ORIGINE DE LA DÉVOTION A NOTRE-DAME DÊ CHARTRES
NOTE 1, p. 50. — Jules César rapporte que, de son temps, les Des u- . . À ; € de : selle, tra- Druides gaulois, en possession d'enseigner lareligion à la jeunesse, quite de l'anetmèême de prédire l’avenir(1),se réunissaient tous les ans dans un glais,t. xxx, p. lieu sacré du pays Chartrain (2). La tradition de cette province de CGR ajoute que, dès avant Jésus-Christ, ils avaient érigé, sur la hauteur pero Gallico, même où fut bâtie dans la suite l’église cathédrale de Chartres, un mt 13. VE: . . astorre uautel dédié à la Vierge qui devait enfanter, et que, conformé- niverselle, ibid. ment à la pratique des Gaulois, de graver des inscriptions sur p. 372. leurs autels (3), ils y avaient écrit ces mots : Férgini parituræ (4), (4) Dictionn. le à RTE N de Moréry, art.
devenus depuis si célèbres. Telle est, dit-on, l’origine de ee pèle- Cyanrnes. rinage. La croyance d’une vierge qui devait enfanter était générale- (5) Origine ment répandue chez les païens avant le Christianisme, comme l’a 4es cultes, ris D , , OO , :
démontré l’auteur de l’'Origine prétendue des cultes (5); et, de (6) Mémoires nos jours, on a publié sur le même point des documents qu’on ne asiatiques. saurait contester (6). Pour expiiquer l’origine de cette opinion, on (7) Cornel. à peut, outre une tradition primitive, supposer encore une révéla- ji tion divine faite aux païens. Les Pères de l'Eglise pensent en effet xx1v. v.17.—In communément que Dieu leur a fait annoncer la venue de son Pur Le Fils (7), comme nous le savons très-certainement de Balaam, dont &s ia: dé la prophétie était connue chez les Gentils, ainsi que semble le Civitate Dei lib. montrer l’exemple des Mages (8). C’est aussi ce qu'ont pensé beau- a nie coup d'auteurs modernes, d’après saint Thomas (9); on sait que Hieronym. lib. l'Eglise Romaine autorise cette opinion dans sa liturgie (10) ; et Re de telle est, relativement à l'autel des druides Chartrains, l'opinion #42 Ciemens adoptée par M. Olier : « Chartres, dit-il, cette sainte et dévote atex, — Luc- » ville, première dévotion du monde pour son antiquité, puisqu'elle pe : Fa . » a été érigée par prophétie (11). » dat On peut penser d’ailleurs que, depuis la traduction de la Bible en Le Prose des a diffuci à Tuit So so n tag VE x € Morts.
grec, et la diffusion des Juifs après les conquê tes d'Alexandi €, les" (4r)arém.aut. paiens ont eu connaissance de leurs livres prophétiques, et ont su de M. Olier, L.
du moins qu’ils attendaient un libérateur prédit. Suétone nous ap- P- 120:
og
(#)Sueton.Fes- prend en effet que cette opinion ancienne et constante, était uniar A EE verselle dans tout l'Orient (1), et Tacite ajoute que, d’après la perv. Hist. suasion commune, ces oracles étaient consignés dans les anciens 1 Fmtl livres des Juifs (2). Les païens ont donc pu connaître, par la lec- V. T Jesaie ture même des prophètes, ou par le commerce avec les Hébreux, SH on — plusieurs particularités relatives au libérateur, et entre autres Ja m. 4. Hors prophétie d’Isaïe qui avait annoncé le prodige de l’enfantement universalis, — d’une vierge. De graves auteurs pensent même que la prédiction id ns attribuée par Virgile à la sibylle de Cumes n’en est qu’une imita- Annal. F. T.t. tion (3) +. Mais un fait qui tend à prouver que les druides Gau- RER lois l’ont connue, c’est qu’au rapport de Faber, savant auteur nel. à Lapide anglais, cetie prophétie d’fsaïe et celle de Balaam avaient été ap- Comment. in portées dans la Grande-Bretagne et l'Irlande, par les druides, dis- VA Au ciples des Mages, et originaires de la Perse (4). Cela étant, il est gine de l'idota. indubitable qui les Druides gaulois en eurent aussi connaissance, np puisque César rapporte que les mystères druidiques, répandus
dé dans les Gaules, y avaient été apportés d'Angleterre; et que, de son temps encore, ceux qui voulaient en être bien instruits faisaient un voyage dans les îles Britanniques.
Au reste, cette croyance des Chartrains n’est pas, comme on se le persuade faussement, une tradition isolée : on en retrouve des traces dans plusieurs endroits où les druides avaient établi
leurs siéges. Guibert, abbé de Nogent, l’un des hommes les plus
graves de son siècle, rapporte que l'église de son monastère avait
été bâtie sur l'emplacement d’un bocage sucré, où les druides sa-
criliaient à la mère future de Dieu qui devait naître : Matri fu-
(5) Guibert. luræ Dei nasciluri (5). Ces paroles ne sont que l'explication litdevit4itd De térale de l'inscription de Chartres, Firgini parituræ, car les
2, cap. 1. c. D. L , “re :
j païens croyaient que les hommes d’une origine céleste avaient
(6) Rosenmüt- des vierges pour mères (6) : opinion fondée peut-être sur ces paleri ibid. p.302 L6jes d’Isaie : Une vierge enfantera un fils qui sera Dieu avec nous. Quoi qu'ilen soit, la tradition attestée par Guibert n’est pas
moins constante que celle des Chartrains, et maintenant on lit
encore au-dessus de l’autel, dans l’église de Nogent, Ara virgi-
i D'après ces auteurs, le nouvel ordre de choses annoncé .par la sibylle, et cet enfant qui doit venir du ciel, être fils de Dieu, naître d'une Vierge. commander à tout l'univers, effacer les péchés des hommes, les délivrer du serpent, et ramener le bonheur pour loujours : {ous ces traits ne sont qu'une imitation du prophète Isaïe., Du moins, il faut convenir, avec saint Augustin, que le Messie seul pouvait justifier Le sens d'un si pompeux et si magnifique oracle : Omnino non est cui alteri præter Dominum Christum dicat genus humanum :
(7) S. August.
Epistol. cv. ad Te duce, si quu manent sceleris vestigia nostré, Martianum. Irrita perpetud solvent formidine terras(7).
nis po de Bou églises scripti où naq les dru à la Vic sans do plus ais serait à autels « avec te mème |
Telle à laque église, conser