‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 236 sur 489 · LV. p · texte numérisé non relu

LV. p

Les confrères de M. Olier regardentses peines comme un dépit d'orgueil.

or

| ù || 4 |! [4 | | { EE 7 ! Ac HE A LL?

1 por | Œ "a * EE : Là l be

sent vu dans une mission travailler avec ma liberté première, el qu'ils eussent été témoins du succès que Dieu m'avait donné en touchant les cœurs par sa miséricorde , ils prirent la résolution de m'interdire tous les emplois extérieurs, prédications, conférences et autres, et ne me permirent de confesser qu'en cas de nécessité absolue. Dans mes humiliations, ils voyaient de grandes faiblesses d'esprit ; ils demeuraient de plus en plus fermes dans leur croyance , et laissaient croire aux autres tout ce qu'ils voulaient de plus désavantageux, sans m'excuser. Outre ces faiblesses d'esprit, ils remarquaient quelquefois en moi ,un port et une contenance arrogante ; et jugeant , à de telles marques, que l’esprit de Dieu ne pouvait résider en moi, ni se plaire à opérer par mon ministère , ils ne m'exposaient qu'avec peine, même à la confession * (1).

» D'ailleurs ils croyaient que mes grandes tristesses venaient de ce que je n'étais plus dans les grandeurs du monde ni dans le faste. Ils attribuaient mon abattement à ce que je n'avais pas été porté par mon directeur à prendre la coadjutorerie de Châlons , et s'imaginaient que mon affliction venait de ce que j'étais encore comme l’un d'eux. Le supérieur de notre compagnie , M. Amelote, qui avait droit de me juger ainsi, me demandait, de temps en temps, si je n'avais point la pensée de prendre un carrosse et une suite dans Paris. IL voulait savoir si je n'avais point cédé à la tentation. C'est qu'en effet, lorsqu'on n'éprouve que rebut dans le service de Drew, le démon, pournous en retirer, propose alors les délices du monde. Ne sachant pas pourquoi mon supérieur me faisait ces questions, et formait sur moi de pareils doutes, si éloignés de mes pensées et des dispositions de pénitence et d'humiliation où la bonté divine me tenait : Hélas ! mon père, lui répondais-je, j'en suis bien loin; je ne

songe 4 voyant ç » monde. J » la comp esprit (1 » Notre- » Ordinaire » pour me » et ridicu » passant, » Pour v

» nous n'a » m'avait d rien, qu » de m'en

+ M. Boud semblables à

» dit-il, le «

» ces extérid

» et l'usage

"qu'à le re

» nait des n

» de toutes

» mons,et d

personnes

grands sei

» traitaient

» semblait « » DeEu fit « » douce ett

» plus grand

» avec des f

» des perso

» tout, il vo

» servi de t

» l'affliger ,

na liberté SUCCÈS que ur Sa mirdire tous érences et qu'en cas Is voyaient nt de plus ient croire vantageux, L ils remarcontenance , que l’esi se plaire saient qu'a-

s tristesses grandeurs mon abatar mon dijs, et s'imaftais encore compagnie , nsi, me deoint la pendans Paris.

à la tenta- * que rebut ous en re- Ne sachant s questions , éloignés de

énitence et

ait : Hélas !

loin, je ne

* songe qu'à trouver un trou pour y faire pénitence ,

voyant que mes misères sont insupportables à tout le

» monde. Je croyais, en effet, qu'on voulait me chasser de » la compagnie, et cette pensée était toujours dans mon » esprit (1).

» Notre-Seigneur m'ayant comme retiré son secours

» ordinaire, le démon se jouait souvent de ma faiblesse, » pour me faire paraître impertinent au service de Dieu,

» et ridicule devant Le supérieur +, Je me souviens, en

» passant, d'un petit mot qui me fut dit par ce dernier : » Pour vous , allez-vous -en où vous voudrez ;

’ » nous n'avons que faire de vous. Déjà, une autre fois, il

» m'avait dit quasi la même chose : que je n'étais bon à “rien, qu'il me conseillait de quitter mes bénéfiess 0

» de m'en aller cacher dans un trou (2); et encore :

+ M. Boudon rapporte du père Surin (1) des épreuves tout-à-fait semblables à celles qui terminent ce récit : « Dans ces humiliations, » dit-il, le démon Jui faisait faire malgré lui quantité d'extravagan- * ces extérieures, qui donnaient juste sujet de croire qu' était fou ; * et l'usage parfait de la raison qui lui était demeuré, ne lui servait » qu'à le rendre plus misérable, dans la connaissance qu'il lui d'n- » nait des mépris et des rebuts que l'on avait pour In... H sonffrait » de toutes parts, et de la terre et du ciel, et des hommes et des déi- » mons,et des saints et de DrEu mème : il souffrait non seulement tes

personnes sans vertu où d'une vertu commune, mais des plas grands serviteurs de DIEU, qui ne connaissaient pas son état, el le vtraitaient d'extravagant. Enfin, il écrit que durant ses peines, il * semblait que toutes les créatures fussent armées contre lui, et que » Dieu fit des miracles pour s'en servir à le tourmenter. La tès- » douce et très-miséricordieuse Vierge, qui est l'asile et le refuge des » plus grands pécheurs , ne lui paraissait que dans une sainte colère, » avec des foudres pour le châtier ; il ne voyait les saints que comme » des personnes qui lui étaient justement opposées ; inais, par-dessus » tout, il voyait encore DIEv qui lui était contraire, €? qui, après s'ètre » servi de toutes les créaturss du ciel, «le la terre et des enfers pour

» l'affliger , voulait encore le frapper de $a main. »

(14) Mémoires aut, de M.Olier, 1.1. p. 202, 207, — Copie des Mimoires aut, de M, Olier, t. 1, p.

344, 345,— Vie de M, Olier, par M, de Bretonvilliers, Lt. 1V, pag.

2) Vie de M Gtier, par le rére Ciry. {b, p.520.

(*\L'homme de Dieu, ti port, %. chap. x, pus, 229, 230

(1) Copie, etc.

Tbid. t. 11, pag.

Page 1