NAISSANTE DU SÉMINAIRE
1. Au milieu des succès de son ministère, M. Olier ne oi mie M: laissait pas d’éprouver beaucoup de contradictions. Pour versé dans la établir le séminaire de Saint-Sulpice d’une manière re 46 52 stable, il fallait que l'abbé de Saint-Germain l’ériget en
communauté, et que le Roi en confirmât ensuite l’érection
par ses lettres-patentes ; mais cet abbé s'étant laissé pré-
(4) Wie Ms.par Venir contre le nouvel établissement (1), toutes les dé- “A A CRees marches que M. Olier avait pu faire, depuis l’année 1643, (2) Pie, par te étaient restées infructueuses (2). Ces obstacles n’étonnèhs 1 rent point le serviteur de Dieu; dès son entrée dans la cure de Saint-Sulpice, il avait eu une vue surnaturelle
des contradictions qu’il devait y essuyer. Il avait même
connu qu'avant que trois ans se fussent écoulés, il ver-
rait tout le monde se soulever contre lui, qu’il serait chassé
(8) Fe, par M. honteusement de son presbytère (3), et que toutefois
de Bretonvil-
tiers, LH, p. 110. cette violente persécution, au lieu de mettre obstacle à — Giry, ibid. RE k
eh xvu Rem. l'établissement du séminaire et à la réforme du faubourg, hist. t. 1, p.40
L'an. Dom affermirait au contraire ces deux œuvres et en assurerait 13 sept. p. 4%. la stabilité.
Déjà il avait éprouvé comme les préludes de cette
opposition, en voyant son zèle sans cesse traversé par des
personnes puissantes. Pour arracher tant de scandales
que causai débordem( mandatio de ceux q sieurs n’e son zèle, cachées et ges du mo retentir le:
pas jusqu’ et n’impr pouvons el qu'il eut à ministère part dans et s’est co qui étaien!
en un mot de ses pro prêtres de de l'Etat, à l’opposit marguillie à la pers sous mair dignation
Il s’exp » dans les » Servir I » dedans, » intus ti » monde » la sollic » damnati » Grands
PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER, 539 que causaient dans le faubourg l’hérésie, l’impiété et le débordement des mœurs , il n’avait épargné ni recommandations, ni sollicitations, ni instantes prières, auprès de ceux qui pouvaient l’aider de leur autorité. Mais plusieurs n’entrant pas dans ses vues, et même s’irritant de son 7èle, lui suscitèrent souvent des difficultés tantôt cachées et tantôt ouvertes. Les libertins surtout et les sages du monde étaient si irrités contre lui, qu’ils faisaient
BUGEX | retentir leurs plaintes en toute rencontre; et il n’y avait EUVRE, fi J pas jusqu’à ses proches, qui ne censurassent sa conduite, l et n’improuvassent hautement ses desseins *. Nous ne +*Norgs 1 et pouvons entrer ici dans le détail des mauvais traitements 2 P- ‘83. 1 qu’il eut à endurer pendant les premières années de son er ne |{ ministère (1). M. de Bretonvilliers les a ensevelis la plu- AU Espris de Pour A part dans le silence, pour imiter la charité de M. Olier, p 847, #51, 357, anière | et s’est contenté de raconter quelques traits de ce genre * ” eâten (4 qui étaient alors d’une notoriété publique. Pour tout dire ection 4 en un mot, M. Olier se voyait à la fois en butte à la haine é pré- : de ses proches, au mécontentement de plusieurs anciens es dé- (4 prêtres de sa paroisse, au mépris de quelques Grands 1643, | de l'Etat, à l’improbation de l’abbé de Saint-Germain, Lonnè- À à l'opposition ou plutôt aux hostilités journalières de ses a pin ins la marguilliers (2), au murmure de plusieurs magistrats, Ms. de la Bin. urelle M àla persécution de quelques autres qui lui suscitaient Ro Conr mème sous main des procès pour le condamner, enfin à l’in- ol il ver- dignation et à la fureur des libertins. hist. L. 4147, 35. hassé Il s'exprime sur ce sujet en ces termes : «Je me vois a itefois » dans les traverses de tout genre, dont DIEU veut Se établir le sémiicle À » servir pour m’immoler à sa gloire, les peines du ne el Vs Jourg, » dedans, les contradictions du dehors : Foris pugnæ, lie, M. Olier rerait » intus timores. Considérant qu'un juge qui suscite le Be ss 4 » monde pour me plaider, venait de me condamner, à persécutions. cette » la sollicitation des moindres de mes paroissiens, conar des » damnation qui m'’attirerait les mépris et les rebuts des
idales » Grands de la paroisse : j'appris de là que je devais
1) Mémoires » vivre dans l'oubli, la honte et la confusion (1). De plus,
uut. de M, Olier, t. iv, p. 257, 437.
\2) Mémoires “ut. de M.Olier, 437, 438.
3) Copie des Mémoires de M.
Olier, tom. 1, p.
488, 489. — Mém.
aut.t.1v, p. 257.
ayant laissé entrer dans mon esprit quelques pensées de l’avenir, me demandant ce que je deviendrais, si les desseins de mes adversaires réussissaient : j’eus le bonheur de connaître que ces préoccupations étaient contraires à la confiance que je devais avoir en Dre. Je vis clairement qu’elles lui déplaisaient beaucoup, et que l’âme qui lui est abandonnée doit ne regarder que le présent, et vivre dans une confiance entière en lui, comme un enfant qui repose dans le sein de son père (2). Toutefois, pour dissiper la crainte que j'avais de la ruine du séminaire, la Bonté divine me disait : L'œuvre subsistera en moi. Je voyais qu’à l’exemple de mon Maître, je devais souffrir seul, sans être assisté ni soulagé de personne; et il me faisait entendre qu’il établirait son œuvre sur ma confusion, me montrant par là qu’il fallait désirer d’être détruit et anéanti pour Pétablissement de la gloire de Drev, et que, pourvu que son œuvre se fit, nous devions ètre contents.
» Durant mon action de grâces, je sentais des désirs extrèmes de donner mille vies pour le salut de tous; j'acceptais toutes ces peines pour la conversion des prêtres, et comme Jésus-Cnmsr les accepta au jardin des Oliviers. Me trouvant par hasard devant un tableau qui le représentait dans la circonstance de sa passion où l’ange lui offrit le calice, il me semblait que Notre- Seigneur me disait : Veux-tu boire aussi ce calice? Et je lui disais alors de tout mon cœur : O mon Tout, mille et mille millions de vies pour votre amour (3). Je comprenais cependant que, quoique par un juste jugement Dieu voulût m’immoler comme une victime, ce châtiment n’irait pas jusqu’à la mort... Je voyais en esprit mon Dreu me châtier d’une main si douce et d’une verge si agréable, que je ne puis rien concevoir de plus aimable que cet état. Si j’eusse pu baiser alors mille et
» mille foi » fait sans » lange de » MOur pu » ments q Au mil voyait en vaste pou taient à L alors les de Saint-( mission pi le jardin tion, toute qu'une pa ficiers du veillerait parait que et Gaston roissiens ( torisation, Div, quoi très-honor le 16 octo très-noble des clercs pour être n'ayant p approuvé tribuer de œuvre si glise (3).
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