‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 90 sur 251 · Ms. — Réglements du card. de la Rochefoucauld · texte numérisé non relu

Ms. — Réglements du card. de la Rochefoucauld

Mi, fol. 996.

(4) Mém.pour servir à l’hisloire du vén.Alain de Solminihac, liasse 7.

-- Lettres aut, de M, Olier, p.

cordat, il crut devoir faire part de cet acte au cardinal de L Ma

(t) Histoire la Rochefoucauld (1), abbé de Sainte-Geneviève, et dé- Chan des Clhunoines à

réguliers, ete.t. legué par le Saint-Siége pour réformer en France les Cha- de P4

Re de M, NOines de Saint-Augustin (2). Il lui écrivit le 29 juin, que plus

ae at dans cette affaire M. Olier lui avait donné tous les avanta- | désir ch, xx1. ges qu’il avait désirés, et tout le revenu, qui s’élevait à sept __ ocœas mille livres, et qui en vaudrait au moins dix après la mort qu’ils

des religieux. « Il y a aussi, ajoutait-il, un prieuré dépen- établ

» dant de cette abbaye, dans un bourg appelé Poliniac, régu

» à un quart de lieue de la ville du Puy, dont on pourra cellad

» faire un beau séminaire de religieux, qui servira pour de to

» remplir toutes les maisons de ces quartiers; et c’est parti

» un des principaux motifs qui m’a fait faire ce traité. » Vobli

XIV. Mais l'esprit de discorde se servit d’un des fermiers de gran

Un fermier l’abbaye pour faire échouer un dessein si salutaire. Ce au C3 . ; dr fermier, qui probablement n’eût pas trouvé sous la ré- OT le concordat. forme les avantages dont il jouissait sous M. Olier, pré- peigr vint l’esprit des religieux contre le traité conclu avec leur

l’abbé de Chancellade, et le leur fit envisager comme la prièr

ruine totale de l’abbaye. Il lui était plus aisé qu’à tout dans

autre de gagner ces religieux, obligés de tout recevoir de d’un

sa main; car le fermier de la seigneurie de Pébrac était elle

chargé de les nourrir et de les entretenir lui-même, comme Peut

(2) seance S'il eût été leur économe (3). Le mécontentement des re- mên pour l'abbé de Tirjeux éclata bientôt; sachant d’où partait le mal, M. Olier la ré

Pébrac contre Per rer u écrivit au chef de la justice du lieu pour se plaindre de la cette Seigneurie, pi. conduite de ce fermier, et lui recommander la cause, sans entr! Fe entrer néanmoins dans le détail des griefs. « Je suis si peu chet » entendu aux affaires, lui dit-il, que je n’ose vous parler les 1 » du particulier de celle-ci. Je me contente, Monsieur, de de PF » me présenter à vous pour en recevoir justice, et vous et, 1 » supplier de trouver bon que je vous offre seulement ce ordo » que ma condition m’apprend d'offrir pour les juges de port Q) Lettres. aut., ]a terre, les sacrifices et les chétives prières d’un très gler

de M. Olier, p, | ; 635. » humble serviteur (#). » : forn

M. ULIER ESSAIE DE RÉFORMER SES RELIGIEUX. 97 Malgré toutes ces précautions, le traité avec l’abbé de Chancellade venait à peine d’être conelu, que les religieux de Pébrac revinrent aussitôt sur leurs pas. Ne voulant plus céder le monastère où ils vivaient au gré de leurs désirs, et effrayés à la seule idée de réforme, ils prirent occasion de ce concordat pour secouer le nouveau joug qu’ils avaient voulu un instant s'imposer. Le Père Faure établissait alors, à Paris, une réforme pour les Chanoïnes réguliers de Saint-Augustin, plus douce que celle de Chancellade, et que le cardinal de la Rochefoucauld protégeait de toute son autorité. Dans cette extrémité, ils prirent le parti de se jeter entre les bras de ce religieux, et, pour L’'obliger de se déclarer leur protecteur, ils demandèrent à grands cris sa réforme. Ils firent aussi la même demande au cardinal de la Rochefoucauld, par un acte capitulaire du 4er août 1634, en protestant contre le concordat, qu’ils dépeignaient comme un acte très-nuisible aux intérêts de leur monastère. La mère de M. Olier vint joindre ses prières aux instances de ces religieux ; ne considérant,

dans le concordat avec l’abbé de Chancellade, que la perte d’un riche bénéfice qui s’échappait des mains de son fils, elle supplia le cardinal d’empècher l’exécution de cet acte. Peut-être craignait-elle encore que M. Olier ne prit luimême l’habit, pour déterminer ses religieux à embrasser la réforme, car il est certain qu’il leur fit dans un temps cette proposition *. Quoi qu’il en soit, elle obtint sur ces * NOTE 15,

entrefaites, par l’entremise du cardinal, une lettre de ca- à

chet (1), dont l’effet fut sans doute d’arrèter sur-le-chemp (1)M.Leschasles mesures que son fils venait de prendre. Les religieux Re tr de Pébrac avaient dressé leur requête le 4° du mois d'août; 77:

et, le onze du même mois, le cardinal rendit à Paris une

ordonnance où il statuait que M. Olier, leur abbé, se (rans-

porterait dans cette ville le 1°* octobre suivant, pour ré-

gler, de concert avec lui, les moyens d'établir cette ré-

forme. Défenses étaient faites de rien entreprendre dans

(0 Réglem du l’abbaye au préjudice de la demande formée par les reli-

card. de lu Roe chefoucauld , gieux, et même d’y recevoir personne à l’habit ou à la pro-

ue. À XW, P. . . 1 308. — Histoire eSSion, sous peine de nullité (1).

ac Cette mesure anéantit toutes les espérances de M. Olier. p.745, et ne servit qu’à enhardir les religieux de Pébrac dans le

Cette affaire mépris de leurs observances. Soit que le Père Faure n’eût en nu point alors de sujets capables d’établir sa réforme dans ce M. Olier. monastère, soit que M. Olier fit difficulté de les y recevoir, mine ere. comme il s’en expliqua dans la suite, toutes ces procé-

: Pr ch dures n’apportèrent aucun changement au régime de l’abistoriques, t. > à :

m, p. 460. — baye de Pébrac (2), et pensèrent détruire de fond en com- Gallia christiu- ne

alliaehrislite Fe la congrégation de Chancellade *. Le Père Faure et ses

na, 1. vu, col.

su. es 16, religieux eurent cependant toujours pour M. Olier les senp. 117. timents d’une singulière vénération. Malgré l’opposition qu’il témoigna pour la réforme mitigée de Sainte-Gene-

viève, ils le qualifient, dans leurs Annales : un saint abbé,

dont la mémoire est en bénédiction parmi tous les gens de

bien, un pasteur qui fut animé d’un zèle égal à sa vertu,

pour établir l'honneur et le culte de Dieu dans toutes les

(8) Hist. des Eglises que la Providence avait mises sous sa conduite (3). HU up, Cette négociation donna aussi occasion à M. Alain de Sol- METIERS minihac d'admirer la vertu de M. Olier : il conçut alors de lui une si haute estime pour son zèle à s’acquitter des

obligations de sa charge, qu’étant évèque de Cahors, il ne

craignait pas de le proposer pour modèle à ses curés, le comparant même à saint Charles, archevêque de Milan ; et un jour, peu après la mort de M. Olier, leur parlant de son zèle dans l'exercice des fonctions pastorales, il leur dit

NN ces paroles : Æ. Olier a été tout à sa charge ; et comme j'a )FieaeMm. ,, ‘ ; F Alain de Solmi- été la cause de sa sanctification, ce sera le motif de sa cano-

nihac, livre 1, es chap. xvr. nisation (4).

XVI, Contraint de renoncer, pour un temps, au dessein de ré- Succès des . :

, ÿ ; S A $ Ç he S missions de M, {07mMer ses religieux , M Olier se tourna vers les peuple Olier, La mère de la campagne, qui recevaient avec une avidité toujours Agnèsleprend RENE | ï ; RE VUE , , nonesondivec. PLUS insatiable la grâce du salut. Le succès étonnant de teur.

ra TRE a AT ASP ER AE

LA MÈRE AGNÈS PREND M. OLIER POUR DIRECTEUR, 99 toutes ses missions, dans les diocèses de Saint-Flour ct du Puy, fut une sorte de consolation pour lui et pour la mère Agnès (1). Cette sainte fille avait imploré longtemps ladivine (pHistoire der miséricorde sur ces terres abandonnées, où elle savait que 27""* "elis-

| | par Hermant, beaucoup d’âmes se perdaient tous les jours, faute de pas- in:1?, Rouen.

teurs zélés qui leur montrassent le chemin ; et c'était pour M Ps gi elle le sujet d’une joie incomparable, d'apprendre que

cette nuée de missionnaires, pleins de l’esprit de Dreu, en

faisait des terres de bénédiction. Chaque jour on venait

lui annoncer des conversions éclatantes que la grâce opé-

rait dans ces provinces: c’étaient les seules nouvelles aux-

quelles elle prit plaisir dans sa solitude, parce qu’elles

tournaient à la gloire de son céleste époux (2). Aussi avec (2 Fte de a quelle affection exhortait-elle M. Olier à continuer une or ia œuvre si avantageuse au salut des àmes*! « Comme un * NoTE 17, » jour, écrit celui-ci, je disais à sœur Agnès que j'avais P dE

» un grand désir d’étudier, et de venir à Paris pour cela,

» représentant que je n’en savais pas assez pour les peu-

» ples qu’elle était pourtant ravie de me voir instruire :

» Non, me répondit-elle, vous en savez assez (3). » (3) Mémoires

Mais la satisfaction la plus pure et la plus vive pour la mes mn

mère Agnès, c'était de voir la fidélité de M. Olier aux

grâces qu’elle lui avait obtenues, et son ardeur infati-

gable à s’avancer toujours dans les voies les plus élevées

de la perfection : car, à la fin de cette mission, qui dura

six mois, M. Olier n’était plus reconnaissable (4). Voyant FA 44 Le we ainsi le fruit de ses larmes ct de ses mortifications, la #: Leschassier, mère Agnès ne mettait point de bornes aux transports de !* **

sa reconnaissance. Combien elle se réjouissait d’avoir reçu de la très-sainte Vierge l’ordre de prier si spécialement : pour M. Olier ! avec quelle vive effusion de cœur elle offrait

sés actions de grâces à cette divine Mère, qu’elle regardait, après DIeu, .comme la cause principale de cette parfaite conversion ! elle aurait voulu les faire entendre à toute la

terre, et se consumer en louanges durant l'éternité. « Je

100 PARNIÉ 1, LIVHR II. — 1634.

» me fouviens, dit M, Olier, des souhaits que je faisais » ave£ Meur Agnès , je désirais bien être dans le ciel, pro- » sterné aux pieds de cette grande princesse, pour y chan- » ter ses lonanges à satiété, et les faire entendre à tout le » paradis, Cette bonne âme l’aimait uniquement, et m’a

(1) Mémoi , à . M Ole bien aidé à l'aimer (1). »

t1,p. 448. Enfin, la mère Agnès, voyant M. Olier parvenu déjà à un degré de perfection qui ne pouvait être bien connu que de Dieu, se sentit portée à le prendre pour son directeur,

(2) Année Do- pt à ]ui confier tous les secrets de son âme (2). Je vous ai

minicaine, etc,

— Remarques autrefois considéré, ui dit-elle. comme l'enfant de mes historiques, t, F ‘ S A 2 ut, p. 469, 460, Larmes, on priant pour votre conversion : dès aujourd’hui je

no) purs vous regarde comme mon guide et mon père (3). C'était le 1] -

troductionecau. dernier moyen que la Providence lui offrait pour mettre le se, elc.,no 44 . :

ten comble À sa perfection, Sous la conduite de M. Olier, elle

sembla entrer dans une voie nouvelle. Elle :2trouva les

(4) Responsio lumières, la joie et les consolations dont elle avait été pri-

ad ( 2 . .

on 0 vée depuis son entrée dans la vie religiense, et déclara

72. — Viedela que, jusqu'à #4 mort, elle n’aurait plus d’autre guide ven, mère A- | gnès, p. 514, que lui (4),

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