‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 167 sur 251 · M. OLIER EST DÉLIVRÉ DE SES PEINES · texte numérisé non relu

M. OLIER EST DÉLIVRÉ DE SES PEINES

» si précipité. Elles pourraient même craindre qu’il n’y » eût quelquefois de la suffisance dans mes manières ; » mais elles ne sont point étudiées. C’est la possession » d’un esprit étranger qui me compose : je ne sens pas » seulement ce secours dans la conversation; partout, le » Saint-Esprit me conduit et me dirige avec une solli- » citude si attentive, que, si je voulais être fidèle, je ne RE dpi » ferais pas même un pas inutile (1). tnt, p. M.

» Lorsque je veux m'occuper à écrire, je sens que ce » divin Esprit veut conduire et régler tous les mouve- » ments de ma main. Je me: prête et me donne à lui » comme un instrument qui n’a point d'action propre et » personnelle (2). Je ne puis pas dire de lui, à mon égard : e dr Art cu » Spiritus vadens et non rediens; car si je le quitte, il p. 489; 1. lt, pe » me recherche aussitôt, et me reprend quand je me “7 » donne à lui, soit dans la maison, soit par la ville, » dans l’exercice ou dans le repos; en particulier ou en

» conversation, toujours je trouve ce divin Esprit. Il est (8) Ibid, À à,

» répandu par tout moi-même (3), comme s’il y tenait la p. 196, 197.

dernièrejunion pour une grâce très-réelle, en approuvant le Catéchisme

spirituel (4) du Père Surin où elle est exposée dans un grand détail (5). 44) Instruction M. Tronson n’en a pas seulement admis l'existence, il en a traité fort sur les états d'oau long dans l'Esprit de M. Olier, en décrivant lui-même la faveur rest ARE dont nous parlons. Après la part qu'il prit aux Conférences d'Issy, ses (8) Catéchism® sentiments sur cette matière délicate ne peuvent être ignorés de sPirifuel, 1. 1, p. personne ; et c’est d’après ses principes reconnus, qu'il faut juger des EM expressions dont il se sert en exposant les effets de cette union, et

sans préjudice de la liberté qui demeure toujours sous l’action de la

grâce. « L'Esprit de Notre-Seigneur, dit-il entre autres choses, se ren-

» dit si absolument le maitre du cœur de M. Olier, et posséda si par- (6) Esprit de » faitement son âme et toutes ses facultés, qu’il ne lui permettait plus . h ons Irès- » d'avoir le moindre mouvement que par sa dépendance et son secours. intime à Notre- » Il était même dans ses yeux, sur sa langue et dans ses mains pour A un » le faire agir, ou pour empêcher leur opération, comme il vou- ene sn » lait (6). » Ces paroles montrent dans quel sens il faut entendre celles di . 1, pe de M. Olier que nous rapportons ici, et préviennent ces interpréta- 7) Fe Dlicés tions fausses, que, selon la remarque du cardinal Bona (7), on donne "”##{ des es-

- ris, chap, vu quelquefois au langage des personnes spirituelles, #. Lib

(4) Mém. aut.

de M. Olier,t.1, p. 469,

(2) Zbid, t, 1, p 224

3) Ibid, te 1, p. 234, 935.

318 PARTIE 1, LIVRE VIII, = 1042, » place de mon âme; je le sens comme une seconde âme » qui m'anime et me porte, et qui se sert de tout mon » tre comme l’âme dispose des mouvements du corps, » mais avec bien plus de douceur et d’empire, Dernii. » rement une personne, qui prend grand soin de nous, » me parlant de quelque chose qu’il y avait à faire, je » lui repondis naïvement et sans y penser ; J'ai une in- » firmité qui m’empêche de faire ce que je veux; je ne » puis que ce que l’on me permet, et ne puis en aucune o façon m'affranchir de cette dépendance, Cette bonne » personne, qui est fort intérieure, releva cette parole » que j'avais dite sans y songer, et repartit en riant : » Quelle infirmité (1) 1

» J'éprouve le mème changement par rapport aux fa- » cultés de mon âme et aux dons surnaturels. Pour des » ténèbres si épaisses, j’ai maintenant tant de lumières; » pour la confusion de mon esprit, tant de netteté dans mes » pensées; pour mes bégaiements précédents, tant de li- » berté de parler; pour les sécheresses désolantes que » j'éprouvais et que je causais aux autres, tant de bons » effets de la parole; pour cette maudite et malheureuse » occupation sur moi-même, tant de sentiments d'a- » mour et d’élévation vers Du! Je suis contraint de le » confesser : c’est le divin Esprit qui me remplit ainsi et » me possède (2).Je me souviens que c'était là le sujet » de ma consolation dans mes peines; dans l’impuissance » totale où je me voyais, je me disais à moi-même: $i » jamais le bon Dreu voulait se servir de moi (ce que je » ne pouvais pas croire), au moins on connaitrait visi- » blement alors celui qui agirait en moi (3). Mes délais- » sements passés m'ont appris que ces biens sont de Duc » seul, et que leur privation est mon fond propre. Ce que » je possède maintenant n’est point un bien personnel, » et qui soit attaché à mon âme : c’est une grâce, une » miséricorde que je n’attendais pas, dont j'étais entiè-

» rement ] intériet » tenant »tion nc » haiter.

» savais » AUCUN 1 » ne suis n guidé c un pèr » fait dan » trèmem » faire. Q » un sent » plus dis!

» role, se » hommes êtes pa » soyez lo:

Par ces voulait lui du Père d sur la rési âmes ; afir il les port quoique « l'union a était deve où il avai va parler, cet engag tout dans la mort d sans que } confesseu

nde âme out mon lu corps, , Derniè.

de nous, faire, je

une inux; je ne nn aucune te bonne

te parole n riant :

rt aux fa- . Pour des lumières; ; dans mes tant de lilantes que it de bons alheureuse ments d'araint de le lit ainsi et là le sujet mpuissance i-mème : Si ji (ce que je aîtrait visi- Mes délaisont de Dieu ppre. Ce que personnel, grâce, une ’étais entiè-

M. OLIER EST DÉLIVRÉ DE #ES PEINES, 319 »rement indigne; j'étais alors délaissé de tout conseil » intérieur et presque extérieur, pour ma conduite ‘imain- » tenant la bonté de Dieu me donne, avec une bénédiction non pareille, tous les conseils que je puis sou- » haiter. Si deux choses se présentaient à faire, je7ne » savais pas prendre la moindre résolution, je n'avais » aucun mouvement pour me déterminer : maintenant je » ne suis presque jamais en peine. Intérieurement je suis » guidé comme un enfant qui en tout serait conduit par sun père très-sage et d’une bonté parfaite. Cela se » fait dans le fond de l’âme par une opération divine ex- » trèmement délicate et que le démon ne peut contre- » faire. Quelquelois c’est un mouvement, d’autres fois »un sentiment sans parole, qui se fait entendre bien » plus distinctement que la parole, Car, Dieu qui est pa- »role, se rend bien plus sensible à nos âmes que les » hommes par la parole articulée, Divine substance qui êtes parole, lumière, puissance, amour; Être divin, » soyez loué, exalté et béni pour jamais! »

Par ces effets sensibles que M. Olier éprouvait, Dreu voulait lui rendre comme palpable la vérité de la doctrine

M. Olier fait

vœu de servitu-

du Père de Condren, ou plutôt de saint Paul lui-même, de à Notre-Seisur la résidence et les opérations de Jésus-Cunisr dans les eur

âmes ; afin qu'ayant à former une multitude de prêtres, il les portât à tendre, chacun selon la mesure de sa grâce, quoique d’une manière plus simple et plus commune, à l'union avec le Sauveur. Cette assistance du Saint-Esprit élait devenue plus fréquente dans M. Olier, depuis le jour où il avait fait à Jesus-Cunisr le vœu de servitude dont on va parler. Il avait éprouvé les premiers désirs de prendre cet engagement pendant le temps de ses épreuves, surtout dans l’octave des Rois 1641 (1), trois jours après

sans que M. Olier en eût encore aucune connaissance. Son confesseur lui conseilla cependant d’attendre une année

(4) Mém. aut.

s . . ‘ de M. Olier,t. 1 la mort du Père de Condren, qui avait fait le même vœu, , Ke

(1) Wie de M.

Olier, par M.de Bretonvilliers,t,

(2) Mémoires

320 PARTIE 1. LIVRE VIT, — 1642, entière (1) ; et ce fut au mois de janvier 1642, peu après son arrivée à Vaugirard, et le jour même où il se mit sous la conduite du Père Tarrisse, qu’il fit enfin ce vœu dont il explique ainsi la nature. « Etre serviteur d’un » maitre, c'est faire tout selon sa volonté; mais la » servitude envers JÉsus-CHRIsT demande une dépen- » dance de corps et d'esprit qui s'étend aux moindres » choses. Depuis que j'ai fait ce vœu, je ne puis rien en- » treprendre, je ne puis parler ni même penser à Deer, » que dans la dépendance de l’Esprit de mon Maître, qui » me possède, et applique mon âme à ce qu’il veut. Au- » trefois je croyais cette sujétion presque impossible. C’est » l’Esprit de mon Maître seul qui me la fait pratiquer main- » tenant ; et quelque continuelle que soit cette dépendance » universelle, elle est,toutefois, pleine de paix et de dou- » ceur. C’est bien là le caractère de l'Esprit de DIEU, qui, » tout grand qu'il est, s’accommode à des choses si bas- » ses, telles que la conduite d’une vile personne et d’un » misérable pécheur. Le vœu de servitude à l'Esprit de » Jésus demande encore une confiance et un abandon » sans retour entre les mains de ce béni et fidèle Maître, » qui est tout sage, tout puissant, tout bon, et qui, par » ses perfections, supplée à notre aveuglement, à notre » impuissance et à notre amour-propre, qui sont trop » souvent, hélas! les directeurs que nous consultons. De- » puis que j’ai voué cette servitude, je suis trop heureux » de pouvoir prononcer les noms de maitre et de servi- » teur, lui dire : 0 mon amour, je m'abandonne à vous. » Que ce bon Maître soit béni à jamais! Bienheureux sont » les rebuts qui produisent de si douces caresses! Si le » monde savait quelle est la douceur de son service, si » on le connaissait, chacun marcherait à sa suite. O mon » bon Maitre! faites-vous donc connaître et aimer, faites

aut. de M. RUES » goûter combien vous êtes doux et aimable (2) » M. Olier

ne s’imposa un lien si extraordinaire que par une con-

duit le cl ne 1] afin grâce Le DIEU retra de se saien par ll dèle convi ét inc qui f l’ordr comm aucun ler to consa( rer u sancti lirent «€ Tro » ser » des » ho » ail » SoCi » nité » vaie » jan » dl » det » la D

eu après il se mit 1 Ce vœu eur d’un mais la e dépenmoindres s rien ener à Dret, faître, qui veut. Ausible. C’est quer mainépendance et de dou- Dieu, qui, es si basne et d’un l'Esprit de n abandon le Maître, et qui, par nt, à notre sont trop sultons. Dejp heureux t de servimne à vous, eureux sont esses! Si le service, Si rite. O mon imer, faites )» M. Olier ar une Con-

PROTESTATION DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ, 321 duite toute particulière de Drev, qui, le destinant à être le chef d’une nouvelle société dans l'Eglise, voulait qu’il ne mit point de bornes à la générosité de son amour, afin de n’en mettre point lui-même à l'abondance de ses grâces.

Les trois solitaires de Vaugirard, ne doutant pas que Dieu lui-même ne les eût conduits dans le lieu de leur retraite, résolurent de se lier de concert à son service et de se former en compagnie. Comme la fin qu’ils se proposaient était de procurer la gloire de la très-sainte Trinité, par le moyen des prêtres, ils voulurent prendre pour modèle de leur société celle des trois divines Personnes, et convinrent qu’elle n'aurait d'autre lien que le nœud sacré et indissoluble de ces Personnes adorables, amour divin, qui forme entre elles une si parfaite unité (1). C'était l’ordre que le Père de Condren leur avait donné, leur recommandant, comme on a vu, de ne se lier ensemble par aucun vœu. Pour exécuter ce dessein, ils résolurent d’aller tous les trois en pèlerinage à Montmartre (2), et de s’y consacrer à la très-sainte Trinité, avec promesse de demeurer unis de la sorte et de travailler à l'instruction et à la sanctification du clergé. Voici les termes dans lesquels ils firent cette consécration, que le Père Bataille approuva. «Trois prêtres se trouvant appelés dans l’unité d’esprit au » service de Dreu et de la sainte Eglise, pour lui former » des ministres qui servent dignement sa grandeur, qui » honorent son Fils Jésus-Christ Notre-Scigneur, et qui » aiment ses membres; ont cru qu’en l'honneur de la » société divine des trois Personnes, inséparables par l’u- » nité de leur essence et de leur saint amour, ils de- » vaient s’unir par une sainte promesse de ne se quitter » jamais, ni de se départir du dessein qu’il a plu à Dreu » de leur manifester, et même leur confirmer par quantité » de témoignages. Si quelqu'un d’eux se croyait appelé par » la bonté de Dreu à le servir séparément des autres, il ne

XVIL,

Les trois solitaires de Vaugirard se lient entre eux par un simple lien de la charité,

(0 Esprit de M, Olier, 1,5, p.293,

(2) Esprit de M, Olier, par.

293, — J'ie de AI.

Olier, pur M, de Bretonvillicrs, 1.

Hs pe 53. — Méglements de la communauté de S, Sulpire, in-8, p. 2, noie,

322 PARTIE I, LIVRE VIT. — 1642, » pourra le faire qu'avec leur agrément et leur consente- » ment mutuel. C’est ce qu’ils désirent promettre au » premier jour, en la présence des trois martyrs (4) Vic de M.» Saint Denis, saint Rustique et saint Eleuthère, pour nd » se vouer et se consacrer, à leur imitation, comme des

Bretonvilliers, t.

1, vag. 4.— Di; hosties vivantes, à l’honneur de la très-sainte Trini-

vers écrits spiri- A Olier, » té, à la gloire de Jésus-Christ, et à l’honneur de son 1 » Église (1). »

On eût dit que, pour confirmer ce pieux dessein, la Providence eût voulu que la compagnie, à sa naissance, ne se composât que de trois membres : et ce rapprochement fut pour M. Olier le sujet d’une douce consolation. « Nous ne » fûmes d’abord que trois personnes dans l'établissement » du séminaire, dit-il ; elles avaient été demandées à Dieu

S! Q F. , a) Erit de? PAT Un de ses plus fidèles serviteurs, à l’honneur des

M. on na 1, » trois Personnes divines : si bien que, quand nous fûmes D. — Copie des Mss. aout,» ainsi unis, je leur offrais cette petite compagnie en

le M. Olier, t nr, p. 2.8 4: » lhonneur de leur société adorable, et nos petites con-

brégé du 4° ea- ) versations en hommage des doux et ineffables entretiens

hier des Mém. de ee M. Olier. » qu’elles ont ensemble dans l'éternité (2). »

XVIIL, Ce fidèle serviteur, dont parle ici M. Olier, et qui avait

M. Bourdoise x : ee : de ontle Vider demandé à Dig trois prêtres pour faire honorer la trèset les encoura- sainte Trinité, était apparemment M. Bourdoise, toujours is dévoré de zèle pour la réformation de l’ordre sacerdotal. « Un de mes plus grands désirs, écrivait-il, serait de voir » plusieurs saints prêtres s’unir ensemble pour procurer

» la gloire de Dieu, la réforme du clergé, et le salut du

8 ; ; (3) Sentences de ? Prochain : je ferais volontiers cent lieues pour voir un FH SÉ Us on » homme qui aurait le même dessein, et pour en conférer 2 (l

Die n.18,in-4e, » AVC lui (3) : » À peine ce grand serviteur de Dieu eut-il : a) Mémoir. de appris la retraite de ces Messieurs, à Vaugirard, qu'il leur

: 4. Fri» écrivit la lettre suivante (4). « O! si Dieu donnait trois

a FS we. Fe » hommes fidèles qui ne se proposassent que son service doise , in-4o 560. — Pie Me. » Ct À SA facon, comme il est bien raisonnable ! que ce se-

du onéme, in-4°, ETS » rait une grande bénédiction ! quel fruit ne feraient-ils

isentere au lartyrs , pour ne des Trinide son

la Pro- >, ne se sent fut Nous ne sement 8 à DIEU eur des s fûmes gnic en tes conitretiens

qui avait la trèstoujours cerdotal.

t de voir procurer salut du voir un conférer EU eut-il wil leur nait trois n service ue ce SCraient-ils

SÉMINAIRE DE VAUGIRARD, — M, HOURDOISE, 23 » pas? O! que ce serait une chose très-excellente , #'il se » trouvait trois prêtres assez remplis de l'amour de l'Egli- » se, pour vouloir la croire dans les réglements que le » Saint-Esprit lui a dictés, et se déclarer pour elle contre » le monde et contre ses coutumes ; trois prêtres qui, lors- » qu’on leur fera voir ce qu’elle a ordonné, ne disent » pas : Ce n’est pas la coutume : nous faisons autrement; » que dirait-on ? Cela n’est pas aussi commode que nos » usages; le monde se rebutera; on se moquera de nous; » cela ne durera pas; laissons les choses comme nous les » trouvons, et comme nous les avons trouvées; nous ne » sommes pas plus sages que œux qui nous ont précé- » dés. »

Les solitaires lui répondirent par cette lettre que M, du Ferrier nous a conservée : « Vous trouverez trois prêtres » comme vous les cherchez, si vous venez ici; pourvu que » vous leur fassiez connaître les choses que la sainte » Église a réglées. L'usage , ni tout le reste n’empêchera » point qu’elle ne soit fidèlement obéie avec le secours de » la grâce de Notre-Seigneur, que nous vous conjurons » de lui demander pour nous. »—a Il vint nous trouver au » mois de février 1642 (1), ajoute M. du Ferrier, et nous

a Wie de M.

ourdoise, Ms.

» restâmes les plus grands amis du monde, parce qu’il + p.54.

» nous vit disposés à suivre toutes les règles de Ja disci- » pline ecclésiastique. Nous convinmes avec lui de n’esti- » mer rien de petit dans l’usage du chant, des rubriques,

.» des cérémonies", dans les habits, les cheveux, les rap-

» ports avec les femmes et leur conversation, 11 pensait °

» que nous devions nous occuper fort peu de leur direc- » tion, mais songer plutôt à former des ceclésiastiques”, Cet

# NOTE 10, p.

» excellent homme nous fut utile dans les commence- %!-

» ments : il nous communiqua beaucoup d’écrits et de mé- » moires dont nous profitimes +. Son zèle nous instruisit

+ M. Bourdoise avait composé, en 1633, plusieurs Conférences sur les qualités nécessaires à des prêtres de co nmunaut; on avait uisi

324 PARTIE 1, LIVRE VIT, — 1642, » et nous échauffa à l'égard de choses auxquelles nous n’a- » vions pas fait réflexion, Sa fermeté surtout nous donna

» des sentiments qui nous fortiflèrent pour observer les

» règles ecclésiastiques, Nous admirions la conduite de Dieu

» more 11, p, ? SU lui, dans cette rudesse qui lui était naturelle; mais 352, » nous tâchions d’en user avec un peu plus de civilité”, » (4) Wie de M. M. Bourdoise demeura trois semaines avec eux (1); et Moov. av. depuis, il vint les visiter fréquemment à Vaugirard, is AE écrivant et répondant tantôt à M. Olier, tantôt à M. de Foix et aux autres qui se joignirent à eux; et, dans tou-

Pistes 1 tes les occasions, il leur donna les marques les plus sincèm-4, ibid. Vie res d'amitié et d’estime. Ces Messieurs n’eurent pas moins rpébernté “+ d'affection pour lui (2), surtout M. Olier, qui le vénérait a Mém, ant, COMME un saint prêtre, tout consumé du zèle de la gloire de M. Olier,t.1, de Dreu (3). Il l’appelait même, dans ses lettres, son très-

p. 210. Fe ÿ 2. :

(4) Gall, chris. honoré Père (4), tant à cause de la charité avec laquelle il

diana, 1. Nu, p,

4014. — pie de L'aVait formé aux fonctions ecclésiastiques, que pour la M. HBourdoise ‘ : ,: : à 14 ; Ms, inde, ms, Part Si active qu'il eut, par ses conseils, à l’établissement As. in-fol. Item. de la nouvelle société, Mais la personne du monde qui ÿ contribua le plus, arie KOUS- , , :

seau leur fait fut sans contredit Marie de Gournay, veuve de David connaître lesdes. Rousseau *, la même que nous avons déjà nommée pluseins de DIEU. . ; je : , o Son crédit sieurs fois, et qu’il est convenable de faire connaître ici. * Nore 12,p. “ Quoique cette pauvre femme, dit M. Olier, soit d’une 303. » basse naissance, et d’une condition qu’on a presque je Fa Nr » honte de nommer (5), elle est toutefois le conseil et la autograp. de ‘ ñ ; Olier, À, nu, p, » lumière des personnes de Paris les plus illustres par 33, ; , » leur extraction, et des âmes les plus élevées en ver- » tus et en grâces, Les princesses elles-mêmes ont re- » cours à ses conseils, et recommandent à ses prières (6) Ibid, pag. » leurs affaires les plus importantes (6). Madame la du- 483. — fiemar- , . , ques historiques, » Chesse d'Orléans, madame la princesse de Condé, les

Le » duchesses d’Aiguillon et d’Elbeuf , la maréchale de la (7) Wie de M, } Saint-Nicolas plusieurs recucils de l’Ecriture, des Conciles et des

Bourdoise, Ms, pa AR in-4*, p, 393, 445. Pères, que M, Benvelet, en 1654, véduisit en forme de méditations (7).

» CI » le » n° » d’ » de » à] » ic » n° » Pè » siè D) gét » mé » all » tre » cet » et » seil » de » de » qu’ p SU » à l’ » l’ég » que » les » und » voi » de D CO » les » le » pos » ar » de » en

15 n’adonna ver les de Dieu >; Mais lité*, »

(1); et girard, M. de s tou- S sincès moins énérait a gloire on trésuelle il pour la ssement

le plus, > David née pluitre ici.

it d’une presque eil et la tres par en veront reprières le la dundé, les le de la

les et des ations (7).

SÉMINAIRE DE VAUGIRARD.— MARIE ROUSSEAU. 329 » Châtre et plusieurs autres dames se tiennent heureuses » de la voir; j’ai vu une dame de pareille condition, qui » n’osait mème s’approcher d'elle. Je ne connais point » d’âmes saintes, qui ne s’estiment heureuses d'apprendre » de sa bouche les voies qu’elles doivent suivre pour aller » à Dieu ; il n’y a point d’hommes apostoliques, de mis- » sionnaires, qui n’aillent s’instruire auprès d’elle; et je » n’en vois pas un qui n’en sorte extrèmement édifié. Le » Père Eudes, ce grand prédicateur, la merveille de notre » siècle, est venu la consulter souvent ; le Père de Condren, » général de l’Oratoire, l’avait vue et consultée pour lui- » même. Mademoiselle Mance, que Dieu a suscitée pour » aller aider à la fondation de l’église du Canada, n’a en- » trepris ce dessein qu'après avoir reçu l’approbation de » cette sainte femme, et ne l’a exécuté que par ses conseils, »et par déférence à ses lumières. C’est elle qui con- » seille et qui dirige M. du Coudray, suscité visiblement » de Dieu pour les missions du Levant, et pour la défense » de l'Eglise contre les Turcs; elle l’avertit de tout ce » qu’il doit faire, et tout s’avance par ses avis avec un » succès merveilleux. C’est elle encore qui sert de guide » à l’homme que Dieu a choisi pour l'établissement de » l’église du Canada, M. le Royer de la Dauversière ; quoi- » que ce grand serviteur de Dreu soit très-éclairé dans » les choses qui concernent sa mission, il regarde comme » une grâce signalée de converser avec elle, et de rece- » voir ses conseils sur les affaires les plus importantes » de ce pays. Ainsi en est-il de dom Jacques, chartreux, » comparable par son zèle à Élie, et qui ose bien attaquer » les plus puissants du siècle, pour leur reprocher en face » leurs vices et leur orgueil ; il se tient heureux de lui ex- » poser ses desseins , et les poursuit avec une nouvelle » ardeur, que cette sainte femme a le pouvoir d’exciter ou » de modérer par ses paroles. Un conseiller d’État suit » en tout ses conseils pour la cause de Dieu, et par ses

(t)Mem. aut.

de M. Olier,t.u, pe 48, 49, 50, 51, 57, 223, 224, ct alibi.

(à) Mém. aut, de M. Olier,t1, p. 435.

(3) Ibid. t. n.

» avis il a procuré de grands biens à l’Église. Cest à la » persuasion de cette sainte femme, que M. le Chancelier » travaille avec tant de zèle à l’extirpation de l’hérésie, au » soutien de l’Église, et à la gloire de la religion. Je passe » sous silence non-seulement beaucoup d’ecclésiastiques » de la condition du Père de Condren et du Père Eudes, » mais des personnes de tout état; je parle des plus con- » sidérables de Paris : je les connais et je les vois, mais » leur réputation m’empèche de les nommer. Quand on » voit cos serviteurs de Dieu et ces hommes apostoliques, » que Du donne maintenant à l’Eglise de France, venir » consulter cette sainte âme et se faire comme un devoir » de suivre ses avis, on croirait voir la très-sainte Vicrge » qui gouvernait autrefois l'Eglise, et conduisait tous les » Apôtres après l’Ascension du Sauveur (1). »

Cette sainte veuve, qui depuis longtemps demandait à Dieu la réforme du clergé de France, et le renouvellement du faubourg Saint-Germain (2), était aussi destinée, par la Providence, à concourir à la formation de la compagnie et du séminaire de Saint-Sulpice. « Lorsque du- » rant mes peines, dit M. Olier, j'étais abandonné, dé- » laissé et bafoué de tout le monde; lorsque chacun me » regardait comme un homme qui avait perdu l'esprit » et un réprouvé, elle seule soutenait que je n'étais point » ce qu’on prétendait; elle et M. Picoté croyaient que » j’appartenais à DrEu (3). » Mais après la retraite de M. Olier à Vaugirard, et lorsqu'elle vit que Dieu avait rendu à son serviteur ses anciens dons, et lui en avait même communiqué de nouveaux, elle n’eut pas de repos, qu’elle n’eût enfin détrompé, à son sujet, les anciens compagnons de ses missions. Elle alla trouver ces Messieurs, les pria chacun de venir à Vaugirard pour conférer avec lui, les assurant qu’ils seraient eux-mêmes frappés de le voir et de l'entendre. « Et ce fut elle, dit M. Olier, qui » acheva de les désabuser et de les délivrer de leurs

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LUMIÈRES COMMUNIQUÉES A M. OLIER. 327 » préventions contre moi. Cette sainte âme travailla par » ses prières, ses veilles, ses mortifications et une multi- » tude de soins et d’autres peines, à nous rassembler en- » fin à Vaugirard, nous qui étions de pauvres errants, de » pauvres aveugles, de pauvres brebis sans pasteurs : et, » éclairée du dessein de Drev sur nous, elle nous déclara 4j) mém, que. » sa volonté sainte dans les ouvertures que la Providence : 0 Le » nous offrait (1). » 326, verso, Pressés, en effet, par cette grande servante de Dreu, XX. et désirant connaître la vérité par eux-mêmes, plusieurs a Olicr est de ces ecclésiastiques, qui avaient été témoins des humi- FE He mie "esprit liations de M. Olier, se rendirent à Vaugirard. En le se se de Convoyant, en l'éntotiant parler, ils ne pouvaient revenir de leur surprise, ni croire à un tel changement. Souvent ils l'avaient vu demeurer comme muet, lorsqu'il voulait exhorter les peuples : et depuis quelques jours sa langue était tellement déliée, il expliquait les mystères de la foi avec un langage si sublime, il traitait les vérités de l’Evangile avec tant de dignité , d’onction et de force, qu'ils

ne le reconnaissaient plus. Au rapport du Père de Saint- Vincent, dominicain, ils se disaient les uns aux autres : «O! quel changement est celui-ci! le doigt de Du est » manifeste ; jamais homme n’a mieux parlé de nos saints » mystères (2); » et ils demeuraient convaincus que l’Es- (2 Vie de M.

: A . Olier,par le P.de prit de Dieu leur parlait par sa bouche, comme autrefois s.-pincent, dans

A ‘ L . l'Année Dom. V° par celle du Père de Condren. Ceux surtout qui avaient joui ice pire

plus longtemps des entretiens de ce saint personnage, Po & se LE es ,

Ctaient étrangement étonnés, croyant retrouver dans rs . : x + er, par le P.

M. Olier ses lumières, ses maximes, sa sagesse, Ses Giry, part tre, ch.

se did. pe 528.

vertus, enfin un autre lui-même +. « Un de nos Mes-5

+ Les Pères de l’Oratoire en vinrent jusqu'à se persuader que M. Olier avait mis autrefois par écrit les pensées du Père de Condren, et que le livre de l'Introduction aux vertus chrétiennes, qu’il publia (3) C'oysautt, dans la suite, était un simple recucil ou abrégé des entretiens de leur Fées Ms. t. 1, p. défunt général : tant cette unité de vucs et d’esprit était frappante 4), 267,4, an, p. 287.

» sieurs, qui avait été neuf ou dix ans avec le défunt Père

» de Condren et avec M. Amelote son disciple, dit M. Olier,

» fut vivement touché, ainsi que toute la compagnie, en

» m’entendant parler à un saint prêtre, qu'on m'avait

» adressé pour l’affermir dans sa vocation, et l’animer au

» service de notre Maître; jusque là qu’il ne put s’empi-

» cher de me dire à moi-même, comme l’avait prédit cette

» sainte veuve, qu’il avait été étonné et extrêmement tou-

» ché de la beauté, de la grandeur et de la sainteté des

» choses que j'avais dites, et qui étaient tout-à-fait les

» mêmes'que celles que disait le Père de Condren, qu’en-

» fin je les expliquais mieux que M. Amelote. Cela me con-

» fond quand j’y pense ; car je suis un pauvre aveugle si

» misérable, un ver de terre si chétif, que je m’étonne

» d’oser paraître devant le monde, moi plongé si long-

» temps dans l’aveuglement le plus ténébreux, et l’objet

» de la risée et des mépris de tous ceux qui maintenant

» m'écoutent avec étonnement, et admirent mes paroles.

» Ils peuvent bien le faire ; car moi-même j’en suis tout

» étonné, sachant bien mon ignorance et ma stupidité, et

» ayant été convaincu tant d'années, par la miséricorde de

» Dieu, de mon propre aveuglement et de ma nullité en- (1) Mém. aut, » ère (1). Je n’ai plus de difficultés sur rien ; je reçois, au

de M. Olier, Lu, . . ut , p. 132, 133, 434, » Contraire, de nouvelles lumières sur des vérités dont je eds Né » n'avais jamais entendu parler. Elles sont si fondées et aid t.1,p.7%9, » appuyées si solidement, que les grands théologiens qui » sont auprès de nous, en sont eux-mêmes étonnés, et ne » peuvent s'empêcher d’admirer comment ils ont pu les ” En De » ignorer jusqu'alors, malgré toute leur science (2). Je vois tn,p.476. » maintenant s'accomplir la promesse que m'avait faite » le défunt Père général, que je serais un jour un des héri- » tiers de son esprit ; je ne puis pas en douter : toutes les

» les choses que je lui ai ouï dire autrefois, et qu’alors je ne » pouvais concevoir, me sont expliquées maintenant avec » une netteté qui surpasse la clarté du soleil.

« Dept » noré (1 » et la re » don d’ » plénitu pet sa Tr » qu'il n » chair , » même » semble » S’ACCOIT » de leur » leur er » qu'ils :

»qu'ilsr » même | » saint h » plupart » et gran » une fe » été sou » cation * Le su ser encol divine. C allaient » quel s » de con:

» ministi » qui po » rais m » me tro » grâce » étonné.

» ieù (4).

Père Dlier, e,en 'avait er au Pmpè-

t cette

t touté des ait les w’en- 1e congle si tonne longl’objet tenant aroles.

is tout lité, et orde de lité encois, au dont je idées et ens qui s, et ne , pu les . Je vois it faite es hériutes les rs je ne ant avec

LUMIËRES GCOMMUNIQUÉES A M. OLIER. 329

« Depuis la mort de ce grand homme que j’ai tant ho- » noré (1), on entend mieux sa doctrine que de son vivant; » et la raison en est, qu’il a maintenant reçu dans le ciel le » don d'éclairer les esprits, ce qu’il n’avait pas avec tant de » plénitude durant sa vie. Notre-Seigneur, après sa mort »et sa résurrection , fit dans l’esprit de ses disciples ce » qu’il n'avait pas fait dans le temps de l’infirmité de la » chair, lorsqu'il n’usait pas de sa toute-puissance : de » même en est-il de ce grand serviteur de Dieu (2). Il » semble que, dans la plupart de ses disciples, on voit » s’accomplir cette prophétie du Fils de Dreu aux siens, » de leur envoyer son Esprit, un second consolateur, qui » leur enseignerait toute vérité, leur suggérerait tout ce » qu'ils auraient entendu autrefois, leur expliquerait ce » qu'ils n’auraient pas pu comprendre, et leur donnerait » même la science de la voix. Car, depuis la mort de ce » saint homine , tous ses disciples sont allés prècher la » plupart en divers lieux du royaume, avec grande vertu »et grande efficace ; et l’on a vu en plusieurs endroits » une ferveur admirable parmi les prètres qui avaient » été sous sa conduite, et des fruits excellents de sanctifi- » cation * (3).»

Le succès inespéré du nouvel établissement pouvait passer encore pour une marque manifeste de l’approbation divine. C’était l'impression qu’éprouvaient tous ceux qui allaient visiter les solitaires de Vaugirard. « Voyant avec » quel succès admirable, écrivait M. Olier, les démarches » de conséquence pour la compagnie réussissent par mon » ministère ; voyant même que celui de nos Messieurs » qui portait autrefois la parole, pendant que je demeu- » rais muet, ne veut plus parler maintenant, partout où je » me trouve, et que Dieu me met en bouche la force et la » grâce pour persuader tout ce qu’on désire, ils sont tous » étonnés, et comme forcés de confesser que Dieu est » ici (#). Je vois s’accomplir chaque jour la promesse que

(1) Copie des Mémoires de M, Olier, 1, 11, p.

( Jbid. page 338, 399.

* NOTE 13,p.

(3) Mémoirvs aut. de M, Olicr, p. 339.

Dreu hénit visiblement l'établissement de Vaugirard,

(4) Ibid, 1.1,p.

(0 Mémoires ant, de M, Olier, t1,p 007,

(2) Wie du M, Our, pur M, du Dretonvillicrs, 1, 1, p, 49,

(4) Mémoires “ut, du M, Olivr, 1,1,4p, 294,

(4) Mémoires aut, de M, Oliar,

390 PARTIS 1, LIVAB VII. — 1642, » Notre-Seigneur n'a faite dans ma retraite : Tous mes in- » térêts sont les tiens, et tous tes intérêts sont les miens : » Omnia mea tua sunt, et tua mea sunt (1). Sitôt que nous » avons le désir d’une chose, elle nous arrive. Il y a trois » semaines qu’étant assemblés pour conférer des besoins » de la communauté, au moment mème où je parlais de » la nécessité que j'avais d’un homme d’affaires, on frappe » à la porte: c'était un homme très-intelligent dans les » affaires, et grand serviteur de DIEU, qui venait s’offrir » à moi pour me servir en tout ce que je pourrais désirer, » Étil est à remarquer qu’encore que depuis longtemps » j'eusse besoin de cet homme, il ne m'était pourtant » jamais arrivé que ce jour-là d’en parler. J'avoue que » jamais, en ma vie, je ne fus ni plus confus, ni plus sur- » pris de la bonté de Dieu que dans ce moment : ce qui » me fit verser des larmes, et me porta à m’anéantir de- » vant cette divine bonté (2). IL me suffit de souhaiter » quelque chose, et elle nous arrive aussitôt, sans que je » le demande + (3). Je vois bien maintenant se réaliser la » vue dont je fus favorisé dans ma retraite : lorsque Dieu » le Père m’apparut, nous portant dans ses bras comme » de petits enfants, et qu’il me faisait prononcer ces paroles » de l’Écriture : Qui regis Israël, intende, qui deducis velut » overn Joseph ; » paroles qu’il a en effet justifiées avec tant » de bonté, que jamais père au monde, quel qu’il puisse » Ctre, ne saurait secourir ses enfants ni leur prêter la » inain avec une plus tendre sollicitude. Il supplée à nos » besoins avec d'autant plus d’abondance, que sa sagesse, » sa puissance et son amour surpassent toutes nos indus- » tries. Depuis qu’il m’a enseigné ce divin abandon, tout

+ «Feu mon père, qui était fort entendu dans les affaires, nous » avait laissé sur les bras un interminable procès. Mes parties, malgré » uno lettre que jo leur avais écrite, refusaient toute voie d’accom: » modement: et voilà qu’hier elles sont venues me donner gain de » Cause, me priant avec instance de ne poine plaide”, et m’offrant tout » Co que je pouvais souhaiter d’elles (4). |

vatr im » mai » sont » prod » fois » fren » néce » cach » le m » gr] Cinc Vaugil dre le croyai mais i leur d voulut des de moyen à rece cette p ment 1 de lég cicux, Ayant jamais s’en dé priant pour d SON ap} piété,

+ Ge de la re

18 Mes ines miens :

que nous l'y a trois s besoins parlais de on frappe , dans les ait s'offrir is désirer.

longtemps L pourtant avoue que i plus surnt : ce qui néantir desouhaiter ans que je réaliser la rsque Dieu ras comme ces paroles ducis velut s avec tan w’il puisse r prèter la bplée à nos sa sagesse, nos indusandon, tout affaires, nous rties, malgré oie d’accom:

nner gain de n’offrant tout

SUCCÈS DE L'ÉTABLISSEMENT DE VAUGIRARD, 1 .» a travaillé pour moi ; et il semble qu’il craigne même » que quelque chose ne me manque, tant il est prévenant » à mon égard! Les services que les hommes me rendent » maintenant, ne leur sont jamais à charge. Toujours ils » sont accompagnés d’une grande charité, et ils me sont » prodigués avec la satisfaction de tous. Ceux qui autre- » fois paraissaient ètre plus retenus à mon égard, m'of- » frent d’eux-mêmes toutes les commodités qui me sont » nécessaires. La bonté de Dieu me préparait d’une manière » cachée à cette conduite, lorsqu'elle retirait de moi tout » le monde, et me soustrayait tout appui, voulant m’obli- » ger par là à ne me confier qu’en lui seul (1). »

Cinq ou six jours après l’arrivée de ces Messieurs à Vaugirard, M. Copin, qui en éiait curé, les pria de prendre le soin de sa cure, jusqu’à son retour de Paris, où il croyait ne demeurer que quinze jours : ils l’acceptèrent ; mais il resta neuf mois sans revenir. Cette circonstance leur donna bientôt sujet d’adorer la bonté de Dieu, qui voulut les faire passer par cet emploi, pour les instruire des devoirs des curés et des vicaires, et leur donner le moyen d’exercer les ecclésiastiques qu’ils ne tardèrent pas à recevoir. Ils n’admirèrent pas moins les attentions de cette paternelle providence à leur procurer aussi le logement nécessaire à leur communauté. Il y avait tout près de l’église une assez grande maison, avec un jardin spacieux, entouré de murailles nouvellement construites. Ayant appris que celui qui la tenait à louage + n’y venait jamais, ils lui proposèrent de les subroger à sa place. Il s’en défendit, et les obligea de l’habiter toute meublée, les priant seulement de permettre qu’il y vint quelquefois

(4) Mémoires

aut. de M.Olier, t1,p. 27.

@) Memoures

de M. duFerricr,

154458. es

pour dire son chapelet dans les allées du jardin. Cette mai- Ms. de Grandet,

piété, et qui demeurait dans le diocèse d’Auch *. Comme ;

+ Ge locataire se nommait Arnolphini. Voyez Essai sur l'influence de la religion en France pendant le XVIT: siècle, t. 1, p. d16.

. Q ,p. 430, nole ; son appartenait à M. de Rochefort (2), homme d’une grande p. 433. * NOTE 14,p.

elle était très-propre au dessein des nouveaux solitaires,

ils lui firent proposer de la leur vendre, Il répondit

d'abord qu'il n’y consentirait pas, et qu'il les priait de

l’accepter en don. Mais voyant que ces Messieurs refu-

saient absolument son présent, il voulut alors la leur

vendre, uniquement pour les en faire jouir. Car il leur

céda, pour la somme de deux mille écus, cette maison, en

y joignant encore une métairie dont les dépendances

dk An seules valaient autant (1); enfin lorsqu'ils en comptérent

domaniale, cart, le prix, il refusa de le prendre; et comme son intention

ge 701 Ce 18e était de leur donner cette somme en mourant, il les pria

de la garder sans intérêt.

Considérant ces marques de la protection divine, «il

» semble, disait M. Olier, que tout soit fait pour ceux que

” noue » Dieu veut favoriser de ses soins (2) : il prévient même

Lt,p. 207. » tous nos desseins, et nous fournit plus que nous n’ose-

» rions souhaiter, nous ayant donné lui-même église, mai-

» son, serviteurs, approbation des supérieurs, en un mot,

pad ni » tout ce que nous pouvions désirer (3). C’est lui qui a

Bretonvillicrs,t, » formé cette compagnie, c’est lui qui la conserve, c’est lui

DAPEPE » qui l’éclaire, lui qui, dans la complaisance qu’il a pour

» elle, lui procure mille soutiens qu’elle ne cherche point,

» n’attendant rien que de sa main, et ne voulant connaitre

Go Did tn,” AUCUN auteur de cet ouvrage, que lui seul. Dreu a fondé p.411. » cette maison : Zt ipse fundavit eam Altissimus (4). »

eo dinan Dès son arrivée à Vaugirard, M. Olier donna à toute la

de Richelieu Capitale un exemple rare de cette entière confiance en

dti Le Du. Le cardinal de Richelieu eut bientôt appris le but

Ruel: ils le re- du nouvel établissement, et les noms de ces ecclésiasti-

mercient, ques, dont il connaissait le mérite et la naissance. Dans

les entretiens qu’il avait eus avec le Père de Condren, quelques années auparavant, pour savoir de lui quels étaient les sujets les plus dignes de l’épiscopat, cet homme de Dieu, comme on l'a déjà vu, lui en avait nommé quelques-uns, en ajoutant qu’il en connaissait d’autres très-

capable voulant nouvell aux ore pénétra Père de personn ment d auprès € son, et ] dessein, d'aller 1 qu'il fai ment éd quelque combien de Ruel et avec 1 desseins qui leur était dig d'âme. E avec auti été moi seul, ils comme t rer le su que Dr duchesse venus se il leur se maison

+ L'aute Port-Roya

: circonstand

olitaires, répondit priait de urs refus la leur ar il leur aison, en pendances omptérent intention il les pria

ivine, «il CEUX que ent mème ous n’0$eglise, mainun mot,

lui qui a e, c’est lui w’il a pour rche point, tconnaitre u a fondé us (4). »

à toute la nfiance en pris le but ecclésiastiance. Dans » Condren,

lui quels cet homme mmé quelutres très-

OFFRE DU CARDINAL DE NONELIET. 399 capables, dont il n'osait lui faire mention, Notre-Seigneur voulant se servir d'eux pour un grand dessein, Dés que la nouvelle de l'établissement formé à Vaugirard parvint aux oreilles de ce ministre, il jugea aussitôt, par sa grande pénétration, que ces ecclésiastiques étaient ceux dont le Père de Condren lui avait parlé, sans vouloir les désigner personnellement ; et comme il méditait alors l’établissement d’un séminaire d’évèques, il résolut de les avoir auprès de lui, afin de s’en servir pour former cette maison, et les placer dans la suite selon ses vues, Dans ce dessein, il donna ordre à la duchesse d’Aiguillon, sa nièce, d'aller les trouver de sa part, de leur témoigner l'estime qu'il faisait de leur mérite, d’ajouter qu’il était extrèmement édifié de leur retraite, mais qu’il voulait ètre pour quelque chose] dans leur établissement ; et que, sachant combien ils étaient mal logés, il leur offrait son château de Ruel (1) peur y faire leurs exercices, dans la solitude, etavec une entière liberté; promettant d'appuyer leu desseins de tout son crédit, et mème de l'autorité du Roi, qui leur était assurée +. Une proposition aussi généreuse était digne de la religion du cardinal et de sa grandeur d'âme. Elle fut reçue de M. Olier et de ses compagnons avec autant de reconnaissance que de respect, S’iis eussent été moins jaloux de fonder leur établissement sur Dieu seul, ils auraient pu regarder la démarche du cardinal comme une occasion ménagée par la Providence pour assurer le succès de ce dessein; mais ne voulant reconnaitre que Dieu pour appui et pour fondateur, ils prièrent la duchesse d’Aiguillon de représenter au cardinal, qu’étant venus se fixer à Vaugirard pour y vivre dans la solitude, il leur serait bien difficile de suivre leur attrait dans la maison et dans la compagnie d’un premier ministre, et

+ L'auteur des Vies des quatre évéques engagés dans la cause de Port-Royal (2), en rapportant ce fait, en à tellement altéré toutes les

: circonstances, qu’il est impossible de le reconnaitre,

(1) Histoire du diocése de Paris,

TS par Lebeuf, 1.

VU, Paroisse de Ruel, p. 460 ct suiv,

ot, n1,p. 149, 420,

334 PARTIE I. LIVRE VII. — 1642, qu'ils suppliaient très-humblement Son Éminence, avec toutes les instances dont ils étaient capables, de les laisser

Pres L dans le lieu qu'ils occupaient, précisément parce qu’il | ,P.

16, 47. était pauvre et caché (1).

XXII. Cette réponse, loin d’offenser le cardinal ét de Jui dt- M. de Pous-

sé, M. Hurte- Paire, ne fitqu’augmenter son estime etsa vénération pour ventet d'autres, ces ecclésiastiques *, et surtout pour M. Olier. Elle leur note attira même l'admiration de toute la cour, et engagea plude Vaugirard. sieurs jeunes ecclésiastiques de mérite à se joindre à eux,

“Norge 15,0, POUT SE former aux vertus apostoliques (2). M. Louis Henri 350. ° P° de Pardaillan de Gondrin, alors âgé de vingt-deux ans, et PAS Se he qui fut nommé, deux ans après, à la coadjutoreric de in4o. — Pre du Sens (3), et M. Gabriel de Thubières de Queylus, abbé du D no Loc-Dieu, furent les premiers séminaristes reçus à Vau-

iw.— Vie de M, oi , : . . A Ole per D. girard (#). L'exemple de M. de Gondrin y attira bientôt un

M is 4, sujet du plus haut mérite, M. Antoine Raguier de Poussé,

(3) Mémoires dont nous aurons occasion de parler plusieurs fois. 11 con- . M Buudrund, naissait particulièrement M. de Gondrin, qui, de Vaugi- 4) Mémoires rard, allait le visiter à la Place-Royale, où il demeurait.

de M.du Ferrier, 4 à , pag. 455. Tout ce qu’il entendit raconter à M. de Gondrin, des lumières et de la sainteté de M. Olier, lui inspira le désir de le connaître; il vint en effet à Vaugirard, et dès qu'il eut parlé à l’homme de Dev, il lui demanda instamment d’être reçu au nombre de ses disciples. M. Hurtevent, mort supérieur du séminaire de Saint-Irénée de Lyon, M. de PH it a Cambiac, frère de M. du Ferrier, et plusieurs autres, vin- [LE rent peu après grossir la communauté naissante (5). « Nous désirions, dit M. Olier, une personne qui devait » être utile, ct était même nécessaire à la compagnie, d’a- » près le bon plaisir et l’ordre du grand Du, qui nra- » vaient été manifestés. C’était un très-habile théologien. » I] arriva que, retournant de Paris avec M. de Foix, nous » le rencontrâmes qui revenait de la maison, où il était » allé jour nous voir, Alors je m’éloignai un peu, pour » laisser la parole à M. de Foix, mon supérieur, ne me

» jugea » Capa » M. de » lui p:

» comn o donne » ler se » chose:

» en fui » lemen » Jen € » Que ce » Mmoign » celui-] » cet Es » plus a » part à » ments » fester » que les » {re cat » dans 1 » losoph » POUF s » sirion Vers 1 mêmes pas moi moins h il était ti l'intellig clésiasti les détai dont not Pre de

VAUGIRARD. M. DE BASSANCOURT. 335 » jugeant pas digne de parler avec ce théologien, dont la » capacité et la science me surpassent extrêmement. Mais » M. de Foix me pressa, et me força de m’approcher et de » lui parler. Alors, par obéissance et contre mon gré, je » commence à parler petit à petit, ou plutôt je m’abans donne à l’Esprit de mon Maître, pour qu’il me fasse [par- » ler selon son bon plaisir. Il me mit dans l'esprit des » choses si bonnes, si saintes et si fortes, que cet homme » en fut extraordinairement touché. M. de Foix était éga- » lement étonné des choses que produisait mon ignorance. » J'en étais moi-même tout surpris; et je ne doute pas » que ce théologien, qui, huit ou dix jours après, en té- » moignait encore sa surprise, n’en attribuât la cause à » celui-là seul qui peut rendre la parole aux muets. C’est » cet Esprit divin qui se cache ainsi dans ce qu’il y a de » plus abject, pour montrer que la créature n’a point de » part à ses œuvres, puisqu'il les opère par des instru- » ments si inhabiles et si méprisables, Il se plaît à mani- » fester quelque temps leur impuissance, pour faire voir » que les effets qui viennent ensuite, procèdent d’une au- » tre cause, qui est lui seul. lit c’est ainsi qu’il a attiré » dans notre compagnie cet homme, qui enseigne la phi- » losophie et la théologie depuis nombre d’années, et que » pour suivre l’ordre que Dieu nous avait donné, nous dé- (4) mem aut » sirions beaucoup d’y recevoir (1). » ASE TEE Vers le même temps, la bonté de Dieu attira par les xxiv. mêmes moyens, à Vaugirard, un ecclésiastique qui ne fut si Es pas moins utile à la compagnie que le précédent. Quoique dans la nouvelmoins habile que celui-ci dans les sciences ecclésiastiques, “ RNA il était très-versé dans la connaissance de l’Écriture sainte, l'intelligence et la pratique des cérémonies, du chant ecclésiastique, de l'administration des sacrements, et de tous les détails du saint ministère : ce fut M. de Bassancourt, dont nous avons déjà parlé, et que l’auteur de la Vie du Père de Condren met au nombre des prêtres les plus ac-

nce, avec les laisser arce qu’il

le lui déation pour Elle leur gagea pludre à eux, ouis Henri uX ans, et toreric de s, abbé du us à Vaubientôt un de Poussé, ois. Il conde Vaugidemeurait.

in, des lura le désir t dès qu'il nstamment event, mort yon, M. de vutres, vinle (5).

e qui devait pagnie, d’a- U, qui n'athéologien.

Foix, nous , où il était | peu, pour eur, ne me

dE di Ps Da complis de ce siècle (1). Après avoir abandonné l’établisre de Condren,

édition de 4637, Sement de Chartres, il avait suivi M. Amelote dans ln + MN mission de Normandie, et, de retour à Paris, il s’empressa francl de Dos d'aller visiter ses amis à Vaugirard (2). Commeil était 4 litaire p. 455. d’une humeur fort enjouée, il leur demanda, avec sa gaité férer ( ordinaire, ce qu’ils se proposaient donc d’entreprendre sur leur f ce nouveau théâtre, et si c’était à Vaugirard qu'ils préten- grâce daient réformer le clergé de France. Cet entretien sembla Lei n’être d’abord qu’une agréable et innocente récréation. Mais dès qu’il eut entendu parler M. Olier, ne doutant plus alors que leur réunion ne fût l’ouvrage de Dreu, il se sentit pressé de se joindre lui-même à eux, pour concourir ” 8) aie de concert au mème dessein (3). « Nous avions besoin de voulu: p.44, 15. » lui, dit M. Olier, ou au moins nous le souhaitions fort : convai » car nous n’avons besoin que de Dieu, qui fera plutôt de suppli » nouvelles créatures, que de laisser manquer son œuvre. mais « » Il nous semblait néanmoins impossible de le voir se réu- frir de » nir à nous, à cause de ses liaisons avec un autre, que üente, » nous ne devions pas recevoir dans notre compagnie, et dren , » dont il semblait qu’il ne püt se séparer jamais. Lors deme » donc qu’il fut venu pour nous voir, notre Maitre me fit Condr » parler avec tant d’efficace, qu’il fut contraint d’avouer n’était » que Dieu était avec nous, et qu’il se résolut de devenir M. Me is » l’un des nôtres (4). » M. de Bassancourt quittant en effet Orator t1, pe 233. lair d’enjouement qu’il avait pris d’abord : « Messieurs, dût le » leur dit-il, je suis convaincu que je trouverai plus sû- si vert » rement Notre-Seigneur dans votre maison, que dans et rép » celle de ma mère; non, ce n’est pas au milieu de leurs appelé » proches que les ecclésiastiques peuvent recevoir son Es- tre : » prit. Mon parti est donc pris de vous demander une cel- la cha

» lule, et de vivre avec vous. » Comme il apercevait un gnie

» chez » don

beauc grand les lo lui-mé

colombier à l’extrémité de la maison, où il savait que tout au se était rempli, il pria qu’on le laissât le maître d’en faire connai son appartement. « Vous le prendrez comme il vous plaira, l’attac » ajouta-t-il; mais je vous déclare que je nè retourne plus avait c

Vétablis- > dans la *empressa ne il était ec Sa gaité ‘endre sur ils prétenen sembla récréation.

1e doutant Dreu, il se » concourir besoin de ions fort :

a plutôt de on œuvre.

yoir se réuautre, que npagnie, et mais. Lors itre me fit t d’avouer de devenir nten effet Messieurs, ai plus sûque dans u de leurs oir son Eser une celercevait un ait que tout d’en faire ous plaira, tourne plus

VAUGIRARD, M. AMELOTE, 337 » chez ma mère, et, dès ce soir, je prétends que vous me » donniez un lit dans votre maison. » Une déclaration si franche et si ingénue plut extrêmement aux nouveaux #0litaires. Ils s’assemblèrent pour un moment afin d’en conférer entre eux ; et la conclusion fut, qu’il était leur ami, leur frère, et qu’il demandait les choses de trop bonne grâce pour être refusé (1).

L'entrée de M. de Bassancourt dans la communauté eut beaucoup d'éclat à Paris, où sa famille jouissait d’une

(1) Mémosr. d-

M. Baudrund,y.

M. Amelate

lui-smême de-

grande considération, et ne fit guère moins de bruit que mande à étre

les longues instances de M. Amelote pour y être reen lui-même. Après la mission de Normandie, M, Amelote voulut visiter à son tour les solitaires de Vaugirard ; et, convaincu que leur société était l'ouvrage de Dieu, il les supplia de le recevoir, non plus comme leur supérieur, mais comme leur simple confrère, Sa réception devait offrir des difficultés. On peut se rappeler que l’année précéüente, d’après un entretien avec la sœur du Père de Condren, religieuse Carmélite à Chartres, M, du Ferrier demeura convaincu que M. Amelote, à qui le Pere de Condren n’avait jamais parlé de l’œuvre du séminaire, wétait point appelé de Dieu à y travailler; et que M. Meyster avait déclaré la même chose à ses amis et aux Oratoriens de la maison de Saint-Magloire (2), Quoiqu'il dût leur en coûter pour exclure de leur compagnie un ami si vertueux, ils ne purent se déterminer à l’y admettre, et répondirent à M. Amelote qu'ils ne le croyaient point appelé à concourir avec eux au même dessein, Loin d’étre arrêté par ce refus, il revint une multitude de fois à la charge, et pressa instamment M. Olier, que la compagnie nomma bientôt supérieur. Personne n’était plus cher au serviteur de Dieu, que ce digne ecclésiastique, dont il connaissait l’érudition, la sagesse et la vertu; et cæ qui Vattachait à lui plus fortement, était l'opinion qu'il en avait conçue depuis l'apparition du Père de Condren que Le 22

recu,

(2) Mémoires deM,du Ferrier, pe. 136, 441.

(D Vie Ms. de M. Olier,par M.

Leschassier, p.

338 PARTIR I. LIVAK VIII, — 1642.

nous avons rapportée, et dans laquelle ce saint homme lui avait dit qu'il le laissait héritier de son esprit ainsi que deux autres, dont l’un était M. Amelote. Dès ce moment, M. Olier avait regardé eet ami comme destiné par la Providence à être l’une des pierres fondamentales du nouvel édifice, et il avait persévéré dans cette opinion, jusqu’à ce que, pendant sa retraite, #vant l'établissement de Vaugirard, il connut que Div avait sur lui d’autres desseins : car comme il offrait à Notre-Seigneur les sujets qui pourraient composer la nouvelle société, et qu'entre autres il lui présentait celui-ci, une voix intérieure lui fit entendre ces paroles : Z{ me servira dans un autre lieu pour ma gloire. Quelque étroite que fût sa liaison avec M. Ame- Jote, ces paroles devinrent pour lui une loi inviolable ; et, malgré les sollicitations pressantes qu’on employa longtemps, il demeura toujours ferme à l’exclure de la compagnie. M. de Bassancourt usa de toute sorte de moyens pour l’y faire recevoir, Il offrit même dans la suite quatre mille livres (1) de rente perpétuelle au séminaire. Madame de Brienne, femme du ministre d'Etat, et pénitente de M. Amelote, sollicita la même grâce pendant trois ans, jusqu’à employer dans sa cause le crédit et l’autorité de la Reine régente, Tout fut inutile : M. Olier aima mieux s’exposer à toute sorte de reproches et de disgrâces, que d’être infidèle à la voix de Digu. En éloignant un sujet d'un si rare mérite, il devait s'attendre à passer pour le plus bizarre des hommes ; ce qui ne tarda point à arriver, On l’accusa mème de vouloir écarter son ancien ami, pour n'avoir point en lui, disait-on, un rival qui eût pu lui disputer la supériorité du nouveau séminaire. L'homme de Dieu laissa dire, et regarda tous ces propos

comme une récompense du sacrifice qu'il avait fait au Seigneur en se privant d’un tel ami. Ce qui est plus admirable encore : au mérite de ce généreux dépouillement il ajouta celui du secret le plus impénétrable sur le motif

de sa son d aussi vorisé mort son i de Nc cours vre à sa gle tra h patier foi de qui a

AP comn vint | lieute Marie

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homme it ainsi CE Moiné par ales du ypinion, ssement tres desjets qui "e autres i fit eneu pour M. Ameable ; et, ya longla comeg moyens te quatre aire. Mapénitente trois ans, prité de la a mieux âces, que un sujet èr pour le int à arricien ami, 1 qui eùt séminaire.

8 propos it fait au st plus aduillement ir le motif

VAUGIRARD. M. HOUMAIN. 339 de sa conduite ; car jamais il ne voulut le découvrir qu'à son directeur, parce qu'il aurait été contraint de découvrir aussi les communications dont Notre-Seigneur l'avait favorisé dans cette circonstance. On ne le connut qu'après sa mort, par la lecture de ses écrits, où il rendait compte de son intérieur au Père Bataille, son directeur. Les paroles de Notre-Seigneur, qui dirigèrent sa conduite dans tout le cours de cette affaire, se sont parfaitement vérifiées. L'œuvre à laquelle Dreu appelait M. Amelote, pour servir à sa gloire, était la congrégation de l’Oratoire (1), où il en-

patience, il contribua plus que personne à maintenir la foi de l'Eglise, contre la contagion des nouvelles erreurs qui avait gagné la plus grande partie de ce corps *.

Après M. de Bassancourt, un autre ecclésiastique, recommandable par sa vertu, ses talents et sa naissance, vint grossir la petite société. Ce fut M. Houmain, fils du

(1) Mémoires à ‘ la Vie de M.

tra huit ans après ; et où, par ses talents, son zèle et sa Oiér, pa

Olier, par M.

Baudrand, pag:

M. Houmain

vient se joindre aux solitaires

lieutenant criminel d'Orléans, et appelé M. de Sainte- de Vaugirard.

Marie, à cause d’un prieuré de ce nom qu’il possédait. Né avec une constitution extrèmement débile, il avait été accoutumé à une vie si délicate, qu'avant de se joindre à M. Olier pour les missions, il croyait ne pouvoir souffrir la moindre incommodité du froid ni du serein. « Sa cham- » bre, dit M. du Ferrier, était alors nattée, tapissée, et » garnie de doubles châssis de toile et de papier ; quoiqu'il » voulût se joindre à nous, nous ne comptâmes pas sur » lui. Mais quand il vit que nous travaillions aux mis- » sions, encouragé alors par le mouvement de Dieu, et » quittant sa vie molle, il vint nous trouver, coucha par » terre comme les autres, et se désabusa de sa délicatesse » pour toujours ; donnant ce bon exemple aux jeunes » ecclésiastiques du séminaire, afin qu’ils cherchassent en » Dieu les moyens de fortifier leur santé (2). » Il avait été

à nr k M témoin des humiliations de M. Olier, pendant tout le p, as.

temps de ses épreuves; et, dès qu'il l’eut entendu à Vau-

(2) Mém. de . du Ferrier,

girard, il fut si touché de ses paroles, qu'il ne voulut plus se séparer de lui.

XXVII. L'empressement de ces ecclésiastiques à se joindre à Ai nes M. Olier, et surtout les instances de M. Amelote durant crets des cœurs trois ans, montrent d'une manière invincible le changede sesdisciples. ment extraordinaire qui s'était fait dans le serviteur de

Dreu depuis ses grandes épreuves. La sagesse divine, qui

avait ménagé ce moyen pour lui attacher plus étroitement

les sujets qui devaient composer la société naissante, lui

accorda encore le don de pénétrer les secrets les plus in-

() Pie de nr, times des cœurs (1) : grâce qui les remplissait en effet de

Briers la plus religieuse vénération pour sa personne. L'un

* REP d’eux, éprouvé par des peines intérieures, avait formé le

dessein d'abandonner l'établissement de Vaugirard pour

entrer dans une autre société. Il pria M. Olier de lui faire

connaître ses défauts, et, à l’instant, Dieu éclaira son ser-

viteur avec tant de netteté, qu’il voyait les pensées secrè-

tes de cet ecclésiastique, bien plus distinctement que si

elles avaient été écrites devant ses yeux ; c’est son expres-

sion. « Je me sentis porté, dit-il, à lui faire connaître ce

» que Dieu me montrait de son intérieur ; et je le fis avec

» tant de justesse, que tout hors de lui-même, et tout ému

» de ce qu’il venait d’entendre, il fut comme obligé d’aller

le confesser aux autres, publiant que je lui avais décou-

vert ses vérités les plus cachées. La mème chose m'est

encore arrivée quelquefois à l’égard de cet ecclésias-

» tique, qui est souvent prévenu contre nous et contre

» notre dessein. Notre-Seigneur me montrait, il y a peu

» de temps, que malgré toutes les suggestions contraires,

» il le tenait lié à nous, contre son inclination, en sorte

Le Lu PAUL » qu'il se trouvait comme forcé, malgré lui, d'abandonner

ver xtog. de ; » les personnes de grande considération qui lui conseil- 7,478, » laient de nous quitter (2). »

Fa NÉ tu 1 « Je me souviens (3) que, dernièrement, au sortir du

» l'action de grâces, je rencontrai deux de nos jeunes

lut plus

indre à

durant changeiteur de ne, qui itement inte, lui plus ineffet de e. L'un ormé le ird pour lui faire son ser- 2s SeCrét que si expresaître ce fis avec out ému 6 d'aller s découse m'est cclésiast contre y a peu ntraires, en sorte ndonner conseil-

ortir du jeunes

VAUGIRARD. — LUMIÈRES DE M. OLIER. 341 » Messieurs, dont l’on a désiré me donner la conduite, et » je sentis intérieurement que Dieu me donnait facilité et » ouverture pour leur parler ; mais je comprenais bien » que ce n’était pas moi qui formais ces paroles, je ne fai- » sais que me prèter.… Pendant ce temps, nous étions tous » trois également recueillis en Dieu, et la même onction » pénétrait et remplissait nos âmes. Disant à l’un de nos » Messieurs, que nous étions appelés à être des hosties » vivantes à la gloire de Dieu, je lui découvrais l’état » d’hostie, j'étais tout hors de moi ; il se sentait lui-même » tout enflammé de l’amour divin, et ne revenait pas de » son étonnement. lundi dernier, je me sentais porté à » parler, je ne sais sur quel sujet; et, dans ce moment, » je ne savais pourquoi je parlais de la sorte ; quelques » heures après, un de nos Messieurs vint me dire : Hélas ! » j'avais bien besoin de ce que vous avez dit tantôt. Hier » la même chose m’arriva avec un autre de nos Messieurs, » qui me consultait sur une matière très-difficile ; j’admi- » rai son humilité: car il est infiniment plus sage, plus » savant et plus avisé que moi; et alors même, Notre- » Seigneur me montra plus clairement que le jour ce qu’il » me demandait. Maintenant je recois fréquemment de ces » sortes de grâces; mais c’est à la considération des per- » sonnes qui m’interrogent. Dieu m’éclaire par compassion » pour elles, je le vois bien sensiblement. Dès qu’on ou- » vre la bouche pour me consulter, avant même de savoir » ce qu’on me demande, Dieu me donne, en faveur de ces » âmes, les lumières qu’elles désirent. Cependant notre » bon Maître, pour m’humilier, et me faire connaître que » la sagesse et l'intelligence ne sont point en moi, encore » moins à moi et de moi, mais que tout est à lui et en » lui, me laisse quelque temps dans l’aveuglement et » dans l’ignorance de ce qu’on demande; puis, dans un » instant, sa bonté me le fait connaitre. Je le sens tous les » jours, soit dans les confessions, soit dans les entretiens

» particuliers, Jy éprouve une différente pureté de ln- 1 Mém.'aut, ? mière, selon la diversité des sujets qui se présentent. de M. Olier, 1.1, » Je leur réponds conformémetit à leurs besoins, sans au-

p. 478, 179. — N Vie de M. Olier, » tre préparation que de renoncer à mon propre esprit, pa en Le, » attendant ce qu’il plaira à Drëu de me donner, pour le p.8%6,397. y» service de ses enfants ({).»

oi C'était la même abondance de lumière, les mêmes éclairé de Dieu grâces, la même onction, lorsque M. Olier annonçait la re Prédi- parole de Dreu au peuple de Vaugirard (2), qui accourait (2) Mémoires toujours en foule pour l'entendre. « La veille du jour de

: té it” l’Incarnation, 2% mars 1642, on m’envoya dire, écrit-il, » d'aller exhorter le peuple pour qu’il se préparât à la fête, » et communiât dignement. Aussitôt je me rendis à l’é- » glise, quoique sans aucune lumière dans l'esprit, et » Drev prit plaisir à me faire expérimenter mon ignorance » naturelle et ma faiblesse. Car je ne pouvais rien trouver » à dire. Vous-même, Ô mon Dieu! avez voulu me faire » oublier tout ce que j'avais appris autrefois par mon » étude et mon propre travail, afin de me tout donner » par grâcé une seconde fois, et de ne me laisser rien qui » he fût de vous. Detx fois je fus sur le point de dire à » celui qui fn’avait envoyé chercher, que je n’avais aucune 5 pensée dans l'esprit. Mais comme je suis accoutumé à

.» sentir de la sorte mon impuissance, je m’abandonnai » tout de nouveau à l’Esprit qui éclaire les aveugles et fait » parler les muets. Aussitôt la lumière de Dieu m’éclaira, » et je remarquai encoré davantage le secours de l'Esprit » divin, par l’efficace et la puissance des paroles qu’il me » faisait proférer, et qui touchaient vivement tous les au- » diteurs et me touchaient aussi moi-mème : tellement » que, sans me mettre en peine d'autre chose, je rendais » ce qui m'était donné; et je continuai de la sorte pour » Jésus et Marie. Le succès fut tel, que tout le peuple, ému » et touché, vint le lendemain en foule pour se confesser » et communier ; et nous ne pûmes achever de l'entendre

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