M, OLIER ESSAIF DE RÉFORMER SES RELIGIEUX
» vous vous y emploierez, je ferai oraison pour cela* (1),» * NOTE 12, Il n’en fallut pas davantage pour déterminer M. Olier à >. Suns: mettre incontinent la main à l’œuvre. Depuis longtemps "0014
test, xv,— Nes:
cette abbaye n'offrait plus, en effet, les exemples d’édifi- ponsio ad animadversiones
cation qu’elle avait donnés autrefois à l’Auvergne (2) : la promot. no 69. à + de à x A , . (2) Histoire discipline monastique y était entièrement déchue, et l'oubli 4s chanoines
des règles y avait introduit toute espèce de désordres, mr
Pour y faire refleurir les règles primitives, M. Olier avait ets
essayé, en 1633, de la remettre entre les mains d’Alain de Geneviève.
Solminihac, qui commençait si heureusement la réforme
de l’ordre des Chanoines réguliers de saint Augustin, dans
son abbaye de Chancellade, en Guyenne; et il avait prié
saint Vincent de Paul, son directeur, de lui en faire de sa
part la proposition. Mais Alain n’ayant pu l’accepter alors,
par défaut de sujets”, cette négociation demeura sus- * nos 13,
pendue. pre Depuis son arrivée à Pébrac, M. Olier éprouvait l’afflic-
tion la plus vive, en voyant de ses yeux l’état déplorable
de ce monastère, qu’il trouva pire encore qu’il ne se l'était
figuré. Pour ramener ces religieux à l'esprit de leur voca-
tion et à la règle primitive de leur ordre, il employa tour
à tour les motifs les plus touchants et les considérations
les plus terribles; les menaçant même de la vengeance et +; s1ements
de la colère de Dreu, et leur déclarant qu’en vivant de la Hs or
sorte ils étaient hors de la voie du salut (3); quoiqu'ils cauid, ete. 1.
prétendissent ne s’être obligés: par leurs vœux qu’à vivre N: re Nora
comme vivaient ceux qui les avaient reçus à la profession, Plioth.. Sainte
c’est-à-dire d’une manière toute contraire à leur: règles *. * NOTE 14,
Plusieurs, touchés de ses exhortations vives et vélénentes, P' Li
paraissaient assez disposés à embrasser la réforme, et l’on
en comptait jusqu’à douze, lorsque la mère À gnès lui fit le
commandement dont nous parlons. Sans perdre de temps,
il s’adressa donc de nouveau à l’abbé de Chancellade, et
lui écrivit la lettre suivante, le 1* juin de cette même
année : « Monsieur, la grâce de Notre-Seigneur soit dans
M. Olier écrit à M. Alain de Solminihac.
» votre âme et à sa gloire à jamais, Etant arrivé en ce sé- » jour de Pébrac, dans la compagnie de deux de vos amis » (MM. Barrault et Perrochel), pour travailler aux mis- » sions, nous avons trouvé que les religieux de l’abbaye » avaient autant besoin que l’on pensât à eux, que les » pauvres paysans de ces montagnes, Quoique j’en susse » quelque chose, ce qui fut l’occasion pour laquelle » M. Vincent (de Paul) me fit le bien de vous en écrire, il » ya près d’un an, néanmoins je n’en avais pas une » connaissance si grande : elle m'oblige à présent de vous » conjurer de vouloir bien donner ordre à ce monastère. » Monsieur, prosterné à vos pieds, le cœur percé des » plaies dont ces religieux déchirent Jésus-CunsT, je re- » double mes prières, et j'ose esnérer la grâce pour la- » quelle j’adresse au Ciel de nouveaux vœux. L'abbaye est » chargée de dix-huit religieux, dont deux petits novices » qui étudient au Puy : les lénéfices qui en dépendent » sont nombreux, ils portent jusqu’à quarante religieux, » et cinquante en comptant ceux de l’abbaye; le fruit, » comme vous pouvez voir, n’est pas petit. Le Fils de Dieu » est venu pour une brebis égarée : ayez pitié, Monsieur, » de cinquante qui se perdent, et, qui plus est, de leur
‘» pasteur: mais que dis-je? de l’ombre de leur pasteur,
» qui ne l’est que pour les effrayer et les dissiper. Ce qui » peut vous toucher, Monsieur, c’est qu’il y en a une dou- » Zaine qui ont ce même dessein, et autant que je puis le » connaître, la plupart s’y porteraient aussi, s’ils avaient » quelqu'un qui les y attirât et qui leur coupât le pain que » je consume et dévore si misérablement, La mission a » touché les plus endurcis, et si vous apportiez à présent » le baume dans leurs plaies, vous les guéririez sûrement. » Je crois, Monsieur, que Dieu vous le demande; pour » son misérable serviteur, il vous en conjure à mains » jointes : il jette à vos pieds un bénéfice, prieuré simple, » des dépendances..., et si cela ne vous agrée, il vous fera
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» les conditions telles qu’il vous plaira devant NoTRE-Sel- » GNEUR. Si MM. Barrault et Perrochet ne pouvaient mé- » riter la faveur de vous voir, j'espère que vous ne refu- » serez pas à mes prières de nous envoyer un de vos » religieux pour nous communiquer vos ordonnances et
» vos commandements ; il me fera la faveur de venir au