‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 217 sur 251 · SUR CLÉMENT ET BEAUMAIS · texte numérisé non relu

SUR CLÉMENT ET BEAUMAIS

NOTE 6, p. 463. — « La vie de Clément a été si exemplaire, » dit M. du Ferrier, et son fruit si admirable, que je ne craindrai » pas de faire une digression sur son sujet, afin qu’on adore cette » Sagesse éternelle, qui partage ses dons comme il lui plaît, et » choisit les ignorants pour confondre l’orgueil de ceux qui se » croient doctes.

» Son père était coutelier; il logeait rue de la Mortelleric. » Dans sa jeunesse, les enfants de Casaubon pervertirent son es- » prit, et lorsqu'ils allèrent se faire Calvinistes en Angleterre, il » alla lui-même à la Rochelle pour le même sujet (2). Mais la » miséricorde de Dieu les traita différemment. Clément, qui ne » connaissait personne dans cette ville hérétique, s’adressa à un » homme assez âgé qui forgeait sur une enclume, et lui exposa » le dessein qui l’avait porté à venir. Ce vieillard, après lavoir » écouté, lui dit fort gravement : Ah! mon enfant, gardez-vous » bien de faire ce que vous dites : peut-être tomberiez-vous dans » l'état où je me vois, et qui est tel que je voudrais que la terre » s’ouvrit présentement sous mes pieds et m’engloufit en enfer; » Car je vois ma damnation qui augmente chaque jour pour » avoir quitté l'Eglise Romaine, étant prêtre et religieux ; et je »ne puis quitter celle où vous voulez entrer, parce qu'une » femme et quatre enfants m’y attachent. Allez donc, sortez d'ici » Sans boire ni manger, de crainte que DrEu ne vous abandonne, » Clément, saisi d'horreur, se résolut à sortir, et ayant demandé » à ce vieillard où il pourrait se faire instruire, celui-ci l’adressa » au curé d’Estrée, à deux lienes de là. I s’y rendit, et, après dix » jours, il prit congé de ce bon curé qui l'avait traité avec beau- » Coup d'amitié et parfaitement guéri de tous ses doutes; puis, » dès qu'il fut de retour à Paris, DiEu lui donna la pensée de tra- » vailler lui-même à la conversion des hérétiques (3). »

Clément et Beaumais ne pouvaient éviter l’animadversion du parti. Le calviniste Benoît, dans l’Æistoire de l’édit de Nantes, se plaint de ce que des gens de lu lie du peuple, des merciers et des couteliers, abandonnaient leurs métiers pour aller prêcher li controverse, JE oubliait apparemment que le Sauveur avait

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