‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 204 sur 489 · AT · texte numérisé non relu

AT

M. Bourdoise communique à M. Olier l'es-

mois suivant, ils se retirèrent dans une terre quiappartenaie Prit paroissial.

21 septembre

(1) Lettresaut.

du père de Condren.

) Lettre de , . : x : de Harlay, sachent désormais la manière de se conduire en public parmi Les lettres Ms.deM, Ame lote.

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(1) Vie imprimée de M, Bourdoise, in-40,liv, V. p. 05.

Bourdoise , Ms.

in-folio.p. 548.

(3) Vie du méme , Ms. in-40° p. 12.

(4) Vie duméme, in-folio. 1bid.

» qui saitchanter, dit-il, fera choriste avec M. Brandon », puis, s'adressant à un Jésuite, qui se trouvait là par hasard, « le révérend père fera célébrant ; je ferai diacre et con- » duirai les officiers de l'autel ». Enfin le sous-diacre , les acolythes et les thuriféraires furent pris parmi les autres ecclésiastiques de la compagnie. Le père Jésuite , surpris d'une invitation si brusque, fit d’abord quelque difficulté : il se rendit néanmoins comme les autres, et tout se passa si bien , dit l'historien de M. Bourdoise, que non-seulement le peuple en reçut une grande édification, mais que ces Messieurs eux-mêmes , surpris et contents, ne pouvaient comprendre comment ils avaient pu réussir en une chose qui leur était si nouvelle (1). M. Bourdoise fit plus encore : à Vépres, il associa au père Jésuite le père de Condren luiméême,qui était venu au Loreau,et leur fil prendre à l'un et à l’autre le surplis et la chappe. Enfin il rendit ces Messieurs tellement affectionnés à la paroisse , qu'ils menaient à celle du Loreau tous les ecclésiastiques qui venaient les voir , etles y faisaient assister, en surplis, à tout l'Office (2). Ils en usèrent de même à Saint-Maur-les-Fossés , oùils avaient eu, jusqu'alors, une chapelle domestique pour leurs exercices de piété. M. Bourdoise y étant venu passer quelques jours avec eux, vers la fin de septembre, les engagea à ne plus dire la sainte Messe qu'à l'église de la paroisse, el à y assister aux offices, en surplis : ee qu'ils firent avec joie (3). [est même à remarquer que le père de Condren, qui vint les visiter peu après , voulut se conformer lui-même à cette édifiante pratique, et les suivit à l'église de la paroisse, revêtu du surplis (4).

Charmé de la piété et de la docilité de ces ecclésiasti- R

ques, M. Bourdoise les invita à venir exercer leurs fonctions à la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, lorsqu'ils demeuraient à Paris : c'était à surtout qu’il formait ses nombreux disciples au chant, aux cérémonies , à l'administration des Sacrements. Ils reçurent cette invitation

avec une manche :

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L'ABBÉ DE SAINT-CYRAN. 293 avec une sincère reconnaissance , s'y rendirent dès le dimanche suivant , et continuèrent ainsi jusqu’à la Septnagésime (1), où ils reprirent le cours de leurs missions. Durant tout ce temps, M. Bourdoise les exerçait fréquemment aux cérémonies, tant à l’église de Saint-Nicolas, qu'à celle des Bernardins (2). Ce fut lui qui leur enseigna ce qu'ils surent dans la suite sur cette matière ; du moins M. Olier, lui rappelant les soins qu'il avait reçus de sa part, lui disait : « Vous nous avez donné les premières teintures de » la cléricature; et entre autres à ce pauvre novice qui » vous écrit * (3).

Mis cette bonne harmonie entre M. Bourdoise et ces ecclésiastiques faillit d’être rompue par les intrigues de l'abbé de Saint-Cyran; et il ne sera pas inutile de faire remarquer, à cette occasion , le premier motif de l'éloignement de M. Olier et des siens pour ce patriarche de la nouvelle secte. Ce fut son orgueil révoltant qui les éloigna peu à peu de sa personne ; car il osait bien, lorsqu'ils le visitaient séparément , témoigner un grand mépris pour le concile de Trente *, soutenir qu'il n’y avait plus d'Église , et que, depuis six siècles, personne que lui n'avait entendu le dogme de la grâce. M. de Bassancourt , M. de Foix, M.Brandon, et tous les autres ayantrompu tout commerce avec cet abbé , il s’efforca alors de séduire M. Pourdoise, et usa tour à tour de mille flatteries pour le gagner. Il paraît que celui-ci, peu familiarisé avec les matières de théologie , ne se tint pas assez en garde contre l’austérité hypocrite du sectaire : il écouta trop volontiers ses discours captieux, dit l’ancien auteur de sa Vie, et en eut même l'esprit un peu embarrassé (4). Pour l'éblouir, Saint-Cyran feignait sans doute de vouloir concerter avec

| lui les moyens d’arracher les scandales de l'Eglise, et de

ramener dans le clergé la sévérité et la discipline des premiers temps. Mais à la fin M. Bourdoise reconnut le pié-

(1) Vie de AT.

Bourdoise in-40,

(2) Ibid, in- 40, p.518, 520,

(3) Lettre de M, Olier, dans la Vie de M,Bourdoise, Ms, in-40.

Intrigues de l'abbé de Saint- Cyran.

Bourdoise | Ms.

in-40, p. 677.

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autre artifice. Les prétendus disciples de saint Augustin résolurent d'introduire , dans la communauté de Saint Nicolas-du-Chardonnet, un des disciples cachés du pawiarche de la secte, pour qu'il y répandit secrètement le poison de l'erreur, M. Bourdoise n'aperçut pas d'abord ce nouveau stratagème ; mais M. Olier et ses amis l'ayant bientôt découvert, dans leurs visites à saint Nicolas, crurent devoir lui déclarer qu'ils seraient contraints de rompre Lout commerce avec lui, s’il recevait ce sujet, et M. Amelote, comme supérieur de la petite société, lui en écrivit en ces termes, le 4 octobre 1640, de Saint- Maur-les-Fossés, « Si vous gardez M. N.... à Saint- » Nicolas, vous refroidirez nos Messieurs ; et vous » gâterez plus, en un jour, que vous n'aurez pu faire en » beaucoup de temps. Vous savez avec quel soin il faut » entretenir ces commencements.….. Mais vous pouvez » VOUS assurer que nous sommes munis contre toutes (1) Vie de M. » sortes d'attaques, et résolus d'aimer la religion et l'E- Bourdoise , Ms. x : ; 2 in-4, p. 678. ” glise. Vous savez Comme je parle franchement... Con- 679.» linuez-nous votre charité ; nous profiterons de tout(1). (2) Vie du méme , par le père Cette lettre produisit sans doute son effet (2); car M. Bour- Ai EE doise continua de les instruire, et de les exercer comme NI auparavant aux fonctions de leur état. Il paraît qu'elle p. 194. n'empêcha pas néanmoins ce faux frère de séjourner quelque temps à Saint-Nicolas; et ce fut lui probablement qui pervertit un ecclésiastique de mérite et de talents , attaché depuis huit ans à cette maison, dont il semblait devoir être un jour et l'ornement et la gloire : nous purlons de Claude Lancelot, qui se fit un nom dans les lettres, A et illustra même Port-Royal. Le perfide émissaire lui fit Royal, par Be- envisager, Comme une grâce singulière, l'honneur d’être nu PE dmis au nombre des disciples de Saint-Cyran (3); et il y réussit si bien , que Lancelot ne revint jamais de son fol enthousiasme. Après avoir tiré Lancelot de Saint-Nicolas , cet abbé enleva Antoine Singlin à saint Vincent de

Paul men

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aint Augustin uté de Saintachés du pa- L secrètement ut pas d’abord amis l'ayant saint Nicolas, contraints de it ce sujet, et te société, lui h0, de Saint- N... à Sainturs ; et vous rez pu faire en el soin il faut , VOUS pouvez , contre toutes religion et l'Eement.... Conns de tout (1).

); car M. Bour- +xercer Comme L paraît qu'elle séjourner quelrobablement qui etalents , atladont il semblait ire : NOUS pulrdans les lettres, ‘missaire lui fil l'honneur d’être yran (3); et il tjamais de son ot de Saint-\Niaint Vincent de

L'ABBÉ DE SAINT=-CYRAN., 295 ‘ i à? HU \ PAU dh Ü H { Paul, et s'attira encore Toussaint des Mares, qui com-

mençait à se faire, dans la chaire, une brillante réputa- ,, (0) Notice sur

tion (1). N aur F Port-Hoyal, par

. Nous aurons occtsion de parler de ces deux Petiror.—hecucil

derniers dans la suite, de Memoires,ete, t. XXNXHUE,

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T Area nl NOTES DU SIXIÈME LIVRE. ar plusie:

pelle { sion d ORIGINE DE LA CHAPELLE DE NOTRE-DAME DE TOUTÉ-JOIE.

NOTE 1. — Celtic chapelle , lieu ordinaire de pélerinage pour M. Olier, lorsqu'il était à Clisson , est située à un quart de licue NO1 : Rire Notrenord-est de cette ville, sur la route de Gétigné. Dans ses Lettres Notre / ‘ ; dr Ces d'arget 4) Tome nu, Vendéennes, ME le vicomte Walsh en à rapporté l'origine sur un ë° NANIV, à , à Fe : | : , U offri re bruit populaire , qu'il ne garantit pas (41), et qui, en effet, n'est | Ari soixant

pas entièrement conforme à l'ancienne tradilion du pays, attestée : : : + À : Vierge encore aujourd’hui par les habitants de Clisson, les plus instruits e : | : das celle it et les plus graves. Leur relation, que nous mettons ici, pourra servir comme de correctif à ce passage des Lettres Vendéennes. Hs disent donc qu'Olivier de Clisson, père du connétable , revenant de visiter ses terres, et se trouvant dans l'endroit mème où la

1 ul AR . , , û .

| chapelle est bâtie , fut abordé par un messager , qui lui annonça On a

à la fois deux bonnes nouvelles, la naissance de son fils, dans la

# 14 suite connétable , et la défaite des Anglais qu'il n'aimait pas ; et

ils ajoutent que , dans les transports de sa joie , il promit de bâtir,

dans ce lieu mème, à l'honneur de la sainte Vierge, une chapelle, Le| PO EH

qui fut appelée depuis Notre-Dame-de-Toute-doie.

Î )OMÂL à jh ! Elle devint un lieu de pélerinage pour les environs, et, avant k niatée N ‘a a révolution, treize ou quatorze paroisses s'y rendaient, en pro- fiqûile A cession , à différents temps de l’année. Mais durant les désastres placé dd ” de la Vendée , elle eut le mème sort que tant d'autres monuments , RES à dISSane

elle fut livrée aux flammes. Quoiqu'il n'en .estät plus alors que les I statu

murs , On ne laissait pus d'y aller prier ; et une picuse fille, appelée

| Jeanne Favrot, par un mouvement extraordinaire de dévotion, NOT

$ entreprit de mendier pour avoir de quoi la rebâtir. Pendant plu- ne lui pr sieurs années , on la vil assise auprès des restes de cet édifice, grippièr fl l er cendre La main aux passants ; elle y filait sa quenouille et chantait : rAppo 4h 4 à “a Bidpee . jus complaintes (2), surtout les jours de foires et de marchés. Plu- « aller à { sieurs se moquèrent de son entreprise, d'autres la chargeaient d’in- » jour d d” aures ; mais elle, sans se rebuter , continua sa quête , qui, d'abord, » qui m

ue lui rapportait guères que des liards. Après que le calme eut été » j'avai

JTÉ-—JOIE.

rinage pour art de lieue js ses Lettres gine sur un effet, n’est 1ys, attestée plus instruits ici, pourra mdéennes, Hs le, revenant mème où la lui annonça fils, dans la nait pas ; et mit de bâtir,

une chapelle ,

s, et, avant ent, en proles désastres

monuments ,

alors que les fille, appelée le dévotion, Pendant plucet édifice ,

e et chantait

narchés. Plurgcaicnt d’inqui, d'abord,

calme eut été

rendu à la Bretagne, elle alla, une petite image de la sainte Vierge

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à la main, intéresser la piété publique à Clisson et dans les lieux

environnants. Les uns lui donnèrent du bois, d’autres , de l'argent ; |

RE mener

plusieurs personnes aisées ouvrirent enfin leur bourse , et la chapelle fat rétablie, Aujourd'hui elle est célèbre encore par la dévo- fi ‘ion des fidèles.

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