SOIN DES PAUVRES
sieurs fois, que, lorsqu'il arrivait dans une ville où il devait s’arrêter, il visitait d’abord le Saint-Sacrement, et ensuite l’hospice des malades, ou l’asile des pauvres. Nous avons vu, d'ailleurs, qu’il s'était engagé par vœu à leur soulagement ; et jusqu’à la fin de ses jours, il leur rendit, comme aux enfants les plus ché"is de son Maitre, tous les bons offices qu’ils pouvaient attendre de sa charité. On voyait de ces pauvres se rendre en foule à son presbytère, les uns trainant avec peine un corps à demi brisé ; les autres presque sans vêtement, exhalant la mauvaise odeur qui s’attache à l’indigence (1). Non content de les rece- HA UE voir avec la douceur et l’affabilité d’un père qui fait ac- Bretonvilliers, 1. cueil à ses enfants, il les invitait, il allait au-devant d’eux RER et les cherchait mème, pour leur prodiguer toute sorte de secours. A peine eut-il été mis en possession de la cure de Saint-Sulpice, qu’il fit dresser un rôle des pauvres honteux, dont le nombre s’éleva à quinze cents, sans compter les pauvres ordinaires. Mais un pasteur, accablé par tant de sollicitudes diverses, ne pouvait guère s'occuper par lui-même des détails qu’exigeait le soulagement de plusieurs milliers d’indigents ; il avait besoin d’un homme attentif et expérimenté, sur qui il pût se reposer de cette obligation si importante de la charge pastorale, et il sembla que la Providence eût préparé de longue main un homme doué de toutes les qualités nécessaires pour remplir sagement cette sorte d'emploi. Ce fut un pieux laïque, nommé Jean Blondeau, plus connu sous le nom . de frère Jean de la Croix *. Il avait été domestique du: sen di Père Bernard dit le pauvre Prêtre (2), qui l’avait pris (2 Remarques parmi les mendiants (3), ayant remarqué en lui un très- sr En bon sens et une parfaite intégrité. Le frère Jean accom- 121. pagnait toujours M. Olier dans les visites générales des pauvres. XIE.
Ce charitable pasteur savait se faire tout à tous ; il écou- , Générosité de
: Ra Fr fe M. Olier envers tait avec intérêt le détail de la position de chacun, de peur les pauvres,
de laisser un seul de ses paroissiens dans le besoin, faute
où LA Fm de bien connaître son état (1); et, dans chaque visite gé- Re se, nérale, il distribuait pour le moins quinze cents livres. dé Aimant les pauvres comme une mère aime ses enfants,
il payait encore les mois de nourrice, plaçait les orphe-
lins, procurait du travail aux filles qui manquaient de
pain, et, à la fin de chaque semaine, il leur faisait don-
ner une somme réglée, par de charitables paroissiennes,
chargées de veiller sur leur conduite et leurs nécessi-
nu PE tés (2). Deux jours de la semaine, il faisait donner la nourriet 1,0. 476. ture à un grand nombre de mendiants qu’on a vus quelr. Qu agde quefois jusqu’à neuf cents (3), et souvent, pour les vêtir, er A4 ri il faisait acheter de la toile et des étoffes. Toutes ces aup. 800, 601, 502. mônes l’obligeaient à mettre des sommes considérables entre les mains du frère Jean, à qui il ne refusa jamais
rien de ce qu’il demandait : tant il se confiait en la divine
Providence. Quelquefois, à la vérité, il se voyait sans ar-
gent; mais la foi vive avec laquelle il recourait alors
à l’assistance de la très-sainte Vierge, faisait bientôt
arriver les secours. « La bourse du Père des pauvres, di-
» sait-il, est inépuisable pour ceux qui se reposent sur
Lu a La » lui (4). » Il avait attaché aux sacs destinés à renfermer p. 475. les sommes pour ses pauvres, une image de la sainte Vierge, qu’il avait établie leur avocate et la gardienne
de leur trésor, et l’on a plus d’une fois admiré comment
ces sacs, qu’il vidait si souvent, semblaient cependant être inépuisables. Car lorsqu'on y songeait le moins, on ap-
portait au presbytère de quoi les remplir de nouveau. Il di-
sait un jour à quelques-uns de ses ecclésiastiques, en leur
montrant cette image : «Voilà sur qui je me repose pour le
» soin des pauvres de la paroisse : j’en laisse la conduite et
(5) Pie, ibid, ? le maniement à la Mère de Dreu; je lui expose mes né a » cessités, et elle a la bonté d'y pourvoir. Elle ne m'a toriques, t. 1, p. » jamais manqué : il n’y à qu’à s’abandonner à elle pour
474, 475; t. ur v. 6,65, ge » tout (5). »
M. Olier Sulpice, ré pour le so tion, formé saint Vince presque ét dames de soulagemei que saint unes se ta tres se cha tinée au 54 d'aller les service jou ne trouvait lussent do quelques-u frérie (3). E fussent to administrés la confrérie tous leurs nées à all prier saint lui-même d lettre suiva » de JÉsus- » supplier, » dre la pe » rité, Elle » d'aller se réglemen » elles ne :
» nom de À » point ref
Lute | géres.
nts, phet de lonnes, essiarriquelêtir, aubles mais ivine S aralors entôt
SOIN DES PAUVRES, 505 M. Olier, dès la première année qu'il fut euré de Saint- XL Sulpice, rétablit et perfectionna la confrérie de la Charité Le ad pour le soulagement des malades. Cette pieuse institu- rie de la Chation, formée depuis plus de dix ans sur cette paroisse par ds saint Vincent de Paul (1), n'existait déjà plus, ou était, (4 Æet 1 presque éteinte (2). Pour la ranimer, M. Olier réunit les (2 Remurques
, , historiques, 4, dames de sa paroisse les plus zélées et les plus dévouées au p. 4, 619, 62,
soulagement des pauvres, et leur donna des réglements Ÿs; 4": Hs que saint Vincent de Paul lui avait communiqués. Les s#71:11: p.318 unes se taxèrent à quelque somme réglée, par mois ; d’autres se chargèrent de faire cuire à leur tour la viande destinée au service des malades ; d’autres enfin promirent d’aller les visiter et de les consoler. On gageait pour le service journalier un certain nombre de filles, et si l’on ne trouvait pas de médecins et de chirurgiens qui voulussent donner gratuitement leurs soins, on assignait à quelques-uns des émoluments sur les fonds de la confrérie (3). Enfin tout avait été prévu pour que les malades PE msg Les fussent toujours assistés, et les fonds de la compagnie p.5. administrés sagement. Il paraît toutefois que les dames de la confrérie ne suivirent pas d’abord ces réglements dans tous leurs points, et M. Olier les ayant ensuite déterminées à aller servir elles-mèmes les malades, crut devoir prier saint Vincent de Paul de venir les y animer encore lui-même dans une de leurs assemblées, et lui écrivit la lettre suivante : « J’ose prendre la liberté, pour la gloire de Jésus-Canisr et le service de ses membres, de vous supplier, si votre commodité le permet, de vouloir prendre la peine de venir encourager nos dames de la Charité. Elles s’assemblent aujourd’hui, pour trouver moyen d'aller servir les pauvres elles-mêmes, et d'accomplir le réglement de la compagnie, auquel, jusqu’à présent, elles ne s’étaient point assujetties. Je vous conjure, au » nom de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, de ne me , (#Eettresaut.
; de M, Olier, y.
» point refuser cette grâce (4). 43.
506 PARTIE 1, LIVRE II, PAROISSE, — 1064, XIV: C'était le premier jeudi de chaque mois qu'elles s'as-
M, Olier dé- i inair ’après-1ni t { termine Les da. Mblaient, ordinairement l'après-midi, dans la salle du
mes de si pa. presbytère, où M, Olier présidait leur réunion, Ce même Lee ol jour elles assistaient à la Messe du très-saint Sacrement, malades, pour obtenir {4 grâce de se comporter conrageusement 1) Remurques dans l'exercice de la charité qu'elles avaient embrassé (1): historiques,t, ni, ; ; :
pe be demande qui devait être d'autant plus agréable à Notre- Seigneur, qu'elle lui était adressée par des personnes nourries et élevées dans le luxe et la délicatesse, presque inséparables de l’opulence, Car la confrérie se composait des dames du faubourg Saint-Germain, du rang le plus distingué, L'une d'elles, madame Leschassier, de l’illustre famille de Miron, portait le dévouement jusqu'à faire elle-même les lits des pauvres, à préparer leur nourriture, et à emporter leurs vieux haillons, qu'elle avait encore la force de nettoyer dans quelque état qu'ils se trouvassent, et de raccommoder de ses mains, Un jour que mademoiselle Leschassier, digne fille d’une telle mère, la vit sur le point de peigner une petite fille dont la tête était extraordinairement couverte de gale, elle voulut tirer l'enfant à elle pour lui rendre ce service; inais la mère, non moins admirable, s’efforça de la rete- (2) Pie de M, nir en disant: N’est-il pas convenable, ma fille, que vous de Lantages, in- Se A 8, liv.s, n.20, ne cédiez le meilleur (2)?
XV... Malgré ce noble dévouement, les confréries de la Cha- M. Olier étu- ,, , : F e :
blit sur sa pa- lité avaient peine à se soutenir; et ce fut pour les établir roisse les Filles d'une manière solide, que Louise de Marillac, veuve Lerares gras, essaya de faire assister les malades par de verclésiastiques, (ueuses filles, qui donnèrent commencement à la congrtgation des Filles de la Charité, On dit que M. Olier fut le premier des curés de Paris qui les établit dans sa paroisse, 3) Remarques À les fixa d’abord rue du Pot-de-Fer, et les chargea du note 1, soin des petits enfants et de la visite des malades ; elles Calendrier hu devaient porter à ceux-ci la nourriture, les médicaments
Ti, int ee T4 Ve ot eur donner tous les autres secours pécessaires (3).
Mais mandai gnages toujour:
fants ce » service » charit » Souve » pour s » et pot » vérité » bres p un di
» affectic et sagen fesseurs pénitent. » d’abore » leurs n » recevoi » la don Quelq gents, il corruptio l’affecta vaient rendez-vé point de nombre tout ce q contagior louer le nage ; et défendait Compagn
les s'assalle du Ce même crement, jeusement "aussé (À); à Notre- Jérsonnes sse, presfrérie se nain, du | Leschas- » dévoue- LS, à préhaillons, elque état ses mains.
ille d’une petite fille e de gale, ce service; de la reteque vous
de la Chales établir veuve Leuw de verla congrélier fut le sa paroisse.
chargea du ades ; elles édicaments res (3).