‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 114 sur 489 · XVIIE · texte numérisé non relu

XVIIE

M. Olicr revient à Paris.

Lamère Agnès

demande de mourir.

(5) Vie de la mére Agnès de Jésus, p. 515.

— hunce Dominicaine, ete. Remarques historiques, LOUE p.

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Olier, par D.

deBretonvilliers, t. 1, p. 116.

(2) Année Do- Mminicaine ,elc.— Remarques historiques, L.AIL D.

d'obéir et de partir sans délai (1). Au moment de prendre congé l’un de l’autre, elle lui donna son crucifix *, et lui dit : « Depuis votre arrivée j'avais cessé de deman- » der à Dieu d'aller à lui, mais maintenant je puis bien » dire adieu aux parloirs et au monde. » Ense retirant, elle dit tout haut : « Adieu, parloirs, je ne vous verrai plus » et alla aussitôt se prosterner devant le très-saint Sacrement. Là , fondant en larmes , elle adressa à Notre-Seigneur les paroles suivantes, qui firent connaître à ses sœurs la proximité de sa mort. « Hé, mon Dreu ! que m'avez-vous » fait? Vous m'aviez donné un homme selon mon cœur , et » vous me l'avez Ôté. Hé bien , mon tout! que votre sainte volonté soit faite (2)! Mon cher époux et ami (c'est ainsi » qu'elle appelait Notre-Seigneur ), j'ai accompli, par » votre grâce, l’œuvre que vous et votre sainte mère » m'aviez confiée, et pour laquelle vous avez voulu que je

» demeurasse encore sur la terre. Vous savez le désir que » vous avez mis dans mon cœur,de vous aimer de toute son » étendue, uniquement et sans réserve ; Ce que ne pouvant » pas faire sur la terre, j'ai toujours désiré d'aller à vous, pour être dans le parfait amour. Mon cher ami, ne re-

» tardez pas mon bonheur : tirez-moi à vous,et donnez-moi

place parmi ceux qui vous bénissent et vous adorentsans » cesse ; car, si vous ne le faites, je crois que je mourrai de » Jangueur à chaque moment. Je vous remercie d'avoir » écouté mes prières, et de m'avoir donné et fait voir ce- » fui que vous désiriez que je procurasse à votre Eglise par » mes soins : l'ayant vu et le sachant à vous, laissez aller » mon esprit eu paix. Je ne vous demande pas que vous le » tiriez avec moi de ce monde, n'ayant fait Voir qu'il vous » devait rendre de grands services dans votre Eglise. Pré- » servez-le du mal, ayez-le sous votre protection ; faites- » lui la grâce de n’aimer que vous , de n'être possédé que » de votre esprit , et de ne vivre que de votre vie. Ce sont

» les prières que vous fait votre pauvre servante, résolue

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MORT DE LA MÈRE AGNÈS. 103 » de ne bouger d'ici, jusqu'à ce que vous l’ayez exau- » cée * (4). »

Au sortir du lieu saint, ia mère Agnès tomba malade, le 12 octobre 1634 (2) ; et, profitant du peu de temps qui lui restait encore , elle écrivit au père de Condren, général de l’Oratoire, pour le prier de se charger de la conduite spirituelle de M. Olier, qu'elle même ne pouvait plus diriger visiblement (3). C'était, pour ce père , comme un ordre du ciel, à cause de l'estime singulière qu'il faisait de cette sainte fille +.

Agnès écrivit aussi à M. Olier, pour lui déclarer qu'elle ne larderait pas d'aller se réunir à Dieu (4) ; l'événement justifia cette prédiction d’une manière frappante, car elle mourut le 19 du même mois , agée seulement de trentedeux ans (5). M. Olier reçut la lettre qui lui apprit la nouvelle de sa mort le jour de la Toussaint, lorsqu'il était au confessionnal , dans l'église de Saint-Paul, à Paris. « Aussitôt, tout touché, dit-il, je m'en allai devant le saint » Sacrement faire mes plaintes à Notre-Seigneur de ce » qu'il m'avait ôté ce secours pour mon salut, à limitation » de la pratique de cette bonne sainte en pareille ren- » contre ; je m’adressai même à elle dans le très-saint Sa- » crement , puisque les saints y sont présents , etque par- » tout où JéÉsus-Curisr est, partout aussi les saints le » suivent. Etant donc beaucoup affligé de sa mort, et » M'adressant à cette sainte âme , qui avait grande com- » passion de la moindre de mes peines..…, aussitôt je fus » remis de ma douleur, mes larmes furent essuyées , et » même, contre mon gré , je me seætis dans l'impuissance

de pleurer et de m'affliger davantage : car, en ce temps,

+ Etant sur le point de se démettre du généralat de l'Oratoire , le père de Condren consulta par lettre la mère Agnès, et dès qu'il cut reçu sa réponse , qui fut négative, il renonça sur le champ à ce

dessein (6)

(1) Vie Ms. de M. Olier, par M.

deBretonvilliers, t.1. p.116. 117.

(2) Admirable vie de sœur A— gnès , tu, liv.

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