DU HUITIÈME LIVRE
neuve attira sans doute, dans sa communauté naissante, Mademoi-
selle Bellier, dont nous avons déjà parlé, et qu’il avait convertie à
Illiers, près de Chartres, dans l’une de ses missions. Cette géné-
reuse fille, après avoir quitté la maison paternelle, et renoncé au
monde pour toujours, vint en effet à Vaugirard pour s’offrir à
Madame de Villeneuve, qui conçut pour elle les sentiments de la
plus tendre et de la plus sincère affection. M. Olier continua aussi
de la fortifier par ses conseils et ses avis ; et peut-être parle-t-il
d'elle, en terminant l'endroit de ses Mémoires, que nous avons cité
plus haut: « Après cet entretien que je fis aux maîtresses des
» petites écoles, dit-il, j'excitai l’une d'elles à retenir une pratique
» pour l'instruction de ses pauvres : Hélas, me disait-elle, cela me
» touche trop le cœur pour l'oublier (1). » Au moins, l'éloge de (4) mémoires
Mademoiselle Bellier, publié après sa mort, nous permet de faire aut. de M. Olier,
ici cette conjecture ; voici ce qu’on y rapporte: « Souvent des L1,p, 468.
» personnes «le grand mérite et de vertu faisaient de ferventes
» conférences chez les Sœurs de la Croix, qui, en éclairant l’enten-
» dement, échauflaient aussi ardemment le cœur. Celui de Made-
» moiselle Bellier était fort susceptible à l'amour divin, et prenait
» feu lorsqu'elle entendait parler de Dieu, ou qu’elle en parlait
» elle-même, ayant l'esprit actif et bon. Et M. l'abbé Olier témoi-
» gna un jour à quelques messieurs, zélés comme lui du salut des
» âmes, avoir bien de la joie de celle-ci, la regardant comme en-
» gendrée à Jésus-Craisr par son ministère. Mademoiselle Bel- es ve
» lier entra à la Visitation en 1651, où elle mourut saintement ligieuses de la
» sous le nom de sœur Marie-Joseph (2). » Visitation, 1. uv. Il paraît très-probable que M. Olier procura des établissements
aux Filles de la Croix, dans plusieurs lieux de la campagne où il
avait prèché la mission, afin d’y conserver, par ce moyen, les
fruits de ces saints exercices. Nous lisons, dans l'histoire de l’éta-
blissement de ces Filles, qu’elles en formèrent vers ce temps à
Ruel, au Lorreau, à Illiers, à Epernon, où M. Olier avait exercé
son zèle, comme aussi à Charonne et à Villepinte (3), qui proba- Mare
blement avaient participé au bienfait des missions. Nous verrons 4754, in folio, p.
mème, dans la suite, qu’il forma le dessein de les établir sur la 40: Ms. chez les Filles de lu Cr.
paroisse de Saint-Sulpice, lorsqu'il se disposait à en prendre pos- à Limoges. session.
COMMENCEMENT DES GRANDS SÉMINAIRES EN FRANCE, ESPRIT DU SÉMINAIRE DE VAUGIRARD, M, OLIER ACCEPTE LA CURE DE SAINT-SULPICE A PARIS, ET Y TRANSFÈRE SA COMMU- NAUTÉ,
I. 7 M. Olier était d'autant plus convaincu de la nécessité me ) * : , es à du secours de Div, pour affermir l’œuvre naissante du sé-
Paris l'établis- minaire, qu’il la voyait traversée et combattue par des sement de Vau- e ; girard. personnes du plus grand poids. Sans parler des plaisanteries que l’on faisait sur le lieu qu’il avait choisi pour jeter les fondements de cette entreprise, il se trouvait des ecclésiastiques qui, tout charmés qu’ils étaient de la voir commencer, ne pouvaient goûter les moyens qu’il prenait, ni en augurer favorablement ; d’autres disaient tout haut qu'il était contre le bon sens de laisser là les missions, dont les fruits avaient été si abondants, pour tenter au hasard une œuvre si incertaine, et pour s’opiniâtrer à reprendre un édifice qui s’était écroulé presque aussitôt qu’on en ï ge e avait posé les premiers matériaux (1). On ne concevait Bretonvilliers,t, Pas, en effet, qu’après avoir évangélisé avec tant de succès 1, p.53. plusieurs provinces, et avoir rempli toute la France du bruit de ses missions, M. Olier voulüt enfouir le talent, et cacher la lumière évangélique sous le boisseau, en allant se confiner dans un village. L'un des supérieurs ecclésiastiques du diocèse de Paris, lui fit mème, dans ces circonstances, une’ proposition qui, tout extraordinaire qu’elle paraît, montre néanmoins combien le projet de Vaugirard, que presque tous regardaient comme une pieuse chimère, semblait contraire aux hautes espérances qu'on avait concues de ses talents et de son zèle. « Après que j’eus parlé » à mon directeur, dit le serviteur de Dieu, je nren allai » visiter le grand-vicaire de monseigneur l'iuvhevêque
» (car à » de di:
» lussie » ce ser » irait | » ta-t-il » endre »il fa » le di:
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