‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 210 sur 251 · EN ENTRE · texte numérisé non relu

EN ENTRE

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TABLEAU DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN. UT Y et de libertins (1). Ceite paroisse fut la première en (1) ie Me. de France où les Huguenots commencèrent à établir une Al # église ; et, depuis ce moment, elle devint un lieu de refuge pour les ministres, jusqu'alors sans asile, et quelquefois sans ressources (2) ; et, pour le parti, un lieu de ralliement, (2) Tableau de où il était permis de tout oser. Ce fut, en effet, sur cette Victor, Lu = paroisse, qu’on vit jusqu’à quatre mille personnes, la plu- °°" Ppart illustres, entre autres Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et Jeanne d’Albret sa femme, se rendre en plein jour, et comme en procession, au Pré-aux-Cleres, et y chanter les Psaumes de Marot. La publicité des prèches y excita quelquefois des rixes, dans lesquelles les Protestants, la plupart gentilshommes ou puissants, eurent facilement l'avantage (3). Ceux qui venaient de Genève ou (3) Ibid. pag. ÿ É ; ; , 28, 714.— Histoire d'Allemagne à Paris, y trouvaient un asile assuré. Enfin de Paris, par les Huguenots y avaient un cimetière particulier ; ils y 4339 6 4087" étaient en si grand nombre, et y vivaient avec tant de liberté, que le faubourg Saint-Germain était communément , 4 1254: por. appelé la petite Genève (k).

L'esprit de prosélytisme dont ces hérétiques faisaient alors profession, leurs discours, et les écrits qu’ils répandaient, affaiblirent considérablement la foi dans un grand nombre de catholiques, leur inspirèrent de la haine pour les ecclésiastiques, du mépris pour tous les religieux, eten précipitèrent mème plusieurs dans le gouffre affreux de l’athéisme. Ces athées affectaient en France le nom de Po- ou ie , litiques (5) +, comme les impies du siècle dernier se ca- #sim, 1623. E-

; . , | . pist. dedic.etc.p.

chaient sous celui de Philosophes ; et ce qu’il y a de bien 1831, 4832.

+ Sous les derniers Valois, il s'était formé, entre les catholiques et (6) St-Fictor,

les Huguenots, un tiers-parti sous le nom de Politique (6).Ce parti, qui t A An . n'avait point, comme les deux autres, la religion pour prétexte , n. 4, p. 216, 237, mais la réformation des abus, fit ensuite cause commune avec les Pa ES Calvinistes contre les Catholiques ou les Ligueurs, et donna naissance 4124, 67, 4175,

À une multitude d’athées (7). 1479,

hh8 PARTIE I. LIVRE II. PAROISSE, — 1643.

surprenant, c’est la parfaite identité de langage des uns et des autres : en sorte que nos impies modernes semblent n'avoir été que les simples échos de ces athées ou politiques dont nous parlons. Ils ne reconnaissaient, en effet, d’autre Dreu que la raison, et regardaient toute religion comme une invention destinée à contenir le peuple dans le devoir. Is niaient l’immortalité de l’âme, l’existence de l'enfer et des démons, le bonheur des Saints, et les récompenses éternelles. Enfin, considérant avec une cupidité jalouse les richesses employées aux ornements des autels et à la décoration des églises, ils s’affligeaient de ne les avoir pas en leur main pour servir d’aliment à leur * NnoTe 1, luxe et à leur vanité * (1). Mais nulle part, dans Paris, P, has cette exécrable secte n’était aussi répandue que dans la Epist. dedic. et paroisse de Saint-Sulpice. « Elle était, dit Abelly, la senor » tine non-seulement de Paris, mais presque de toute la » France, et servait de retraite à tous les libertins, athées, : SP ES »et autres personnes qui vivaient dan; l’impiété et le W. » désordre (2). »

Ill. Comme il n’y a pas ordinairement de peuple plus sumore perstitieux qu’un peuple devenu impie, il n’y avait point. règnent dansle aussi de paroisse à Paris où la magie et la superstition Are Ê Saint- fussent plus accréditées. « La dépravation y était si horrible,

» que, selon le témoignage d’une personne qui vit encore,

(3) Probuble. » écrivait en 1687 le Père Giry (3), on vendait impunément le curé de « . :

Saint - Landry, » Ment, à une des portes de Saint-Sulpice, des caractères

M. Baillot. Fi; Ge magie, et d’autres inventions superstitieuses et dia-

Ms. par M. Leschassier, p. 46,9. » boliques (k). » L’historien de M. Bourdoise atteste que,

(4) Partie 1, ; . | ; chap. x1v. en 1642, on y étalait encore publiquement des livres de (5) Ms in-fol. sortiléges (5) ; et un autre nous apprend que c’était à une div. 1, ch. 1v. "e : .

des portes voisines de la chapelle de la sainte Vierge, que (6) Pie Ms. par Ce trafic impie avait lieu (6). Ces détails, et d’autres que

M. Leschassier ie è s pe 46,9, * nous omettons ici +, expliquent comment le Père de

+ Peu de temps après que M, Olier eut été mis en possession de

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superstition it si horrible, i vit encore, lait impunées caractères euses et diaatteste que, des livres de c'était à une à Vierge, que d’autres que le Père de

possession de

TABLEAU DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN, h49 Condren crut devoir étudier l'astrologie, afin d’en désabuser LME ne plus aisément les esprits (1); et pourquoi le cardinal de & Père Amelote. Richelieu lui ordonna de composer, contre cet art insensé ne tas et détestable, le discours que nous avons encore et qui fut Me ou donné au public (2). D. 189.

Mais les athées et les personnes abandonnées à la pratique de ces superstitions révoltantes, étaient en bien petit nombre, comparés aux libertins. La dépravation des mœurs s'était, en effet, beaucoup accrue dans Paris, à l’occasion des guerres civiles, et des scandales de la cour, sous les règnes précédents (3). L’imperfection de la police ren donnait lieu à une multitude de désordres, jusque là P- #3! que des bandes de voleurs désolèrent cette ville, sans | que les magistrats eussent en main des moyens suffisants pour prévenir ou pour arrêter ce fléau. Ces malfaiteurs étaient en si grand nombre, qu’ils repoussèrent plusieurs fois et avec perte les archers du guet, et qu’il fallut ordonner aux bourgeois d’avoir des armes dans leurs maisons, pour être prêts à donner main-forte aux officiers de la justice (4). Ils se réfugiaient la plupart dans le faubourg nr qu Saint-Germain ; et ce qui les y attirait de préférence, — Félibien,t.u. c'était l’assurance de l’impunité. Depuis un temps immé- AE) morial, ce faubourg formait une ville à part, et était soumis,

non aux magistrats de Paris, mais à la justice de l’abbé ; et

la cure de Saint-Sulpice, le Baïlli du faubourg Etant un jour à la recherche de trois gentilshommes accusés de magie, et ayant pris

par hasard une maison pour une autre dans la rue qu’on lui avait désignée, y trouva un autel dédié au démon, avec ces mots : Gratias

tibi, Lucifer ; g'atias tibi, Beelzebut ; gratias tibi, Azareel. Il y avait

sur cet autel des chandelles noires, et sur les gradins quelques vrne-

ments analogues à ce culte infernal, avec un livre rempli de prières et d'invocations diaboliques. Le Bailli saisit le livre, mais on ne donna

point de suite à cette affaire, à cause du grand nombre de ceux qui nu A ta y auraient été compromis (5), p. 606.

4) Description de Paris, pa Germain Brice, in-19, t. an, 6° édition, p. 105.

(2 Liv. u,ch, ni, sect. 1v.

(3) F'ie Ms. de M. Olier, par le Père Giry, part.

1, chap. xv.

État scandaleux du clergé de la paroisse Saint-Sulpice.

Pre PARTIE I, LIVRE LI. PAROISSE, — 1643,

cette justice était trop mal administrée et trop peu redoutable pour arrêter tant de désordres, La foire de Saint- Germain, qui durait environ deux mois, contribuait aussi beaucoup à les augmenter. Comme cette foire était franche, et qu’il était permis à toutes sortes de personnes d'y étaler et d’y vendre des marchandises, il y avait, durant ce temps, un concours extraordinaire, et beaucoup de srandales, principalement le soir, où l’affluence était toujours plus grande (1). La réunion de tant de personnes dans un

faubourg si étendu, avait rendu jusqu’alors comme impos-

sible la recherche de ceux qui y entretenaient la corruption, « La difficulté d’y apporter remède, dit Abelly, la- » quelle passait, dans d'esprit de plusieurs, pour une » impossibilité morale, leur donnait occasion de se licencier » en toutes sortes de débauches et de vices, avec une en- » tière impunité (2).v Enfin la fureur des duels y était portée à un tel excès, que, mème sous le ministère pastoral de M. Olier, dix-sept personnes y périrent en une semaine (3).

Pour achever le tableau, il est nécessaire de représenter l’état du clergé qui desservait cette paroisse avant que M. Olier en prit possession. Quoique la population fût immense, l’église paroissiale, qui était fort petite, et semblable à une église de village, paraissait encore trop grande, tant elle était peu fréquentée. Elle était malpropre, le pavé inégal, le maïitre-autel sans décence. Il n’y avait ni ornements tant soit peu convenables, ni même de sacristie. On ne gardait ni règle, ni ordre pour la célébration de la sainte Messe : les prètres s’habillaient dans les chapelles mêmes où ils devaient célébrer, et il y avait, à l'entrée de chacune, une cloche suspendue qu’on sonnait avant de cemmencer, pour en avertir les Fidèles. Les confréries accablaient le clergé d’offices particuliers, en sorte que souvent, pour les acquitter, il négligeait le service ordinaire de la paroisse, Les officiers de l’église,

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rticuliers, gligeait le e l’église.

TABLEAU DU FAUBOURS SAINT-GERMAIN. #&i tels que l’organjste, les sonneurs, n'observaient plus aucun ordre dans l’exercice de leurs charges, Le cimetière, contigu à l’église, et qui n’était point clos, servait de rendez-vous aux ivrognes ; «. qui fait dire à M. de Basgancourt : « Ce lieu a été pis, jusqu'ici, que les mar- » chés publics et les lieux de passe-temps, » I] y avait même un cabaret dans les charniers de l’église, où ceux qui É*Mient communié ne faisaient pas difficulté d’entrer avant de retourner dans leurs maisons. Enfin, les prétres de la paroisse, au lieu de s’opposer au torrent du mal, le rendaient plus désastreux encore par leurs exemples (1). Pour tout dire en un mot, au sortir de l’au-

tel, ils allaient souvent passer le reste de la journée dans sn

le cabaret des charniers, et y vivaient dans la crapule et la débauche ; ce sont les termes de l’historien de M. Bourdoise (2). Aussi M. Olier nous apprend-il dans

(4) Fée de V, ier,pur le Père

(9) Ma. ba-fo-

ses Mémoires, que, d’après le dire commun, cette pa- io et in-b.

roisse était la plus dépravée, non pas seulement de Paris, mais du monde entier (3); et écrivant sur ce sujet à un

(4) Mèm. ait.

évêque, il lui disait : Vous nommer le faubourg Saint- ; CR

Germain, c’est vous dire tout d’un coup tous les monstres des vices à dévorer à la fois * (4). Il avoue même que

* NOTE 2, p.

la vue de tant de scandales l’aurait jeté dans l’abatte- 482.

(4) Lettres aut.

ment, si la bonté divine n’eût elle-même relevé son qe A." Olier, p. courage. « Cette divine bonté, dit-il, m'a délivré de la

» peine que j’éprouvais hier, en me trouvant environné, » dans ce faubourg, de mille crimes auxquels je ne sau- » rais apporter de remède; j'ai vu que je devais imiter » Notre-Seigneur conversant dans le monde : il se con- » tentait de prècher et d’exhorter les peuples par lui- » même, et d’instruire ses disciples, qui devaient en- » suite instruire le monde et le retirer du péché. Mon » divin Maître daigne aplanir pour moi les obstacles, et

(5 Mém. arm.

» me fait espérer que j'aurai créance pour lui sur les & w. où.

» esprits des grands (5). »

V L'ignorance des choses du salut où vivaient la plupart

ne nest des enfants, parut être, au serviteur de Dieu, celui des

chismes pour maux de sa paroisse qu’il fallait guérir le premier. Deles enfants de : ARTE à 4 ch 2 sa paroisse, PUIS longtemps le ministère de l'instruction y était si

négligé, que mème les pères et les mères, la plupart aussi

peu instruits que leurs enfants, ignoraient jusqu'aux pre-

miers éléments de la doctrine chrétienne ; on eût dit qu’ils n'avaient jamais entendu parler du symbole de la foi. Il fallait donc annoncer et expliquer tout de nouveau l’Evargile aux petits et aux grands; et, pour réussir dans une entreprise si difficile, M. Olier établit divers catéchis-

(4) Vie de M. mes (1). Lui-mème voulut exercer ce ministère dans son Olier,par le Père , :. et ’k .

Giry, partie 4e, Église paroissiale, à l’égard des plus jeunes enfants, et chape xv. ils’en acquittait, disent les Mémoires du temps, avec un (@) Vie de M. amour et une humilité admirables (2). Mais, de peur que

Olier, par M.de : F + 1, r 1: L 4 Bretonvillier x, à distance où plusieurs étaient de l’église ne les privât

1, p. 449. de cette instruction, il établit, dans l’étendue da faubourg, douze autres catéchismes , qu’il distribua suivant la population des quartiers, et dont il donna la conduite aux etclésiastiques du séminaire de Saint-Sulpice. Pour chaque

- catéchisme il nomma deux séminaristes, dont l’un connu * noTE 3, p. SOUS le nom de clerc, et qui était surbordonné à l’autre, al-

482, lait dans les rues en surplis, la clochette à la main * (3), 3) Remarques S qe ‘ ñ Homes, : 1, afin d’appeler les enfants à l'instruction , et entrait même

p. 36. — L’Année | nine ir ; D menicane, dans les maisons pour engager plus sûrement les parents

: à les y conduire (4). Enfin d’autres ecclésiastiques se ré-

Aie de pandaient dans toutes les écoles, afin que personne ne ier, pur M. de A . , LE de Bretonvilliers,t. TeStât sans instruction (5). « Je commence, écrivait

o ES Remarques, ® M. Olier, à comprendre le dessein de Dieu, qui va ré-

Li, p.174. » former cette église : il veut que d’abord on secoure là (6) Mém. aut.

de M. Olier. — » jeunesse, en lui donnant les principes chrétiens, et en Remarques his- li: ; | L |

torigues, 1. in, ® Jui inculquant les maximes fondamentales dù salut, par p. 634. — Vie : ne Au cémino ….: re Dis. de M, Otier, * 1e Moyen des jeunes clercs du séminaire, qui iront porter

par M. de Bre-» cette instruction dans le faubourg (6). » Sa confiance tonvilliers, À. 1,

P. 492. ne fut pas vaine, et chacun vit avec étonnement les fruits

qu

da

ma qui ace coul fan atti tait chis ne ( pér la ] la f lier pre Cat tin

con raie r'éce gén.

iln con lui, der sen cilit les] kr par Une M.

de

a plupart celui des mier. Dey était si part aussi l’auX pretdit qu’ils la foi. Il au l’Evardans une catéchisdans son nfants, et JS, avec un peur que les privât faubourg, 1t la popute aux ecur chaque un connu l’autre, almain * (3), rait même les parents ques se réersonne ne >, écrivait qui va résecoure la ens, et en salut, par ont porter

confiance

les fruits

ÉTABLIASEMENT DES CATÉCHISMES, 153 que les catéchisines produisirent partout, non-seulement dans les enfants, pour qui on les faisait principalement, mais encore dans les personnes plus avancées en âge, qui y venaient en grand nombre. Comme on n’était point accoutumi à voir les ecclésiastiques se répandre ainsi, parcourir les rues, et visiter les maisons pour appeler les enfants à l'instruction chrétienne, ce spectacle tout nouveau attirait au catéchisme grand nombre de parents. Rien n'était plus édifiant que la charité et le zèle de tous ces catéchistes, la plupart distingués par leur naissance ; rien aussi ne consolait tant le zélé pasteur, que le changement qu’opéra bientôt cette dispensation si bien ordonnée du pain de la parole, à laquelle quatre mille enfants participaient à la fois (1), Outre ces catéchismes, il en établit de particu- (4) Remarg. liers pour disposer plus prochainement les enfants à leur Pegge"" première communion, et qui sont connus sous le nom de Catéchismes de semaine, Wen institua encore un autre, destiné à les prnarer au sacrement de Confirmation, et régla, (2 Zbid. pag. contre la pratique commune, que les catéchistes leur fe- ve oi raient subir à tous un examen, avant de les admettre à la PA “rs réception de ce sacrement (2). p. 475.

Il désigna des prètres pour recevoir leurs confessions VI. générales ; et, se croyant redevable à toutes ses ouailles, Le As il ne refusait pas, malgré ses nombreuses occupations, de pour les enconfesser lui-même les enfants qui voulaient s’adresser à A ets lui, M. Olier les accueillait avec une bonté et une tendresse de mère et de nourrice; et, convaineu que ces jeunes cœurs, semblables à une cire molle, recoivent avec une égale facilité toutes sortes d'impressions, il s’efforcait d’y graver les premiers traits de l’homme nouveau, dont il leur offrait le modèle dans l'Éxranr-Jésus, soumis et obéissant à ses parents, et eroissant chaque jour en grâce et en sagesse.

Une personne, qui, par un effet de sa vénération pour M. Olier, se erut obligée, après la mort de l’homme de Div, de mettre par écrit ce qui l'avait le plus touchée dans sa

154 PARTIS 11, LIVRE 11, PANOISSE. — 16049, conduite, insiste particulièrement sur ce point. Elle rappelle avec admiration l'humilité et la charité qu’il faisait paraître en accueillant et même en prévenant les petits enleds fants qui venaient s'adresser à lui. «Quand je me rappelle 482. """» ces souvenirs si touchants, ajoute-t-elle, je ne puis PA er a » m'empêcher d’en être encore toute émue et atten- 460, 464. » drie*(1).»

VIT. M. Olier s’efforça aussi de subvenir à l’indigence spi- RD pe cures rituelle des domestiques et des pauvres. Outre les secours quais, les men- qui leur étaient communs avec les autres paroissiens, et EE le qu'ils trouvaient dans les fréquentes exhortations qui se faisaient à l’église, il établit pour eux des instructions et des catéchismes particuliers. Trois fois chaque semaine, durant le Carème, il faisait rassembler les pages et les laquais, extrêmement nombreux dans la paroisse de Saint- Sulpice. Non content de faire annoncer ce catéchisme dans toutes les chaires du faubourg, par chaque prédicateur de Carème, il remettait, aux prêtres des quartiers, des billets d'invitation, que ceux-ci devaient distribuer et remettre eux-mêmes aux maîtres, en les suppliant de veiller à ce que leurs domestiques se rendissent assidus à ces instructions. Trois autres jours, chaque semaine, il réunissait les mendiants, pour leur apprendre les mystères de la foi, la manière de sanctifier leur condition, et les moyens de recevoir avec fruit les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Chaque exercice, pour les mendiants, était suivi d’une distribution générale d’aumônes, proportionnées au mérite des réponses qu'ils avaient données aux interrogations. C'était ordinairement trois ou quatre cents pauvres à instruire et à soulager, et quelquefois ils excédaient ce nombre. L'expérience avait appris à M. Olier que, parmi les Fidèles arrivés à un grand âge, plusieurs avaient besoin d’être instruits, comme de nouveau, des vérités du salut, qu’on leur avait enseignées dans leur enfance. Il établit, dans cette intention, pour les vieillards, un catéchisme qui

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ÉTABLISSEMENT DES CATÉCHISMES, (5x) se faisait le vendredi de chaque semaine; et pour les engager plus eflicacement à en profiter, il leur faisait distribuer des secours, qui se mesvraient aussi sur la manière dont ils satisfaisaient toar à tour aux demandes qui leur étaient faites, Outre ces différeuts catéchismes, il en établit un autre ALTER dans l'église, pour toutes sortes de personnes ; mais, de peur Autre faté

: chisme, Distrique la honte n’en éloignât les plus âgées, qui avaient ce- PPS in is denis VS N les imprimées

pendant besoin d'être instruites, il erut à propos de le faire ee cmpagnées

dans un langage plus relevé, sans rien dire, toutefois, qui d'estampes,

ne füt à la portée des esprits les plus simples (4), Enfin (tr Aemarg.

: , k ART historiques, tin,

il envoyait de temps en temps plusieurs ecclésiastiques ébid. — ie de M. . ) 11, Ve ti , ET ve ; Olier, par M. de

dans les familles, où il savait qu'on vivait dans l'ignorance gonvittiers,t

des vérités du salut, sans oser venir aux instructions pu- * P: #79, 476.

bliques. Il y faisait distribuer des feuilles imprimées, or-

nées de pieuse: vignettes, et où étaient exposés les mys-

tères de la reïision, les principaux actes du chrétien, les

prières du matin et du soir, l’offrande que tout Fidèle

doit faire à Dieu des actions de la journée, là manière

de sanctifier les plus communes, comme le travail, le

boire, le manger (2). «Il faut faire imprimer les actes à à men qur. » côté d’une image qui leur en facilitera l'intelligence, de M Olier:\ ww, » écrivait-il; les sentiments intérieurs qu'ils témoigne- (3) Copie des

R . ve ; Mémoires de M, » ront à Dieu en lisant ces feuilles, leur deviendront oer,t 1, p.292.

TE nt le st — lemurqg, his- » plus aisés et plus faciles par la vue de quelque objet Lorlgues, Là 111, D. » extérieur qui les soulagera (3).» il recommandait aux de x A : ’ ,) Ibid, pag.

pères et aux mères d’attacher ces feuilles dans un en- 618, — Wie par : ; . M,de Bretonvitdroit apparent de leur maison, et d’en faire usage tous 49 1, 1 be #76,

, : | amilloc (h\ Enfin il Atn 498.

les jours pour eux et pour leurs familles (4). Enfin il éta (5) Mémoir, de

blit, surtout en faveur des gens de travail, une prédica- . . Ferrier,

: es x ee N Ur . 206.

tion familière, qui avait lieu dès le grand matin (5), et, (6 ie de y.

| . : , Ê Bourduise,

pour la fin du jour, une lecture glosée : usage qui fut 4e "vu,

bientôt adopté dans toutes les paroisses de la capi- M à : » Ve

tale (6). ETIAENTE

156 PARTIE 11, JAVRE 1, panolssE, — 1643.

IX. Lès sn entrée dans le ministère pastoral, il s'occupa cu ne aussi, d’'unemanivre spéciale, des maîtres et des maitresses tresses d'école d'école, et les assembla plusieurs fois pour les instruire de ot “pour ce qu’ils devaient enseigner eux-mêmes aux enfants (1). les instruire de En vertu du droit que lui donnaient les lois du royaume, Dr devoirs ji] réunitégalement lessages-femmes, pour s’assurer si elles 1 in te t connaissaient suffisamment les rites et la forme du bapmarques histri. tème, Entre autres instructions qu'il leur donna sur la mage PTT e Liane do se conduire envers les personnes auprès desquelles

elles seraient appelées, il leur recommanda de les exciter à invoquer le secours de Dieu, pour supporter leur mal avec résignation et patience, à produire des actes de contrition, à accepter leurs douleurs comme des châtiments infligés au péché, et à les endurer de bon cœur, comme étant plus agréables à la justice divine qui les a orüonnés, que ne seraient les jeûnes, les veilles, les disciplines, les haires, les cilices et les autres austérités volontaires. Enfin il leur donna des avis fort détaillés, et mème des formules de prières, qu’elles devaient réciter avec les femmes qu’elles assistaient, ou en leur nom si celles-ci ne pou-

dé vaient les prononcer elles-mêmes. Il recommanda surde M. Olier, t. tout qu'avant leur terme, on les avertit de s’approcher des de un #%. sacrements de Pénitence et d’Eucharistie, pour ne s’expotoriques, À. op ser point au péril d’être surprises par la mort, sans s’être

— Copre des é munies auparavant de ces secours ordonnés de Dieu à moires de M, Olier, +. 1,p. 108. TOUS Ceux qui sont en danger de perdre la vie (2). X. La conversion des Protestants fut aussi l’un des pre- Entreprises +: 1: sa: gnlli ; ; :

ces miers objets de sa sollicitude (3). On a dit que les Calvi- Calvinistes ct nistes et les Luthériens d'Allemagne étaient en grand nomdes Luthériens. }. ; ie is vd: eee (3) Pie Me, par bre dans le faubourg; et par leur crédit, leur esprit de W, 2 Leschassier, prosélytisme, et leurs disputes, ils exposaient continuellepe 17 ment les catholiques à faire naufrage dans la foi. Les dispositions formelles de l’édit de Nantes défendaient aux Calvinistes de s’assembler à l’insu de la Cour, et ils n’a-

vaient tes (1).

dans le semblé zélé qu invoqu impun riens s dans l’I ls plr effet, n les Cal adorab] point d comrau le nom Com:

si alar donner par les ter né:

troupe ses rec] Ayant :

prèche, il sollic Louis pour m posait c Le prin porte ln ministi la secte Ils tent

CONVÉBSION DES HÉRÉTIQUES. ho7 s'oceupi vaient cessé jusqu'alors de tenir des assemblées secrè- su HA aitresses tes (4). Bien plus, les Luthériens, quoique non tolérés alors p, 430. ” ‘ ruire de dans le royaume, ne laissaient pas de tenir aussi des asints (1). D semblées dans la paroisse. On conçoit qu’un pasteur aussi oyaume, zélé que Pétait M. Olier, avait toute sorte de raisons pour r sielles invoquer contre eux les lois du royaume, qu’ils violaient (2) Pie de M. du bap- impunément (2). Mais les sacriléges auxquels les Luthé- ne mue À, ir la ma- riens se portaient, au mépris de ce qu'il y a de plus saint °"P-*"squelles dans l’Eglise catholique, l’autorisaient àprendreles moyens exciter à les plus efficaces pour les réprimer. Ces hérétiques, en eur mal effet, ne voulant pas aller faire la cène à Charenton avec de con- les Calvinistes, qui ne croient pas à la réalité du corps âtiments adorable de Jésus-Cnrisr dans l’Eucharistie, et n’ayant ', COMME point de prêtres pour le consacrer, venaient secrètement TÜonnés, comrunier à Saint-Sulpice, où l'étendue de la naroisse, et 0 Mémoires . e M.du Ferrier, lines, les le nombre des habitants empèchaient de les reconnaitre (3). v. 238, 239. ires. En- Comme il fallait plus d’une sorte de remèdes à un mal e des for- si alarmant, le premier que M. Olier employa fut d’ors femmes donner qu’on lui fit connaître toutes les maisons occupées ne pou- par les sectaires. Ses ordres furent exécutés, sans appornda sur- ter néanmoins aucun remède au mal : longtemps une ocher des troupe clandestine de Luthériens se déroba adroitement à Le S’EXpo- ses recherches, changeant souvent le lieu de ses réunions, ans s’être Ayant appris un jour qu’ils devaient s’assembler pour le e Dieu à prèche, dans une maison de la paroisse qu’on lui désigna, (2). il sollicita d’abord la protection du duc d'Orléans, frère de des pre- | Louis XII, qui habitait le palais du Luxembourg; et les Calvi- pour mieux assurer le succès de la démarche qu’il se proand nom- posait de faire, il le supplia de lui donner deux gardes. esprit de Le prince les ayant accordés, M. Olier se fait accompagner

itinuellei. Les disaient aux

tils n’a-

encore du baïlli du faubourg Saint-Germain, et se transporte lni-mème au lieu de l’assemblée, où ayant trouvé le ministre en chaire avec trois ou quatre cents auditeurs de la secte, il mit le prédicant et tout l’auditoire en déroute. Ils tentèrent encore de continuer leurs conventicules dans

un ur Hi la paroisse, mais ils ne purent échapper à sa vigilance ; ; Rte pe il les fit observer de si près, qu’enfin ils se virent forcés tonvilliers, 1. 1, de s’en éloigner pour toujours (1). . ue = M. Olier préférait néanmoins à tous les autres remèdes

M. Olier éta- la voie de la douceur et de la persuasion, afin de gagner Fe dt à l'Église les enfants rebelles, autant par l’évidence de la vertir les héré- vérité que par les temoignages d’une charité sincère (2). a FRE his. Pour les préparer à la grâce qu’il désirait si ardemment

guess UbBe Jour procurer, il établit des conférences publiques et

(Année Fi particulières (3); et la bénédiction de Dieu surpassa tou-

pur le Père Giry, tes ses espérances, sans doute pour récompenser sa rare

PRE ot profonde humilité. « Je voudrais vous supplier en

» Notre-Seigneur, écrivait-il à saint Vincent de Paul,

» de permettre à M. Lucas de venir ici aujourd’hui, à cause

d’un hérétique qui doit s’y trouver, et qui m'interroge

sur des points dont je ne suis pas bien instruit. J'espère

de vous cette grâce, pour l’amour de Notre-Seigneur.

Elle servira autant à l'édification du pauvre huguenot,

qu'à ma propre instruction, car je suis très-ignorant;

je desirerais, par votre moyen, me rendre moins indigne

et moins incapable de la charge que je porte. Dernière-

ment, j'avais prié M. Lucas de vous représenter que j’au-

rais grand besoin de converser avec lui pendant quinze

jours sur les matières de controverse : peu de person-

nes les connaissent aussi bien que lui, au rapport du dé-

» funt Pere de Condren. Il l’estimait beaucoup, et lui

(à) Lettres aut. » avait donné des instructions qui me seraient très-utiles De à moi-même (4). »

XII. Dieu exauca les vœu, de M. Olier, en lui associant, a an dans l'exercice de son ministère, des controversistes d’un roisse le Père mérite et d’une habileté incontestables. Le premier fut Véron, célbre je célèbre Père Véron, à qui l’âge n'avait rien Ôté de sou eontroversiste, 2 o)

ardeur et de sa facilité à disputer contre les hérétiques. [1 passait, avec raison, pour la terreur et le fléau des miaistres de France, étant accoutumé à les confondre, autant

par la I par sa aucun à criture :

que règl plus fixe du plus

obtint q conféren tiéres du jours fh comme :

tous les ne faisai le pria : naire de elle-méir proposait vif et ar caustique plus piqt les minis putes ph crainte de fusaient fuite en les ména; par le mo des témoi toujours

circonstar fait sousc les, il en encore aff Ferrier re

, vigilance ; rent forcés

>s remèdes de gagner ence de la sincère (2).

rdemment bliques et passa touser Sa rare ipplier en

de Paul, ui, à cause n'interroge it, J'espère Seigneur.

huguenot, -1gnorant ; ns indigne Dernièrer que j'auant quinze de personport du dép, et lui très-utiles

associant, sistes d’un emier fut ôté de son érétiques.

u des miire, autant

GONVERSION DES HÉRÉTIQUES. k59 par la parfaite connaissance qu'il avait des matières, que par sa méthode *, et les réduisant à ne pouvoir prouver *Nnor£ 5,p. aucun article de leur doctrine par le seul secours de L'E- “#$criture sainte, qu'ils assignaient cependant comme l’unique règle de foi. Pour lui donner un champ de mission plus fixe, on l'avait établi curé de Charenton, à la porte

du plus fameux temple des Huguenots (1); et M. Olier (1! Supplément oblint que, sans quitter sa paroisse, il vint faire des du po Te conférences dans l’église de Saint-Sulpice, sur les ma- se tiéres du temps (2). Il s’y rendait chaque semaine, à des (2) Remarques

: re de cu | | oe a\, historiques, 1. 1, jours fixes. [l continua longtemps de la sorte (3); et p. 225. — Muté-

comme sa méthode pouvait être d’un grand secours à 7iturde para tous les ecclésiastiques, et que d’ailleurs le Père Véron (3 Mémoir: de

ee . ‘ ; : D . M. du Ferrier, ne faisait pas difficulté de la communiquer (4), M. Olier p. 180.

le pria aussi d’en donner des lecons à ceux du sémi- Den Le

naire de Saint-Sulpice (5). Mais, quoique excellente en be en Ha 8 as [4 . . ce LI, p. ,

elle-mème. ‘t: méthode n’atteignait pas le but que se (5) Remarq. : ; e k FRE historiques, t. 1,

proposait i. ‘):.er (6). Le Père Véron était naturellement }, hd

j me anité | PORTE: ur , M. Olier. par M.

vif et ardent (7); la sagacité de son esprit, son humeur % pronit

caustique et mordante, lui fournissaient les à-propos les oi ALL ee x , = 6) Mémoir. de plus piquants, et les repartiès les plus humiliantes pour m. du Ferrier,

SLe $e : : + . 181, 182.

les ministres, en sorte qu'ils sortaient toujours de ces dis- : (7) Supplément

putes plus irrités qu'auparavant; et plusieurs, par la * #rait® des É-

ee dits, p. 556.

crainte de perdre toute considération dans leur secte, re-

fusaient d’entrer en lice avec lui, ou mème prenaient la fuite en apprenant son approche. En effet, le Père Véron les ménageait si peu, qu'après les avoir réduits au silence par le moyen de sa méthode, il faisait dresser en présence des témoins des deux partis, et par des notaires publics, toujours présents à ces disputes, un procès-verbal bien circonstancié de la défaite des ministres ; et, après l'avoir fait souscrire par tous les témoins catholiques et calvinisles, il en répandait des copies imprimées, et les faisait à errorer encore afficher partout dans les environs (8). Aussi M. du ses de Péron, in-

x ‘ à . ; : 6 f». Appendice, p. Ferrier rapporte-t-il : « qu’à Saint-Sulpice, le Père Véron 529 et suiv.

(t) Mémoires deM.duFerrier, p. 480, 184.

XIIL, Clément et Beaumais suscités de Du pour la conversion des hérétiques.

(2) Et non pas Beauvais, comme on lit dans l'Histoire de l'édit de Nantes,

(3) Vie mprimée de M. Bourdoise, in-4o, lv.

160 PARTIE HN, LIVRE HN, PAROISSE, — 1643, » confondait admirablement les Huguenots, sans toutefois » les convertir (1). »

Pour toucher leurs cœurs, Dieu donna à M, Olier deux autres controversistes, hommes simples et sans lettres, mais remplis l’un et l’autre d’une science toute divine, et qui pouvaient se flatter, avec l’Apôtre, d’avoir recu ce don de Dieu seul, En venant s'offrir pour ramener au bercail tant de brebis perdues, ils semblèrent justifier ce profond sentiment de confiance qui faisait dire à M. Olier, étant encore à Vaugirard : « Jeu fera plutôt » de nouvelles créatures, que de laisser manquer son » œuvre. » On eût dit, en effet, que pour les rendre capables de ce genre de ministère, Dreu les avait comme créés de nouveau. Le premier, Jean Clément, exercait à Paris l’état de coutelier; l’autre, nommé Beaumuis (2), celui de mercier. Sans étude et sans aucun usage de la dialectique, ces deux hommes ramenèrent eux seuls plus d’hérétiques à la vraie foi, que n’en convertirent ensemble tous les docteurs de Sorbonne de ce siècle, En suscitant ces hommes extraordinaires, Dieu voulut sans doute donner une grande et solide instruction au clergé, et lui faire toucher au doigt l’inutilité de la science, quand elle nst pas rehaussée par les vertus, C'était la réflexion de M. Bourdoise, « Ce siècle est fort malade, » disait-il, mais le clergé ne l’est pas moins; la vanité, » l’impureté et l’impudence règnent partout... La plupart » des prêtres demeurent les bras croisés : et 11 faut que » Dieu suscite des laïques, des coutcliers et des merciers, » pour faire l'ouvrage des prêtres fainéants (3). Étre de » maison, être docte et ètre à Dev, cela est assez rare » en nos jours; car d’où vient que Dieu se sert aujour- » d’hui de M. Beaumais, mercier, et de M. Clément, cou- » telier de profession, l’un et l’autre laïques, pour la con- » version de tant d’hérétiques et de mauvais catholiques, » dans Paris, sinon parce qu’il ne trouve pas de bacheliers,

» sait 4 » tique » dés.

» méth »0Onp » tions » nier » elle

» Cont » CEUX » le v » texte » jam » de 1:

» rencl » pliqi » la gr

+ Pa fort ins!

du vicai l'abjura qui lui son hab

3, ns toutefois

à M. Olier et sans letce toute ditre, d’avoir pour rameblèrent jusfaisait dire à fera plutôt anquer son s rendre caavait comme t, exercait à eaumais (2), in usage de nt eux seuls convertirent le ce siècle.

Dieu voulut struction au le la science, 8, (était la fort malade, ; Ja vanité, . La plupart

il faut que des merciers, (3). Être de t assez rare sert aujourément, coupour la concatholiques, e bacheliers,

CONVERSION DES HÉRÉTIQUES. | k61

» de licenciés et de docteurs, qui soient pleins de son Es-

» prit, pour les y employer? Et c’est le plus grand

» reproche, et l’affront le plus sensible que Dieu puisse (1) Wie Ms. de » faire au clergé de ce siècle, qui a si peu d’humilité (1). I 0 » Vivent le coutelier et le mercier : Non multi sapientes, 5 Dia N'a6s, » non multi potentes, non multi nobiles (2). » 464.

M. du Ferrier, présent aux controverses de Clément, XIV.

en parle ainsi dans ses Mémoires : « Après que le Père 7 qi a » Véron était descendu de chaire, cet excellent coutelier fructueuse que » répondait dans le parterre, ou dans les charniers de on Le » l’église, à ceux qui proposaient des doutes; et il le fai-

» sait avec une telle bénédiction, qu’il y avait peu d’héré-

» tiques qui, après l’avoir entendu, ne restassent persua-

» dés. Sa douceur et son humilité gagnaient ceux que la

» méthode dure, mais solide, du Père Véron avait émus ; et

» on peut dire que jamais homme n’a eu plus de bénédic-

» tions que lui pour cet emploi. La méthode de ce der-

» nier confondait très-bien l’orgueil des ministres, mais

» elle les mettait en colère ; le bon homme Clément, au

» contraire, expliquait leurs passages, leur faisait voir par

» ceux qu’il leur apportait, qu'ils n’en comprenaient pas

» le vrai sens, et leur proposait notre doctrine, par des

» textes clairs et solides, en sorte qu’il n’y avait presque

» jamais personne qui ne se rendit. La charge que j'avais

» de la communauté m’engageait à cette sorte de confé-

» rences, et encore plusieurs hommes savants qui s’y ap-

» pliquaient +. Mais nous avions tous cette déférence pour

» la grâce de Clément, que nous voulions qu’il y fût tou-

+ Parmi les ecclésiastiques de M. Olier, M. Dardène, qui était fort instruit (3), fut un des plus habiles dans la controverse, Il reçut, m, du Ferrier, du vicaire-général de l'abbé de Saint-Germain, le pouvoir de recevoir P- 152- | *“ibinrati Anti : : nr (4) Juridiction l'abjuration des hérétiques et de les absoudre ; et les lettres mêmes de l'abbaye, L, qui lui confèrent ce pouvoir, font foi de sa science, de son sèle et de 4226, fol. 427.

son habileté en ce saint ministère (4).

(3) Mémoires de

462 TARTIR If, LIVRE 11. PAROISSE, — 1043.

» jours présent, parce qu'après nos longues diseussions » avec les ministres, il savait, en peu de paroles, amener » les personnes pour qui la conférence se faisait, à se rendre d’elles-mèmes, quoi que pût dire leur ministre. » Clément avait appris par cœur presque toute la Bible » française, et il savait, touchant les points essentiels de » controverse, ce que l'Eglise veut qu’on sache là-dessus, et jusqu'où l’on peut aller; il convertissait en si grand nombre les hérétiques, qu'ayant voulu savoir de lui, au mois d'octobre, combien il en avait ramené cette année, carilen tenait une note, je vis que, un jour portant l’autre, il n’y en avait pas moins de six par jour. La main de DrEu était avec lui, et il m’a raconté plusieurs conversions miraculeuses, où la grâce avait opéré, quand les paroles semblaient n’être pas suffisantes à prouver nos vérités à des ignorants. Je me contenterai de dire que j’avançai un peu, sous ce maître, dans la controverse ; succédant à l’emploi des prédications du Père Véron, qui tomba malade, j’appris à me confier plus au se- » Cours du Seigneur pour persuader, qu'aux arguments; et » je me suis toujours convaincu depuis, après avoir vu les » personnes converties, que je n’y avais pas contribué; De » DrEu seul les ayant touchées par les raisons qu’elles

p. 480 etsuiv, » m'en rendaient, et où je n’avais point de part (1). »

XV. Quant à Beaumais, il avait d’abord résolu d’embrasser ee Le le calvinisme pour se conformer aux désirs d’une Profaubourg Saint- testante qu'il voulait épouser, et qui mettait cette condi- Sr. ue tion à son mariage. Les remords de sa conscience, et le troverses. trouble qui s'empara de lui pendant qu'il délibérait, l’obli-

gèrent à faire de sérieuses réflexions sur les conséquences d’une telle démarche ; et enfin, pour affermir sa foi ébranlée, il s’adressa à Clément. Celui-ci le persuada si fortement des vérités catholiques, qu’il eut le bonheur de voir en lui un digne héritier de ses travaux et de son zèle. Beaumais ayant, en effet, reçu par infusion l’in-

tellige:

Pères mença déférer dans le faubou ièle pa ter pou versité compar futait ] suite le de Calv grand n Au n veur de foi, on :

d’autres lumière nistre / roisse € qu’il vo proches qu'à lui sans dot pagner gagea au I était 1 maison, chambre demandé de s’app de la véi n'avait d vie, lors

À discussions les, amener aisait, à se ir ministre.

te la Bible ssentiels de e là-dessus, n si grand ir de lui, au cette année, ortant l’auar. La main asieurs Conpéré, quand s à prouver rai de dire s la controdu Père Véplus au $eguments; el avoir vu les contribué ; pns qu’elles t (1). »

d’embrasser d’une Procette condiience, et le érait, l’oblipnséquences rmir sa foi persuada si bonheur de

® GONVERSION DES HÉRÉTIQUES. 463 telligence de l’Ecriture Sainte et du sens des ouvrages des Pères de l'Eglise, que pourtant il n’étudia jamais, commença à son tour à détromper les hérétiques (1). Par déférence aux désirs de M. Olier, qui voulait s’en servir dans la réforme de sa paroisse, il vint s’établir dans le faubourg Saint-Germain (2), où Dieu récompensa son

zèle par les succès les plus éclatants. [1 semblait l’emporter pour la dispute sur les plus habiles docteurs de l’Uni-

versité de Paris (3) : au ne ‘onnene pouvaitlui ê':

comparé pour la facilité mervei..se avec laquelle il re-

(1) Grandet, Vies Ms, Vie de M. de Bretonvilliers.

(2) Remarg.

historiques, t. in, P. 626. — Pie, par M. de Bredonvilliers, &, à, D. 484. — Mater, 1x34de M Leschassier,p. 64

(3) F'ie Ms. de

futait les discours des ministres. Il parcourut dans la #. Bourdoire,

suite les villes de France les plus infectées de l’hérésie de Calvin, et eut le bonheur d’y opérer des conversions en grand nombre * (4).

Au milieu de ces effets de la miséricorde de Dieu en faveur des hérétiques qui cherchaient la vérité de bonne foi, on vit éclater sa justice d’une manière terrible sur d’autres, qui avaient volontairement fermé les yeux à la lumière. L'exemple le plus effrayant fut la mort du ministre Aubertin. Il était inalade à l'extrémité sur la paroisse de Saint-Sulpice, et le bruit se répandit bientôt qu’il voulait faire abjuration, mais que ses amis et ses proches avaient résolu d'empêcher qu’on ne pénétrât jnsqu'à lui. Le récit d’une violence si injuste et si cruelle fut sans doute le motif qui porta M. Olier à se faire accompagner du bailli du faubourg Saint-Germain, et qui engagea aussi une troupe de paroissiens à se joindre à eux. Il était neuf heures du soir. Lorsqu'ils furent arrivés à Ja maison, on refusa d’abord de les laisser monter à la chambre du malade, en leur disant qu’il ne les avait pas demandés. On permit néanmoins à M. Olier et au bailli de s'approcher de son lit pour s'assurer par eux-mêmes de la vérité. Le malade était sur le point d’expirer, et n'avait donné, pendant la journée, presque aucun signe de vie, lorsque, entendant M. Olier, il ouvre ses yeux éteints,

in-4v, p. 859.

* NOTE 6, p.

(4) Grandet, Vies Ms. Ibid.

Mort du ministre Aubertin.

k64 PARTIE 1. LIVRE II, PAROISSE, — 1643.

et, d’une voix distincte et sonore, proteste qu’il persévère dans la croyance qu’il avait défendue jusqu'alors. M. Olier,

ii Mat étrangement surpris de trouver le mourant dans des dis-

de jurispruden- positions si affreuses, n’insista pas, à cause des disposice, par Merlin, ;. NET . ou.

art. Religionnai- tions de l’édit de Nantes encore en vigueur, et qui déres. #4. Édit de fendaient de contraindre les religionnaires malades à rece.

Nantes.

PS iagante voir les exhortations des prètres catholiques (1). Il sortit Û at. 11e .

à David Blondel, donc sur-le-champ avec le bailli, en obligeant le peuple

— Bayle, Dic- Re À RE ï

dommage ant, Qui l'avait suivi à se retirer (2), et vint incontinent dans

. 7, p. S00 église pour épancher au pied des autels la douleur 485. de son âme ”.

XVIL Il apprit avec une égale affliction la mort d’une autre eee : personne de sa paroisse, qui avait quitté la religion cathomener une de lique pour embrasser la secte de Calvin. Dès la première ses paroissien- , . . . .

nes, qui, néan. Nouvelle de sa défection, il avait fait tous ses efforts pour la moins, meurt ramener, et, comme on n’osait lui refuser l’entrée de la dans l’hérésie, | + ' s , Ê

maison, il allait la visiter fréquemment, et demeurait long-

temps auprès d'elle; mais ce fut sans aucun succès, les personnes qui entouraient cette nouvelle calviniste l’empèchant mème d’écouter les avis de son charitable pasteur. Enfin, malgré les soins de M. Olier, malgré ses prières et celles que beaucoup de saintes âmes faisaient pour obtenir la conversion de cette personne, elle mourut misérablement dans l’hérésie. Cette mort était bien propre à atterrer un pasteur si dévoué au salut de ses ouailles ; elle le plongea, en effet, dans la plus profonde douleur. L’un de ses prêtres, pour le consoler, ayant voulu lui représenter qu'après avoir employé tant de moyens, il ne répondrait pas de cette âme : « Ah! mon enfant, lui dit-il, cessez, » cessez de me parler de la sorte : vous ne savez pas ce » que vaut une âme ; elle pouvait glorifier Dieu éternelle- » ment, et sa perte est irréparable ! hélas ! quelle affreuse » pensée! » Ensuite, pour donner un libre cours à sa douleur, il se retira dans l’église, selon sa coutume en

(3) L'Esprit de | M. Olier. pareille rencontre (3).

D spir des liqu Dès de l’ avec pour pas, cret ; des 1 s’effc trait » Vel » gr » Jus » je » Car » che » S01 » je » de » nil » dor » que » fess » TP » la » me » Ma » Vo » rép » sez » glis

» péc

IL persévère rs. M. Olier, ns des disles disposiet qui délades à rece- (4). I sortit t le peuple itinent dans la douleur

d’une autre ligion catho- ; la première forts pour la Pentrée de la meurait longnm succès, les viniste l’emable pasteur.

ses prières el pour obtenir t misérableropre à atterailles ; elle le leur. L'un de i représenter ne répondrait dit-il, cessez.

savez pas ct Eu éternelleruelle affreuse

e cours à St h coutume en

CONVERSION DES HÉRÉTIQUES, 69 Div sembla permettre cet affreux malheur pour in-

spirer à M. Olier une nouvelle vigilance ; il prit, en effet,

liques quifréquentaient les Huguenots ou leurs ministres. Dès qu’on lui avait fait connaître que quelqu'un montrait de l’inclination pour leurs erreurs, il le visitait lui-même avec bonté, ou le faisait visiter par plusieurs deses prêtres,

pour l’affermir dans la foi(1). Ces précautions n'étaient (1 Fie de M.

! , : dans © pas, comme on pourrait le croire, l’effet d’un zèle indis-

cret; elles étaient commandées par les manœuvres secrètes des ministres, qui, pour réparer les pertes de leur secte,

s’efforcaient d'attirer à eux les mauvais catholiques (2). Le (2) Remarque : historiques, Vi,

trait suivant en est une preuve frappante. « On vint n’a- » vertir, rapporte M. du Ferrier, qu’une dame, tombée » grièvement malade, demandait un confesseur ; je vou- » lus y aller pour des raisons particulières : et, comme » je m'informais si elle avait demandé à se confesser, » car je la trouvai sans connaissance, Madame la du- » chesse d’Aiguillon, qui était accourne, et d’autres per- » sonnes de condition m’en assurèrent; ensuite de quoi » je prononçai sur elle les paroles de l’absolution. Peu » de temps après, elle ouvrit les yeux, témoigna reve- » nir à elle-même : je lui dis que nous lui avions » donné l’absolution, étant privée de sa connaissance, et » que je la lui donnerais encore si elle pouvait se-con- » fesser, où faire du moins un acte de contrition. Elle ne répondit point, et parla de son mal; la voyant libre, je » la pressai de me dire si elle désirait l’absolution; elle » me dit : Non. Les assistants crurent qu’elle disait : Oui: » mais comme j'avais entendu le contraire, je leur dis : » Vous vous trompez; et je l’interrogeai derechef ; elle me » répondit distinctement : Non. — Pourquoi, dis-je, refu- » sez-vous ce sacrement? Ne croyez-vous pas avec l’E- » glise qu’il est nécessaire pour obtenir le pardon des » péchés? — Non, dit-elle. — Quoi! n’êtes-vous pas ea- L. 30

, k sélytisme des des moyens efficaces pour découvrir ceux d’entre les catho- Huguenots.

Bretonvilliers,\.

(4) Mémoires de M. du Ferrier, p. 265, 266.

Zèle de M.

Olier pour affermir la foi des nouveaux Ca-

tholiques.

(12) Remarques historiques;t.i, p. 626. — Vie de M, Olier,par M, Leschassier, p.

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