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» vais pas ces rebuts , mais aussi je n'éprouvais aucune » consolation , en sorte que tout semblait être perdu pour » moi (1). Sans cesse dédaigné, lorsque je voulais m'élever » à Div, je ne pouvais avoir de paix qu'en me couchant » la face contre terre, et me prosternant intérieurement » devant lui. Je ne dormais presque point pendant ces » temps ; je me réveillais au milieu de la nuit , tout trem- » blant, dans la croyance que j'étais déjà réprouvé. I! » me semblait voir les démons au pied de mon lit, qui » voulaient m'entraîner en enfer ; et une fois, entre autres, » ilme paraissait que l’un d'eux me disait : Donne-toi à » moi, et je te délivrerai de tes peines. Je me souviens » qu'en ce moment mon cœur demeura inébranlable » comme un rocher par la volonté de mon Jésus +(2). Le » malin semblait avoir alors toute sorte de pouvoir pour » s'approcher de moi, et se transformer en ange de lu- » mière. Ce malheureux ne m'a jamais tenté alors de » faire le mal, mais il s’efforçait de me jeter dans des » excès de bien, par exemple dans des humiliations de » sa façon , parce qu'il voyait que tout de bon j'y travail- » lais (3).
» Non content, 6 mon Dre , des dédains et des rebuts » que vous me faisiez alors endurer , un jour vous me dites » dans le cœur un mot qui m'effraya plus que le ton- » nerre; ce fut lorsqu'en colère, et d’un ton de voix si » terrible que j'en demeurerai tout tremblant, vous me » fites entendre cette parole : Vous êtes superbe V'étais si
+ Cette réflexion de M. Olier prouve manifestement que le désespoir apparent dont il parle , était une épreuve divine opérée pour sa parfaite sanctification. « Loin que le désespoir dont on paraît assiégé » et tout rempli soit effectif, dit Bossuet, si l'on sonde au vif les âmes » que Dieu met dans ces exercices , au milieu des ténèbres et de la » désolation , on y trouvera un fond de confiance inébranlable et
» inaltérable (1).»
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ÉPREUVES DE M, OLIER. 265 » hors de moi-même, que peu après étant allé me con- » fesser dans une église , je tremblais de tous mes mem- »bres, je frisonnais de pe : tant j'étais transi » d'effroi, après cette foudroyante parole, qui aurait » rempli de terreur le cœur le plus inébranlable et le » plus audacieux du monde. Mon Dreu, que vous êtes » terrible dans vos colères ! que vos justices seront acca- » blantes, si vos petites et légères menaces affligent ct » étonnent si étrangement! Je pense que j'en aurais été » inconsolable,si,après cette alarme, ouvrant mon Gerson, » je n'avais trouvé ces paroles : Dieu parle à ses amis » quelquefois en les rudoyant, quelquefois en les caressant, » comme à l'égard de ses apôtres, lorsqu'il leur dit : » O stulli et tardi corde ad credendum (1).
« À toutes ces peines intérieures, se joignaient en-
» core le rebut des gens de bien, le mépris universel » de tout le monde, parents, amis, serviteurs, grands
Olier, par M. de Pretonvilliers, t.
Mém, aut. de NE.
Olier, Lt. 1. pag.
VIHIL.,
M. Olier est méprisé de tout le monde,
2) Mém. aut.
de M. Olier,t.r.
» et petits (2) *. Ce fut surtout vers la fin des fêtes de p. 122.
» Noël 1640, que je reçus plus d’affronts ; je fus alors la » fable de tout Paris : le Roi, le cardinal de Richelieu, » messeigneurs les évêques, surtout M. le Chancelier , » tous mes parents, toutes les personnes de ma condi- » tion , commencèrent à faire, sur mon refus de la coad- » jutorerie de Châlons , des plaisanteries étranges : car » un autre ecclésiastique l'ayant acceptée, et l'évêque » étant venu alors à mourir, celui-là en fut pourvu par » le Roi et fut fait évêque de cette église. La compagnie » à laquelle j'étais attaché, prévenue alors contre moi,
NOTE à.
(5) Mémoires
aut, de M, Olier, t. 1 p. 189. — Vie de M. Olier, par le père Giry,
» augmenta encore cette tempête ; et je vis s'accomplir 1re part. chap.
x. Remarques
» pleinement la promesse que mon bon maître m'avail pisoriques tom.
» faite, sur ma prière, deux ans auparavant, de chan-
ur, p. 520. — Année Domini —
» ger en mépris et en humiliations l'estime qu'on faisait caire, ibid. pag.
» de ma personne, et fes louanges qu'on me donnait » partout (3). I ôta de l'esprit de nos messieurs toute
» l'estime qu'ils avaient conçue de moi. Quoiqu'ils m'eus-