‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 222 sur 251 · DÉVOTION ENVERS LE TRÈS-SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

DÉVOTION ENVERS LE TRÈS-SAINT SACREMENT

pes d'argent, pour demeurer toujours allumées devant le sept lampes grand autel de leur église (1). Voici quelle en fut l'ocea- Pi Pal ar sion. Il n’y avait dans cette église qu’une seule lampe, maitre-autel. quoique le très-saint Sacrement reposât toujours à l’autel , is ge principal et à celui de la chapelle de la sainte Vierge, située

derrière le chœur. Un ecclésiastique de cette paroisse

ayant un jour insinué dans son prône qu’il était à désirer

qu’il y eût une lampe devant chacun de ces autels, ce jour-

là même un pieux paroissien en offrit une d’argent du

prix de soixante écus; et un autre, touché de cet exem-

ple, donna deux lampes de même matière, et du prix de

six cents écus chacune. Toutes trois furent placées de-

vant le maître-autel. M. Olier, dans une exhortation aux

dames de la paroisse, en prit occasion de leur dire que,

puisqu'il y avait sept lampes allumées devant l’arche

d'alliance, et sept esprits devant le trône de Dreu (2), il Je serait à souhaiter qu’il y eût aussi sept lampes qui brülas- p. 283 et suiv. sent jour et nuit devant le trône qu’il s’était choisi dans

cette église. A peine l’exhortation fut-elle terminée, que

ces dames résolurent (3) d’ajouter quatre lampes pour (3) Esprit de compléter ce nombre. La princesse de Condé en offrit une ne PM de mille écus ; trois autres dames se réunirent pour en

donner deux de six cents écus chacune, et M. Olier vou-

lut en donner une de même valeur (4). « Lorsqu'on les 20 promos » vit brûler devant le maître-autel, chacun, dit M. du p.74. — Wie, par » Ferrier, honora la religion des bienfaiteurs et leur fo 7"

liers, t. 1, p. 437,

; ut : : — Remargq. his- » magnificence. Le vertueux paroissien qui avait offert la PR ra

» première, considérant la disproportion de la sienne, Le hrs 638; 1.1, »et pressé d’un mouvement de piété, demanda per-

» mission de la retirer, et d’en mettre une de six cents ,4; "TE 7» P- » écus à la place de celle qui, semblable au grain de sé- , (5) Mémoires

’ : : k 1 * deM.du Ferrier, » nevé, ou au petit levain de l'Évangile, avait produit ii.

» toutes les autres * (5). »

La conduite de la Providence ne paraît jamais plus VII.

: ce . M. Olier exadmirable , que lorsqu'on la considère opposant le bien horte ses pa.

900 PARTIR I, LIVRE I, — 1644, roissiens à khan mal, et préparant déjà des remèdes ou des présernu vatifs, à mesure que l'ennemi de tout bien compose, en secret, ses poisons afin de perdre les âmes. Tandis que M. Olier, pour rallumer la piété dans sa paroisse, s’efforçait d'y mettre en honneur le culte du très-saint Sacrement, et surtout d'attirer les Fidèles à la communion fréquente , le démon, de son côté, concertait sourdement les moyens de les en éloigner. Il se servit, pour y réussir, de cette nouvelle secte dont le Père de Condrén, avant sa mort, avait prédit la naissance, et qui, dès son apparition, s’étudia à inspirer de l’éloig:2ment pour l’Eucharistie, en exagérant les dispositions nécessaires pour s’en approcher avec fruit. Arnauld, le premier écrivain du parti, recueillit, dans un énorme volume, tout ce qu’il put trouver, dans les monuments de la tradition, de plus propre à effrayer les âmes, afin de tarir ainsi pour elles la source de la sanctification et de la piété. Et ce qui décèle le caractère de cette hérésie astucieuse, ce recueil fut publié sous le titre spécieux : De la fréquente Communion. « Les Jansénistes, disait la mère Eugé- » nie de Fontaine, sont comme les mauvais droguistes qui » mettent le nom des sirops sur les poisons, et qui, » voulant persuader la rare communion, intitulent leur » livre: Ve la fréquente. Is en ont fait de même sur ms Fe nn » la dévotion à la sainte Vierge (1). » M. Olier, vounie de Fontaine, lant donc préserver ses paroissiens d’un mal si funeste, ua Poe déploya un nouveau zèle pour les attirer à la fréquente réception de l'Eucharistie, sans qu’on püt l'accuser de s’écarter en ce point des règles de la prudence et de l'esprit de l'Eglise. Le moyen le plus efficace qu’il employa, fut de leur inspirer, dès l’enfance, les sentiments de la religion la plus sincère et la plus tendre envers Jésus-CurisT résidant dans l’adorable Sacrement de nos autels, et de les bien instruire des dispositions que demande ce véritable pain de vie. Il

voulu fants

minis étaier

gardé répan(

l’héré:

maniè jusqu’ le plu seurs, Aussi puisée

* chassi

» piéte » qui » eriti » votr

Pou guste | heure:

leur te enfant

préserse, CN is que , S’efnt Sanunion sourde- , pour e Conui, dès nt pour es pour crivain ce qu'il de plus ar elles ce qui ce reréquente > Eugtstes qui et qui, but leur me sur dr, VOUfuneste, la fréüt l'acla prue plus infance, la plus dorable ire des vie. Il

* chassier, troisième successeur de M. Olier : « La solide

DÉVOTION ENVENS LL TRÉS-BAINT SAGREMENT, 20!

voulut que les eatéchistes, chargés de disposer les en- IX

fants à leur première eommunion, apportassent à un pui ener da

ministère 8j important tout le soin ct le zèle dont ils nions du mois.

étaient capables ; et, afin de faire contracter aux enfants

la sainte pratique de la communion fréquente, il éta-

blit pour eux des communions générales, connues en-

core aujourd'hui sous le nom de Communions du mois, et

qui furent, pour toute la paroisse, une source très-abon-

dante de grâces, Le soin avec lequel on a préparé, de-

pus ce temps, les enfants à la première communion, et

aux communions de chaque mois, a été effectivement re-

gardé comme une des principales sources des bénédictions

répandues sur la paroisse de Saint-Sulpice; et c'est, en y

joignant la dévotion très-particulière envers la sainte

Vierge, la raison qu’on aime à donner ordinairement de

la piété qui s'y est toujours soutenue depuis que M. Olier

l'a gouvernée (1), Le culte envers le très-saint Sacrement (1 Histoire des

de l'autel, et la piété envers Marie, les deux dévotions que £ x rire ”

l’hérésie de Jansénius a le plus attaquées, quoique d'une

manière indirecte, furent celles que M. Olier s’efforça

jusqu’à sa mort d'étendre et de propager ; et elles sont

le plus précieux héritage qu'il pût laisser à ses succes-

seurs, soit pour leurs troupeaux, soit pour eux-mêmes.

Aussi l'illustre archevêque de Cambrai, qui les avait

puisées au séminaire de Saint-Sulpice, écrivait à M. Les-

» piété pour le Saint-Sacrement et pour la sainte Vierge, p. 536.

» qui s'affaiblit et qui se dessèche tous les jours par la rap

» critique des novateurs, doit être le véritable héritage de nn PL

» votre maison * (2). »

Pour inspirer aux enfants cette piété solide envers l’au- X.

guste Mère de Div, M. Olier les accoutumait de bonne M: Olier consacre les en-

heureà recourir à elle avec confiance, à la considérer comme fants de sa pa-

leur tendre mère, et à se conduire à son égard comme des roisse à la très-

sainte Vicrge.

enfants pleins de respect et d'amour. Lorsqu'il prit posses-

sion de sa paroisse, il la consacra solennellement à Marie ; et il fut alors réglé que, à l'avenir, on porterait aux processions la bannière de la sainte Vierge avec celle de (4) Remarques Saint-Sulpice (1). 11 voulut de plus que, chaque mois, les historiques, À. 1, > , p. 470. enfants se consacrassent à elle; et, dans ce dessein, il fonda une Messe et une procession, qui avaient lieu le premier samedi du mois, et auxquelles assistaient tous (2) Zbid. vag. les enfants qu’on instruisait sur la paroisse (2). Mais c’é-

404, 5851. 1, Pe , : ñ « . im re 632 — Calendrier tait le jour de leur première communion, qu’il aimait sur-

y ni 1778; tout à les consacrer à Marie. Depuis longtemps, dès qu'il avait quelque chose de beau ou de rare, il éprouvait une sorte de besoin de lui en faire hommage, comme à sa souveraine; et, dans ce jour heureux, il s’empressait de lui consacrer ces jeunes cœurs que JÉSUS-CHRIST avait daigné remplir de son Esprit et de sa grâce, persuadé qu’il n’y avait pas d’instant dans la vie, où ils fussent plus dignes de lui être offerts. On conserve, au séminaire de Saint- Sulpice, un ancien tableau où il est représenté consacrant à la très-sainte Vierge, le jour de la première communion, le jeune Anne-Auger Granry, âgé de douze ans, et qui était alors page de la chambre du duc d'Orléans, oncle du roi Louis XIV. Cet enfant, d’une figure très-

Ni der agréable (3), avait su conserver son innocence au milieu

Bretonvilliers,. des piéges de la cour; et voulant persévérer dans cet heu-

Ms, Le ms . reux état jusqu’au dernier soupir de sa vie, il vint, âgé de

quinze ans, faire une retraite au séminaire. Son dessein

nb était d'y demander à Dreu de mourir, s’il prévoyait qu'il

M. de Bretonvil- Qût l'offenser jamais mortellement en retournant à la

liers — Reyist.

des sépult.du sé- COUT, Ou en rentrant dans le monde ; et à peine commenminaire, fol. 2. ‘

*Norr 9, (dit-il sa retraite, qu’il tomba malade en effet et mourut p.536. au bout de quelques jours * (4).

XL L Après le très-saint Sacrement de l’autel, où JÉsus-Carisr Amour de M. ,,.: L: A SA St *ohi Olier pour les réside réellement, M. Olier ne trouvait pas d'objet plus

pauvres. Le us digne de son amour que les pauvres, sous l'extérieur re Jean de la 1 ss :

ohoe desquels il aime aussi à se cacher. On a remarqué plu-

sieurs fo devait s’:

ensuite l’ avons vu soulagem dit, comn les bons ( voyait de les uns tr tres presq qui s’att:

voir avec cueil à se et les che de secour:

de Saint-| teux, don ter les pa tani de sc par lui-n plusieurs attentif et obligation bla que | homme « plir sage que, non de frère .

Père Beri parmi les bon sens pagnait tc pauvres.

Ce char tait avec

Maaux

1, il u le tous C'ésurqu'il “une soue lui igné | n’y Igries aintonsa-

Page 1