‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 246 sur 251 · PAPAS CS · texte numérisé non relu

PAPAS CS

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 507 par les archers, dans le dessein de se saisir de lui, il se transporta, à l’instant, chez la personne offensée, et lui fit tant d’instances, qu'il obtint enfin que M. de Fiesque fût épargné.

Par son arrêt du 10 juin, le Parlement avait ordonné

M. Olier sol-

de mettre dans les prisons de la conciergerie tous ceux licite la grâce des perturbateurs que M. Olier désignerait ; mais, loin de ceux qui a-

de poursuivre l'arrestation des coupables, le serviteur

vaient été mis en prison à cau-

de Dieu cherchait, au contraire, à faire mettre en liberté se de lui.

tous ceux qui étaient déjà détenus à cause de lui. Une personne voulant lui persuader qu’au lieu de les protéger de la sorte, il devait plutôt user de son crédit pour les faire châtier, il lui répondit ces paroles, bien dignes d’un pasteur des âmes : « Je dois les aimer, et prier pour eux, » à l’exemple de Jésus-CHrisr, qui a prié pour ceux qui » le mettaient à mort. Ils n’en sont pas venus si avant, » par la misériccide de Dreu; ce qu’ils m'ont fait n’est » rien; et puis, quoiqu'ils aient témoigné quelque mau- » vaise volonté contre moi, ne sont-ils pas toujours mes » enfants? Dieu me Jes a donnés; je tâcherai, avec le se- » cours de sa grâce, de conserver pour eux un cœur de » père. David ne voulut jamais qu’on fit aucun mal à son » fils Absalon, quoiqu'il cherchât sa vie et son royaume ; » pourquoi ne l’imiterais-je pas ? Ils n’ont jamais eu la » volonté de me faire un si grand mal. Ah! si leur salut » dépendait de ma vie et de mon sang, et si DIEU me con- » servait le désir qu’il m’a donné de leur procurer ce » grand bien, ils seraient tous assurés du paradis (). »

(A) Esprit de M. Olier. — Vie

Ayant appris qu’on avait conduit en prison un honime par M. de Bre-

qui s’était montré l’un des plus ardents pendant l’émeute, ce charitable pasteur s'’empressa d'aller le visiter; et, quoiqu’il en fût reçu avec des paroles insolentes, accompagnées d’injures et de moqueries, il ne laissa pas de lui témoigner une tendresse et une douceur excessives, en sorte qu’à le voir, on eüt cru que ce prisonnier était sou

tonvilliers, 1, u, p. 420, 429.

meilleur ami. Il n’en demeura pas là : il saisit toutes les 4 tion d occasions pour demander sa grâce à la Reine. Cette prin- 4 : » deux cesse se montra d’abord inflexible, répondant qu'il était 4 » verse détenu pour des raisons d'État. Mais, à la fin, se voyant » force si importunée par le serviteur de Dev, et par les per- 4 » bon sonnes puissantes qu’il faisait encore agir, elle accorda 1 » nes,

la liberté du coupable. M. Olier en eut depuis toute sorte 1 » Cœur

de soins, jusqu’à ce que, ne pouvant plus lui continuer | » des

lui-même ses bons offices, à cause de ses infirmités, il L » sa b

en chargea M. de Bretonvilliers, son successeur. Une à » in à

autre personne, qui lui avait fait aussi tout le mal qu’elle D » qui,

avait pu, étant tombée malade à l’extrémité, il se présenta » dan:

pour l’assister à la mort, ravi de trouver cette accasion 4 » parl

de lui témoigner sa charité, et il la disposa à mourir sain- + » chos

tement. Enfin, il donna constamment, surtout à l’occasion É » dans

de cette sédition, des marques si éclatantes et si publiques { » AU C

de son amour envers ses ennemis, qu'on disait, dans le ; et:

ti de faubourg, qu’un moyen d’en recevoir certainement des : » men

M, Olier. bienfaits, c’était de lui faire du mal (1). » tre

XXVI. Il était convaineu que la reconnaissance, aussi bien » tien

a purs que la charité, l’obligeaient à se conduire de la sorte : Quo tion comme envers tous ceux qui lui faisaient quelque mauvais trai- ‘à amis

re dus 2 tement, les regardant comme les instruments de la béné- # la scèl

Du sur lui diction divine sur lui. « Si le grain de froment ne pourrit, : ments

our em disait-il, il ne saurait fructifier. Pour gagner des àmes à que,

» Notre-Seigneur, il est nécessaire d’être comme jeté en représ

» terre par les rebuts, enfoui par les humiliations, pourri contre

» par les mépris. On est alors en état de porter quelque i cause

» fruit. Il faut acheter le bien par les souffrances. Dreu se F sein,

» plaît à le tirer de ce qui paraît y être le plus contraire ; 4 prètre

» et, dans ces rencontres, nous devons nous remettre à ses ? battai

» ordres, avec d'autant plus d’affection, qu'il n’a en : » don

» cela d'autre dessein que d’éprouver notre fidélité et : » S'Y

» notre amour. » Il écrivait, le 8 juillet 1645, et pendant 4 » pos

que les hostilités intentées par M. de Fiesque et sa fac- » Ava

était yant perorda sorte nuer

senta sion Sainsion ques ns le des

bien sorte trai- Jénérit, es à é en UrTi Ique U se Lire ; À ses

en 6 et dant fac-

PERSÉGUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 509 tion duraient encore : « J'étais beaucoup affligé de voir deux personnes, d’ailleurs capables de servir Dev, traverser néanmoins ses desseins les plus visibles, et s’efforcer de ruiner l’œuvre qu’il nous a confiée. Alors notre bon Maitre me fit voir en esprit un lis au milieu d'épines, et me dit qu’il fallait que je conservasse mon cœur aussi pur que ce lis, au milieu des calomnies et » des persécutions que j'avais à souffrir. Une autre fois, sa bonté me faisait voir que je devais ètre comme un arbre, dont le pied serait environné de fumier, et qui, néanmoins, n'en porterait que plus de fruits. Que, » dans ce dessein, il permettait que l’une de ces personnes » parlât mal de moi en mon absence, et dit beaucoup de » choses humiliantes, qui me remplissaient de confusion » dans l'esprit des Grands de la paroisse ; el que l’autre, » au contraire, me dit à moi-mème mille choses fâcheuses, » et s’efforcât de me piquer et de me harceler ouverte- » ment; l’un servant à me procurer l’humiliation, l’au- » tre à me faire pratiquer la pureté de cœur et la pa- » tience (1). »

Quoique le plus fort de la tempète fût apaisé, plusieurs amis de M. Olier, effrayés des suites que pouvait avoir la scène affreuse qui venait de se passer, et des mouvements que faisaient encore les partisans de M. de Fiesque, voulurent l’engager à lui remettre sa cure. Ils lui représentaient les difficultés insurmontables qu’il rencontrerait dans l’établissement de son séminaire, soit à cause de l’autorité de ceux qui étaient contraires à ce dessein, soit à cause de l’opposition de plusieurs anciens prêtres, et du grand nombre de personnes qui le combattaient ouvertement. « Jamais nous ne devons aban- » donner les œuvres de Dieu pour les oppositions qui » s’y rencontrent, leur répondait-il ; au contraire, ces op- » positions doivent augmenter notre courage. Si l’on » avait égard aux contradictions, on ne ferait jamais rien

(4) Mémoires aut, de M ,Olirr

XXVIE, On conseille à M, Olier d'abandonner $a cure et d'aepter l'évéché de Rodez,

onenrertpoqunne me M nee ne

era …

pres

570 PARTIE II. LIVRE IV. PAROISSE. — 1645, » pour Diec. La croix n’est-elle pas l'apanage des œuvres

» dont il est .’auteur? Elles ne se font jamais sans elle, » Jésus-CHRisT n’a pas fondé autrement son Eglise ; et il » ne faut pas espérer de rien faire par d’autres voies, » Laissons le monde et le diable s’irriter. Jésus-Caisr, » qui les à autrefois vaincus, ne peut-il pas en triompher » encore? Je n'ai embrassé cet emploi que pour sa gloire, » je ne le quitterai que lorsque je saurai que c’est sa vo- EU Le ec louté (1). Cependant la Reine ayantentendu dire quel’on liers. conseillait à M. Olier de renoncer à sa cure, voulut d’abord FT np qu'il la conservât (2), et dorua ordre à saint Vincent de p. 22. * Paul de terminer le différend entre l’ancien et le nouveau curé de Saint-Sulpice. Mais malgré son extrème douceur, (3) Mémoires Saint Vincent ne put rien gagner sur l'esprit de M. de Se ere" Fiesque (3).

l'affaire paraissait désespérée, lorsque “. de Corneilse é a lan (k),évèque de Rodez, envoya son neveu, en poste, Leschassier, p. à Paris, pour proposer à M. Olier d’accepter son siége, jai dont il envoyait la démission en sa faveur. Il y avait plus d’un an que ce prélat avait résolu de le choisir pour son successeur, et toutes les circonstances semblaient se réunir pour déterminer M. Olier à accepter ses offres : l’opposition générale qu'il rencontrait dans sa paroisse, les instances de plusieurs de ses amis, l'invitation d’un évêque qui n’avaiten vue que la gloire de Dir, enfin l'approbation et mème le désir bien prononcé de la Reine régente. Car cette princesse, dès qu'elle connut le dessein de M. de Corneillan, ne se contenta pas de l’approuver; elle daigna encore témoigner à M. Olier qu’elle désirait (5) Pie, par beaucoup de le voir accepter ce siége (3), afin de lui prode Père Giry, par- î è . ca tie tre,ch xw. Curer le calmeet le repos, dont il ne paraissait pas qu'il pût jamais jouir dans le faubourg Saint-Germain. XXVIL Ses amis redoublèrent alors leurs instances, et lui re- Pose Ne Drésentèrent toutes les fatigues qu’il aurait à endurer.

«Ces fatigues et ces croix, leur répondait-il, seraient, au

» (ontra » taché » CHniw1 » COUV » eXprin » raître ( » sidéré » a endt » salut ç » c'est p » recher » qu'il 1 » chées » charge » rieuse » volont Comri ébranle:

diocèse, Dieu qu » du pr » vue di » doiver n la set » attach » A8sUr » positi » vrés À » éme » tous | » tant « p tain « » qui n

euvres s elle, >setil voies, HRIST, mpher gloire, sa vouel’on ’abord ent de uveau buceur, M. de

orneilposte, siége, it plus ur son e réu- : l’opse, les

d’un enfin Reine 2ssein uver; sirait | proqu'il

li r'eurer, It, au

fe Eu

PPASÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 871 » çontraire, pour moi, un nouveau motif de demeurer at- » laché à cette église, Quand nous considérons JÉsus- » Cuuisr en croix, abattu sous le faix de ses souffrances, » couvert de mépris et de confusions qui ne se peuvent » exprimer, il semble que toutes les nôtres doivent pa- » raître douces et aimables, Si le Fils de Dieu n'avait con- » sidéré que soi, il n'aurait pas embrassé les peines qu'il » a endurées; mais le désir de la gloire de son Père et du » salut du monde lui à fait oublier ses propres intérêts; » c'est pourquoi l’Ecriture nous dit que jamais il ne s’est » recherché ni satisfait en rien. I faut suivre l’exemple » qu'il nous a donné, et chérir les peines qui sont atta- » chées à l'emploi dont il a plu à la Bonté divine de nous » charger, Quand on s’y consomme, c’est une mort glo- » rieuse, puisqu'on meurt dans l’accomplissement des » volontés de Dieu sur nous (1). »

Comme les amis de M. Olier lui représentaient, pour ébranler sa résistance, que s’il était placé à la tête d’un diocèse, il procurerait bien plus efficacement la gloire de Disc que dans une cure, il leur répondit : «Le service » du prochain, ni l'excellence des œuvres, ni même la » vue du fruit que nous pourrions faire dans l'Eglise, ne

» doivent point être la règle de notre conduite; mais bien

» la seule volonté de Dieu, à laquelle nous devons être » attachés uniquement et invariablement. Quand je serais » assuré de faire des miracles ; quand je verrais à ma dis- » position le moyen d'entreprendre les plus grandes œu- » vrés dans l'Eglise, et la facilité pour y réussir; quand » imême, en les faisant, je me rendrais le plus grand de » tous les Saints, je ne les entreprendrais jamais qu’au- » tant que ce serait la volonté de Drec. Et si j'étais cer- » tain de sa volonté, je ne m’y porterais pas dans la vue » de la grandeur de ces œuvres, ou de la gloire du ciel, » quine sont pas les règles les plus parfaites de notre

(4) Wie de M.

Olier, par M. de

Bretonvilliers,.

(4) Æsprit dep € ite : , ‘ , ere conduite, mais parce que ce serait la volonté de mon

p. 692. » Maître, que je veux exécuter invariablement (1). » es ‘ Se voyant cependant pressé de toutes parts, M. Olier

Germain déter. Crut devoir examiner si DIEU n’aur'it pas suggéré lui- NOIRE même à M. de Corneillan la pensée de quitter son siège cure, et lui ac- EN Sa faveur ; et si ce n’était pas un moyen ménagé par la er Pro- Providence, pour qu’il renonçcât à la cure de Saint-Sul- 13) Vie, par le pice (2). En balançant ainsi sur le parti qu’il av1it à pren- RTE ER dre, il ne doutait pas d’avoir exécuté Jes ordres de Dreu dans l'établissement du séminaire céjà commencé : Dieu

l'avait assez assuré par lui-même, et par le nseil de direc-

teurs très-expérimentés, de sa volonté à cet égard. Mais

sa règle invariable avait toujours été de soumettre à ses

supérieurs les lumières qu’il recevait de Div, et d’exé-

cuter ponctuellement leurs ordres, quoiqu'ils pussent être

entiérement opposés aux lumières d’en haut, qui lui

A ati . paraissaient les plus assurées (3). Il résolut done, dans v,p 2, Ces circonstances, de s’en rapporter à la décision pure €t simple de l’abbé de Saint-Germain, son supérieur na-

turel. Il alla en conséquence lui faire part de ses dispo-

sitions, l’assurant que, si ses services lui étaient agréables,

il continuerait de les employer pour le salut du troupeau

dont il était chargé, et ne pe” serait nullement à l’évèché

de Rodez ; que si, au contraire, il ne le jugeait pas propre

à gouverner la paroisse de Saint-Sulpice, il s’en retire-

rait aussitôt, n’ayant rien plus à cœur que de se confor-

mer aux ordres de la Providence, qu'il reconnaitrait dans

les siens. Quoique l’abbé de Saint-Germain eût été op-

posé jusqu'alors aux desseins de M. Olier, un langage si

désintéressé lui inspira la plus grande estime pour sa

personne. Il admira son humilité, lui témoigna la plus

grande joie de le voir curé du faubourg, le pria de ne

point penser à un changement, l’assura de sa protection

pour l'établissement du séminaire, et lui promit de la

manière | rant mèm Un dénou amis du s cette mên séminaire existence.

» à été en » verses que labb on parvin vrai que temps qt toujours :

quarante et des a moins to nérosité inal (3).

M. de de Clissc mille écu livres, et ‘il se pla efforts pt pendieu le revent » JESUS“ » celuiq » dépoui » celui € » serion » Notre- » de cho » leurs,

le mon , D

, Olier ré luin siége ÿ par la nt-Sul- À prene Dreu : Dev e direc- |. Mais à à ses d’exént ètre pui lui , dans pure el ur nadisposables, Jupeau évèché propre retireonfort dans Été opage si our $a a plus de ne ection de la

PERSBUUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER, 573 manière la plus expresse de seconder cette œuvre, l'assurant même qu’il lui tardait d’en accélérer l'exécution (1). (1) F'ie, par V. Un dénouement si inattendu surprit tout le monde ; et les jp, 2n"e

amis du serviteur de Dieu eurent lieu d'admirer comment +; pur le Pere Giry, part, tre,

cette même persécution, qui paraissait faite pour ruiner le no . séminaire, était devenue le principe auquel il devrait son ques, 1.1, p. 45, existence. « Ce petit corps, disait dans la suite M. Olier, **

» à été engendré dans la persécution etau milieu des tra-

» verses du démon et du siècle (2). » De plus, pendant (2 Lettres aut. que l'abbé de Saint-Germain s’en déclarait le protecteur, * "2/4" r. 2. on parvint à apaiser et à satisfaire M. de Fiesque. Il est

vrai que ce ne fut pas sans beaucoup de peine : tout le

temps que durèrent les négociations, les gardes étaient

toujours aux portes du presbytère; et ce ne fut qu'après AA de quarante jours, que les hostilités de La part des parents fiers, t. u, p. 440. et des amis de l’ancien curé cessèrent entièrement, Cire, ii. 1e,

. .. R Ê , On ap la o6- Ch. xvu. — 4nmoins toutefois par la voie de l’autorité, que par la gé SAT AU RL

nérosité avec laquelle M. Olier rendit le bien pour le piste M. inal (3). M M. de Fiesque voulut avant tout qu’il reprit le prieuré XXX, de Clisson (4); puis il exigea non plus une pension de RO Uee É mille écus, comme en 1642, mais une rente de dix mille ses anis pour livres, en dédommagement de la prétendue injustice dont PA Fe ‘il se plaignait. Les amis du séminaire firent tous leurs (9 -{éestutions

efforts pour dissuader M. Olier d’un accommodement si dis- La pendieux, et qui, en effet, devait attribuer à M. de Fiesque

le revenu annuel de la cure. Il leur fit cette réponse : « Si

» JÉsus-CHRisT veut que nous donnions notre tunique à

» celui qui nous demande notre manteau, pourquoi ne nous

» dépouillerions-nous pas de quelque chose en faveur de

» celui qui nous demande trop et sans raison? Comment

» serions-nous prêts de donner notre vie pour l’amour de

» Notre-Seigneur, si nous appréhendons de nous défaire ® Files por » de choses qui nous touchent beaucoup moins (5)? D'ail- #. de Bretonvit.

HIS ; * liers, Lu + » leurs, Pargent doit ètre regardé comme rien, quand 440.° fe

rm. + ete de

574 PARTIE IN, LIVRE IV. PAROISSE, — 1045, » il s’agit des intérèts de Jésus-Cnaisr ; et ses véritables » serviteurs n’ont jamais plus de joie, que lorsqu'ils en » sacrifient davantage pour son service, A quoi peut-on » mieux eniployer tout ce qu’on possède, qu'à procuter Pr æ » la gloire d’un si grand Seigneur (1) ?» Il souscrivit dont p. 709. ‘» cet engagement avec sa générosité accoutumée, dans la persuasion où il était que Du voulait consommer l’œuvre du séminaire par le moyen de la cure de Saint-Sulpice. [1 trouva de grandes difficultés à tenir sa promesse ; mais la Providence vint à son secours.

M. de Fiesque, en exigeant dix mille livres de revenus, provenant de bénéfices simples, était si difficile dans le choix de ces bénéfices, qu’il paraissait presque impossible de le contenter. Malgré la loyauté que firent paraitre MM. Picoté et Houmain, et M. Félix Vialar, évêque de Chà-

(® Actes de lons + (2), en se dépouillant en sa faveur de divers béné- Marreau,notaire ,, ; : : Nr

a Paris, 4 sep- fices, on ne serait point parvenu à le satisfaire, si M. Bar-

tembre 65. rault, neveu de l'archevêque d'Arles de ce nom, et disciple

du Père de Condren, n’eût fait un acte de générosité, qui

mérite de trouver place dans cette Vie. « La Reine, dit

» M. du Ferrier, ayant obligé M. Vincent à terminer ce

» différend, celui-ci voulut que je l’assistasse, Après avoir

» beaucoup travaillé assez inutilement, sans pouvoir con-

» tenter M. de Fiesque, je m'avisai de lui dire : Voulez-

» vous le prieuré de Saint-Gondon, si on vous le donne ?

» Lui, qui connaissait ce bénéfice honorable et riche, situé

» sur la Loire, l’accepta aussitôt, et l’affaire fut terminée.

» M. Vincent me dit, le voyant satisfait : Mais avons-nous

» ce prieuré que vous avez promis? — Il est, dis-je, à

» M. Barrault, qui ne me le refusera point; et ensuite j’al-

» lai le voir pour le disposer ; d’abord il me demanda des

» nouvelles de cette affaire. — Elle est, dis-je, comme

+ On lit dans les Remarques historiques sur la paroisse de Saint- Sulpice. que M. l'abbé de Lève se démit aussi d'un bénéfice pour (3) T. 1, p. 245. apaiser ce grand différend (3).

» termin » Véz, t'é » tout, — » don, p » que vo » brassa » table r » car ell » Suis pa » missio » tous le Toute:

M. de Fi posé à él s’occu pa Pour ne cessaire, prètres, le reste, pour cel:

avec lui le mercrt presbytè:

l'usage d Is y déc!

+ Outre ans après, Fiesque ; et de son prie sa Vie, M.

magement, près Saint M. de Lan M. Olier lu Fiesque lui

tables ils en peut-on ocuter t dont

dans l'œut-Sul- Le8$e ;

eus, ins le ssible raitre > Chibéné- . Barsciple 6, qui e, dit ner ce avoir * CON uleznne ?

situé \inée, nous je , à à j'ala des mme

Saint- > pour

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER, 579 » terminée, si vous agréez ce que j'ai avancé, — Vous sa- » véz, tépliqua-t-il, comment je suis vos sentiments en » tout, — C'est que j'ai promis votre prieuré de Saint-Gon- » don, pour terminer ce grand désordre : je ne sais ce » que vous en direz. [] vint se jeter à mon cou, et, m'em- » brassant : Voilà, dit-il, la plus obligeante et la plus véri- » table marque d'amitié que vous m'ayez jamais donnée : » car elle me témoigne que vous me croyez, comme je le » suis parfaitement, votre ami ; et sur l'heure il fit -1 dé- » mission, qui donna autant d’admiration que de joie à Pi areas » tous les gens de bien (1) +. » p. 149.

Toutes les difficultés étant ainsi aplanies du côté de XXXI.

M. de Fiesque, et l'abbé de Saint-Germain étant tout dis- tr do posé à ériger le séminaire en communauté, M. Olier ne ciété de Saints’occupa plus que des moyens de consommer cette œuvre. Sulpice. Pour ne pas s’écarter des formes ordinaires, il jugea nécessaire, avant tout, de passer, avec quelques-uns de ses prètres, un acte d'association qui servit de base à tout le reste, et qui fit connaitre la fin de la société, Il choisit pour cela ceux mêmes qui avaient acquis conjointement avec lui la maison Méliand, MM. de Poussé et Damien; et, le mercredi 6 septembre, ils signèrent cet acte dans le presbytère, en présence de deux notaires publics, selon l’usage de ce temps. En voici les dispositions principales : Is y déclarent que, reconnaissant les effets visibles des

+ Outre ce concordat, conclu le 20 juillet 1645, il fallut que, deux (® Actes de cent ee à ARS datant nor AL dé Marreau,notaire ans aprés, M. Olier en vint à un nouvel accommodement avec M. de à pris, 4 sep- Fiesque ; et ce fut alors que M. de Lantages se dépouilla spontanément se 1645.—17

ji : ; TT NS tp Anne Juillet 1647, — 2 de son prieuré de Saint-Symphorien de Romilly, ainsi qu'on le lit dans septembre 1647. sa Vie. M. Olier, touché de ce désintéressement, lui donna, en dédom: (3) ie de M. magement, la jouissance de sa terre seigneuriale de Fontenelle, située nes RO près Saint-Martin-du-Tertre, à sept lieues de Paris(2); et comme Mémoires de M. M. de Lantages refusa apparemment un bienfait de cette nature, Puudrand, p.22,

‘ ‘ . , tue : — Mémoires aut.

M. Olier lui assigna une pension sur le prieuré de Clisson, que M, de qe M. Olier,t. v,

Fiesque lui avait rendu (3). p.137,

576 PAUTIE 1, LIVRE IV, T'ANOISNEs = 1011, bénédietions qu'il a plu à la Bonté divine de re; deu sui le dessein qu’ils ont déjà conçu de l'établissement d’un séminaire, et voyant que, de toutes parts, des personnes signalées en doctrine et en vertu se joignent à eux pour concourir à une si bonne œuvre, ils ont jugé que si ce séminaire était érigé en corps de communauté, avec toutes les approbations convenables, il augmenterait de jour en jour, et produirait les fruits que l'Église, les conciles, les ordonnances royales, et les assemblées du clergé ont attendus de cette sorte d'établissement : qu’en conséquence, estimant ne devoir pas retarder davantage l'exécution de ve dessein, qui a pour objet la gloire de Dieu et l’honneur de son Église, sous la direction et disposition de nosseigneurs les Évêques, dans la juridiction desquels se feront de semblables établissements; après avoir invoqué l'assistance du Saint-Esprit, ils promettent de faire un corps de communauté pour vaquer à toutes les fonctions d’un séminaire,aux termes et selon l'esprit des canons : le tout sous les articles, statuts et réglements qui seront convenus entr'eux, et ceux qui s’uniront à eux, pour composer tous ensemble le corps du séminaire, Ils entendent n'être aucunement à charge à nosseigneurs les Évèques, chapitres, abbés, dans les diocèses ou juridictions desquels ils feront de tels établissements; mais seulement y 4 gets ae Contribuer de leur chef, et par les libéralités, purement vo- Re nt re lontaires, de ceux qui désireraient concourir à cette bonne - Archives du œuvre, lorsque le séminaire sera rendu capable d’acqué- Royaume,section . ee A e historique, cart. Yir. À cette fin, ils chargent M. Olier de se pourvoir par-dex, vant l’Évèque de Metz, abbé de Saint-Germain, pour L'abbé de 8. obtenir de lui l'autorisation du présent concordat; auprès

(; i ap - x è Éd ren, du Pape, pour en obtenir une bulle de confirmation, et

blissement de du Roi Très-Chrétien, pour des lettres patentes (1). la société et du L'abbé de Saint-Germain : EN Mot satte adsoci séminaire de S. abbé de Sunt-Germain autorisa en effet cette assocti-

ee de tion, le 23 octobre 1645, et l’érigea en communauté ecclé- 2) Rem, hist. , è re L1,p.45,46. Siastique (2). « Comme nous désirons de tout notre pou-

FE EE 7 ef mi fèr

» voir, » l'ava » rant » et se » l’hot » CONS » d'ail » recor » Pous » Cxen » d’aul » avec » tions » loué » audi » place » men!

» une » tous » néce!

» de le » duit » COM » DIEU » nem » pare » sémi à la asse!

Enfi défens donne les let Saint- Sulpice

"sui d’un nnes pour si ce » tou- » jour iciles, é ont lence, ion de l'honon de els se voqué "ee un ctions

lon !

eront

COMndent ques, s desent y nt vobonne cquér-(le-

pour uprès n, et

OUI Lecelépou-

PERSÉGUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIPA. 577 » voir, dit-il dans ses lettres, contribuer au progrès et à » l'avancement d’un si pieux et si louable dessein, espé- » rant que la Miséricorde divine y continuera ses grâces » et ses bénédictions, pour le faire réussir à sa gloire, à » l'honneur de son Eglise, à l'édification du public et à la » consolation des âmes chrétiennes ; pleinement informés » d’ailleurs de la vertu, du mérite, et des autres bonnes et » recommandables qualités des sieurs Olier, Raguier (de » Poussé) et Damien, dont la piété, la doctrine et la vie » exemplaires ne peuvent qu'attirer et convier beaucoup » d’autres personnes, portées du mème zèle, pour se joindre » avec eux, et concourir à leurs bonnes et saintes inten- » tions : nous, par l'avis de notre conseil, avons approuvé, » loué et ratifié leur association ;.. permettant, à cet effet, » audit sieur abbé et à ses associés de s’établir dans l’em- » placement par eux acquis, d’y construire tous les bâti- » ments convenables pour leur communauté, et d'y avoir » une chapelle. Leur donnant pouvoir de faire entr’eux » tous statuts et réglements, qu’ils jugeront convenables et » nécessaires pour la direction, la police et la subsistanca » de leur communauté... Le tout, néanmoins, sous la con- » duite et supériorité dudit sieur abbé Olier, duquel, » comme nous avons dit, le grand zèle pour le service de » Dieu, la piété, la doctrine et la capacité nous sont plei- ad ee » nement connus; et, après son décès ou sa démission, Royaume, sect.

hist.cart. MA.

» pareillement sous.la direction et supériorité de celui du — Gala crie RS . , nos tiana, édit. 465

» séminaire qui sera élu par le corps du même séminaire, t. sv, p. 988. —

Histoire des an-

à la pluralité des voix, dont sera dressé acte en leur 4 de Paris, assemblée (1). » n ren tt, Enfin la Reine régente, qui avait pris si hautement la xxxur. défense de M. Olier dans la sédition, s'empressa, pour lui Morer Lt donner une nouvelle marque de son estime, de joindre qui approuvela les lettres patentes du Roi à l’autorisation de l'abbé de ses de M. Saint-Germain, et de faire jouir le séminaire de Saint- Sulpice de tous les priviléges que le protection du mo-

fo 37

(1) Remarques narque accordait aux communautés du royaume (1). Ces

historiques, 1.

“ lettres sont un monument trop honorable à la piété du Souverain, et à celle de la Régente, pour n'en pas donner ici un aperçu. Le Roi y rappelle que M. Olier et ses ecclésiastiques lui ont exposé le dessein que la Bonté divine leur avait inspiré, de se réunir en communauté, et d’employer leurs biens, leurs soins et leurs travaux à l’instruction des jennes gens qui aspirent aux Ordres sacrés, ou qui y sont déjà parvenus, afin de les former au culte divin, au chant et aux cérémonies de l'Eglise, à l’administration des sacrements, et à la prédication de la parole de Div. Il rappelle pareïllement les services qu’ils avaient rendus en quelques diocèses, spécialement dans celui de Paris, à Vaugirard, et au faubourg Saint-Germain. « Etant » bien informé, dit-il, en quelle recommandation les rois » nos prédécesseurs ont eu ces établissements, qui tendent » à la gloire de Drev, ct à l’avancement de son service; et

à quoi nous oblige le glorieux titre de protecteur de l’'E-

glise; sachant d’ailleurs avec quel zèle, quelle sagesse

et quelle affection particulière, la Reïne régente, notre

dame et mère très-honorée, a maintenu et favorisé » M. Olier et les autres exposants : voulant aussi, de notre » part, contribuer aux fruits que nous nous promettons » d'un si louable établissement, faisons savoir que nous, » de l’avis de la Reine régente, notre dame et mère, de » notre pleine puissance et autorité royale, confirmons » et approuvons l’association desdits exposants, pour eux » et pour ceux qui, dans la suite, voudront se joindre à » leur compagnie, avec pouvoir d’accepter legs, fonda- » tions et donations, ainsi que les autres corps et com- » muunautés recus dans notre royaume ; aux conditions » de prier Dieu pour nous, pour notre dame et mère, nos

Pa yes » successeurs rois, et pour la paix et tranquillité de l’É-

husl. ur (AL » glise et de notre Ytat (2). » Ces lettres furent expédiées

* NOTE p. 584.

"à Paris, vers la tin de l’année 1645 *, et signées par le

jeunc régen gran( ficiali C’e et at tout £ furen » M.

vin de gaT au :vio sar sen cor la cho sec

inc em- ’inrés, ulto nise de ient i de tant rois dent

esse

otre prisé otre

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M, OLIER. 979 jeune Roï, alors âgé de sept ans, en présence de la Reine régente. L'année suivante, elles furent enregistrées au grand Conseil, et celles de l'abbé de Saint-Germain, à l’of- , (9 #rchives du

AÉRPRE Royaume, sect, ficialité de cette abbaye (1). hist. e. M. AU.

C’est ainsi que, contre toutes les apparences humaines, XXXIV. et au milieu des contradictions et des persécutions de létablisse - RTE : ; . ment du sémitout genre, le séminaire et la compagnie de Saint-Sulpice naire de $. Sul. , Ë : ; | + n:4 pice ne peut efurent établis (2). « Ne nous appuyons qu’en Disu, disait treattribué qu'à » M. Olier, après un acte si éclatant de la protection di- Dieu seul. : , : | s. (2) Remarques » vine, et ne nous confions qu’en lui seul, pour le succès harnrlua Le » de l’œuvre dont il nous a confié l'établissement. Ne re- P-47-— Pie, pur

le P. Giry, part.

» gardons jamais que lui, et il nous conduira sûrement r, chap. avi, — 1e ; P 1,1 L'AnneeDomint- » au milieu de toutes les tempêtes, Plus elles auront été came. Pigunivt »: violentes, plus elles feront éclater sa sagesse, sa puis- 4 "9 For » sance et son amour, $es aimables perfections ne parais- sa " . » sent jamais davantage, que lorsque les œuvres qu’il a 52. ne » commencées réussissent malgré la rage de l’enfer, et » la persécution de l’homme, Abandonnons-lui toutes » choses, et demeurons tranquilles dans l'attente de son » secours. Quand nous verrions tout le monde soulevé » contre nous, jamais il ne faudrait quitter l’œuvre où il nous appelle, puisqu'il peut, en un moment, dissiper tous ces nuages, et faire de nos plus grands persécuteurs, nos plus fidèles amis. O ! qu'il faut peu se fier aux Grands, et aux enfants des hommes. 1 fallait que je visse ce que j'ai expérimenté, pour être confirmé dans » cette vérité, autant que je dois l’être. Qu'il est doux de » faire l’œuvre de Dieu en son Fils, et par les voies de » l'esprit d’humilité, de pauvreté et de simplicité. Notre- » Seigneur m’a appris une bonne fois, comment il voulait » que je me retirasse des Grands, et que je prisse garde » d'établir ma confiance en leur crédit. La jalousie de » Dœv, pour l’œuvre qu'il m'a commise, a paru en ce qu'il » a toujours écarté les Grands, et qu'il les a rebutés toutes

» les fois qu'ils se sont présentés pour v prendre part ;

(4) Lettres spirituelles de M.

Olier, p. 50.

Dieu venge M.Olier on chàtiant plusieurs de ses persécuteurs.

@) Ps. 404, v.

(8) J’ie de M.

Oiivr, pur le Père Giry, yartie 4e, chap. «vit,

» afin que lui seul fût reconnu pour l’auteur de cet ou- » vrage, qui serait attribué aux hommes, s'ils y avaient » donné leur L.viection (1). »

Après la conclusion de cette grande affaire, M. Olier ne pensa plus qu’à solliciter la grâce des coupables dont on poursuivait la punition. Pendant qu'il disposait en leur faveur les juges de la terre, il priai, ardemment le souverain Juge de changer la disposition de leurs cœurs. C'était là toute la vengeance qu'il tirait de leurs excès. Mais Dry, qui frappe souvent dès cette vie ceux qui l’outragent dans la personne de ses ministres, au mépris de cette défense : Gardez-vous de toucher à mes oints (2), vengea son serviteur d'une manière éclatante, par les châtiments qu’il exerça sur plusieurs (3). Je n’en rapporterai qu’un exemple, dit M. de Bretonvillicrs, pour ne pas rappeler ici le souvenir de plusieurs personnes qui ont éprouvé visiblement les rigueurs de la justice divine. Un an, jour pour jour, après l’horrible scène qu’on a rapportée, comme un de ceux. qui avaient montré le plus d’acharnement contre le saint prôtre, entrait dans une maison de la paroisse, un chien, qui n’avait jamais blessé personne, se jeta sur lui avec fureur, sans avoir cté irrité, et le déchira si cruellement, que cet homme en fut malade à l'extrémité. Le danger devint en peu de jours de telle nature, qu'on lui administra les derniers sacrements. M. Olier le visita souvent dans sa maladie, le traita avec la bonté d’un ami et d’un père, pria pour lui avec tant de charité et de larmes, que la santé lui fut rendue ; mais il n’en jouit pas longtemps. Lorsqu'il passait un jour, à l’entrce de la nuit, dans la rue des Cannettes, voisine de la cure, il rencontra un cavalier, qui, dans un accès d’emportement dont on ignore la cause, lui déchargea dans la tête un coup de pistolet, dont il mourut sur-le-champ; et cctte mort tragique jeta M. Olier dans une peine dont il Ii fut beaneoup plus difficile de se eon-

ouient

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 581 soler, que des affronts et des violences dont elle lui rappelait le souvenir (1).

À l’occasion de la persécution qu’on vient de raconter, et des prétentions si excessives de M. de Fiesque, M. Olier permuta son abbaye de Pébrac avec celle de Cercanceau. de l’ordre de Citeaux, au diocèse de Sens, que possédait alors M. Félix Vialar *. Il voulut, en lui cédant Pébrac, bénéfice d’un revenu plus considérable que Cercanceaux, dédommager ce prélat, qui s’était dépouillé, comme on a vu, pour apaiser M. de Fiesque; il espérait aussi que l’évêque de Châlons parviendrait à établir la réforme dans ce monastère, comme il fit en 1649, en y introduisant les Genovéfains (2). Pour ménager ce dernier accommodement, M. Olier augmenta le revenu de l’abbaye, au moyen d’un bénéfice qu’il y joïignit, et procura par là que le nombre des religieux, réduit par son père à dix-huit, fût porté à vingt-un, comme le supposaient les anciens titres (3). Il regarda même Ja violente persécution suseitée contre lui, à l’occasion de M, de Fiesque, comme un moyeu dont Dieu avait voulu se servir, pour venger sur lui une autre faute que son père avait commise, en lui procurant l’abbaye de Pébrac, ainsi que nous l'avons déjà raconté. « Dans ce traité de l’abbaye, » dit-il, mon père s'était comporté avee une grille inad- » vertance, ayant usé de conseils très-larges, connés ar » des casuistes, et il a fallu que la punition en suit retombée » sur moi (4). 11 me semble que c’est une justien si adri- » rablement conduite, qu'il ne se peut rien dire davan- » tage. Il est vrai que, regardant les choses par le dehors,

» et selon l'extérieur, il y a eu une grande rigueur par- » tout; mais selon Dreu et sa justice, il n’y a eu que dau- » ceur et modération. Il faut même adorer cette clémence » avec grand amour, ot sr saumetire avec une particu- » Jlière révérenec (5). »

(U) Pie, par NM.

deBretonvillivrs:

tout, p. 141, 442.

M. Olier perüute l'abbaye de Pébrac avec celle de Cercanceau,

* NOTE 5, p.

Page 1