M. BOURDOISE ET MADAME DE VILLENFUVE
NOTE 11, p. 324, — Pendant que M. Olier, M. de Foix et
M. du Ferrier étaient à Vaugirard, madame de Villeneuve, occu-
pée dans ce village à la formation de sa communauté, fut malade
à l'extrémité et lit son testament, assistée de M. de Foix. « Comme
» il tardait de revenir, dit M. du Ferrier, nous l’attendimes pour
» dîner ; et, lorsqu'il fut venu, il s’excusa de son retardement,
» témoignant combien il était édifié des bons sentiments de cette
dame. Pendant le repas, M. Bourdoise, qui dinait avec nous,
» s’informa du lieu qu’elle avait choisi pour sa sépulture, et, ayant
» su que c'était dans la paroisse, il s'en émut d'une étrange façon.
» Vous dites, s'écria-t-il, que c’est une femme pieuse, et elle a
» l'orgueil de “édaigner le cimetière où les pauvres sont en-
» Lerrés. O ! quelle chrétienne superbe en mourant, qui dé-
» daigne d’étre avec les petits et les simples ! Dieu nous garde
» d’étre abandonnés de lul jusqu'à ce point. 4h! monsieur,
ne dites plus que vous en avez une bonne opinion, et gémis-
sez pour son aveuglement, M. de Foix n'avait pas fait de
réflexion sur ce point, que M. Bourdoise regardait comme si
considérable, et croyant raccommoder les choses, il ajouta : dans
la paroisse, {d est, dans le cimetière. Alors M. Bourdoise, pre-
» nant l’assiette sur laquelle M. de Foix mangeaïit, l’ôta de devant
lui et la mit à l’extrémité de la table, en lui disant: Monsieur,
mangez ce qui est sur votre assiette, devant vous, id est, au
bout de la table. Nous ne pûmes nous empècher de rire ; et
comme, dans son ardeur, M. Bourdoise ne mangeait plus, je lui
dis que c’était assez et qu’il fallait diner. Alors, pour me cor-
» riger à mon tour, il s’adressa à un serviteur qui était derrière
moi, et lui dit: Ne mangerez-vous pas ce qui est sur mon
assielte, s'il reste ? Oui, dit-il. Hé bien, continua M. Bour-
doise, si je n'achève pas mun diner, rien ne sera perdu ;
mais si je demeure en silence, ce garcon ne vous dira pas
ce que je vous dis moi-méme sur un objet aussi impor-
(1) Mémoir, de » tant (1). » L'auteur de la Wie imprimée de M. Bourdoise, M. du Ferrier, Qui, d’après les Mémoires de M. du Ferrier, rapporte quelque 6 ed chose de ce trait (2), suppose qu'il eut lieu à la paroisse de Saintin-4, p. 758, — Sulpice, à Paris ; mais il parait que ce fut à Vaugirard, où de- Vie du méme, meurait alors madame de Villeneuve, et où ces Messieurs exer-
inefulio, pag. hi Re 7 "0" V9 çaient les fonctions curiales. Quoi qu'il en soit, madame de Vil-
(2) In-4,liv, v, leneuve releva de cette maladie, et profita de la correction de
pie, M. Bourdoise ; car, dans nn autre testament qu’elle fit, on lit ces
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paroles : «Je désire être enterrée au cimetière de la paroisse où (4) Testament » je décéderai, dans un cercueil de bois, comme les pauvres, sans Fr . de LE . » aucune cérémonie (1). » Cependant, en 1650, année de sa gé de Ps Ms. mort, M. de la Marguerie, son gendre, obtint de M. Molé, son in-4°, p. 52,
exécuteur testamentaire, que, malgré la clause de son testament, A ee elle fût inhumée dans l'église des religieuses de la Visitation, —4rch. du Roy.
rue Saint-Antoine, à Paris (2). Ar) LA