‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 87 sur 251 · UNION DE LA MÈRE AGNÈS AVEC M. OLIER · texte numérisé non relu

UNION DE LA MÈRE AGNÈS AVEC M. OLIER

était depuis trois ans l’objet de tant de larmes et d'ansté- () ie admirités (1), il ne mit aucune borne à sa reconnaissance et à ar A sa soumission envers elle. Agnès de son côté,au comble “155: de ses vœux, répandit en actions de grâces les larmes les #: Ole. Par plus douces (2) et sentit naître dans son cœur toute l’affec- vittiers, 4. 1, p. tion d’une mère pour M. Olier. ter Aussi profita-t-elle du court espace de temps qu’elle ne

vécut encore, pour perfectionner, dans le cœur du servi- La mère Ateur de Drev, l'ouvrage qu’elle avait commencé depuis ag plusieurs années par ses austérités et par la ferveur de ses mortification prières (3). T'antôt elle le reprenait charitablement, en lui *à1/mmilitée faisant remarquer ses imperfections, tantôt elle l’exhortait pre rt à mourir entièrement à Jui-mème: et, en toute occasion, t. n, s.

elle lui insinuait la nécessité de cette mort intérieure, PR ajoutant qu’en cela consistait le fondement de la vie du Due à

chrétien. Enfin son langage et son vœu le plus ordinaire "1. p. 459.—#'ie Ms,de M.Olier,

était de lui souhaiter beaucoup de souffrances, de mortifi- par M. de Brecations et de croix (#)". Voulant le mettre en participation es 1 Tr F1 de toutes ses grâces, elle s’efforça surtout de faire passer * nor 10, en lui l'amour extraordinaire qu’elle avait de l'humilité, P 115: vertu dont elle lui offrait, dans toute sa conduite, des

exemples qui peuvent passer pour héroïques. «J'ai re-

» marqué en elle, écrit M. Olier, une humilité si pro-

» fonde, que je ne crois pas la pouvoir découvrir ailleurs

» dans un pareil degré. On ne pouvait l’atfliger davantage

» que de l’estimer ou de la louer, jusque là qu’un jour,

» ayant vu, dans une lettre, qu’on y disait quelques paroles

» à son avantage, elle en tomba malade d’affliction jusqu’à

» l’extrémité, et demeura longtemps au lit. Le désir qu’elle

» avait d’étouffer toute louange la portait à dire d’elle-

» même des choses incroyables, et dans des termes qui

» effrayaient tous ceux qui l’écoutaient. Les lettres qu’elle

» m’écrivait en étaient toutes pleines : elle disait avec joie

» ses défauts, et les découvrait avec des sentiments d’hu-

» militési profonds, qu’elle fondait en larmes et qu’elle eût

* NOTE fi, p. 115.

(t)Mém. aut.

de M. Olier, t.

V1, p: 81 ef suiv.

gnès recommande à M.

Olier la réforme de Pébrac.

92 PARTIE 1. LIVRE 11, — 1694, » voulu se pouvoir cacher sous terre : je l’eusse prise, à » ses discours, et à sa manière d’exagérer ses fautes, pour » une pécheresse publique. Je la voyais parfois pousser » des sanglots qui semblaient Jui devoir briser la poitrine, » etses larmes se répandaient de ses yeux comme des tor- » rents, les heures entières, Ses pénitences font frémir : » après s'être déchiré la chair en morceaux, et avoir décou- » vert ses os par la violence de ses disciplines, elle laissait » sa chemise de serge se coller sur ses plaies, et prenait » ensuite un plaisir indicible à arracher cette chemise et à » emporter ainsi la peau jusqu’à laisser ses os découverts. » Elle pratiquait toutes ces austérités effrayantes, pour ex- » pier les péchés de quelques âmes dont Digu l’avait char- » gée, regardant à cause de cela leurs péchés comme ses » propres fautes ; à limitation de NoTRe-SEIenEuR qui fai- » sait pénitence pour les péchés de tous les hommes, comme » s’illes eût commis. Ainsi cette sainte Âme se voyait char- » gée de la confusion et de la honte qui naissaient de ces » crimes, et n’osait lever la tête ni les yeux vers le ciel, » tant elle se voyait abominable. C’est l’expression dont » elle usait toujours en parlant d’elle-même; et, dans ses » lettres, elle ne signait pas autrement qu’Agnés de Jésus » l’abominable où gâte-tout. Elle me témoignait souvent » qu’elle craignait de communier pour moi avec ses sœurs, » de peur de gâter le bien que j’eusse pu attendre,de leur » ferveur * (1). » L

Par ces actes si excellents d’humilité et de pénitence,

” elle s’efforçait d'attirer les bénédictions du Ciel sur les

missions de M. Olier; et, pendant que celui-ci portait aux peuples la parole du salut, Agnès s’offrait à Dieu pour eux comme une victime. Dès leur première entrevue, ils commencèrent à exercer ainsi le zèle apostolique. La mère Agnès lui ditavantde le quitter : «Comme il n’y à aucune » réforme parmi les religieux de votre abbaye de Pébrac, » efforcez-vous de la procurer au plus tôt, ct, pendant que

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