‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 165 sur 251 · VI. » Béni soit à jamais notre bon Dieu, qui prend son · texte numérisé non relu

VI. » Béni soit à jamais notre bon Dieu, qui prend son

: à es 2 temps et ses mesures comme il lui plaît, et se sert de

chanement de » ce qu’il veut pour l’accomplissement de ses desseins! it her rippière. , Qu'il soit béni ce Dev d'amour, qui, seul, trouve en iuimême la cause et le motif du bien qu’il fait à ses créatures ; puisqu'il les en eomble souvent, quand elles le méritent le moins, et lorsqu'elles ne provoquent que sa colère; ce Dreu dont la plus grande gloire est de se

servir des instruments les plus faibles et les plus inu-

tiles. Béni soyez-vous à jamais, d mon Dieu, maitre

absolu de ces petits serviteurs, qui en disposez comme

il vous plait; vous prenez plaisir à les mener et à les

conduire par la main, à bon Maitre! à Maître tout-

puissant, vous êtes l’uniquement bon Maitre. Vous savez

que l’avant-veille de ce voyage, je ne pensais pas à l’entreprendre, et vous m’envoyätes exprès mon direc-

teur pour me l’ordonner. Ce fut vous, à mon Du ! qui

renouvelâtes cette bénite maison, que vous avez tant

aimée de toute éternité, et à laquelle vous rendez tant

» de témoignagt: de voire saint amour. Ce fut vous seul

a D or er » qui opérâtes ‘us ces prodiges, par l’effusion de votre D Hey » grâce, et la vertu de votre sainte parole, qui, étant

lier, par M. de » poussée par votre Esprit, produit tous les effets qu’il lui

A el » plait (1). » L'abbesse de Fontevrault,informée du chan-

‘gemeni vité les elle pr lui rem cette m tuer de meurèr prirent avait dé

En 1 Lanier, manda | clésiasti il se tro bre. De] lurge u humilit( qui sac » eu la » m'être » Marti » l’on r » [ui AY » sa vie » magni » d’avoil » tissem

+ L'abh( Dieu (4), ft dables, par du clergé, de Saint-L tiques de c parlons, « » eut la jd » dans Sa à

es s’emrès-saint n'y ena zénérales tion, que nous en vie comnt ce que nencé au-

premier

rend son se sert de desseins !

ve en lui- | SES Créa- 1 elles le nt que sa est de se plus inu- , maitre ez comme er et à les itre toutous savez sais pas à on direc- Du ! qui avez tant ndez tant vous seul de votre ui, étant s qu’il lui du chan-

2* VOYAGE DE M. OLIER A LA RÉGRIPPIÈRE, 303 gemeni inopiné de la Régrippière, s’applaudit d'avoir invité le serviteur de Dieu à y porter ainsi la grâce du salut; elle prit en lui la confiance la plus entière, et le pria de lui remettre un Mémoire de toutes les améliorations dont , noTs 4, p cette maison était susceptible, lui promettant de l’effec- 38. 4 tuer de point en point* (1). M. Olier et M. du Ferrier y de- {tres ant.

de M. Olier, pag.

meurèrent un mois entier, pour en affermir la réforme, et #%.

prirent ensuite le chemin de Chartres, où M. de Foix les y. ei avait déjà précédés (2). Le En passant à Angers, M. Olier fut recu par M. Gui sf. Or, Lanier, abué de Vaux, en Saintonge, à qui il recom- venant à Charmanda le monastère de la Régrippière, dont en effet cet ec- are Ad clésiastique prit soin +, D’Angers, il se rendit à Tours, où Tours. il se trouva le jour de la fête de saint Martin, 11 novembre. Depuis sa conversion, il avait concu pour ce thaumalurge une vénération singulière, à cause de la profonde humilité qui avait éclaté dans toute sa vie (3), sentiment one e . qui s’accrut encore en lui dans cette circonstance. « J'ai p. 818. » eu la consolation, écrivait-il à la mère de Bressaud, de » m'être trouvé à Tours, le jour de la fête du grand saint » Martin, et de voir les honneurs et les magnificences que » l'on rendait à un homme, abject à ses propres yeux, et » qui avait souffert tant de mépris pendant les jours de » sa vie mortelle. Bon Dieu ! ma mère, que l'humilité est » magnifiquement exaltée et rehaussée ! O' qu'il y a plaisir » d’avoir l’esprit chrétien, l'esprit de petitesse et d’anéan- » tissement! O le grand trésor! et que plût à ce bon

+ L'abhé de Vaux, que M. Olier appelle un bien bon serviteur de Dieu (4), fut l’un des ecclésiastiques üe son sièele les plus recomman- (4) Lettres aut. dables, par la sainteté de sa vie, et par son zèle surtout pour la réforme de Y. Olier. du clergé, I établit à Angers des conférences sur le modèle de ceiles de Saint-Lazare, et eut des relations avec les plus fervents ecclésiastiques de ce temps. L'auteur de sa Vie n’a pas omis la visite dont nous parlons, «M. Vincent et M. Olier l’honorèrent de leur estime, et il (5) Fie Ms. de » eut la joie, dit-il, de recevoir à Angers ces deux grands hommes #: Grandet, 1.

à 1, p. 233, 937, » dans sa maison (b) » 357 ot suiv.

» Maître de le répandre dans l’esprit de toutes nos filles de de la

» Nantes et de la Régrippière! qu’elles seraient un jour autres

» grandes, élevées en gloire et en majesté! Je prie ce partas

PA ra tp » doux Jésus, ce divin Maître, qu’il le fasse aux dépens parut 397. » de quoi que ce puisse être (1). » M. du M. Olier reçut une autre faveur dans ce voyage : il goûta implo plus de calme qu’il n’en avait jamais éprouvé depuis le soute! commencement de ses peines. « Outre cette joie, dit-il, le mère » jour que je partis, la bonté de notre Maître, qui n’a point C’étai » de bornes pour ses pauvres abandonnés, me fit faire ne fit » rencontre d’un de ses grands serviteurs, par le ministère fût di » duquel je me réconciliai. Je le trouvai admirablement ce der éclairé; notre bon Maître me donna ouverture pour lui, séjour et, en un instant, je lui découvris tout mon état : il me lui ax remplit tellement de joie et de consolation, que j'en eus il n’av pour jusqu’à Chartres. Il m’approuva et m’expliqua ma si ceh voie, et m’encouragea si bien dans ma conduite, que, une m depuis ce temps-là, je ne suis plus arrêté par mes obscu- geât d rités et mes doutes comme auparavant, et je vois claire- çât, de ment comme je me dois tenir auprès de notre bon Mai- M. Ai tre. Cela m’avance bien, et raccourcira beaucoup du che- que € min, si la bonté de Dreu ne permet pas que je le délaisse; meura

» je n’en ai point envie : million de morts plutôt (2)! » lravai VIIL. Cependant, en arrivant à Chartres, il ne fut pas difficile vivre

“ ve no” à M. Olier de remarquer la diversité d'opinions et de des- incerti ses confrères Seins qui commençait déjà à diviser ses confrères, et ex- été fai

Lie posait toute la société à une entière dissolution. « J'ai cèse, i

minaire. M. A-» trouvé bien de la besogne dans notre petite troupe, Pen ni > » écrivait-il; car ou Dieu ou le diable semble vouloir en D donne ter, » éloigner un sujet qui paraît devoir être ou très-utile ou rard +

» très-nuisible, selon les diverses faces sous lesquelles on + L'

» le voit. Priez beaucoup pour ce sujet, et en silence; re- JB <œurde

(2) Jbid. pag.

» commandez instamment cette affaire à Notre-Seigneur, LB M.dur

, R j ++ C à (9 mEmensE » puisqu'elle est la sienne (3). » Peut-être M. Olier a-t-il ie € . ur P. 2 . . . . Q NI É ” 399. "voulu indiquer ici M. de Foix; car celui-ci, à son retour | Vaugire

s filles de un jour > prie ce x dépens

: il goûta depuis le , dit-il, le n’a point ) fit faire ministère rablement pour lui, tat : il me e jen eus liqua ma uite, que, nes obseurois clairebon Maiip du chee délaisse; (2)!»

as difficile et de desres, et exlon. « J'ai te troupe, ouloir en bs-utile ou quelles on lence; re- -Seigneur, lier a-t-il on retour

INCERTITUDES DE L'ÉTABLISSEMENT DE CHARTRES, 9309 de la Régrippière, ayant témoigné à M. Amelote et aux autres l’inutilité de leur séjour à Chartres, avis que M. Olier partagea bientôt, la compagnie improuva ce discours, et il parut dès-lors qu’elle ne tarderait pas à se dissoudre. M. du Ferrier, au milieu de ces incertitudes, après avoir imploré le secours de la sainte Vierge, dans la chapelle souterraine de Notre-Dame de Chartres, alla consulter la mère Gabrielle, carmélite, sœur du Père de Condren +. C'était une personne prudente, de grande piété; et il ne fit pas difficulté de lui demander conseil, quoiqu’elle fût dirigée par M. Amelote, et qu’elle préférât l'avis de ce dernier à celui de M. de Foix et de M. Olier sur leur séjour à Chartres. Mais lorsqu'il lui eut rapporté ce que lui avait dit le Père de Condren avant de mourir, et dont il n’avait jamais parlé à M. Amelote, elle lui répondit que si celui-ci témoignait qu'il fallait tout quitter, ce serait une marque de la volonté de Dieu, pour qu’il se rangeât du côté de M. de Foix et de M. Olier, et qu’il commenct, de concert avec eux, l’établissement d’un séminaire. M. Amelote ayant en effet conclu, le lendemain même, que chacun devait se retirer de son côté, M. du Ferrier demeura persuadé que ce confrère n’était point appelé à (1) Mémoires lravailler à cette œuvre. fls continuèrent néanmoins de . PT Sul vivre dans la douceur et l’amitié ordinaires. Mais cette IX. incertitude finit bientôt : car l’évêque de Chartres ayant ot été fait archevêque de Reims, et devant quitter son dio- tablir un sémicèse, ils se disposèrunt eux-mêmes à en sortir (1). arr AE

rard. Il attire à

Pendant qu'ils prenaient leurs mesures pour aban- cet avis M. de

k RER . Foix et M.

donner la ville de Chartres, M. Picoté vint à Vaugi- perrier. ol

rard +}, village aux portes de Paris (2), pour y aider Ma- , (2 Mém.de y. audrand, p. 8.

+ L’historien de M. Bourdoise suppose que cette religieuse était (3)s. in-folio, sœur de: M, Olier (3) ; et celui de la Vie des quatre évêques assure que Ur sn + M, du F'errier s’adressa au Père de Condren lui-même (4). (5 ist, de la ++ Ce village, appelé autrefois Valboitron, fat rebâti au XIIe siècle Banlieue Eccles. par l’abbé de Saint-Germain, Gérard de Moret, ce qui le fit appeler SOUPE: RUE

ARR l'abbé Lebœuf , Vaugirard. du nom du restaurateur (5), in-12, tu, 464, Le 20

306 PARTIE 1. LIVRE VIN, — 1041, rie Luillier, dame de Villeneuve, dans l'établissement 0 Ne . qu'elle y avait fait (1), d’après les conseils de saint Franp.158. çois de Sales, son ancien directeur (2), d’une communauté ou inireée de filles pour diriger les écoles dans les campagnes et les nt ju hameaux. Cet établissement, auquel saint Vincent de Faui prit aussi beaucoup de part, est l’institut des Filles de la Panne Croix (3), ainsi appelé à cause des traverses sans nombre histor. Ms. 497, que ces filles eurent à essuyer pour s'établir (4). Madame —Dépôt général A ‘ 4 :

du ministère de de Villeneuve, animée d’un zèle extraordinaire pour la UT réforme du clergé, priait Notre-Seigneur, depuis longues "+ R De années, de donner enfin des séminaires à l’église de Vincent de Paut, France; entendant M. Picoté, dont elle était la pénitente, aa lui faire le récit de ce qui se passait à Chartres, tout-àp.478, coup elle lui dit : Peut-être Notre-Seigneur demande-t-il que vous veniez vous établir à Vaugirard. M. Picoté, surpris d’une telle proposition, la rejeta d’abord. Madame de Villeneuve fait instance; elle lui représente la facilité, les avantages de cet établissement, et les moyens qu’on pourrait prendre pour le faire réussir. Elle lui témoigne que le curé de Vaugirard, M. Copin, docteur de Navarre, en serait ravi, qu’! leur donnerait son église pour y faire leurs fonctions ; que, pour elle, elle s’engageait à les aider, à les nourrir mème s’il était nécessaire. Elle n’oublia ni la facilité qu’ils auraient de conserver dans ce lieu lesprit de retraite, ni l'avantage qu’ils pourraient retirer du voisinage de Paris, en y consultant les personnes de piété pour l’a- (D Mémoires vancement de l’œuvre de Du. Elle lui fit connaître depuis de M. Baudrana, combien deltemps elle priait pour ce dessein, l'attrait qui M MOlier, par de la portait à en procurer l'exécution ; enfin, elle fit tant que

Père Girys part. M, Picoté, après avoir recommandé cette affaire à Du, en , . . —ne-

marques histo- écrivit à ceux de ses amis qui étaient encore à Chartres, et riques, À, 11, p. , Fe x . > 522, 523. particulièrement à M. de Foix (5).

A l'ouverture de sa lettre, ils prirent cette proposition pour une'pieuse rêverie, persuadés que s'établir dans

unvillage tel que Vaugirard, afin d’y jeter les fondements

blissement aint Franmmunauté nes et les nt de Faui illes de la ns nombre ), Madame re pour la is longues l'église de pénitente, res, tout-àemande-t-il té, surpris me de Vilfacilité, les qu’on pourigne que le rre, en Se- " faire leurs aider, à les lia ni la fal'esprit de u voisinage té pour l’aaitre depuis l'attrait qui fit tant que e à DIEU, en Chartres, et

proposition tablir dans ondements

PROJET D'UN SÉMINAIRE A VAUGIRARD. 307 de la réforme du clergé de France, c'était un dessein contraire à la raison et au bon sens, Ils s’en expliquèrent ainsi dans leur réponse, Néanmoins M. de Foix s'étant retiré à Paris, M. Picoté lui représenta de vive voix le dessein de Madame de Villeneuve, d’une manière plus forte et plus étendue qu'il n’avait fait par lettres, et vint à bout d'obtenir qu’il allât en conférer avec elle. Frappé de tout ce qu’elle lui dit, M. de Foix crut y reconnaitre à son tour des signes de la volonté de Du; et sachant que M. du Ferrier serait assez porté à suivre son sentiment

il le pria de se rendre auprès de lui pour en conférer semble +. M. Amelote, qui regardait aussi ce de comme une pensée extravagante, considérant toutefois

ces Messieurs avaient alors besoin de repos, fut d'avis qu’ils demeurassent à Vaugirard, pour rétablir leur santé. On y faisait, durant ce temps, les exercices du jubilé; et comme l’on y manquait de confesseurs, M. Picoté pria M. du Ferrier de venir travailler avec lui dans cette paroisse *, Celui-ci, s’y étant rendu, alla visiter Madame de Villeneuve, qui déjà assurée de M. de Foix (1), et espé- à

rant déterminer bientôt M. Olier, n’oublia rien pour le deM.Baudrand,

persuader aussi lui-même. Elle lui représenta que c'était Fr le moyen d’assembler des ecclésiastiques, l’assurant que dans Paris ils ne se réuniraient jamais à eux; elle fit agir sur son esprit l'abbé de Pormorant, ecclésiastique dévoué comme elle à l'instruction chrétienne de la jeunesse, et qui s’efforçait de former des maîtres d’école pour le dio-

cèse de Paris *. « M. Picoté et M. l’abbé de Pormorant, * NOTE 6, p.

» qu’elle poussait à cela, m’en pressèrent beaucoup, dit Vue » M. du Ferrier; mais j'avoue que ma dureté ne céda » qu’à la Messe qu'on me fit chanter : car à la commu-

+ Nous avons cru devoir suivre ici la narration de M. Baudrand, d’après lequel M. de Foix fut le premier qui se rendit à l'avis de M. Picoté, tandis que, selon d’autres Mémoires, M. du Ferrier l’aurait adopté d’abord.

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