu laisse » ainsi au milieu de nous cette fournaise ardente, cette concupis- » cence, qui, non moins que les cendres de Sndôme et de Go- » morrhe, nous avertit des jugements de Dreu, prononcés contre » Adam et sa postérité ; c’est une bouche d’enfer que nous portons » dans nos entrailles, qui vomit toujours mille vapeurs insuppor- » tables à Dieu, et qui attirent sur notre chair de péché le châti- » ment de sa main vengeresse. Je ne parle pas ici des péchés » que nous avons commis par notre propre malice, mais seule- » ment de l’humiliation commune à tout le monde. Je ne m'étonne » plus si les Saints entraient quelquefois en de saintes fureurs » contre eux-mêmes; si, armés d'instruments de pénitence, ils » mettaient leur chair en lambeaux, et faisaient ruisseler leur » sang, infligeant ainsi à leur chair un juste martyre. C’est pour » cela que le Fils de Dieu, afin de montrer aux hommes ce qu’ils » devaient soufirir dans leur chair criminelle, voulut qu’on le » flagellàt, que son sang coulàt de toutes parts, et que ses os fus- » sent disloqués. De là vient que ce secours sensible se retirant, » et cette soustraction mettant à nu notre malice, nous sommes » bien aises d’être en butte aux injures, aux outrages, aux traite- » ments les plus injustes et les plus rigoureux (3).
» Voilà ce qu’opèrent ces soustractions de grâces : d’abord la » connaissance visible et manifeste que nous ne sommes que pé- » ché par nous-mêmes ; et ensuite humilité, qui fait que nous
. » nous plaisons à être traités de la part de Dieu et de la part des
» hommes, selon que notre péché le mérite. DrEu ne fait ces sous- » tractions de grâces sensiblés que pour mettre à la place d’autres » grâces plus excellentes, comme un jardinier qui n’arrache un » arbre de son jardin que pour en planter un. meilleur, Mais
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