PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER
» mille fois cette main et ces verges si douces, je l’eusse
» fait sans balancer ; et comme cette vue était sans mé-
» lange de figures sensibles, je n’éprouvais au cœur qu’a-
» mour pur pour la main de mon Dev, et pour les châti- 9, D » ments qu’il me réserve (1). » p.4,5.
Au milieu de cette opposition générale, M. Olier se LE voyait encore contraint de construire un bâtiment assez Re vaste pour recevoir les nouveaux sujets qui se présen- struire un bâtitaient à lui chaque jour. Dans la disposition où étaient mon pose alors les esprits, tout ce qu’il put obtenir de l'abbé projet. de Saint-Germain et des marguilliers, ce fut la permission pure et simple de bâtir à ses propres frais, dans le jardin du presbytère, trois corps de logis, à condition, toutefois, que le tout appartiendrait à la fabrique ; qu'une partie serait destinée pour le logement des officiers du bas-chœur et de la sacristie, et qu’enfin il veillerait lui-même à l’entretien de ces bâtiments (2). Il en ape paraît que les princes Henri et Louis de Bourbon-Condé, p.22; t.1,p. 12 | et Gaston duc d'Orléans, oncle du Roi, tous trois pa- ia roissiens de Saint-Sulpice, et qui approuvèrent cette autorisation, n'étaient pas plus favorables au serviteur de Dieu, quoique le duc d'Orléans parle du projet en termes très-honorables. Dans ses lettres, données à Fontainebleau le 16 octobre, il déclare que pour seconder le pieux et très-noble dessein de l’abbé Olier, relatif à l’institution des clercs et des prêtres qui viennent à lui de toutes parts, pour être formés aux fonctions de leur état, lui Gaston, n'ayant pu se trouver à l’assemblée des marguilliers, à approuvé néanmoins tout ce qui s’y est fait, voulant contribuer de tout ce qui dépend de lui, à la perfection d’une œuvre si sainte, si utile et si avantageuse à toute l’É- TN glise (3). p. 25.
Il était difficile d'imposer à M. Olier des conditions plus onéreuses que celles de cet accord. Il les accepta néanmoins, par zèle pour le clergé ; et en attendant qu'il püt y
(4) Délibérations de S.-Sulpice, ibid. fol. 4.
(2) Mém. aut, de M. Olier,t.v, P. 58.
(3 Memoir, de M. Baudrand, y.
542 PARTIE 1. LIVRE IV. PAROISSE. — 16h45.
donner suite, il fit construire des cellules (1) pour les sé-
minaristes, s'engageant à les démolir, lorsque les grands
corps de logis seraient achevés. Selon sa coutume, il vou-
lut offrir ce dessein à la très-sainte Vierge, dans l’église de
Notre-Dame, afin qu’elle voulût bien le bénir ; et il raconte que, dans cette occasion, elle daigna lui apparaître tenant
entre ses mains le modèle d’un bâtiment qu’elle lui pré-
sentait pour en faire construire un semblable. « Lundi » 22 mars, dit-il, étant allé à Notre-Dame, pour lui sou- » mettre l’entreprise de notre bâtiment, et savoir si elle » l'aurait agréable, cette divine Maïtresse, dans sa bonté » ordinaire, me sembla porter un bâtiment sur ses mains, » et me le présenter. Je n’osais l’accepter, en étant très- » indigne, et me voyant incapable de l’entreprendre ; je » ne laissai pas néanmoins de me tenir soumis à ses » ordres (2). » On voit par là que le bâtiment montré à M. Olier était beaucoup plus vaste que celui qu’il allait construire, et il dut en conclure qu’il fallait bâtir sur un plan plus étendu. Au moins est-il certain qu’il renonça à son premier projet, et résolut même dès-lors d'élever ce nouveau bâtiment sur un autre terrain qui lui appartint en propre +. Il fit donc cesser les travaux commencés, et ne songea plus qu’à trouver, proche de l’église paroissiale, un lieu commode pour bâtir. La Providence voulut qu'il s’en présentât un tel qu’il pouvait le souhaiter, soit pour la proximité de la cure, soit pour son étendue (3). Cet emplacement était situé rue du Vieux-Colombier, visà-vis celle des Cannettes, appelée aussi alors de Saint- Sulpice, et appartenait à l’un de ses parents, M. Méliand, procureur général du Parlement de Paris, de qui il l’a-
+ M. Baudrand rapporte néanmoins que M. Olier eut un autre motif pour changer de dessein, ce fut la crainte d'employer des sommes considérables, sans être assuré que l'édifice dût servir à sa destination. :
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Comme contre lui était impos pourraient d’entre ses et Damien avec les pi girard, en séminaire, tonduisit à anssi, À » saint Att » nos Mess » gile, entr » nous dép » nous ins » d'organes » qui le ser » aussi son » rité au se bien digne priétaires, # CHmisr et « propre cell Dieu, comn » gloire de » auguste f
1i sOusi elle | bonté mains, it trèsre ; je à ses ntré à allait sur un nonça élever apparencés, paroisvoulut r, soit 1e (3).
r, Vis- Saintliand, il l’a-
tre mosommes festina-
PEHAÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 543 chets conjointement avec MM. de Poussé et Damien, le 27 mai 1646, pour le prix de soixante-quinze mille livres, qu'ils comptérent de leurs propres deniers (1). Il y avait dans ce local un grand jardin clos de murailles, et trois corps de maisons (2) ; et en attendant le temps favorable pour bâtir, M, Olier plaça dans ces maisons une partie des ecclésiastiques qu'il avait, tant à Vaugirard qu’au presbytère (3),
Comme jl pensait que ce nouveau dessein animerait contre lui Ja haine de ses ennemis, et que d’ailleurs il était impossible de prévoir jusqu’à quelles violences ils pourraient #e porter, il désira de renouveler avec deux d’entre ses ecclésiastiques, probablement MM. de Poussé et Damien, le même engagement qu’il avait contracté avec les premiers compagnons de sa retraite, à Vaugirard, en 1662, de ne point abandonner l’œuvre du séminaire, HKn conséquence, le 2 du mois de mai, il les conduisit à Montmartre, où le Père Bataille se rendit aussi, « A la gloire de Dev, écrit M. Olier, le jour de » saint Athbanase, étant allé à Montmartre avec deux de » nos Messieurs , nous avons fait promesse sur l’Évan- » gile, entre les mains du révérend Père Bataille, de ne » nous départir jamais du dessein qu’il a plu à Dzu de » nous inspirer, de nous lier ensemble pour lui servir » d'organes et d'instruments, et lui disposer des prêtres » qui le servissent en esprit et en vérité, qui honorassent » aussi son Fils sur les autels, et s’employassent avec cha- » rité au service de ses membres (4). » Par un autre acte bien digne de leur religion, M. Olier et ses deux co-propriétaires, se considérant, en qualité de serviteurs de JÉsus- Cnassr et de l’Église, comme incapables de posséder en propre cette maison, s’empressèrent d’en faire hommage à Dieu, comme à son véritable maître. « A l’honneur et à la » gloire de la trés-sainte Trinité, renfermée dans le très- » auguste Sacrement de l’autel, disaient-ils dans Pacte
(1) Rem srques histor,,t.1,p. 45,
(2) Acte d'acquisition. Archives du Royaume.
(3) Mém. de M.
Baudrund, p.25.
Nouvelle con-
sécration à
Montmartre.
M. Olier et ses
compagnons offrent à Dieu le terrain qu'ils ont acheté.
(4) Mem. aut, de M. Olier, t.
V,P. 79. — Vie, par M. de Bredonvilliers, t. 1, P. 457.
54! PARTIE IL. LIVRE IV. PAROISSE. — 1645, » qu'ils dressèrent, trois prêtres consacrés à l'honneur des » trois Personnes adorables, désirant, en la vertu du très- » saint Sacrement, être consommés en un, et n’avoir rien » entr’eux qui ne soit commun à tous, abandonnent, dans » un même esprit, à la très-sainte Trinité, une maison » qu’ils ont acquise, destinée à loger les serviteurs qu’elle » a choisis pour son honneur, et leur donner la facilité d'y » prendre l'instruction nécessaire pour son divin service, » C’est au pied de ce très-saint et très-auguste Sacrement, » votre arche, où vous habitez parmi nous, que nous dépo- » sons tout le droit que, à la mode du monde, on pour- » rait nous donner sur cette maison. Des esclaves, ô divin » Maitre, n’ont point de bien à eux; nous n’avons point, » par conséquent, de droit sur ces lieux que l’on nous cède, » et qu'on dit nous appartenir; mais, d mon DIEU, nous » vous cédons et transportons cet extérieur et cette appa- » rence de droit que l’on nous donne. Que vous soyez donc » connu pour l'unique Seigneur titulaire et propriétaire du » tout, et que ce soit par votre seule permission que vos » pauvres sujets y trouvent leur couvert pour s’y instruire (1) Déversécrits ? Et VOUS servir; enfin qu'ils y vivent sans cesse sous vos se ah » yeux, et y marchent dans la dépendance de vos volontés 38, 39. » divines (1). »
V. Ce que M. Olier avait prévu arriva; dès qu’on sut qu'il Les parois" jt renoncé au plan arrêté dans l’assemblée des mar-
siens murmurent contre M. guilliers, et qu’il s’agissait d’en dresser un nouveau, qui A ais le erait incomparablement plus dispendieux, il essuya bien des reproches sur la témérité prétendue d’une entreprise si difficile et si hasardeuse. On ne se lassait pas de lui dire, qu’à peine il aurait jeté les fondements de l'édifice, qu'il serait dans la nécessité de l’abandonner. Aux plaintes et aux murmures, quelques-uns ajoutaient les railleries les plus indécentes ; mais sa réponse était toujours la même : « Jésus-Canisr Notre-Seigneur, qui a commencé
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raillejours la nmencé