livre entre les mains; trait qui a passé pour un présage de
la profonde science de cet Ange de l’École. On remarquait,
dans le jeune Olier, quelque chose de semblable. Lorsque
sa nourrice voulait mettre fin à ses cris et à ses pleurs, elle
F 12) uns le portait à l’église de S. Sulpice (5), voisine de sa maison;
ques, 1. 1. pag. €t la présence du lieu saint faisait aussitôt sur lui ce que ne 29. — tu. pag.
+ La rue Saint-Sulpice, ainsi appelée. parce qu’elle conduisait à
l'église de ce nom, est connue aujourd’hui sous le nom de rue des Ca- (9 Jbid. 283. nettes (1), qu'elle prit d'une enseigne où trois canettes étaient représentées,
» vêtu » étaie « Je
ire que
pre-
t de
éclat
de le
nsadans cause n ra- L son ussait ymme w’elle aussi n’alla
signe jur ré-
enser , lors- X, ASlisons arrèter
elque age de quait, brsque s, elle aison ; que ne
uisait à des Carepré-
2 FR Dan 7
DE ter rss
ENFANGÉ DE M. OLIER, 0 pouvaient opérer ni les amusements ni les caresses nècessaires aux faiblesses de l’enfance ; car à peine l'y avait-on : porté, que la tranquillité la plus parfaite prenait en lui la olke, po n place des pleurs et des cris (1). “ir et Une marque plus certaine de sa vocation à l’état ecclé- LS siastique, ‘ut la haute idée que, dès son enfance, il eut du de ra saint sacrifice de la Messe et de la sainteté des ministres enfance du S. chargés de l’offrir, quoiqu'il ne püt dans la suite s'expliquer jen? 4 K à lui-même la manière dont elle lui avait été inspirée. Il rapporte qu’un jour, à l’âge de sept ans, étant allé à l’église des religieux de Saint-Antoine pour y assister au saint Sacrifice, et voyant passer le prêtre qui se rendait à l’autel, il reçut tout-à-coup une vive lumière de la pureté et de la sainteté nécessaires au prêtre, et que cette vue fit sur lui une si profonde impression, qu’elle ne s’effaça jamais de son esprit (2). Voici comment il parle de l’estime qu’il avait (2) Aftestare . . . A tions aut. toudéjà conçue pour le saint Sacrifice, et qu’il regardait dans chant M. Otier, la suite comme un signe de sa vocation au ministère des #8: 299 «1183. autels : « Je pense que les premiers desseins de la bonté de » DEu ont toujours été de me faire vivre en son Église en » qualité de prêtre, vu que, dès l’âge de sept ans, j'avais » une telle idée de la sainteté des prètres, que, dans mon » pauvre esprit d'enfant, les voyant à l’autel, je les croyais » ne pouvoir plus vivre que de la vie de Dreu, et qu’ils » étaient si appliqués et consommés en lui, que je m’éton- » nais de les voir cracher. Je souffrais une grande peine de » les voir tourner la tête, croyant qu’ils eussent tout-à-fait » perdu l’usage de la vie (3), et qu’ils n’en avaient que pour (3) 4nnée Do- » Dieu et pour faire le divin Sacrifice; comme les Saints "Homer ie
— Remarques
Ê : : , historiques , 1.
» du ciel qui sont entièrement séparés de tout ce monde D. 453. —
» et morts aux choses d’ici-bas. Enfin je les croyais devoir Fiede M.Olier, » être tout autres et tout changés, depuis qu'ils étaient re- otre » vêtus de leurs habits sacerdotaux, et surtout depuis qu’ils P° #?
» étaient montés au saint autel.
« Je ne sais qui m’avait imprimé dans l’esprit cette idée
» de la sainteté des prêtres ; ce pouvait être mon père ou très
» ma mère, 0” les bonnes personnes qui fréquentaient la prei
» maison, à cause que de tout temps mes parents m’avaient extl
» destiné à l’Église. Que Dieu veuille les récompenser par une
» sa divine miséricorde des grandes charités qu’ils m’ont pou
» faites, et du soin qu'ils ont toujours pris de mon éduca- ains
» tion à la piété et aux lettres. Ils n’ont rien épargné, ni priè
(tj Mémoires ” biens, ni temps, ni peines, ni prières, ni larmes; en un nièr ed : OPA » mot, toutes les bonnes et saintes instructions, et les exem- Ë sain — L'Année Do- » ples que je pouvais attendre de leur part, je les ai reçus. L de 1 ae "pt » DrEu les en bénisse, et les comble de grâce et de gloire. tant Sue tn » Je crois donc que, par ieur moyen, je pus recevoir cette | Il p. 453. » haute idée de la sainteté des prêtres (1). » üiqu V.. Ce fut sans doute aussi par le moyen de ses pieux pa- c'éta.
Sa dévotion . ; de 1 ia envers la très- lents, surtout de son père, qu’il apprit, dès sa plus tendre pnel sainte Vierge. enfance, à honorer l’auguste Mère de Dir ; dévotion qui, pend avec celle du très-saint Sacrement, fut comme le caractère les p
distinctif de son enfance et de toute sa vie. Tout ce qui lui » ici,
rappelait la très-sainte Vierge, ou avait quelque rapport » en
avec elle, excitait la joie ou la reconnaissance de ce saïnt » con
» no
enfant. Il s’estimait heureux d’être né d’une mère qui se nommait Marie, et dans une rue appelée Notre-Dame- (2 Mémoires d'Argent (2) ‘+. Quoiqu'il fût doué d’un esprit vif et aut.de M.Olier, ., us : * ‘ tom. u. p. 377. d’une grande facilité de mémoire, il comptait beaucoup
plus, pour le succès de ses études, sur l'assistance de la
» res » la » h:
» Tail » SOI » tiq » un(
+ La rue, autrefois appelée Notre-Dame-d’Argent, est sans doute la
même que celle du Roi de Sicile, où était situé l'hôtel de la famille » je « Olier. Il est à présumer qu’on l'avait surnommée Notre-Dame-d'Ar- » qu gent, depuis que François Ier eut placé, au coin de cette rue et de celle » Car
des Juifs, une statue d'argent de la sainte Vierge, en réparation d’un sacrilége commis par des hérétiques. Mais celle-ci ayant été dérobée, et remplacée par une nouvelle statue de bois, puis par une de marbre, la rue cessa peu à peu d'être appelée Notre-Dame-d’Argent, et reprit le nom de rue du Roi de Sicile qu'elle devait à Charles d'Anjou, comte de Provence, et roi de Naples et de Sicile, qui y avait son bôtel. » ma
» apr
» se » pei
oute la amille e-d'ATle celle n d’un srobée, arbre, prit le comte
ENFANCE DE M, OLIER, très-sainte Vierge que sur ses talents naturels. Avant d’apprendre ses leçons, il l’invoquait toujours avec une dévotion extraordinaire; et, comme si Dieu eût voulu le mettre dans une sorte de nécessité de recourir sans cesse à elle, il ne pouvait jamais rien apprendre qu'à force d’Ave Maria, ainsi que lui-même nous l’apprend, Lorsqu'il récitait cette prière, sa confiance en sa protectrice paraissait d’une manière touchante ; et l’on eût dit, en le voyant, que l'Esprit saint lui communiquait alors une portion des lumières et de la charité de l’Ange dont il prononçait les paroles avec tant d’effusion de cœur,
Il nous fait connaître, dans ses Mémoires, une autre pratique qui entretenait en lui ce recours habituel à Marie, c'était de ne rien entreprendre sans aller auparavant la prier de le lui commander, comine à un enfant qui veut dépendre en tout des volontés de sa mère (1), et de lui offrir
(4) L'Annee Dominicaine,
les prémices de tout ce qu’on lui donrait, « Je remarquerai 3, ». us. —
» ici, dit-il, une chose qui paraît ridicule où au moins trop
Remarques historiques, À. 11.
» enfantine ; mais pourtant j'ai toujours été obligé de la p. 453.
» continuer : c’est que je n'ai jamais osé me servir d’aucun » nouveau vêtement, comme d’habits, de chapeaux et du » reste, sans lui en consacrer le premier usage, en m'al- » lant présenter à elle à Notre-Dame, avec mes nouveaux » habits, la priant de ne pas souffrir que pendant qu’ils se- » raient à mon usage, j'eusse le malheur d’offenser jamais » son Fils. Il m’est parfois arrivé de croire que cette pra- » tique était une faiblesse et une niaiserie, comme aussi » une sujétion trop grande, voyant que pas un de ceux que » je connaissais n’en usait, et que j'étais le seul. Mais, dès » que je manquais à ce devoir, j'en étais aussitôt repris, » car le jour même, ou le lendemain, ou fort peu de temps » après, mes hardes se perdaient, ou se déchiraient, ou bien » se brülaient, Je remarquais ces accidents comme unc » peine visible, qui m'était envoyée pour me corriger de » ma faute, et m’avertir de n'y plus retomber (2). »
(2) Mémoires
aut.deM.Olier
ma a nd ter a
8 V'AUTIE 1, LIVRE 1,— 1017.
VI, Lorsqu'il eut atteint environ sa huitième année, ses pane perse rents le mirent au collége, et ce fut là surtout qu’il fit adsiastique.—In- Mirer ses rares dispositions pour les lettres et la vertu. À er ed Tous ses maîtres ont assuré qu’il avait l’esprit extrêmement grande viva- Vif et pénétrant, qu’il saisissait aisément les choses les plus uité, difficiles pour les enfants de son âge, e, qu'il les retenait
avec une égale facilité. Peu après son entrée au collége, (1) La Fi de Ses parents le consacrèrent à Dieu, dans l’état ecclésiastirs Pa que, auquel ils l’avaient toujours cru appelé, et obtinrent
M re ne pour lui un bénéfice (4). Mais la vivacité de son naturel
.… apr augmentant avec l’âge, ils commencèrent à avoir des invilliers, 1.1. p. Quiétudes sur sa vocation, et doutèrent s’il serait propre un Es pets 7. jour à des fonctions qui demandent tant de modestie et de : deschassier, retenue (2). « Au rapport de ma mère, dit-il dans ses Méon L » moires, mille et mille fois j’aurais dû périr sans le sede Bretonvit- » Cours particukier de Dieu, à cause d’une humeur violente derst1p.46 , et bouillante qui m’empêchait de regarder où je mar- » chais, ni où j'allais; si bien que souvent je roulais du » haut des montées, je me blessais, je me heurtais de toute » partet à tous moments. Je me souviens qu’étant tout » jeune, je tombai la tête la première dans une fontaine » où je devais périr : une autre fois, je tombai sous la roue » d’une charrette, qui devait m’écraser, et qui s’arrêta tout- » à-coup. Enfin je donnais frém"emment de grandes frayeurs (3) Mémoires » à toute la maison (3). »
aut.de M.Olier ‘ s up. La conduite peut-être un peu sévère de sa rnère, à son égard, put contribuer à augmenter l’impétuosité de son naturel en aigrissant son caractère; car elle n’eut jamais pour lui la même affection qu’elle témoignait à ses autres (4) Mémoires enfants. « On criait toujours après moi, dit-il lui-même (#4); Cp Mo » perpétuellement j'étais rebuté, maltraité, affligé, battu, »fouetté ; je n’avais pas un moment de repos auprès de » ma mère. Ilest vrai que je lui donnais bien sujet de nre » traiter ainsi. J'en demande très-humblement pardon à
» Du, et à elle-même. Je prie Notre-Seigneur, qu’il me
Dre M QE ES ue
» fasse
» parer Cepe charge après :
France
Il quitt:
mille, o de Mon compagi ville ; ce fants au eux , Re rant que tre de pe veiller le position du jeune lent et jour, à se d'alarme ses Mém avaient » un joul » s’envol:
» Deiet » avec ta » étage dé » même.
» frayeur » DIEU mé » brêémen » sir. Je re » CEUX su
ENFANCE DE M, OLIER, 1622, 9 » fasse autant contribuer au soulagement spirituel de mes » parents que je leur ai causé de peine. » vit
Cependant son père, qui exerçait avec honneur la 11 étudie à
charge de Maître ordinaire des requêtes de l’hôtel du Roi, . a après avoir résigné la charge de grand audiencier de son impétuo-
France, fut nommé intendant de Lyon par Louis XII (4), Sté naturelle.
‘ . (1) Les Généa- I quitta la capitale en 1617, et se fixa à Lyon, avec sa fa- À de ” pe . 4 . . ‘ res des Kequeémille, où il remplit cette place importante, que Guillaume vs, ete.— Hist. : s de la Grande
de Montholon occupait auparavant (2). Les Pères de la AR fée
‘ . St onns , France, \iv. ut compagnie de Jésus dirigeaient alors le collége de cette 366, wa. |
ville ; ce furent les maîtres qu’il choisit pour former ses en- (2) 4er fants aux belles-lettres ; du moins François, l’ainé d’entre de Lyon. -Suieux , René et celui dont nous écrivons la vie suivirent du- ue re rant quelque temps leurs leçons, ainsi que celles d’un mai-
tre de pension, chargé du soin de leur éducation et de sur-
veiller leurs progrès dans les études (3). Mais cette nouvelle (3) 4testaposition n’apporta aucun changement dans les inclinations ) ‘ol, du jeune Olier. Son caractère devenait toujours plus vio- P. 225-—Cemat-
tre se nomimnait
lent et plus emporté, et il ne cessait de donner, chaque Thivlat. jour, à ses parents et à ses maîtres les plus justes sujets d’alarmes. Le traix suivant, qu’il rapporte lui-même dans ses Mémoires (4), peut faire juger si leurs inquiétudes 4) mémoires avaient un légitime fondement. « Étant écolier, je jouais etes trt » un jour avec un oiseau qui s’échappa de mes mains, et ra rs » s’envola sur les toits. Aussitôt, ayant récité mon Angele chismes de S.
; . . TA ‘ . . . Sulpice, liv. 1.
» Dei et fait le signe de la croix, je sautai sur le toit voisin pag. 3. » avec tant de hardiesse, que, quand j’y pense, je frémis » encore : car je sautai d’une fenêtre qui était au troisième » étage de la maison, sur un toit plus élevé que la fenêtre » même. Mon maître, averti par le bruit, eut une telle » frayeur, qu’il me traita ensuite comme je le méritais. » Dreu me fasse la grâce d'exposer un jour ma vie aussi li- » brément pour son service que je le fis alors pour monplai- » sir. Je remercie l’infinie bonté de Dreu de tant de soins, de
» ceux surtout qu’elle m’a prodigués dans ce temps où j’é-
» tais très-incapable de les reconnaître. Mon bon Ange qui » les sait, et qui en a été témoin, véuillé bien me faire la » grâce de l’en remercier pour moi, » | MUC Désespérant de le voir changer de conduite, et ne craiqu M gnant rien tant que d'offrir au service de l'autel un enfant est éclairé Es qui n'y füt point appelé, ses parents pensaient à lui faire y, abandonner l’état ecclésiastique, lorsqu'une circonstance, Olier, heureusement ménagée par la Providence, fixa leur irrésolution et dissipa tout-à-fait leurs craintes. Saint François de Sales, qui venait quelquefois à Lyon, n'eut pas plutôt connu la piété et le mérite de l’Intendant, qu’il se lia avec lui d’une amitié aussi étroite que sincère, et l’honora même SL es . de sa familiarité (1). Madame Olier, pleine de confiance aux M. de Breton. lumières de ce grand Évôque, et de vénération pour sa ne M sainteté, s’adressa à lui afin de calmer ses inquiétudes sur la vocation de son fils. Après lui avoir ouvert son cœur et fait connaitre le sujet de ses doutes, en lui dépeignant le caractère de l’enfant, elle le supplia très-instamment de sonder lui-même ses dispositions, de consulter Du, et de la fixer enfin par une réponse qu’elle regarderait comme un oracle sorti de la bouche de Du mème.
Le saint Évôque, touché de la droiture et de la piété de la mère, lui promit de recommander la chose à Dreu. Il s’en occupa, en effet, pendant plusieurs jours, et lui fit une réponse que tous les auteurs qui ont eu occasion de parler de ce trait, ont regardée comme l’effet d’une lumière pro- *NOTE6,p.81. phétique *.
Nous ne saurions en faire un récit plus naïf et plus fidèle qu’en laissant parler ici un des amis d’enfance de M. Olier, qui se trouvait avec lui dans cette rencontre, et qui en rendit témoignage longtemps après, dans un écrit signé de sa main. (était M. Alexandre Chaillard, qui fut
depuis docteur en théologie, protonotaire du Saint-Siège,
et curé de Villefranche en Beaujolais.
« Je déclare, dit-il, et atteste à la gloire de Dieu tout-
» pui » lus
» de.
» Olic