‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 224 sur 251 · LËLE POUR PROCURER LA SAINTÉTÉ DES MOEURS · texte numérisé non relu

LËLE POUR PROCURER LA SAINTÉTÉ DES MOEURS

Mais c'était à ses ecclésiastiques surtout; qu'il recommandait de donner aux pauvres et aux malades les témoignages d'une sincère et généreuse charité, et de les traiter toujours avec une grande douceur, comme étant les enfants chéris de Dieu, « Lorsque nous sommes appelés au » service des indigents, leur disait-il, supportons avec une » charité à toute épreuve les incommodités qu'ils causent, » Souvenons-nous que Notre-Seigneur a choisi les pauvres » pour servir de témoignage à la divinité de sa mission, »et pour en tirer la preuve la plus indubitable de la » vérité de sa doctrine ; les plus souffrants sont ses mem- » bres plus particulièrement que les autres : ils ont done un droit de préférence à notre tendresse et à notre

» affection (1). » Mais comme la charité doit être prudente (4) #ie de M

et sagement ordonnée, M. Olier régla qu'aueun des con- 9497 Par M: de fesseurs de la paroisse ne ferait jamais l’aumône à ses pénitents. « L'ordre était, dit M. du Ferrier, de dire » d’abord à ceux qui, dans le confessionnal, déploraient » leurs nécessités : Aimez-vous mieux vous confesser, ou » recevoir l’aumône ? si je vous confesse, je ne puis vous (2) Mémoires

Bretonvilliers.

de M.du Ferrier, » la donner (2). » p. 186.

Quelque sensible que fût M. Olier au sort des indi- XVI.

è , il étai re Dlus hé des désordres à Son zèle pour gents, 11 était encore plus touché des désordres que lt jgivrer sa pacorruption des mœurs causait dans sa paroisse, Celui qui roisse des fem- , : .‘ ’ mes de mauvail’'affecta le plus, fut la multitude des maisons qui ser- ie vie,

vaient de retraite aux femmes de mauvaise vie et de

rendez-vous aux libertins; parce qu'il n’en connaissait

point de plus désastreux, ni qui perdit un plus grand

nombre d’âmes. Il serait impossible de rapporter ici

tout ce qu'il entreprit pour délivrer son troupeau de cette

contagion. Tantôt il exhortait ses paroissiens à ne pas

louer leurs maisons aux personnes vendues au liberti-

nage ; et lorsque les conseils ne suffisaient pas, il le leur

défendait au nom du souverain juge, défense qu’il ac-

compagnait des menaces les plus terribles, et qu’il ap-

puyait des exemples les plus effrayants. Tantôt, pour proscrire les lieux de prostitution, aussi funestes à l'honneur et à la prospérité des familles qu'au salut des âmes, il réclamait l'appui que lui devaient les magistrats ; leur représentant avec toute la vigueur que donne le zèle apostolique, qu’à titre de protecteurs des lois, ils répondraient, au tribunal de Dreu, des scandales publics qu’ils entretiendraient par leur négligence, ou qu’ils autoriscraient

D dé par l’impunité (1); et ses avis eurent souvent tout l'effet

Bretonvilliers. Qu'il avait lieu d’en attendre. Une troupe de ces malheureuses créatures s’étant logées près de l’église, et dans une des rues les plus fréquentées de la paroisse, le désordre était si grand, que tous ceux qui venaient par là aux offices en étaient étrangement scandalisés. M. Olier s’en

es plaignit publiquement au prône, et ses paroles produisihistoriques, t. 1 rent une si forte impression, que le bailli, voulant faire

. 429 ;t, nt, D.

a ctrenes cesser le scandale, chassa ces personnes du faubourg, et

5 © nn tue 4 changea même le nom de cette rue pour abolir jusqu’au t v,p. 66. souvenir de leurs désordres (2).

XVIL. La punition ordinaire que ce magistrat leur infligeait, STE était une prison de quinze jours, au pain et à l’eau, een zèle à moins qu’il n’y eût à leur charge des circonstances par-

7" ‘ ticulières; et, dans ce cas, il les faisait comparaître à la

chambre du conseil du bailliage, pour y demander, à genoux, pardon à Dreu, à l’Église et à la justice. D’autres fois, il les condamnait à être fouettées publiquement, ou même à être bannies du faubourg jour un certain nombre PE ME A d'années (3). Mais comme il en venait continuellement de v. 128. nouvelles pour s’y établir, voici, dit M. du Ferrier, le remède qu'on trouva pour les éloigner de la paroisse. « Lors- » qu’on savait qu’il y en était venu quelqu'une, ceux qui » étaient chargés d’y veiller, écrivaient, dans un billet » qu'on envoyait à M. le bailli, le nom, la rue, la maison » et la chambre de cette misérable; et, dès le lendemain » de grand matin, il allait s’en saisir, ef l’emmenait dans

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