‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 175 sur 489 · IL FAIT UNE RETRAITE A TOURNON · texte numérisé non relu

IL FAIT UNE RETRAITE A TOURNON

Mais à peine commençait-il à jouir de la santé, qu'il lui survint au genou un mal assez considérable pour donner de nouvelles inquiétudes, On attribua cet accident à la coutume qu'il avait de faire à genoux ses prières et ses oraisons , toujours fort longues. Les chirurgiens du pays voulaient lui faire des incisions qui l'eussent infailliblement estropié. « Comme je ne prévoyais pas ce péril , » j'étais tout résolu , dit-il, de passer par leurs mains. » Ma bonne mère, arrivée de Paris en Auvergne pour » me voir, ne voulut pas souffrir qu'on m'exposât au » danger d’être estropié toute ma vie, et s'y opposa » absolument. Alors je fis un vœu à une Notre-Dame-de- » Bon-Secours de Tournon * , où je me fis transporter » tout boîteux , à la vue des hérétiques de ces pays , qui » furent fort étonnés à mon retour (D). » M. Olier revint en effet avec l'usage libre de ses membres ; son genou, dès les premiers jours, ayant repris son état naturel, sans autre remède que l’invocation de la sainte Vierge. Pendant son séjour à Tournon , il fit les exercices spirituels chez les pères de la Compagnie de Jésus (2) ; il y passa quinze jours dans une solitude entière , ne conversant presque qu'avec Dreu seul , et puisant sans cesse dans l'oraison de nouvelles forces pour porter les croix qui devaient achever l'œuvre de sa sanctification.

Ce fut sans doute durant ces exercices qu'il reçut les consolations dont il parle en ces termes dans ses Mémoires, sous l’année 1637: « J’eus le bien de faire une retraite » sous un grand serviteur de Dreu. Pendant tout le temps qu'elle dura, je fus quasi toujours attiré à Dieu , et re- » cueilli insensiblement sans pensées distinctes ; et ce saint » homme me dit que j'avais été traité en enfant de bonne » maison. Je fus par lui confirmé dans la pratique de m'a-

» bandonner aux mouvements particuliers qui commen- » çaient déjà à me régler en tout, surtout dans les affaires importantes pour la gloire de Dieu; étant réduit par

(1) Mém, au.

de M. Olier, 1. v.

Olier, par M. de Bretonvilliers, t.

Valentin. Attestations aut. pag.

ee

ge "> or

(1) Copie des ”

Mémoires au'o— graphes de M.

Olier, 11, p. 3.

et 4, — Abrégé du 30e cahier des Mémoires autographes de M, Olier.

(2) Mém. autographes de M.

Olier, À. 11, p. 218, 219.—Copie des Mém.etc.

Lip 4 tu, p. 13. — Abrégé du 10e cahier des Mémoires de M, Olier.

M. Olier revient à Paris ; paroles remar-

quables de saintVincentde Paul,

PARTIE LH LIV, V, — 1637, nécessité d'avoir recours à mon maître, car je n'avais alors aucun conseil, et je vivais dans son service abandonné à ma seule conduite (4). F'appris , dans cette retraite, qu'il fallait parler avec dépendance de l'esprit de Notre-Seigneur : ce que je n'avais pas conçu auparavant, ne faisant jusque-là attention qu'à agir simplement , et à faire mes actions dans cette soumission dont je parle, et ne sachant même pas qu'il fallait que nos paroles eussent pour principe l'esprit de notre bon Jésus. Entre autres grâces que je reçus dans cette retraite, je me souviens que, faisant oraison, ce me semble, sur le saint Sacrement , il me fut montré qu'il fallait former des prêtres auxquels on devait inspirer la dévotion et le zèle de la gloire du très-saint Sacrement, pour le porter partout. El me fut mis devant les yeux un homme qui serait toujours en prières , pendant que les prêtres que l'on aurait instruits iraient préchant et publiant cette dévotion, Je voyais cet homme à genoux devant Dieu, et , en même temps , d’un autre côté, des prêtres tout de feu, qui, grimpant sur les montagnes comme des lions, portaient avec zèle la piété au très-auguste sacrement, dans les lieux les plus déserts et les plus pauvres (2). »

Après sa retraite, et lorsque sa santé fut suffisamment

rétablie, M. Olier reprit le chemin de la capitale; et, dans le cours de ce voyage, il éprouva encore d’une manière sensible , combien la Providence veillait sur tous ses pas.

Étant, dit-il, dans la compagnie de ma mère, son arrosse versa dans un fond où les chevaux et le cocher devaient périr ou être estropiés ; aussitôt et sans prémé- Ah, Jésus, mon amour! Ah,

ditation, je m'écriai Jésus, mon amour! et, par la bonté et la miséricorde de mon maître, nous ne souffrimes aucun mal : les chevaux ne furent pas même blessés. Il faut que la grandeur de notre Dieu soit incompréhensible, puisqu'il prend de si

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