Ch Sect.1r. : RUES
de Collet, tvee ce petit nombre, il écrivit à saint Vincent de Paul et
ï NE Fan aux ecclésiastiques de la Conférence, pour leur apprendre | teur rapporte la le succès de ses travaux, et les inviter à venir y prendre A part. Sa lettre, datée de Vicille-Brioude , le jour de saint ee Pré jean , 24 juin 1636, est rapportée, en partie , par les histo-
riens de saint Vincent de Paul (3); nous la donnerons ici
en entier :
« MESsrEuRrs,
» Je ne puis être plus longtemps absent de votre compa-
> guie sans vous rendre compte de nostravaux, La mission
» commença le dimanche après l'Ascension, et elle à duré LL » tict
» jusqu'au 15 de ce mois. Ce jour, qui était la fête patro-
nale du lieu, on voulut que le soir, en présence du très- * Ma
re comme à 2 ces parocifixus est!
des mêmes rsuadé que, tes de conjoignait des r par de ride fer qu'il age (4).
ur CES CONns ; aussi Ia qui remplit s-lors le beuflire à tous [l avait conistiques que son exemple prêtres des les besoins it de Paul et re apprendre ir y prendre ur de saint pur les histoonnerons ici
O{re COMpPAx. Lamission elle a duré a fête patrosance du très-
SECONDE MISSION D'AUVERGNÉ. 163 » saint Sacrement , j'adressasse les adieux au peuple : ce » qui se fit avec toute révérence pour la majesté du Dreu » qui présidai, et aussi avec tant de larmes et de soupit's, » qu'il faudrait, je pense, y avoir été pour le croire. Dreu » soit béni! La même chose était arrivée lors que nous fi- » mes la procession des petits enfants, et au moment de » leur communion.
» Au commencement, le peuple venait, selon que nous » pouvions le souhaiter, c’est-à-dire autant que nous pou- » vions Suflire à l’entondre en confession ; et cela, Mes- » sieurs, avec de tels mouvements de grâce, que, de tous » CÔtés,il était aisé de savoir dans quels endroits les prêtres * confessaient les pénitents : les soupirs et les sanglots de » ceux-ci se faisant entendre de toutes parts. Mais, sur la » fin, le peuple nous pressait si vivement, et la foule était si grande, qu'il nous fallait parfois douze ou treize prêtres » pour subvenir à l’ardeur de ce zèle. On voyait ce bon peu- » ple ‘ourer dans l'église sans boire ni manger, depuis
» iù 0.0! du jour jusqu'à la dernière prédication, malgré » Ja chaleur, qui était extraordinaire, attendant la commo- » dité de se confesser. Quelquefois, en faveur de ceux qui » venaient de loin, nous étions contraints de faire deux » heures, et plus, de catéchisme , et tous en sortaient aussi » affamés qu'en y entrant : cela nous laissait tout confus. [Il
fallait faire le catéchisme de la chaire du prédicateur, n’y
ayant point de place dans l'église, et même les environs
du cimetière , les portes et ics fenêtres étant chargées de
peuple ; la même chose se voyait au sermon du matin et » à celui du soir, qu'on uomme le grand catéchisme; sur » quoi je ne puis rien dire, sinon ces paroles : Benedictus » Deus! Bencdictus Deus! Béni soit Dreu,qui se commu- » nique si libéralement à ses créatures, et surtoul aux pau- » vres! Car, messieurs, nous avons remarqué que c’est par= » ticulièrement en eux qu'il réside , et pour eux qu'il de- » mande le secours de ses serviteurs, afin d'achever par
» leur ministère ce qu'il n’a pas accoutumé de faire seul, » je veux dire l'instruction et la conversion totale de ses » peuples. Messieurs , ne refusez pas ce secours à Jésus ; » il y à trop de gloire à travailler sous lui, et à contribuer » au Salut des âmes, et à la gloire qu’il doit en retirer pen- » dant toute l'éternité. Vous avez heureusement commencé, » et vos premiers exemples m'ont fait quitter Paris ; conti- » nuez dans ces divins emplois, puisqu'il est vrai que, sur la
Lu
oo es
RE
1 fl » terre, il n’y a rien de semblable. Paris, à Paris! tu amuj » ses des hommes qui convertiraient plusieurs mondes. il » Hélas! dans cette grande ville, combien de bonnes œu- { » vres sans fruits, de conversions fausses, de saints discours
| W » perdus, faute de dispositions que Dreu communique aux
il 1 » simples ! Fci,un mot est une prédication ; les pauvres de
| » Ces contrées n’ont point méprisé la parole des prophè-
M » tes, comme on le fait dans les villes ; et, à cause de cela, | » Messieurs, avec fort peu d'instruction, il se voient rem-
| » plis de bénédictions et de grâces ; c'est ce que je puis
| | » vous souhaiter, dans le Seigneur, puisque, en son amour, | » je suis, Messieurs, votre très-humble , très-obéissant
» et trés-obligé confrère. »
VL ire : à Nouveaux Saint Vincent de Paul, après avoir reçu cette lettre, ré-
renforts que re- 4 à faire nartir » Pébhrac auatr ii ‘ôtres coit M. Olier. solut de faire partir pour Pébrac quatre ou cinq prêtres M. Meyster. de sa compagnie, comme il l'écrivit à M. Olier (1). Mais, (1) Recueil des ne ; : Ê :
leures de saint SUP ces entrefaites, les armées ennemies ayant fait une ir- Le LT PB: puption du côté de la Picardie, et Louis XIII demandant (2) Abelly, à saint Vinceut des aumonicers pour suivre ses troupes à la liv. re. XXXHE, ae ; :
chap. xxxiv. guerre, les ecclésiastiques, qui devaient aller en Auvergne, reçurent une autre destination (2). Plusieurs des amis de M. Olier s'empressèrent néanmoins de venir partager ses travaux, entre autres M. l'abbé de Foix, ainsi que M. Meyster, que le père de Condren lui envoya. M. Meys-
ter,eui devint l'un des plus célèbres missionnaires de son
temps,trouva mème, dans ces missions, l'occasion qui déve- Icppa le don extraordinaire qu'il avait reçu de Dreu, pour
Il} M.
faird
faire seul, tale de ses rs à JÉSUS ; contribuer retirer pencommencé, aris ; contii que, sur la ris! (u amurs mondes.
bonnes œuints discours munique AUX s pauvres de des prophè- “use de cela, e voient r'eme que je puis n son amour, rès-obéissant
te lettre, réicinq prêtres lier (1). Mais, nt fait une ir- IL demandant s troupes à la en Auvergne, surs des amis venir partager Foix, ainsi que oya. M. Meysanaires de son asion qui dévede Dieu, pour
annoncer la parole sainte. Le genre de ses discours, son accent, son regard seul , tout en lui concourait à produire les impressions les plus fortes et les plus vives (1). Nous en rapporterons, dans la suite, des exemples remarquables. Javait connu M. Olier à Paris, en 1636, et, comme il allait exercer son zèle en Provence, il eut le désir de lui offrir ses services en passant. « Quoique j'aie peu vu » M. Meyster, écrivait le père de Condren à M. Olier, j'ai » reconnu en lai un grand zèle, et beaucoup d'application » au Salut du prochain; il pourra servir pour ce qui vous » reste à faire dans votre mission présente, si vous le ju- » gez ainsi. Il me semble être de ceux qu'il faut laisser » conduire à l'esprit de Notre-Seigneur, qu'il ne faut pas » Captiver en lui, comme aussi il ne faut pas qu'il serve » de règle aux autres. Nous avons à le vénérer, et à nous » humilier de ce que nous ne sommes pas dignes de la » grâce que Dieu lui fait. Nous devons servir cependant à » fournir matière à son zèle, en lui donnant l’occasion de » travailler. J'estime certainement heureux les peuples » auxquels Dreu l'envoie, et qui peuvent cueillir les fruits » de son esprit. Je reconnais, ce me semble, et honore en » Jui quelque chose de la grâce apostolique à laquelle je » supplie Notre-Scigneur de nous donner quelque part (2).» IL parut, en effet, que le dessein de Dreu, en envoyant M. Meyster travailler aux missions d'Auvergne, fut de faire éclater en lui les richesses de sa grâce.
« C’est en ces quartiers-là, dit M. Olier, que notre bon » Seigneur à commencé à verser ses extraordinaires béné- » dictions sur ce grand serviteur, M. Meyster, homme » vraiment apostolique. C'est à où M. Perrochel, qui a » produit tant de bien à Paris, a fait son premier appren- » lissage ; de même que M. l'abbé de Foix, à qui Dreu à » donné depuis tant de bénédictions, et beaucoup d’autres aussi; enfin, c'est en ces pays que quelques-uns de ces messieurs, qui ont paru ensuite avec tant d'éclat dans
(1) Essai sur l'influence de la religion en France, elc.t. I D.