XVI. Par cette union #i étroite, la Providence voulut mani
L'union de Fes ; la mère Agnès fester À l'Eglise la sainteté de ces deux grandes âmes,
et de M. Olier comme Ja suite l'a fait voir (5). Elle fit connaître par a manifesté la ; : 54 les pl !
sainteté del’'u. M, Olier, l'un des hommes de son siècle les plus versés ee et de l’au- dans la science des Saints, les trésors de grâce cachés re. ‘ .
dans la mère Agnès ; car il contribua plus que personne Piper à aceréditer partout, et principalement dans le clergé, Re no l'opinion de la haute sainteté de cette grande servante de (6) Vie de ta DEL, & Ï nous a dit plusieurs fois, rapporte M. de Lanvén, mère A ’ ri : * ra] qnès de Jésae, ” TAB) l'un de ses disciples, qu il avait connu beaucoup in-12, ANUE. Je » de grandes mes, mais que la mère Agnès les surpassait verlissemn,, p. x. Sr PE » toutes par la perfection de ses vertus, et l’excellence des
* NOTE 18, : , p. 118. » dons divins * (6), »
* NOTE 19. L P. 119. moires de «a vie admirable *, et ce fut par respect pour ses
Aussi prit-il an vif intérêt à la composition des Mé-
LA MÈRE AGNÈS PREND M. OLIER POUR DIREUTEUR. iul À | sentiments, que M. de Lantages d’abord, et, dans ces der- (1) Responsio
: : , d animudvers niers temps, M. Emery, publièrent la Vie que nous avons rs es
d. d’elle (1) : ouvrage qui, presque aussitôt qu’il parut pour à En ee. . . . t fs la première fois, fut traduit en latin, en allemand, en fla- mère Agnès de Q : . A FI Je ésus, 1808. Æ- A mand, en italien (2), et a fait connaître la mère Agnès wsisui, p. ii. : dans toute l'Eglise Le * NOTE 2, à \ Cette sainte fille, douée du don de pénétrer les secrets P: 119: jé des cœurs, rendit de son côté à la vertu de M. Olier le r, L plus haut témoignage; elle fit connaître, par avance, la due \ à A , $ ) i » de L si mesure extraordinaire des grâces dont DIEu avait résolu mère Agnès de 7 ! de le combler au milieu des croix dont sa vie serait a" ?.,512 : je semée, l’affection toute maternelle que la très-sainte ne L . e. . L | L # , re a le Vierge lui porterait toujours, enfin les succès dont seraient Manière de se ‘ } L ds donner à Dieu le couronnés ses travaux pour le clergé, l’assurant que DIEU qans Le siècle, lle se servirait de lui pour former, par le moyen des sémi- 455 9e les 1! naires, un grand nombre de vertueux et saints ecclésias- Olier par M. de > S 1k . Bretonvilliers, ti } tiques (3). 1, p. 129.
ira ( Mais elle ne put jouir longtemps des avantages qu’elle XVIII.
M. Olier re-
ide retirait de sa direction. M. Olier, attaqué par les religieux vient à Paris. de son abbaye, avait, comme on l’a vu, recu l’ordre de se Lamère Agnès à | ee : $ | demande de ni- trouver à Paris, le premier jour d'octobre”, pour aviser, de mourir. es concert avec le cardinal de la Rochefoucauld, aux moyens * NOTE 21, ’ : x p. 120.
ar de les réformer. Sur ces entrefaites , le Père de Condren, cés li supérieur général de l’Oratoire, lui écrivit, de son côté, que és son retour dans cette ville était nécessaire (4), pour traiter (4) Fie de la $ re ‘ : ., mère Agnès de ne une autre affaire importante, dont le succès contribuerait Jésus, p. 815. : Re — Année Domigé, beaucoup à la gloire de Dreu. Quelque pénible que dût être sine SN c dE: à : f < ‘ ii 5 Remarques hisde 11 à M. Olier une séparation si prompte et sl inattendue, dès doriqies À Li, an- le premier mot le sacrifice fut fait. La mère Agnès y parut p. 460. up À d’abord très-sensible ; mais ayant bientôt demandé à Dieu ait si la grâce de le lui offrir avec générosité, elle pressa elle- À ; û pe û Q n des d même M. Olier d’obéir et de partir sans délai (5). Au mo- no Vie de 7 £ à £ ter, par .
ment de prendre congé l’un de l’autre, elle lui donna son & Bretonvilr Q . û Q Q , . Q , di t. é lé- crucifix *, et Ini dit : « Depuis votre arrivée j'avais cessé "7110-1416
: . | . à | * NOTE 22, ges 4 » de demander à Meu d'aller à Jui, mais maintenant je p. 120.
» puis bien dire adieu aux parloirs et au monde. » En se ,
! retirant elle dit tout haut: « Adieu, parloirs, je ne vous :
{ « verrai plus, » et alla aussitôt se prosterner devant le très- ;
1 saint Sacrement. Là, fondant en larmes, elle adressa à Î : Notre-Seigneur les paroles suivantes, qu firent connaître .
à ses sœurs la proximité de sa mort. « Hé, mon Dreu ! que » m'avez-vous fait ? Vous m’aviez donné un homme selon | » mon cœur, et vous me l'avez Ôté. Hé bien, mon Tont ! («une Do- 5 que votre sainte volonté soit faite (4)! Mon cher Époux l
} minicuine, elc, | SS | | sas ; | PA aps » et Ami (e’est ainsi qu’elle appelait Notre-Seigreur), j'ai | mu, p.461, » accompli, par votre grâce, l’œuvre que vous et votre » sainte Mère m’aviez confiée, et pour laquelle vous avez » voulu que je demeurasse encore sur la terre. Vous savez » le désir que vous avez mis dans mon cœur, de vous ai- » mer de toute son étendue, uniquement et sans réserve ; » Ce que ne pouvant pas faire sur la terre, j'ai toujours
» désiré d’aller à vous, pour être dans le parfait amour.
» Mon cher Ami, ne retardez pas mon bonheur : tirez-moi bé » à vous, et donnez-moi place parmi ceux qui vous bénis- ? » sent et vous adorent sans cesse ; car, si vous ne le faites, ? | » je crois que je mourrai de langueur à chaque moment. “ | » Je vous remercie d’avoir écouté mes prières , et de m’a- ; ; » voir donné et fait voir celui que vous désiriez que je .
» procurasse à votre Eglise par * es soins : layant vu et Ù » le sachant à vous, laissez aller mon esprit en paix. Je } . Q » ne vous demande pas que vous le tiriez avec moi de ce | |
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» monde, m'ayant fait voir qu’il vous devait rendre de j » grands services dans votre Eglise. Préservez-le du mal, # | * Nwrg 3, ayez-le sous votre protection ; faites-lui la grâce de n’ai- Lé LR Ms, de” Mr que vous, de n’être possédé que de votre esprit, et M. Olier, par » de ne vivre que de votre vie. Ce sont les prières que vous ; | ets » fait votre pauvre servante, résolue de ne bouger d'ici, | RS ire” jusqu'à ce que vous l’ayez exaucée * (2). » P.
Wie te Au sortir du lieu saint, la mère Agnès tomba malade, ques, LH, NN. ic 4 ui, chap. Je 42 octobre 163% (3): et, profitant du peu de temps qni
n se vous (rèssa à aitre que elon ut !
Joux j'ai otre avez avez s airve ; ours our.
-Mmo} inisites, nent.
m’a- 1e je u et . Je le ce e de mal, m’ait, et ous d'ici,
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MORT DK LA MÉRE AGNÉS. 10 lui restait encore, elle écrivit an Père de Coudren, général de l'Oratoire, pour le pries de se charger de la conduite spirituelle de M. Olier , qu’elle-même ne pouvait plus diriger visiblement (1). C'était, pour ce Père, comme un 4) s#rtestut.
ordre du Ciel, à cause de l'estime singulière qu'il faisait 44m Gr.
de cette sainte fille +. p. 481, Agnès écrivit aussi à M. Olier, pour lui déclarer qu’elle: XIX:
ne tarderait pas d'aller se réunir à Dieu (2): l'événement Agnès meurt. justifia cette prédiction d’une manière frappante , car elle ae A mourut le 19 du mème mois, âgée seulement de trente- sesde Langenc deux ans (3). M. Olier reçut la lettre, qui lui apprit La Por les con nouvelle de sa mort, le jour de la Toussaint, lorsqu'il était (24nnée Doau confessionnal, dans l’église de Saint-Paul, à Paris. Gi. 463. « Aussitôt, tout touché, dit-il, je m'en allai devant le saint ,, Ha de
» Sacrement faire mes plaintes à Notre-Seigneur de ce #étu, ? Pi » qu’il m'avait Ôté ce secours pour mon salut, à limitation et suiv. » de la pratique de cette bonne sainte en pareille ren-
» contre; je m’adressai même à elle dans le très-saint Sa-
» crement, puisque les Saints y sont présents, et que par-
» tout où Jésus-Cunisr est, partout aussi les Saints le
» suivent. Étant donc beaucoup afiligé de sa mort, et
» m'adressant à cette sainte âme , qui avait grande com-
» passion de la moindre de mes peines...., aussitôt je fus
» remis de ma douleur, mes larmes furent essuyées, et
» même, contre mon gré , je me sentis dans l'impuissance
» de pleurer et de m’afiliger davantage : ear, en ce temps,
» j'étais encore dans cette niaiserie , de eroire qu’il fallait
» s’affliger après de telles pertes, qu'il fallait même donner
ce témoignage à l'amitié d’une si sainte personne; ce
4 Etant surle point de se démettre du généralat de l'Oratoire, le Père de Condren consulta par lettre Ja mère Agnés ; et dés qu'il ue ñ x : , | . (4) L'admiraeut reçu sa réponse, qui fut négative, il renonça sur-le-champ à CC y pie, ete, ta. dessein (4). Préface.
(1) Mém aut.
de M, Olier, 1.
du, pe #8. —T, v, P. 331, 339.
» qui est une des manies du monde, comme si les Saints » ne gagnaient pas au départ de cette vie (4). »
M. Olier, ainsi consolé, songea à consoler à son tour les religieuses de Langeac, que cette perte avait jetées dans la consternation, et dont la douleur semblait n’avoir pas de bornes. Il commença sa lettre par cette salutation :
« Mes révérendes Mères, JéÉsus-Cnrisr délaissé de son » Père, la Mère délaissée de son Fils, soient votre consola- » tion et votre appui.
» Quoiqu'il n’y ait rien de plus commun dans le monde » que les pertes, la vôtre ne peut être commune : je le con- » nais assez par ce que j’en éprouve, moi qui ne saurais » prétendre si légitimement que vous à la possession de » votre bienheureuse mère. Vous avez eu sujet de gémir » quelque temps, et vous pouvez encore soupirer à l’ou- » verture de ma lettre, en voyant la plaie que cette mort » a faite à mon cœur. Mais, toutefois, mes révérendes » Mères, ce qui doit nous consoler tous également, c’est » qu’étant obligés d'oublier nos intérêts pour procurer » ceux de Dieu, nous sommes assurés qu’il gagne dans » nos pertes ; et qu’aujourd’hui il possède pleinement cette » âme, que l’usage de sa liberté retenait auparavant in- » certaine, et dont il n’avait encore que l’attente. Mes ré- » vérendes Mères, que saurions-nous perdre dans un évé- » nement qui enrichit même la majesté de Dieu? Vous » avez perdu une fille, et vous avez une Sainte ; elle était » dans vos bras, et elle est dans le sein de Drœu.
» Mais, outre cela, ne devons-nous pas nous réjouir » du bonheur de votre mère? Vous aimiez mieux sa vie » que la vôtre, comme vous me le mandez ; vous ne devez » pas moins aimer sa gloire : et si vous vous affligiez au- » delà des premières surprises, ce serait haïr et pleurer » son bonheur, et lui faire croire, si elle en était capable, » que vous seriez jalouses de son repos etennemies de sa » félicité. Ce sont là les ouvrages bien imparfaits de nos
MORT DE LA MÈRE AGNÉS, 105 faibles sentiments. Mes révérendes Mères, il ne faut donc pas pleurer sur son corps, puisqu'il attend la gloire; moins encore sur son âme, puisqu'elle la possède. Ce serait remplir de larmes le paradis , où ces effets de uos faiblesses et de l’imperfection de notre foi ne doivent pas avoir d’accès. Je vous dirai qu’il faudrait prendre garde en cette rencontre à un malheur assez commun qui suit la mort des grandes âmes, savoir, le déclin et le déchet de leurs maisons. Ce n’est pas que notre Dieu n’ait autant de motifs de nous favoriser qu'auparavant, mais la méfiance pour lui éloigne ses approches et ses caresses. Les pertes des créatures nous unissent toujours à Dieu, de même que leur jouissance par trop intéressée, et leur attache trop empressée, nous en sépare et nous en éloigne. Et, comme vous le savez, les recherches que nous faisons de l’amour divin et de la grâce dans les créatures, sont vicieuses et blâmables, dès qu’elles s’éloignent de la volonté de Dreu. Notre Dieu se réserve toujours cet empire et cet hommage pour soi; et veut aussi par là nous montrer que quelque sainte que soit sa créature, si elle nous remplit et nous occupe d’elle-mème, elle bannit Dieu de nous, et en éloigne ses faveurs et ses grâces. C’est de quoi j’ai bien peur pour moi, et ce que je n’appréhende pas pour vous : vous êtes ses bonnes filles, les héritières de ses vertus, les images vivantes de sa grâce; et moi, misérable pécheur, je suis l’ingrat sujet de ses bénédictions, l’infidèle successeur de ses dévotions, l’insolent profanateur de ses grâces, et qui peut-être, par mes péchés et mes misères, ai causé sa mort. Priez-la donc, invoquez-la donc pour moi; les filles auront pouvoir sur l'esprit de la mère. J'attends cette faveur, étant, mes révérendes Mères, votre très-humble et très-obéissant fils, frère et serviteur ({). »
(1) Archives
du monastère de Ste-Catheri-
Les religieuses de Sainte-Catherine de Langeac, dont ne de Langenc.
106 PARTIR Le LIVRE Us — 109, lu communauté s'est perpétuée jusqu’à ce jour duus cette ville, conservent religieusement une ancienne copie de la lettre que nous venons de rapporter, Par respect pour M. Olier, qu'elles ont toujours vénéré comme un Saint, elles la tiennent renfermée dans une boîte où sont plusieurs reliques de la mère Agnès. Elles y conservent aussi une écuelle avec sa soucoupe, dont le serviteur de Dre * notre %4, 8e servait dans ses visites à la mère Agnès *, ainsi qu’un pe 128, calice en argent qu’il donna au monastère, C’est une nouvelle preuve de l'impression profonde qu'a laissée autrefois l'idée de sa sainteté.
XX. On a vu, par la lettre de M. Olier, l’assurance qu’il eut PU de la gloire de la mère Agnès, dès qu’il en eut appris la se et mène MOrt. Depuis ce moment, l’une de ses intentions ,en of- He POS frant le saint sacrifice, fut de remercier Dieu de la mesure
extraordinaire de grâces dont il l'avait enrichie , et il ne cessa de l’invoquer avec une confiance égale à la vive affection qu’elle lui avait toujours témoignée. La privation d’un tel appui, au lieu de ralentir sa ferveur, sembla l’animer au contraire d’un nouveau zèle pour pratiquer les conseils de perfection qu'il avait reçus de cette grande servante de Dieu, surtout la pauvreté évangélique qu’elle lui avait si souvent et si fortement inculquée. Jusqu’alors il avait retenu, par l’ordre de saint Vincent de Paul, son carrosse et ses chevaux, quoiqu'il en eût à se faire de continuelles
| violences. « Depuis que je m'étais donné entièrement à ke » Dev, dit-il, j’éprouvais mille peines et mille souffrances, ie » lorsque j’entrais dans le carrosse que j'avais conserve à afi » jusqu’à ces derniers temps; et les fréquents accidents | V'é » qui m'arrivaient ensuite, me confirmaient de plus en ge » plus dans la pensée où j'étais que Dieu voulait me voir 0 “ » débarrassé de tous ces dehors mondains. Je ne puis por- ; pr » ter les livrées du monde, ni ses facons de faire ; je ne ' » puis m'accommoder à ses suites, à ses laquais, à ses | vi » équipages , enfin, à tout ce qu'il estime ; et il me semble el
‘elte e lu pour hint, plu- LUSs4i Dieu l'un outre-
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