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Du et les saints semblent le dédaigner.
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» Jui, disais-je, que ce ne fussent que des peines (1), et » qu’elles pussent même durer toute l'éternité (2) , pourvu * que je ne fusse point haï de Dreu (3) , je ne m'en inquiè- » terais pas. En disant cela, je jetais de grosses larmes,qui » témoignaient bien ma désolation. Mon tempérament » en fut étrangement altéré ; j'avais ie visage tout jaune , » et le père de Condren craignait que je n’en fisse quelque grande maladie + (4).
» En effet, ce qui me faisait le plus de peine était d : voir * intérieurement mon Dieu, qui me rebutait et me dédai-
+ gnait , moi, aussi bien que toutes mes œuvres ; cette vue » du dédain de Dieu se présentait à moi sous l’image d’une » personne qui dirait avec mépris à un homme de néant , » en remuant la main, et rejetant ainsi sa personne el ses » services : ÆUlez, allez. Cette vue était pour moi plus » cruelle que la mort , ayant été accoutumé depuis long- » temps à être caressé , ou au moins souffert par la bonté
+ La tentation de réprobation dont M. Olier était attaqué peut produire , même sur le corps , des altérations si étranges. On en voit dans la vie de saint François de Sales un exemple fort connu. « Croyant que sa perte éternelle était résolue , dit son dernier histo-
rien , l’agitation de son esprit et le trouble continuel de son cœur,
le jetèrent dans une mélancolie profonde dont rien n'était capable de le tirer : il passait les jours à pleurer et les nuits à se plaindre.
Son corps, quoique robuste, succomba à la in sous une si rude
épreuve : üne jaunisse universelle s'en empara , il perdit tout d'un coup le boire, le manger, le sommeil. On voyait sur son visage les
marques sensibles d'un désespoir dont il y avait tout à craindre ; et
les douleurs cuisantes qu'il sentait dans tous ses membres, faisaient
craindre pour sa vie. Qui n’a pas éprouvé ce que peut sur un cœur
qui aime Dieu l'effroyable pensée d'en ètre séparé pour jamais ,
soupçonnera sans doute ce récit d'exagération ; cependant il n’est
rien de plus vrai, et de tant d'auteurs qui ont écrit la vie de saint
François de Sales, il n’y en a pas un qui ne raconte les effets
sensibles de cette furieuse tentation, de la manière dont on la rap-
» porte ici (3). »
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ÉPREUVES DE M. OLIER. 263 divine (4). O mon grand maitre ! tout m'était supportable dans ces épreuves, excepté les rebuts ct les dédains qui venaient de votre part. L'enfer et toutes ses peines ne sont point si affigeants. [l n'y a rien de beau et de doux sur la terre à une âme qui sait que vous ne l’aimez pas ; comme aussi une àme qui sait que vous l’aimez, peut-elle souffrir quelque chose ? Je me souviens des paroles fâcneuses qui n'étaient dites, des reproches intérieurs que Dieu me faisait, des songes qui m'ôtaient toute espèce de joie , le jour et la nuit. Dieu, les anges , les saints du ciel: tout semblait être bandé contre moi (2). Une fois je crus voir en songe sœur Agnès, cette âme bienheureuse qui m'aimait tant, et en qui
j'avais toujours eu tant de confiance ; elle paraissait être
à la grille de son monastère , et, comme je me préparais pour faire quelque entretien spirituel , elle me rebuta et me dit : Vous êtes un orgueilleux, vous ne prêcherez pas. j'aidais M. Bourdoise à administrer les sacrements , et que Notre-Seigneur , me montrant ce saint prêtre, me disait, pour me
Dans un autre songe, ilme semblait que
reprocher mon orgueil : Fen est de son action à la tienne,
comme d'une personne qui met dans un tronc un quadru-
ple, et d’une autre qui y met une pièce de trois blancs. De plus, la sainte Vierge, qui était alors mon seul refuge, et par la faveur de laquelle je pensais que je n'avais rien à craindre, paraissait m'humilier extrêmement, er prendre moins de complaisance dans mes services que dans ceux des autres, particulièrement dans ceux d’un garçon qui me préparait les ornements dans une de ses chapelles où j'allais quelquefois * (3).
» Je ne recevais de Notre-Seigneur que des témoignages de dédain et de colère ; je n’osais me présenter à lui, tant j'étais intérieurement rebuté ; à la fin, je n'avais point Ja hardiesse de me tenir en sa présence, j'allais me cacher dans une chapelle de Notre-Dame où je n'a-
(1) Mém, aut, de M, Olier,t.r.
p. 186.— Vie de M, Olier, par DT.
de Bretonvilliers, LV. p.426'bis .
el verso,
(2) fbid, pag.
aut, de M, Olier.
(5) Mém, aut, de M. Olier, Lx.
p. 209, 210, — Cepie des Mémoires ut. de M.
Olier, LH pag.
Olicr, par M, de Bretonvilliers, t.
av. p. #10, 415.
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Olier,par M. de
Bretonvilliers, p.
(2) Mém. aut.
de M. Olier.t.r.
par M. de Bre-
tonvilliers. t. 1V.
(3) Ibid, tx.
(1)Bossuet.Înstruclion sur les états d’oraison ,
liv. x.