‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 174 sur 489 · MARIE DE VALENCE · texte numérisé non relu

MARIE DE VALENCE

» qu'elle voulut me découvrir toutes les grâces qu'elle

» avait reçues depuis la mort de son directeur, et nrap-

» prendre celles qu'elle avait mises par écrit de son vivant; Pr as » elle a pour moi une vraie charité de mère (1). » Le p.365. dessein de la Providence, en formant celte union entre

eux, fut de donner à M. Olier un nouveau secours qui

l'aidàt dans l’œuvre de sa sanctification , et de nouvelles

lumières sur sa vocation future. L'une des dévotions de

Marie de Valence était de prier chaque jour pour le

clergé séculier. Elle demandait à Notre-Seigneur de rem-

, ; (2) Recueil des plir tous les prêtres de piété, de science, de pureté d’in- bons prêtres, etc. tention, de zèle , de détachement (2) ,en un mot de toutes © 1e les vertus apostoliques ; et l'on est fondé à croire que, pour consoler sa servante, Dreu lui fit connaître quelque chose du renouvellement qu'il allait opérer dans l’ordre sacerdotal. Au moins lui donna-t-il une vue surnaturelle de la destinée de M. Olier, comme ce dernier nous l'apprend.

« Ce fut Marie de Valence, dit-il, qui m'assura, après Me «avoir prié pour moi, que Notre-Seigneur voulait faire pe sue » de grandes choses |, par mon ministère, dans son Fo ErA Me » Eglise (3).— Je bénis Dreu, dit-il ailleurs, qui, dans tous "* 4 M: Olier. » les états périlleux de ma vie, à suscité pour moi des » âmes saintes, et peut-être des plus saintes, et qui non- » seulement à permis qu’elles eussent avee moi des liaisons » spirituelles, mais leur à ordonné de nr'offrir continuelle- » ment à lui dans les temps de leur union plus intime avec » sa divine bonté. O grand Dieu! je vous suis infiniment

redevable pour tous ces biens, comme aussi à ces âmes

» bien-aimées, qui se sont si puissamment intéressées

» pour mon salut. Je vous rent; gràces aussi de les avoir

» portées, par des mouvements forts et puissants, à me

» découvrir les grâces dont vous les combliez, et de

“m'avoir ainsi fait connaître vos libéralités et vos trésors Pa ns » en leurs personnes (4). » LL p. 89.

Dans la vie angélique de Marie de Valence, M. Olier

(1) Mémoires aut, de M. Olier, t.11.p.426 «77.

M. Olier est atteint d’une grave maladie.

(2) Année Dominicaine,elc.— Remarques historiques, L. til.

pag. 464, 465.

— Vie de M. 0Olier, par le père Giry, partie tre, ch. vuit.—Jbid.

(3) M. Valentin. Atestations autographes , p.

Olier, par A. de Bretonvilliers, t.

(1, Atleslalions ;

aul. p. 165.

croyait voir une image fidèle de celle de la mère de Drev, et sa dévotion pour cette auguste reine du ciel, non moins que sa charité pour toutes les personnes qui étaient dévouées à son culte, lui inspirèrent la résolution d'envoyer à Marie de Valence, jusqu'à sa mort, la somme nécessaire pour sa dépense de chaque année. Il en écrivit cependant au père de Condren, qui approuva ce dessein. « Mon » directeur, dit-il, avait jugé utile que je donnasse à Marie » de Valence cent livres par an, ce qu'elle mème avait » estimé devoir suflire à tous ses besoins; j'étais trop » heureux de cette grâce (1). »

Div lui en accorda bientôt une nouvelle, non moins utile à sa sanctification, quoique d'un autre genre; ce fut une maladie qui le conduisit au bord du tombeau (2), et dont il fait lui-mème le récit en ces termes : « Après avoir » travaillé dix-huit mois dans les emplois des missions , » je disais à l’un de mes amis : Il ne me manque que quinze » jours de maladie pour avoir un témoignage bien assuré » que Notre-Scigneur à agréé nos travaux. Or, il arriva que » précisément le dernier jour de notre dernière mis- » sion +, celle de la Motte-Canillac (3), petite ville » d'Auvergne, m'en retournant à mon abbaye, je me sentis » dans un certain état de paix que je n'avais jamais » éprouvé en pareille circonstance ; car je n'avais aucune

» peine , el jusque-là cependant j'en avais été environné. » [l me semblait même que les croix étaient un appui et » une force non pareille pour mon âme ; sans elles, j'étais » tout débile ; en sorte que, me voyant pendant quelques » instants Sans peines et sans tribulation, je me trouvai si » chancelant que je n’en pouvais plus, et qu'il me semblait » que tout allait se perdre. Mais mon désir eut aussitôt

+ M. Valentin, qui était présent à la mission de Canilfae, attribue ja cause de cette maladie à lardeur avec laquelle M. Olier prècha, ce

jour même, le sermou de clôture (1).

» M » F( » de » Ch » Nc » il » l'h » Ce » m » let

» qu DAT » Cl » Jar » pa » on

» m’ » da

» da

» CO

» pa

» qu

re de DIEu, \ ciel, non qui étaient n d'envoyer 6 nécessaire L cependant sein, « Mon asse à Marie mème avail j'étais top

, non moins senre ; Ce fut mbeau (2), et « Après avoir es missions ; Le que quinze » bieu assuré ilarriva que ernière mispetite ville , je me sentis ‘avais jamais avais aucune té environné.

Lun appui et is elles, j'étais dant quelques me trouvai Si 'ilme semblait ir euL AUSSILÔL

janilfae , attribue ,Olier prècha, ce

S. FRANÇOIS DE SALES LE DÉLIVRE D'UNE MALADIE. 181 » Son accomplissement ; car arrivant à Langeac, petite » ville à une lieue de mon abbaye, et entrant dans l'église » du monastère où avait vécu et où était enterrée la bien- » heureuse sœur Agnès, qui m'avait prédit tant de croix, » je fus saisi d’un mal de tête excessif, qui fut le commen- » cement d'une grande maladie (1). Dès que je fus frappé » de ce mal, je me sentis porté à faire un vœu à Monsei- » gneur de Genève, pour le recouvrement de ma santé, et » aussitôt il me sembla que j'en étais assuré. Il me sou- » vient que, tout d’un coup, quoique très-assoupi, ayant » aperçu, comme au dedans de moi, quelqu'un qui m'avait » béni et donné assurance que je ne mourrais pas de cette » maladie, j'appelai promptement mon bon ami M. de » Foix, que quelques mois auparavant j'avais fait venir » de Paris, et je lui dis: Je ne mourrai pas..; allez cher- » cher le saint Sacrement à l'église du monastère. » Nous étions dans la chambre de l’aumônier, et, comme » il était deux heures du matin, il n'aurait pu, sur » l'heure, me procurer ce bienfait s’il était allé ailleurs. » Cependant le mal devint si violent , que les médecins » me condamnèérent ; et, ne trouvant plus de remède dans » leur art, l’un d'eux en essaya un qui réussit si mal, » qu'il me fit tomber en apoplexie ; pendant ce temps, on » (àcha de me confesser , mais je ne répondais qu’à demi, » ct enfin je perdis tout-à-fait la parole. On enfonçait des » lancettes très avant dans mes épaules , sans que je » parusse en ressentir la moindre impression ; et, comme » On croyait que je touchais à ma dernière heure, on » m'administra les saintes huiles. Je me souviens que » dans cet état, ayant perdu la parole et l'ouie, je répon- » dais cependant quand on prononçait le nom de Jésus, » comme aussi au nom de la très-sainte Vierge que » j'appelais ma maman, comme un enfant; car je n'avais » pas l'usage de la raison. C'était mon bon ami M. de Foix » qui usait de ce stratagême, sachant bien que rien ne

(1) Mém. au.

de M, Olier, (1.

(4) Vie de D. Olicr, par le père Giry, partie 1re, ch. vit. — Remarques historiques, L, HU. p.

(2) Mémoires autog. de M. Olier, t, 1. p.115.

Soins admira— bles de la Providence à l'égard de M. Olier.

(3) Ibid. t. ui.

(4) Ibid, t.n.

(3) Jbid. t. 1.

» pouvait me réveiller de cette léthargie que ces noms ; »et même, en ce temps là, le nom de la très-sainte » Vierge plus particulièrement que tout autre. Ou était » fort étonné de ne m'entendre rien répondre à tout le » reste, mais seulement à ces belles paroles, qui me péné- » traient le cœur, et faisaient ce que mille glaives perçants » n’eussent pu faire (1). Cette parole touchait la partie de » l'âme qui n’était point engagée dans le mal, et qui ne se » sentait point de l’assoupissement du corps. Je pense que » notre maître veut que la sainte Vierge ait part à tous » les biens du corpset de l'esprit , qu'il fait dans le monde, » comme le dit saint Chrysologue (2). »

« J'éprouvai bien , dans cette maladie , la vérité de cette » parole, où Notre Seigneur promet de rendre au centuple » ce qu'on aura quitté et sacrifié pour lui. Étant réduit à » l'extrémité , dans les lieux les plus déserts et les plus » éloignés de ma famille, Dreu voulut m'assister du se- » cours de sa providence , en récompense de mes travaux » pour lui, et me procurer des soulagements si admirables, » qu'il n’y a rien de pareil dans le secours humain (3). Le » jour même, ou la veille de mon arrivée à Langeac, il vint, » dans cette ville, deux excellents médecins comme tout » exprès pour moi; l’un, de deux cents lieues, sans y avoir » été appelé ; l’autre avait été mandé pour assister la petite » fille du seigneur de la ville (4). Ce fut une nouvelle mar- » que de la providence de mon maître à mon égard, que » l'impossibilité où elle me mit de passer outre pour aller » à mon abbaye. Sans doute je ne pouvais y être humai- » nement secouru , à cause de la violence extrême de mon » mal, qui,en deux ou trois jours, pensa m'ôter la vie : or, » ces habiles médecins,en servant la fille du seigneur ,nr’as- » Sistaient aussi moi-même très-soigneusement ; le monas- » tère étant fort proche de la maison seigneuriale (5). » Pour une mère ,unesœur et deux frères que j'avais quit-

T N Edoua ILen a vergne

COUrS €

ces noms ; très-sainte . Ou était re à tout le ui me pénéses perçants la partie de et qui ne se Je pense que part à tous is le monde,

‘rité de cette > au centuple ant réduit à ts et les plus sister du semes travaux i admirables, main (3). Le geac, il vint, comme tout , Sans y avoir ister la petite ouvelle mar- 1 égard, que e pour aller être humairême de mon er la vie : or, ’igneur,n'asit ; le monasneuriale (5).

e j'avais quit-

S. FRANÇOIS DE SALES LE DÉLIVRE D'UNE MALADIE, 185 » (és +, je trouvai des personnes sans nombre qui avaient » pour moi une charité plus que de sœur,de frèreet de mère; » les services que je recevais étaient accompagnés d'une » charité si désintéressée et si pure, qu'il n'y avait que » Dieu tout seul autour de moi (1). Je n'avais que faire » de ma famille; j'avais celle de Dieu, mon père, qui pour- » voyait à mes besoins avec abondance et profusion, telle- » ment que non seulement le Fils de Dieu accomplit en » ma faveur cette prophétie , qu'on recevra cent pour un » en quittant pour lui la chair et ce qui lui appartient ; » maisil me rendit,pour les personnes que j'avais quittées, » d'autres personnes incomparablement plus saintes, plus » ttiles à mes besoins, et plus grandes devant sa majesté; » surtout mes amis qui me secoururent constamment, el » me furent plus frères que tous mes frères (2). Comme » aussi ces bonnes religieuses de Langeac, héritières des » sentiments de sœur Agnès, qui n’épargnèrent rien pour » mon soulagement ; les prières, les larmes, les disciplines, » el toutes les inventions dont l'amour se sert pour obte- » nir de Dreu quelques grâces; ce furentles moyens qu’elles » eMmployèrent pour obtenir ma guérison (3).

» Pendant ce temps, ma sœur, alors à Paris, et qui » n'approuvait pas plus mes travaux que les autres » de mes parents, et qui, bien au contraire, les avait » en aversion, vint à mourir au milieu de ses connais- » sances, Sans être secourue par aucun de ses proches, » Sans assistance aucune , et délaissée de tous les siens. » Cette mort aurait pu montrer clairement à toute ma

famille, que servir le monde n'est pas un avantage,

+ M. Olier parle ici de deux frères , François Olier et Nicolas- Edouard , les seuls qui lui restaient lorsqu'il composait ses Memoires. I en avait peut-être encore un troisième quand il partit pour l’Auvergne, René Olier qu'il perdit, comme il le dit lui-mème, durant le cours de ses missions (1).

(1) Mémoires antograp. de M.

Olier, Lu p.

(2) lbid, tx.

(3) Ibid, t. 1.

Sa mère accourt pour l’'assister et le trouve guéri.

(1) Mémoires aut. de M. Olier, tu, p.415,

(4) Mémoires aut. de M. Olier, tv. p. 135.

(2) Ibid. L. tr.

pag. 416. 417.

(3) Vie de A1.

Olier, par le père Giry, partie tre, ch. VITE. — lie— marques histori= ques, Ÿ. HE. p.

Nouvelle maladie de M. Olier, Il est guéri

Secours , à Tournon.

(4) Mém. aut.

de M. Olier.t.r.

PARTIE I, LIV, V, — 1637, parce qu'il nous délaisse même à l'extrémité, et qu'au contraire on a tous les biens en servant Dieu, puisqu'il oblige le monde , même malgré lui, à assister ceux qu'il protége. En effet, j'étais parti pour ces déserts contre le gré de mes parents : et Dieu, pour montrer combien il prenait plaisir à notre dessein, m'envoya ma mère elle-même, avec mon plus jeune frère, pour me visiter. Sur la nouvelle de ma maladie , ma mère avait entrepris ce voyage de cent lieues, non seulement pour m'assister, mais pour me ramener à Paris en carrosse : ma faiblesse extrême avait besoin de ce soulagement , je n’eusse pu supporter la fatigue du cheval. Enfin Dieu voulut que ma mère, arrivant pour savoir l’état de ma santé, me trouvât déjà guéri. Pour lui montrer qui était celui qui me gardait et me protégeait dans son service, je menai au devant d'elle trois ou quatre cents pauvres, qui me suivirent au dehors de Ia ville; elle vit alors quel amour les pauvres me portaient , et que leurs prières et leurs vœux avaient obtenu ma guérison. Ces pauvres gens disaient tous de moi, dans leur étonnement : Z/ était allé en paradis, mais il est retourne (1). Je leur suis redevable de la grâce de ma guérison, que je ne méritais pas, et que toute ma famille ensemble n'aurait pu me procurer par son argent, son industrie et son crédit. Je bénis Dieu, qui prend toujours soin de conserver les siens, quoique très-chétifs et très-misérables ; non, on ne perd rien en le servant (2).

M. Olier se crut aussi redevable de sa guérison à saint

François de Sales , dont il avait fait vœu d'al er visiter le AN. D. de Bon- tombeau si Drev lui rendait la santé (3); et, ne pouvant alors accomplir ce vœu, il écrivit, incontinent après sa maladie, à une communauté de religieuses de la Visitation, la faveur que leur bienheureux père venait de lui obtenir (4).

Mais survir de no coutui oraiso voulai bleme:

» j'étai » Ma » me » dang » abso » Bon- » {out » furen en effet les pre autre r dant s chez le quinze presqu l'oraiso devaier Ce fl consola sous |:

» SOUS » qu'el » cueil » hom » mais » bande » Çaien » impo

té, el qu'au Dieu, puis- , à assister ti pour ces Daeu, pour re dessein, plus jeune ma maladie , cent lieues, r me ramextrême avait supporter la 1e ma mère, me trouvâl elui qui me €, je menai vres, qui me it alors quel is prières et Ces pauvres bnnement : // etourné (À).

ma guérison, unille ensement, son ini prend toue très-chétifs ‘n en le ser-

irison à saint al er visiter le t, ne pouvant L'après Sa Maà Visitation, la ui obtenir (4).

Page 1